Soleil « numérique » sur l’étang de Thau ?

24 11 2014

A la veille de l’ouverture du salon des maires au cours duquel seront remis les trophées de l’innovation il m’a paru intéressant de jeter quelques idées sur le rôle que pourrait jouer le numérique dans un territoire que j’affectionne particulièrement et qui, à mon avis, mérite d’être mieux connu, le bassin de Thau . Thau Agglo, communauté de 8 communes dont le siège est à Balaruc les bains, ma seconde « patrie » après mon petit village de Lozère , mérite, selon moi, comme la plupart des communautés de communes d’ailleurs, d’être davantage « imprégné » de numérique tant pour une meilleure gestion en interne ( cf « disette budgétaire » !), une relation simplifiée avec les citoyens et le développement de son territoire dans tous les domaines (économique, social, touristique, sanitaire, culturel etc…). Les 95000 habitants de ce territoire méritent de bénéficier au maximum de cette matrice de transformation de l’économie et de la société qu’est le numérique.
Une meilleure prise en compte du numérique permettrait de dynamiser les projets en cours : Sauvegarde du Lido de Sète à Marseillan (la plus grande opération de sauvegarde du littoral en Méditerranée-200 millions d’euros-), protection et aménagement durable du lido de Frontignan ; construction de la médiathèque de Frontignan ; plan de déplacements urbains  ; schéma de cohérence territoriale
Elle permettrait surtout d’IMAGINER des NOUVEAUX PROJETS dans tous les domaines, à commencer par celui de la santé où Balaruc, avec ses nouveaux thermes, peut, je pense, jouer un rôle déterminant. Ce territoire dispose de trois grandes sources d’énergie renouvelable ( vent,eau,soleil). L’importance prise récemment par le numérique dans la « voisine » montpelliéraine devrait donner des idées ! label French Tech ( 9 villes pour toute la France ) , 12000 emplois dans le numérique, enseignement de la télé médecine à Montpellier , regroupement de tous les acteurs du numérique dans un « cluster » régional etc….
L’ANIMATION NUMERIQUE du territoire est indispensable pour exploiter toutes ces potentialités
A l’occasion des dernières élections j’avais suggéré la nomination, parmi les élus, d’un « référent numérique » dans chaque conseil municipal !  ou, à défaut (cas le plus fréquent compte tenu de la faiblesse des communes françaises) au niveau de la communauté de communes. On demanderait à cet élu, non pas d’être un spécialiste des nouvelles technologies mais d’avoir une VISION NUMERIQUE de son territoire ! Il pourrait dés lors « manager » une équipe, plus ou moins importante selon le cas (une seule personne dans certains cas) chargée de 3 missions 1- veille (documentaire, participation à des colloques sur le sujet pour se constituer un « réseau »…) 2- sensibilisation des élus des communes de l’agglo, formation d’employés communaux…3-animation de réunions citoyennes .
Cette indispensable animation doit être faite au plus près du terrain. Elle doit faire partie, selon moi, des compétences « naturelles » de l’agglo sans attendre une hypothétique clarification de ses compétences. Il y a 10 ans l’article L1425-1 du Code général des collectivités territoriales ouvrait aux collectivités la possibilité d’intervenir dans le domaine des communications électroniques. Depuis 10 ans de nombreuses collectivités ont créé des réseaux d’initiative publique (RIP) pour pallier la défaillance des opérateurs privés sur leur territoire. Aujourd’hui, au-delà des infrastructures et quels que soient les créateurs de ces réseaux ( publics ou privés) se pose avec de plus en plus d’acuité la modernisation des collectivités grâce au numérique et la nécessité de FAIRE PARTICIPER les CITOYENS comme le montrent, SOUS CE LIEN  des témoignages relevés récemment à l’occasion des 15 ans de la création du label « villes Internet » ..

