Rurali..tic..tac..tic..tac..

20 08 2014

A l’approche de la 9ème édition de Ruralitic j’ai cru bon de faire un petit billet d’humeur en mettant quelques réflexions personnelles sous le sigle RURALITIC et en affirmant Urbi et Ruri « je suis Ruralitic » ! au risque d’etre qualifié de mégalo mais j’assume !

R ural . Je revendique cette origine. Adolescent, pendant les vacances j’aidais les paysans de mon village à faner et à moissonner "à l’ancienne", les tracteurs n’ayant pas encore remplacé les bœufs . Aujourd’hui 40 ans de vie parisienne n’ont pas altéré cet attachement à la campagne où il ferait bon vivre si elles devenaient « intelligentes » . C’est mon « combat » de retraité depuis 2000 à Paris, en Lozère …et à Ruralitic  ! Combat sans fin quand je vois que l’on s’interrogera encore à Ruralitic 2014 sur la gouvernance numérique,  problème qui aurait du être réglé depuis plus de 10 ans si nous avions su, élus et citoyens, anticiper les révolutions ( économique, sociale, sociétale, environnementale) qui allaient nous submerger !

U topique . Je revendique également ce « qualificatif ». Utopie et réalisme sont étroitement liés , le premier pour clarifier une vision, un objectif (même lointain), l’autre pour agir ici et maintenant. L’expression la plus « tueuse » d’idées innovantes est bien le fameux « soyons réalistes » que certains emploient à tort et à travers pour éviter de réfléchir et de se remettre en cause ! En matière de réseaux,« fondations » du numérique, pour moi, les choses sont claires depuis plus de 20 ans, depuis ce jour de 1991 où j’ai assisté à une vidéoconférence entre plusieurs centres de France télécom reliés par fibre optique. Se retrouver nez à nez avec des personnes présentes physiquement dans quelques grandes villes françaises dont j’ai oublié le nom depuis n’est pas un souvenir anodin ! Cet« incroyable effet de présence obtenu par la fluidité parfaite de l’image ( fibre optique = échanges sécurisés, symétriques et instantanés) et surtout l’échange des regards, comme dans une rencontre réelle m’a profondément marqué. Ce jour là j’ai compris que cette technique bouleverserait complètement la vie à la campagne pour peu que l’on remplace le réseau de cuivre par un réseau de fibre optique. 23 ans plus tard l’objectif n’a pas varié. Il a certes fallu du temps pour que cette petite idée toute simple fasse son chemin. Schopenhauer a dit un jour : « toute idée innovante chemine en 3 étapes : 1-elle est ridiculisée 2- elle subit une forte opposition 3- c’est une évidence pour tout le monde ». Aujourd’hui un tabou est tombé, la fin du cuivre est « actée »  mais cette « évidence » oublie à l’évidence des pans entiers de notre territoire où, paradoxalement, vivent ceux qui ont le plus besoin de réseaux de télécommunications performants ! Aujourd’hui la dégradation du réseau de cuivre dans les campagnes montre qu’il y a urgence à agir.Les réseaux actuels sont sur certains territoires proches de l’« explosion » …une « explosion » prévue pourtant de longue date

R elationnel. Je m’efforce de l’être en m’accrochant cette fois à une pensée de Pierre Vilain « seule la relation crée l’humain ». Aux Webs du Gévaudan nous avions en son temps mis un maximum de personnes en relation avec le phénomène internet via des témoignages radiophoniques ( cf émissions de radio lancées en 2001  ). Aujourd’hui je persiste à dire que les citoyens doivent être beaucoup mieux impliqués qu’ils ne le sont dans l’expression des usages de demain dans tous les domaines et plus particulièrement dans un domaine clé pour les zones rurales, la SANTE

A griculteur. Persuadé que l’agriculture et le très haut débit sont les deux « mamelles » de la ruralité moderne  je milite à l’occasion pour une agriculture respectueuse de l’environnement et je touche même une (toute petite !) retraite agricole pour des activités diverses ( dont les vendanges !) quand j’étais étudiant .