Extraits :
Loïc Dayot Joinville le pont « La démocratie locale, l’oubliée de l’internet citoyen » On ne s’est pas assez axé sur la démocratie. C’est un manque à mon avis. Et qui pourra le combler hormis les collectivités et les pouvoirs publics ? » ;
Elisabeth Le Faucheur Joncour Brest « Le développement des infrastructures ne peut être pensé indépendamment de l’accompagnement des usages » « La question des infrastructures a souvent été dissociée de celle des usages. L’idée de coupler les deux -portée très tôt, politiquement, à Brest – n’arrive que maintenant pour bon nombre d’acteurs locaux. On sait pourtant que les outils déployés, sans penser les usages et les accompagnements, ne font que creuser les inégalités » ;
jérôme Chaussoneaux Parthenay « On était loin de penser que les outils et les usages se répandraient aussi vite » « « Le plus frappant, c’est la rapidité de l’intégration du numérique dans les foyers… Nous travaillons au lancement, d’un nouveau portail communautaire …..pour ce territoire élargi, nous devons aussi sensibiliser les communes qui sont un peu moins usagères des TIC que nous. » ;
Jérôme Steffenino Grenoble « Nous allons vers la multiplication des réseaux sociaux, avec des réseaux beaucoup plus thématisés et locaux » « A terme, l’information des collectivités sera essentiellement diffusée et consommée en temps réel via ces réseaux’ »-
Brice Lacomette Région PACA « J’ai peur que cette promesse magnifique de mettre en capacité le citoyen dans la décision locale reste toujours une promesse avortée » – « Ma mission prioritaire est de développer les capacités du territoire régional à mettre en oeuvre et développer l’innovation par l’usage – c’est à dire l’innovation « ascendante », qui vient des usagers »
Bruno Le Gall Vannes « L’identité numérique, l’accélérateur de l’internet citoyen » « Nous travaillons à la mise en place d’un ensemble de services totalement liés à la création d’un espace et d’un compte citoyen ».
Jacqueline Cimaz Rias« Sans internet, notre village était condamné à une mort rapide et douloureuse » « Pour notre village, le développement du numérique a été un facteur important de repeuplement et d’implantation d’activités nouvelles. » -
Corinne Bellotte Charenton le pont « Oui au numérique, mais pas au détriment du contact humain » « Paradoxalement, je dirai qu’internet nous a rapproché de la population en nous permettant de développer et de nourrir nos échanges avec les habitants » -
Olivier Bailly Nimes « Les citoyens sont devenus les clients des services publics » « Je pense beaucoup à la démocratie participative. A un outil qui implique les citoyens dans les décisions politiques qui les touchent directement
Youness El Yaakoubi Narbonne « Moi, c’est le ‘ne-repondez-pas-a-ce-mail@’ qui me fait peur ! » d’où je ressors : « L’idéal, ce serait de pouvoir être connecté à tout moment à sa ville, de réaliser toutes ses démarches à distance, tout en continuant à voir ses interlocuteurs. Avec le très haut-débit et le streaming vidéo, cela devrait être un jeu d’enfants »
Rosemonde Savi Toulon « La participation citoyenne en mode innovation ouverte, un atout pour l’internet public local » « Ce qui me semble intéressant et porteur d’avenir, c’est tout ce qui relève de la participation citoyenne en mode innovation ouverte pour la co-conception des projets ».
Romain Da Costa Ville de Rosny-sous-Bois « Notre avenir numérique est d’abord une question de gouvernance » « Il faut continuer à former et sensibiliser les élus à ces enjeux. ..l’intégration des TIC dans les collectivités procède d’une décision qui vient d’en haut.. C’est, au départ, la volonté du maire Claude Pernès qui a placé Rosny en première ligne de l’innovation. » -
Philippe Jarry Ivry sur Seine « Le numérique rendra obligatoire la transparence de l’action publique » -« . Il y aura une pression de la société pour ouvrir l’accès aux données. Cette évolution parait inéluctable. On peut également attendre du numérique qu’il irrigue davantage les organisations pour ouvrir toutes les potentialités en matière de collaboration et de travail transversal »
Eric Legale Issy les moulineaux « L’aventure n’est pas finie ! » “Le grand bond en avant que l’on attend ?accéder à internet dans des conditions confortables, sans problème de connexion…pouvoir rester branché sur l’information et les services en ligne depuis n’importe quel endroit -la rue, les transports, la maison évidemment- sur des écrans qui ne seront pas des ordinateurs, avec une informatique ubiquitaire omniprésente. » -
Denis Lepagneul Argentan« A nous d’écouter les utilisateurs et d’inventer avec eux les usages de demain » « la mise en place de Bee-walls. Ce sont des écrans interactifs que l’on va disposer sur le territoire de la collectivité, et qui permettront de pousser du contenu territorial vers les habitants ». ou encore » la direction à prendre, c’est d’ouvrir des possibilités d’échanges et d’interaction avec les citoyens : forums, débats publics en ligne… On sent que les gens ont besoin d’être écoutés » -
Le territoire de Thau Agglo mérite un projet numérique exemplaire !
Environnement remarquable, activités maritimes et lagunaires, échanges à la fois économiques et culturels très denses, histoire depuis longtemps partagée, ….avenir « radieux »‘? c’est possible si on dote ce territoire naturellement lumineux d’un « soleil »  supplémentaire… un « soleil numérique » !!
Pierre Ygrié
Balaruc les bains le 24 novembre 2014





Lozériens, c’est le moment de «bouger » !

9 11 2014

Depuis 15 ans les Webs du Gévaudan se battent pour doter la Lozère de réseaux de télécommunications modernes !

Pour peu que l’on jette un coup d’œil sur la carte du déploiement de la fibre dans notre département https://lafibre.info/lozere/carte-fibre-optique-lozere/?PHPSESSID=1lhdhdlbaci6915ol4bfumj734 et qu’on lise attentivement l’article  » La grogne monte en Lozère, délaissée par les opérateurs » http://www.universfreebox.com/article/27425/La-grogne-monte-en-Lozere-delaissee-par-les-operateurs ,on réalise que nous sommes loin, très loin, de cet objectif !

En toute (im)modestie mon commentaire au dernier article de Midi libre sur le sujet ( « l’opérateur Orange veut rassurer la Lozère http://www.midilibre.fr/2014/10/23/l-operateur-orange-veut-rassurer-la-lozere,1070257.php » ) est, je crois, toujours d’actualité « Je crains qu’effectivement tout ceci ne soit que du blabla …..mais je comprends parfaitement l’intervention du directeur régional d’Orange qui reprend le discours institutionnel de son entreprise. La question n’est pas en effet de « rafistoler » un réseau qui n’en peut mais et qui explosera inévitablement un jour comme je l’écrivais il y a 3 anshttp://websdugevaudan.wordpress.com/2011/12/04/les-reseaux-vont-ils-exploser/ La vraie question est le remplacement de ce réseau par un réseau en fibre optique. Nous devrions tous, à mon point de vue, nous mobiliser sur cet objectif simple : METTRE de la FIBRE partout où il y a du CUIVRE !. Dans le cadre législatif actuel c’est impossible mais on pourrait se mobiliser pour faire changer le cadre, non ? C’est ce que je propose dans le dernier papier du blog des Webs du Gévaudan http://websdugevaudan.wordpress.com/mais comme personne ou presque n’a rebondi je suis pessimiste, ce qui n’est pas dans ma nature ! Nous sommes, vous le voyez, assez éloigés d’un discours de directeur régional d’Orange mais si on ne profite pas des rares fenêtres d’opportunité qui nous sont offertes on continuera à se lamenter. Que faire donc ? Donner notre point de vue un coup d’épée dans l’eau ? peut-être ! mais si les lozériens sont plusieurs à sortir leur épée , si ça ne fait pas de bien ça ne peut pas faire de mal ! https://www.linkedin.com/groups?viewMembers=&gid=4817883&sik=1414476472462&goback=%2Egde_4817883_member_5927448691920117763 »

C’est le moment de « bouger » !

Comment ?

En soutenant la proposition des Webs du Gévaudan exposée dans l’article  « l’hyper-ruralité dans la future loi numérique » https://websdugevaudan.wordpress.com/2014/09/14/l-hyper-ruralite-dans-la-future-loi-numerique/

En participant massivement à la concertation en cours sous l’égide du conseil national du numérique http://contribuez.cnnumerique. fr/  Les « chantiers » ouverts (https://mail.google.com/mail/u/0/#label/A+..Feuille+de+route/1498b435916bd64d ) sont souvent éloignés de nos demandes immédiates : les INFRASTRUCTURES, fondations de tout l’édifice numérique), mais on doit pouvoir « loger » nos préoccupations sur la plupart d’entre eux, à commencer par celui de l’inclusion numérique http://contribuez.cnnumerique.fr/debat/soci%C3%A9t%C3%A9-num%C3%A9rique-inclusive

Quoiqu’il en soit, ne nous laissons pas noyer par des discours éloignés de nos préoccupations http://contribuez.cnnumerique.fr/ Profitons de l’occasion pour martelons une IDEE SIMPLE : pour bénéficier des mêmes services partout nous avons besoin d’avoir les mêmes infrastructures partout ! Nous affirmions cette « évidence » il y a déjà 5 ans http://websdugevaudan.wordpress.com/2009/11/23/les-memes-infrastructures-partout-pour-les-memes-services-partout/ Nous la réaffirmons aujourd’hui encore plus fort !

Si ça peut vous aider je rappelle ci-dessous (1) les articles du blog les plus visités ce dernier mois

A nous citoyens de poser les problèmes, à vous décideurs de trouver les solutions et, dans le cas de la Lozère, s’il le faut, par la loi !

« Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que c’est difficile ». Cette pensée de Sénèque qui servait de fil rouge à notre première manifestation en Lozère (M@rvejols sur web 1999 !) est toujours (de plus en plus !) d’actualité !

Alors OSONS !

Auxillac le 9 novembre 2014

Pierre Ygrié

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  • Articles du blog les plus lus ces 30 derniers jours

L’ hyper-ruralité « dans » la future loi numérique !

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L’ hyper-ruralité « dans » la future loi numérique !

14 09 2014

Pour le sénateur Alain Bertrand, auteur d’un rapport sur l’hyper-ruralité trop peu médiatisé à mon gout sauf exception,il faut créer une « obligation de traiter de l’hyper-ruralité » dans toutes les lois« . La « grande loi numérique » présentée comme une mesure phare de la feuille de route gouvernementale dédiée au numérique du 28 février 2013, prévue pour fin 2013 puis début 2014 au plus tard, puis repoussée à 2015 et même quasiment enterrée selon certaines rumeurs, vient de refaire surface !. Il est même prévu une concertation avant sa présentation sur le bureau de l’assemblée en 2015 « d’ici là, les acteurs du numérique vont pouvoir se concerter et discuter des sujets qui pourraient alimenter le futur texte de loi ». Disons que le présent « papier » s’insère dans cette période de concertation même si les Webs du Gévaudan ne sont pas, stricto sensu, des « acteurs du numérique »!

Pourquoi un volet « hyper-ruralité » dans la future loi numérique ?

Dans le cadre des lois actuelles et même du plan France très haut débit qui marque pourtant une avancée considérable, les hyper-ruraux n’ont aucune chance de disposer des deux grands réseaux de télécommunications du 21 ème siècle, réseaux dont ils auront impérativement besoin avec la fin inévitable du réseau de cuivre :
-Un réseau fixe en fibre optique destiné à remplacer le réseau de cuivre vieillissant voire particulièrement dégradé dans certains territoires comme la Lozère où les mouvements de protestation commencent à se généraliser ICI et LA jusqu’à « intéresser » certains médias nationaux
-un réseau mobile ( 4G, 5G et plus..) supporté par des pylones alimentés par de la fibre optique.
-
Avec le développement du plan France très haut débit, les citadins sont tous les jours plus nombreux à disposer de ces deux réseaux complémentaires et non substituables comme on l’entend dire parfois ! Dans une « république numérique » les ruraux doivent être des citoyens à part entière et non des « sous-citoyens ». La fibre optique,seule capable de prendre en compte toutes les évolutions de contenu, appelés à « exploser » avec la vidéo, est le seul support assurant tout à la fois symétrie, instantanéité et sécurité, critères de base pour les services « vitaux » que nous résumons en SES ruralité ( Santé Education Services de proximité). Dans ces domaines on n’a encore rien vu ! Si l’on comparait la France numérique de demain à un grand immeuble on pourrait dire que les usages de demain, dont personne ne peut imaginer le nombre, sont les « étages »de l’immeuble et les fondations les infrastructures. Inutile d’insister sur la nécessité d’avoir des fondations solides !

Si les hyper-ruraux n’ont aucune chance de disposer de ces deux grands réseaux c’est que, étant dans des zones non préemptées par les opérateurs (dites zones AMI) les collectivités territoriales, responsables de la construction de ces réseaux dits réseaux d’initiative publique (RIP), n’ont ni le moyens financiers (en dépit d’aides significatives) ni les moyens humains de créer ces réseaux sur l’ensemble de leur territoire.

Quels sont les axes de travail de la concertation pour la préparation du projet de loi numérique ?

La loi n’a pas la prétention de résoudre tous les problèmes. S’il y a eu jusqu’ici tant de tergiversations c’est vraisemblablement que, le temps passant, on a réalisé que certains sujets, dépassaient largement le cadre hexagonal et ne pouvaient pas être traités par une loi nationale. Comme je l’écrivais dans deux papiers, l’un avant les élections européennes, l’autre après,la bataille se gagnera à minima au niveau européen.
N’empêche certains sujets peuvent ( doivent !) être traités par la loi lorsque le cadre actuel ne permet pas un accès égalitaire à la société numérique. C’est le cas, en zones rurales, des INFRASTRUCTURES ! Nous devons imaginer des formules inédites innovantes pour les zones rurales, formules qui pourraient être testées sur un territoire hyper-rural, la Lozère !

Construire en zones hyper-rurales un réseau public en « mariant » le réseau de l’opérateur historique ( seul réseau présent dans ces territoires) et le(s) RIP(s) local (aux)

La loi doit prévoir, à minima, l’expérimentation d’une solution de ce type dans un territoire pilote et la possibilité de l’étendre à d’autres territoires conformément aux recommandations du rapport sur l’hyper-ruralité. Elle doit acter l’obligation, pour l’opérateur historique (dont l’Etat détient plus de1/4 du capital) de mutualiser en un RESEAU UNIQUE son propre réseau (existant) et celui construit par la collectivité nterritoriale dans le cadre d’un RIP et à construire les réseaux manquants dans le cadre d’une « DSP subventionnée »! Que l’argent du contribuable soit donné au département pour construire son réseau comme c’est le cas aujourd’hui en Lozère et ailleurs, ou à Orange dans le cadre d’une DSP ne me gêne pas particulièrement. A Auxillac, mon village, quand je vois une fibre publique à 3 kms (A75) et une fibre d’Orange qui traverse le village je me dis que le gaspillage existe aussi dans le domaine des télécoms ! La concurrence par les infrastructures, que nous ne cessons de dénoncer depuis la création des Webs du Gévaudan il y a près de 15 ans, a pour effet pervers de réduire les marges des opérateurs au détriment d’investissements créateurs d’emploi !Qui plus est elle constiue une entrave à la vraie concurrence, celle sur les services ! Les grands opérateurs « boudent »les RIPs, les collectivités, propriétaires de ces RIPs, pour avoir des clients à tout prix, vont devoir baisser leurs prix au risque de devenir déficitaires et d’être repris par des opérateurs ! Le « mariage » des réseaux, indispensable non seulement pour des raisons d’économie mais aussi pour des raisons d’homogénéité,est une idée plutôt « évidente » qu’innovante et ne mérite donc pas de « subir » le parcours de toute idée innovante ( 1- ridiculisée 2- forte opposition 3- évidence pour tout le monde !)