L ibre ? Je l’ai toujours été, du moins je l’espère, peut-être un peu plus depuis que je suis à la retraite où mes seules « barrières » ne sont plus que celles qui ressortent de l’amour-propre, barrières que j’essaie de renverser par ailleurs en pensant à une expression bien connue où il est question de mérinos !

I mpertinent ? Surement mais sans méchanceté et toujours pour tenter de « faire avancer le schmilblick » Dans le cas présent par exemple je n’hésite pas à fustiger les gouvernements successifs pour leur absence de vision dans l’aménagement numérique du territoire. J’avais écrit en son temps quelques « évidences » ( pour moi du moins ) ICI  et LA et tenté de pointer le « fossé » entre les paroles et les actes dans de nombreux domaines à commencer par celui de l’accès aux services publics, fondations du « vivre ensemble »  . Le rapport sur l’hyper ruralité d’Alain Bertrand, sénateur de la Lozère, prévoit, entre autres,« le droit à la pérennisation pour les expérimentations efficientes ». C’est donc le moment, pour l’hper-ruralité de demander qu’un article de la loi en préparation sur le numérique prévoit une « expérimentation » du remplacement du cuivre par de la fibre dans un département hyper-rural …je vous laisse deviner lequel … En 2003, nous avions demandé de faire de la Lozère un département pilote en très haut débit. Bis repetita !! . Monsieur le sénateur l’hyper-ruralité ne se fera pas sans des citoyens « numériquement » égaux ! Il y a quelques années le président de l’autorité de la concurrence lui même, qui était naguère opposé à la séparation fonctionnelle , chez l’opérateur historique, entre réseau et services n’écartait plus cette solution si elle « s’avère être le seul instrument à même de garantir une concurrence effective»( Source EuroTMT).Si cette solution n’a pas été retenue nationalement pourquoi ne le serai-elle pas pour les zones rurales ?

T enace ? Je pense . Tant de « bastilles »  restent à prendre , bastilles qui ont la « peau dure » si je m’en réfère à l’excellent article de Jean Michel Billaut sur la réforme territoriale  que, quelles que soient les difficultés, on ne peut pas baisser les bras . Je continue donc à dire « Attention danger ! routes glissantes  et même verglacées en montagne »  !

I déaliste ? Oui dans tous les domaines y compris dans celui du numérique. Avant les élections européennes j’appelais à « voter pour une Europe numérique ». C’est bien en effet au niveau européen que se joue notre avenir. L’ Europe est aujourd’hui une colonie numériqueOn a empêché l’émergence de champions mais on n’a pas empêché les champions étrangers de nous envahir » disait récemment Fleur Pellerin. Il est plus que temps d’en prendre conbscience et de nous mobiliser pour crier haut et fort « NUMERIQUE ..A LA BASTILLE ! »

C convaincant ? Aux lecteurs de ce blog de le dire …et de m’apporter des arguments pour tenter de l’être davantage !

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Rurali..tic..tac…tic…tac …l’horloge tourne, le temps passe….et c’est toujours le même refrain  que je reprendrai la semaine prochaine à Ruralitic où je vais tous les ans

Auxillac le 20 aout 2014

Pierre Ygrié





Numérique : A la Bastille !

10 07 2014

« Il nous faut agir pour une France numérique dans tous les domaines et dans tous les secteurs avec de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace » déclarait Laure de la Raudière ( députée UMP) lors de la présentation  à quelques (valeureux) ministres du rapport sur le numérique qu’elle vient de rédiger avec sa collègue Corinne Erhel (députée PS) …laquelle « prolongeait » cette « injonction » par un «casser des silos tant politiques qu’administratifs…. L’innovation est le cœur de la réussite de la conversion et de la transformation numérique ..il faut dépasser nos blocages culturels, aller plus vite , oser, agir ….c’est une révolution culturelle à tous les échelons sur la nécessité d’avoir une approche de plus en plus innovante et ouverte »  

Ce n’est certes pas la première fois que nous entendons un tel discours tant au niveau européen que national ou local.  Malheureusement les actes sont souvent à des années lumières des discours ! Aujourd’hui nous avons atteint la cote d’alerte ! Le 14 juillet est proche, de nombreuses « bastilles » restent à prendre ….à tous les étages !