La Lozère « laboratoire expérimental »?

Nous avions déjà proposé, sans succès, une telle expérimentation en 2003 ! un peu tôt à cette époque pour être « entendu » ! Depuis, en 2007, nous avions « élargi » à la problématique du développement durable. Il est temps aujourd’hui de tester en Lozère une mesure qui nous parait « évidente » depuis toujours. L’hyper ruralité restera un mot creux sans une hyper ruralité numérique ! Or, pour une vraie hyper-ruralité numérique il faut changer la loi. Ce qui est aujourd’hui impossible peut être réalisé demain par un petit article sur l’hyper-ruralité numérique dans la grande loi qui doit encadrer ce sujet vital pour la France et pour l’Europe!
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Mesdames et Messieurs les parlementaires, les ruraux d’aujourd’hui et de demain ( citadins « en mal de campagne »qui aimeraient pouvoir enfin choisir le coin de France où ils voudraient vivre !) attendent de vous que, à l’occasion de la loi numérique en préparation vous « montiez au créneau » !! Ne nous dites surtout pas que c’est irréaliste ? La réponse est oui …dans le cadre actuel mais une loi n’est-elle pas faite pour faire changer le cadre ?
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Auxillac le 14 septembre 2014

Pierre Ygrié





Aur(x)illac sur web !

29 08 2014

Aurillac, chef lieu du Cantal, est depuis 9 ans le siège de la plus grande manifestation française sur le numérique et la ruralité….même si, pour la première fois en 2014, Ruralitic ne s’est pas tenu dans la ville même mais à proximité ( château de Vixouze ) pour bien montrer l’« enracinement » du numérique en pleine campagne et pas seulement dans une ville à la campagne !. Cette manifestation, ouverte à tous, est, dans la pratique, « fréquentée » quasi exclusivement par des ELUS RURAUX, des institutionnels (nationaux et locaux) et des opérateurs même si quelques rares citoyens y pointent le bout de leurs « suggestions » !
Auxillac, petit village de Lozère ( commune de La Canourgue) est, à un échelon immensément plus modeste, le siège des Webs du Gévaudan, association qui tente depuis bientôt 15 ans de faire entendre la voix des CITOYENS !
A l’occasion des différentes éditions de Ruralitic auxquelles je participe il m’arrive de faire un « papier » comme ICI  ou LA  en 2013 ou encore LA avant la manifestation de 2014 . Après cette manifestation il m’a paru utile de confronter les « résultats » de Ruralitic 2014 avec les vrais attentes, du moins selon moi, des citoyens d’où ce papier reliant « David et Goliath » !

Aurillac sur web !

Ruralitic 2014  a été un excellent cru. Je m’associe tout à fait à la « satisfaction » des organisateurs, en particulier lorsqu’ils déclarent  .« Ce dialogue public-privé, qui est la marque de fabrique de Ruralitic, je l’ai trouvé cette année plus fertile que jamais » (Sébastien Cote) ou encore « c’est la première édition – et j’en suis très fier – où l’on a vraiment l’esprit d’université d’été. On le voyait, même sous la pluie, les gens s’agglutinaient, ils avaient besoin d’échanger entre eux. On ne voit pas ça ailleurs » (Serge Pilicer ). Tous deux mettent l’accent à juste titre sur le rôle central de l’élu (« S’il accepte de tomber le costume de chef du village, il peut devenir animateur de territoire et faire de ses citoyens des coéquipiers ») et sur la nécessité de jouer collectif « Il n’y a plus de clochers, on doit se fédérer. la solitude de l’élu local, c’est fini ». De nombreux sujets ont été abondamment discutés dont celui de la «GOUVERNANCE » . Les différents intervenants ont tous mis l’accent sur la nécessité d’associer étroitement les collectivités territoriales dans l’établissement public dont le lancement se fait attendre !! Pour ma part, si les ECHANGES sont le « point fort » de la manifestation, j’ai ressenti une DYNAMIQUE tant à la « base »qu’à la mission très haut débit. La « base »… ce sont ces initiatives de CEUX QUI, parfois contre vents et marées, OSENT ! Ils sont plus nombreux qu’on ne le croit. Peu médiatisés ils doivent souvent attendre des tribunes comme Ruralitic pour être découverts (ou le blog de Jean Michel Billaut !  ) et quelles découvertes ! Jean Borel et ses abeilles « sentinelles des territoires », Pierre Alzingre et ses « starts up dans le pré » , Pierre Olivier Bonnet et son fablab de Vic Sur Cèze , ville de la périphérie d’Aurillac où viennent d’être inaugurées 960 prises optiques ,Philippe Capot et son « difficile combat » de bénévole pour le numérique rural  etc…etc…sans parler de Frédéric Mazzella, fondateur de BlaBlaCar,  absent physiquement mais dont la réussite était dans toutes les têtes ! Le « combat » de la mission très haut débit , dirigée par Antoine Darodes a, de son coté, été salué par tous les participants, à commencer par les organisateurs qui ont apprécié « les messages forts délivrés notamment par Antoine Darodes, sur la constance de l’État dans ses investissements ». D’autres « messages » nous ont paru plus « anciens » mais nous en reparlerons dans « Auxillac sur web » !

Auxillac sur web !

Pas question ici de faire la fine bouche et de ne pas reconnaitre qu’avec la fin du tabou cuivre  et le plan France très haut débit  un pas décisif vers la société numérique a été franchi. Nous nous contenterons de noter ce qui, à notre avis, aurait du être fait en amont il y a plusieurs années et ce qui est encore « rattrapable » par la loi en préparation sur le numérique.
Révolution sociétale? Tous les intervenants ont depuis des années ce mot à la bouche. Mais que n’en ont-ils pas pris conscience il y a 20 ans comme l’ont fait quelques citoyens que le hasard, beaucoup plus que la réflexion, a rendu « curieux »! En toute (im) modestie c’est mon cas et je n’y suis pour rien ! Le hasard a fait que j’ai assisté en 1991 à une expérimentation de vidéoconférence entre plusieurs centres (très éloignés) de France Télécom. Je n’ai eu besoin d’aucune « explication » pour comprendre que la télé présence bouleverserait la vie à la campagne pour peu que l’on équipe nos territoires de réseaux optiques. Les pouvoirs publics ont mis très longtemps à réaliser cette évidence. Quant aux opérateurs, qui faisaient leur business sur le réseau cuivre ils n’étaient pas pressés, et c’est bien naturel, de les remplacer par des réseaux optiques. Je trouve un peu fort de café que ces mêmes gens nous parlent aujourd’hui de « révolution sociétale »….sauf à aller jusqu’au bout de la logique ! Une vraie révolution sociétale consisterait, entre autres, dans une logique de développement durable et de qualité de vie, à permettre aux citadins « en mal de campagne » de choisir le coin de France où ils souhaitent vivre. Le NUMERIQUE permet ce CHOIX. Encore faudrait-il rendre les territoires ruraux plus attractifs en commençant la couverture fibre de la France par eux ! Les citadins, qui bénéficient d’un réseau cuivre de bien meilleure qualité que les campagnes,  pourraient attendre ! Une vraie révolution sociétale serait de permettre à chaque citoyen d’avoir un ACCES EGALITAIRE aux SERVICES PUBLICS NUMERIQUES  En 2010 nous nous interrogions sur ce que des territoires ruraux pouvaient apporter à la France  et nous militions déjà pour donner davantage la PAROLE aux CITOYENS en demandant l’organisation d’ « assises citoyennes ». Pour la première fois cette année j’ai entendu des participants souhaiter que soient organisés des « Ruralitic » dans tous les départements. Chiche ! Je crains que Serge Pilicer et Sébastien Cote n’en aient pas les moyens …à moins que ??

Loi numérique et hyper-ruralité? Il y a un an nous nous interrogions sur le fait de savoir si le « mouvement » était vraiment engagé dans les territoires ruraux? Avec les RIP (réseaux d’initiative publique), solutions originales que les étrangers commencent à nous envier, la réponse est clairement OUI…mais ces avancées suffiront elle à équiper équitablement en réseaux de télécommunications tous les territoires ruraux ? La réponse, là, est clairement NON ! C’est particulièrement vrai pour l’ hyper-ruralité « au seuil de l’effondrement » et où les routes du très haut débit sont particulièrement verglacées ! . Avec le développement maintenant bien engagé de la fibre dans les zones AMI –zones denses-( dont une seule en Lozère,Mende) le risque d’une nouvelle fracture numérique se précise !!

Le gouvernement a lancé le 23 juin un dispositif expérimental destiné à la revitalisation des centres-bourgs. Pourquoi la loi numérique en préparation ne prévoirait-elle pas une expérimentation de couverture en fibre optique d’un département par un réseau unique déployé, sous forme de DSP, par un consortium des deux grands opérateurs exceptionnellement subventionnés , dans le cadre de cette expérimentation ? Tant il est vrai que la Lozère a besoin d’un RESEAU UNIQUE pour libérer la VRAIE CONCURRENCE, la concurrence sur les SERVICES.  Cette petite idée, pas du tout innovante mais « évidente » suppose néanmoins une mobilisation générale des lozériens pour qu’elle ait quelque chance de se concrétiser.Encore faut-il que, comme Sénèque il y a 200 ans nous nous persuadions que « ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous nous n’osons pas que c’est difficile » ! Alors OSONS !

Auxillac le 29 aout 2014

Pierre Ygrié





Rurali..tic..tac..tic..tac..

20 08 2014

A l’approche de la 9ème édition de Ruralitic j’ai cru bon de faire un petit billet d’humeur en mettant quelques réflexions personnelles sous le sigle RURALITIC et en affirmant Urbi et Ruri « je suis Ruralitic » ! au risque d’etre qualifié de mégalo mais j’assume !

R ural . Je revendique cette origine. Adolescent, pendant les vacances j’aidais les paysans de mon village à faner et à moissonner « à l’ancienne », les tracteurs n’ayant pas encore remplacé les bœufs . Aujourd’hui 40 ans de vie parisienne n’ont pas altéré cet attachement à la campagne où il ferait bon vivre si elles devenaient « intelligentes » . C’est mon « combat » de retraité depuis 2000 à Paris, en Lozère …et à Ruralitic  ! Combat sans fin quand je vois que l’on s’interrogera encore à Ruralitic 2014 sur la gouvernance numérique,  problème qui aurait du être réglé depuis plus de 10 ans si nous avions su, élus et citoyens, anticiper les révolutions ( économique, sociale, sociétale, environnementale) qui allaient nous submerger !

U topique . Je revendique également ce « qualificatif ». Utopie et réalisme sont étroitement liés , le premier pour clarifier une vision, un objectif (même lointain), l’autre pour agir ici et maintenant. L’expression la plus « tueuse » d’idées innovantes est bien le fameux « soyons réalistes » que certains emploient à tort et à travers pour éviter de réfléchir et de se remettre en cause ! En matière de réseaux,« fondations » du numérique, pour moi, les choses sont claires depuis plus de 20 ans, depuis ce jour de 1991 où j’ai assisté à une vidéoconférence entre plusieurs centres de France télécom reliés par fibre optique. Se retrouver nez à nez avec des personnes présentes physiquement dans quelques grandes villes françaises dont j’ai oublié le nom depuis n’est pas un souvenir anodin ! Cet« incroyable effet de présence obtenu par la fluidité parfaite de l’image ( fibre optique = échanges sécurisés, symétriques et instantanés) et surtout l’échange des regards, comme dans une rencontre réelle m’a profondément marqué. Ce jour là j’ai compris que cette technique bouleverserait complètement la vie à la campagne pour peu que l’on remplace le réseau de cuivre par un réseau de fibre optique. 23 ans plus tard l’objectif n’a pas varié. Il a certes fallu du temps pour que cette petite idée toute simple fasse son chemin. Schopenhauer a dit un jour : « toute idée innovante chemine en 3 étapes : 1-elle est ridiculisée 2- elle subit une forte opposition 3- c’est une évidence pour tout le monde ». Aujourd’hui un tabou est tombé, la fin du cuivre est « actée »  mais cette « évidence » oublie à l’évidence des pans entiers de notre territoire où, paradoxalement, vivent ceux qui ont le plus besoin de réseaux de télécommunications performants ! Aujourd’hui la dégradation du réseau de cuivre dans les campagnes montre qu’il y a urgence à agir.Les réseaux actuels sont sur certains territoires proches de l’« explosion » …une « explosion » prévue pourtant de longue date

R elationnel. Je m’efforce de l’être en m’accrochant cette fois à une pensée de Pierre Vilain « seule la relation crée l’humain ». Aux Webs du Gévaudan nous avions en son temps mis un maximum de personnes en relation avec le phénomène internet via des témoignages radiophoniques ( cf émissions de radio lancées en 2001  ). Aujourd’hui je persiste à dire que les citoyens doivent être beaucoup mieux impliqués qu’ils ne le sont dans l’expression des usages de demain dans tous les domaines et plus particulièrement dans un domaine clé pour les zones rurales, la SANTE

A griculteur. Persuadé que l’agriculture et le très haut débit sont les deux « mamelles » de la ruralité moderne  je milite à l’occasion pour une agriculture respectueuse de l’environnement et je touche même une (toute petite !) retraite agricole pour des activités diverses ( dont les vendanges !) quand j’étais étudiant .

L ibre ? Je l’ai toujours été, du moins je l’espère, peut-être un peu plus depuis que je suis à la retraite où mes seules « barrières » ne sont plus que celles qui ressortent de l’amour-propre, barrières que j’essaie de renverser par ailleurs en pensant à une expression bien connue où il est question de mérinos !

I mpertinent ? Surement mais sans méchanceté et toujours pour tenter de « faire avancer le schmilblick » Dans le cas présent par exemple je n’hésite pas à fustiger les gouvernements successifs pour leur absence de vision dans l’aménagement numérique du territoire. J’avais écrit en son temps quelques « évidences » ( pour moi du moins ) ICI  et LA et tenté de pointer le « fossé » entre les paroles et les actes dans de nombreux domaines à commencer par celui de l’accès aux services publics, fondations du « vivre ensemble »  . Le rapport sur l’hyper ruralité d’Alain Bertrand, sénateur de la Lozère, prévoit, entre autres,« le droit à la pérennisation pour les expérimentations efficientes ». C’est donc le moment, pour l’hper-ruralité de demander qu’un article de la loi en préparation sur le numérique prévoit une « expérimentation » du remplacement du cuivre par de la fibre dans un département hyper-rural …je vous laisse deviner lequel … En 2003, nous avions demandé de faire de la Lozère un département pilote en très haut débit. Bis repetita !! . Monsieur le sénateur l’hyper-ruralité ne se fera pas sans des citoyens « numériquement » égaux ! Il y a quelques années le président de l’autorité de la concurrence lui même, qui était naguère opposé à la séparation fonctionnelle , chez l’opérateur historique, entre réseau et services n’écartait plus cette solution si elle « s’avère être le seul instrument à même de garantir une concurrence effective»( Source EuroTMT).Si cette solution n’a pas été retenue nationalement pourquoi ne le serai-elle pas pour les zones rurales ?

T enace ? Je pense . Tant de « bastilles »  restent à prendre , bastilles qui ont la « peau dure » si je m’en réfère à l’excellent article de Jean Michel Billaut sur la réforme territoriale  que, quelles que soient les difficultés, on ne peut pas baisser les bras . Je continue donc à dire « Attention danger ! routes glissantes  et même verglacées en montagne »  !

I déaliste ? Oui dans tous les domaines y compris dans celui du numérique. Avant les élections européennes j’appelais à « voter pour une Europe numérique ». C’est bien en effet au niveau européen que se joue notre avenir. L’ Europe est aujourd’hui une colonie numériqueOn a empêché l’émergence de champions mais on n’a pas empêché les champions étrangers de nous envahir » disait récemment Fleur Pellerin. Il est plus que temps d’en prendre conbscience et de nous mobiliser pour crier haut et fort « NUMERIQUE ..A LA BASTILLE ! »

C convaincant ? Aux lecteurs de ce blog de le dire …et de m’apporter des arguments pour tenter de l’être davantage !

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Rurali..tic..tac…tic…tac …l’horloge tourne, le temps passe….et c’est toujours le même refrain  que je reprendrai la semaine prochaine à Ruralitic où je vais tous les ans

Auxillac le 20 aout 2014

Pierre Ygrié





Numérique : A la Bastille !

10 07 2014

« Il nous faut agir pour une France numérique dans tous les domaines et dans tous les secteurs avec de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » déclarait Laure de la Raudière ( députée UMP) lors de la présentation  à quelques (valeureux) ministres du rapport sur le numérique qu’elle vient de rédiger avec sa collègue Corinne Erhel (députée PS) …laquelle « prolongeait » cette « injonction » par un «casser des silos tant politiques qu’administratifs…. L’innovation est le cœur de la réussite de la conversion et de la transformation numérique ..il faut dépasser nos blocages culturels, aller plus vite , oser, agir ….c’est une révolution culturelle à tous les échelons sur la nécessité d’avoir une approche de plus en plus innovante et ouverte »  

Ce n’est certes pas la première fois que nous entendons un tel discours tant au niveau européen que national ou local.  Malheureusement les actes sont souvent à des années lumières des discours ! Aujourd’hui nous avons atteint la cote d’alerte ! Le 14 juillet est proche, de nombreuses « bastilles » restent à prendre ….à tous les étages !

EUROPE :

La bataille se gagnera à minima au niveau européen. Avant les élections européennes nous appelions à voter …pour une Europe numérique ! . Après les élections nous avons écrit aux parlementaires fraichement élus pour leur demander de  « monter » des projets communs dans des domaines porteurs d’avenir et où les souverainetés nationales n’ont pas encore eu le temps de s’affirmer ! C’est le cas du NUMERIQUE où l’Europe qui se voulait le continent le plus compétitif de l’économie de la connaissance (cf traité de Lisbonne) est aujourd’hui un nain numérique. Comme dans toute économie il y a, dans l’économie numérique, des producteurs et des consommateurs. Il est temps que les européens, jusqu’ici fervents consommateurs de « coca-cola numérique », se décident à « produire »dans un domaine d’avenir porteur d’emplois directs et indirects dans de nombreux domaines tels que l’énergie, la santé etc… ».  Certains (une petite dizaine) ont répondu, ce que je considère comme un bon début !

Le nouveau parlement et la présidence italienne doivent être l’occasion de faire prendre conscience à l’ensemble des élus et des citoyens de l’impasse numérique dans laquelle nous a amenés la « sacro sainte » règle de la concurrence entre européens. « On a empêché l’émergence de champions mais on n’a pas empêché les champions étrangers de nous envahir » disait récemment Fleur Pellerin.  Les GAFA ( Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres ( Twiter, Netfix.. ) ont très vite compris qu’il était beaucoup plus rentable de faire du business dans des réseaux construits par d’autres en captant sur ces réseaux ( over the top) un maximum de « matière première » ( nos données personnelles) pour créer des plateformes logicielles (Plateforme= ce qui rend les données personnelles stockées et accessibles) qui sont autant de passages obligés pour des développeurs d’application.  Ces géants dotés d’une puissance capitalistique énorme « siphonnent » la marge de nos entreprises.

La politique du « coucou » a de beaux jours devant elle …sauf si l’Europe se décide à prendre des mesures fortes telles que les préconise MatteoRenzi. Le gouvernement italien entend en effet mettre sur la table du conseil européen d’octobre une liste de propositions (Déclaration de Venise)  pour « accélérer la transition numérique en Europe » en œuvrant à la relance des investissements dans les infrastructures à haut débit et en militant ouvertement pour la création d’une autorité de contrôle unique.

Que pouvons nous faire en tant que citoyens ? Rien diront certains …Ecrire aux députés européens répondent les Webs du Gévaudan …en droite ligne des « injonctions » de nos deux députées nationales grâce auxquelles la cause du numérique avance (pas suffisamment !) en France !

FRANCE

« Croissance, Confiance, Inclusion » Les 3 mots magiques de notre  nouvelle secrétaire d’Etat au numérique Axel Lemaire ( qui a succédé à Fleur Pellerin) sont-ils au rendez-vous ?  Aujourd’hui clairement non ! Demain peut-être ?

Le constat : il se résume en un mot, peut-être sévère mais c’est, je crois, le ressenti de la majorité des Français : CONFUSION !

Axel Lemaire partage certes les inquiétudes des Français : destruction d’emplois, respect de la vie privée, risques de fractures territoriales…. Elle a bien conscience que le numérique est un enjeu d’égalité territoriale, qu’il y a aujourd’hui des « citadins numériques » et, dans nos campagnes (l’essentiel du territoire) une    « populations éloignées de la réalité numérique ». Mais, concrètement, que fait-on ? Certaines mesures  doivent être « européennes » (régulation , assiette fiscale commune, protection des données, chaines de financement etc  ) mais nous pouvons faire beaucoup en France  dans tous les domaines.

Que faire ?  Personne à ce stade n’a de solution miracle. Tout au plus pouvons nous noter quelques points qui paraissent acquis à certains , et qui, à mon point de vue, sont loin de l’être !

-La (non) prise de conscience des élus.Quelques exemples en vrac : Nicolas Sarkozy à La Canourgue (chez moi !) en 2012 sur le thème des « fondamentaux de l’école » ne disant pas un mot sur le numérique !. 5 ministres seulement  ( dont 3 femmes) présents à l’audition de Laure de La Raudière et Corinne Erhel  du 2 juillet 2014  ( pas innocent que les deux parlementaires les plus investis sur le numérique soient des femmes ! à croire qu’elles sentent mieux que les hommes les évolutions profondes de la société !), peu de propositions audacieuses, à ma connaissance, faites par nos parlementaires et lorsqu’il y en avait (ex loi Pintat) elle n’allaient jamais au bout de leurs ambitions !  peu ou pas de numérique dans les campagnes électorales etc….   Quand Axel Lemaire dit « Tout doit commencer par une prise de conscience et cette conscience doit commencer au parlement » elle a raison mais force est de constater qu’on est loin de compte !

-La (non) prise de conscience des citoyens. Consommateurs effrénés de « coca cola numérique » nous nous posons rarement la question de savoir comment nous pourrions PARTICIPER à l’indispensable REFLEXION sur les SERVICES électroniques VITAUX ( Santé Education Services de proximité), ce qui ne nous empêche pas, nous, ruraux, de demander une égalité territoriale …comme si ces services n’étaient pas le socle de cette égalité ! . Nous ne sommes pas à un paradoxe près ! A nous ,citoyens, de multiplier les échanges (électroniques et physiques) pour « IMAGINER » les SERVICES que nous souhaitons dans ces domaines clés plutôt que de nous les faire imposer par le haut !

La (non) pertinence des options prises pour la construction des infrastructures

On a cru un temps (beaucoup trop long) que la construction des infrastructures pouvait être laissée au marché ! Ce faisant on a commis ,selon moi, deux erreurs fondamentales : 1- l’aménagement du territoire est une affaire publique et non privée 2- les dépenses des opérateurs privés pour les infrastructures les privent d’investissements sur l’essentiel de ce qui constitue, dans le numérique, la création de richesses : les plate formes logicielles captatrices de la MATIERE PREMIERE de cette ECONOMIE : les milliards d’informations personnelles que nous postons sur des appareils qui n’existaient pas il y a 10 ans !  Est-il encore temps de « relier » toutes les initiatives prises jusqu’ici dans une sorte d’établissement public d’initiative privée pour équiper l’ensemble du territoire en infrastructures publiques ouvertes ?  Les craintes que nous avions émises jusqu’ici se renforcent encore avec les (inévitables) perturbatiobns de la réforme territoriale annoncée. Pour les zones rurales, comme la feuille de route nous parait de plus en plus « glissante » !   il est peut-etre encore temps de (re) poser les ( vieilles) questions qui fâchent  Les infrastructures sont un élément clé des « fondations » de l’écosystème à construire pour favoriser l’INDISPENSABLE INNOVATION , y compris dans les campagnes  

Or  « Il n’y a pas d’innovation possible sans un volume important de dépense publique ». Le plan France très haut débit prend pour partie en compte cette « nécessité » . Reste une double question : 1- ces investissements sont-ils suffisants ? 2- sont ils bien « orientés » ?

Necessité de meilleure prise en compte des usages dans le plan France Très Haut Débit

Des secteurs entiers de l’économie ( publicité, vente à distance, musique, presse, etc..  ) ont été transformés par les géants ( hier des start up) américains. Mais n’ont-ils pas fait le plus facile ? Pour les secteurs vitaux comme la SANTE, les Français, beaucoup plus méfiants sur la protection des données personnelles, ont une vraie carte à jouer. La collecte des données personnelles est le « carburant » de l’économie numérique. La transformation du secteur santé ne se fera pas sans la participation active des citoyens. Parions que ce domaine sera prioritaire pour la future mission usages , l’un des trois piliers de l’agence numérique ( création prévue à l’ automne), les deux autres étant la mission French Touch et la mission très haut débit

LOZERE

Je me contenterai à ce stade de dire que si des choses ont été faites en Lozère ( le département des Webs du Gévaudan) et si nous n’avons rien à envier à des départements similaires notre grande faiblesse est de n’avoir pas su jusqu’ici faire participer la population à une démarche de réflexion sur ce que pourrait apporter le numérique à notre territoire ….un vieux « rêve » des Webs du Gévaudan. La faiblesse de la population est paradoxalement un atout pour lancer une démarche participative. Tout le monde ou presque se connait en Lozère. Je réitère donc ici ma « sempiternelle » demande d’organiser dans tous les cantons des réunions citoyennes sur le numérique en commençant par un thème fédérateur, la santé…un grenelle de la e-santé en quelque sorte…. ! 

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Pour Philippe Lemoine « La France connaît un déficit de pensée utopiste sur le numérique»   Pour lui,  « Avec le Web, les individus, citoyens et consommateurs ont pris le pouvoir ». Il ne reste plus qu’à le démontrer …à tous les étages en promouvant les échanges et en « obligeant » nos élus  à faire participer les citoyens à l’installation dans nos territoires (Europe,France, Lozère-pour ce qui me concerne) de cette révolution numérique qui transformera nos existences avec ou sans nous ! De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! Vite !!

Auxillac le 10 juillet 2014

Pierre Ygrié





Votons pour ….une Europe numérique !

17 05 2014

Lors du grand débat européen du 15 mai entre les candidats à la présidence de l’union européenne, une grande première  que les grandes chaines françaises n’ont pas retransmis, ce qui constitue pour moi un vrai « scandale » , tous les candidats ont insisté sur la nécessité d’investir dans des domaines clés tels que l’énergie, le numérique, la santé, l’éducation, la croissance verte…. L’Europe est le continent de la « non croissance » , une « exception mondiale » ( croissance mondiale de   3,7 % en 2014, puis de 3,9 % en 2015 selon le FMI). Le problème du financement de ces investissements d’avenir  est certes un vrai problème pour lesquels tous les candidats ont donné des pistes mais la question de la volonté politique de faire est « première » et peut se manifester dans le cadre actuel des institutions…ce qui ne signifie pas qu’il  ne faudra pas changer les institutions à terme pour définir un nouveau cadre pour une Europe intégrée mais il y a des urgences !  parmi ces urgences la création d’un smic européen , l’harmonisation des fiscalités (mais ce sera plus long !) et les investissements d’avenir pour créer de NOUVEAUX EMPLOIS..

Si l’on considère que 90% des produits et services utilisés aujourd’hui n’existaient pas il y a 20 ans on peut ( on doit !) faire une grand bond en avant dans l’imagination des services de demain dans lesquels le numérique aura une place déterminante. Or que voyons nous aujourd’hui ? Les outils sont américains ou asiatiques et les européens que nous sommes sont devenus des consommateurs importants certes mais des « consommateurs » de produits et services fabriqués par d’autres, des produits que nous ne fabriquons pas nous mèmes avec nos « emplois » !

Pour faire du  « continent de la non croissance » un continent où l’on crée des emplois pour les jeunes il faut impérativement, à mon point de vue, investir dans  des « fondations numériques » condition d’innovation, donc de création d’emplois dans tous les domaines à commencer par les services vitaux (anté ducation nergie ervices de proximité)

.Décider de créer un marché unique du numérique, avec, comme première mesure, l’encouragement à l’émergence d’opérateurs européens de taille mondiale ( 100 opérateurs aujourd’hui en Europe contre 4 aux USA) nous permettrait peut-être de nous sevrer progressivement du « coca cola numérique » dont nous nous délectons par ailleurs ! J’avais insisté sur ce point lors des vœux de l’association en début d’année. L’Union Européenne c’est 7% de la population mondiale, 25% du PIB mais un nain numérique  ! « Aujourd’hui, ce sont essentiellement des acteurs non européens de l’Internet qui détiennent les positions centrales dans le monde numérique. Incontournables, ils captent l’essentiel de la valeur et détiennent la capacité d’influer sur le fonctionnement même d’Internet. L’Europe ne doit pas devenir un simple espace de consommation de services numériques développés ailleurs, via des technologies, des modèles et des normes qu’elle ne maîtriserait pas ; elle doit veiller au renforcement de son autonomie stratégique dans ce domaine. Elle doit garantir qu’Internet fonctionne comme un espace public ouvert à tous et respectueux des droits de chacun, un levier de développement économique, un instrument de liberté et d’émancipation politique ».

Toute réflexion sur un « gouvernance numérique » de l’Europe ne pourrait elle pas  participer au déclic nécessaire pour construire enfin  une AUTRE EUROPE, celle qu’avaient imaginée ses pères fondateurs il y a plus  d’un demi siècle ? L’espoir de demain doit être à la hauteur du gâchis d’hier et le numérique peut nous aider à relever cet immense défi: construire enfin une (indispensable) Europe solidaire  ( le mot « solidarité  » a été « martelé » au cours du débat!)sur les ruines d’une Europe du tout marché abandonnée à la « sainte concurrence ».

Le « monde numérique » dans lequel nous sommes tous plongés ne pourrait-il pas etre une occasion de prise de conscience pour chaque citoyen de la necessité d’une Europe plus intégrée, plus solidaire, plus « politique » au sans noble du terme, une Europe qui, dans un second temps devra etre « refaite » avec de nouveaux traités mais qui, pour l’instant , doit faire face aux « urgences » en créant des emplois pour ses jeunes ? L’Europe est l’avenir de nos jeunes, ils le savent bien et ils attendent de nous, les adultes, un sursaut citoyen ! En votant aux prochaines élections européennes tous les citoyens ont une occasion unique de  faire entendre leur voix puisque le nouveau président de l’Union sera élu, une première, par les députés européens , c’est-à-dire nos représentants !

Le 25 mai  en « votant » pour…une EUROPE NUMERIQUE nous « votons » pour l’avenir !!

Auxillac le 17 mai 2014

Pierre Ygrié








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