EUROPE :

La bataille se gagnera à minima au niveau européen. Avant les élections européennes nous appelions à voter …pour une Europe numérique ! . Après les élections nous avons écrit aux parlementaires fraichement élus pour leur demander de  « monter » des projets communs dans des domaines porteurs d’avenir et où les souverainetés nationales n’ont pas encore eu le temps de s’affirmer ! C’est le cas du NUMERIQUE où l’Europe qui se voulait le continent le plus compétitif de l’économie de la connaissance (cf traité de Lisbonne) est aujourd’hui un nain numérique. Comme dans toute économie il y a, dans l’économie numérique, des producteurs et des consommateurs. Il est temps que les européens, jusqu’ici fervents consommateurs de « coca-cola numérique », se décident à « produire »dans un domaine d’avenir porteur d’emplois directs et indirects dans de nombreux domaines tels que l’énergie, la santé etc… ».  Certains (une petite dizaine) ont répondu, ce que je considère comme un bon début !

Le nouveau parlement et la présidence italienne doivent être l’occasion de faire prendre conscience à l’ensemble des élus et des citoyens de l’impasse numérique dans laquelle nous a amenés la « sacro sainte » règle de la concurrence entre européens. « On a empêché l’émergence de champions mais on n’a pas empêché les champions étrangers de nous envahir » disait récemment Fleur Pellerin.  Les GAFA ( Google, Apple, Facebook, Amazon) et autres ( Twiter, Netfix.. ) ont très vite compris qu’il était beaucoup plus rentable de faire du business dans des réseaux construits par d’autres en captant sur ces réseaux ( over the top) un maximum de « matière première » ( nos données personnelles) pour créer des plateformes logicielles (Plateforme= ce qui rend les données personnelles stockées et accessibles) qui sont autant de passages obligés pour des développeurs d’application.  Ces géants dotés d’une puissance capitalistique énorme « siphonnent » la marge de nos entreprises.

La politique du « coucou » a de beaux jours devant elle …sauf si l’Europe se décide à prendre des mesures fortes telles que les préconise MatteoRenzi. Le gouvernement italien entend en effet mettre sur la table du conseil européen d’octobre une liste de propositions (Déclaration de Venise)  pour « accélérer la transition numérique en Europe » en œuvrant à la relance des investissements dans les infrastructures à haut débit et en militant ouvertement pour la création d’une autorité de contrôle unique.

Que pouvons nous faire en tant que citoyens ? Rien diront certains …Ecrire aux députés européens répondent les Webs du Gévaudan …en droite ligne des « injonctions » de nos deux députées nationales grâce auxquelles la cause du numérique avance (pas suffisamment !) en France !

FRANCE

« Croissance, Confiance, Inclusion » Les 3 mots magiques de notre  nouvelle secrétaire d’Etat au numérique Axel Lemaire ( qui a succédé à Fleur Pellerin) sont-ils au rendez-vous ?  Aujourd’hui clairement non ! Demain peut-être ?

Le constat : il se résume en un mot, peut-être sévère mais c’est, je crois, le ressenti de la majorité des Français : CONFUSION !

Axel Lemaire partage certes les inquiétudes des Français : destruction d’emplois, respect de la vie privée, risques de fractures territoriales…. Elle a bien conscience que le numérique est un enjeu d’égalité territoriale, qu’il y a aujourd’hui des « citadins numériques » et, dans nos campagnes (l’essentiel du territoire) une    « populations éloignées de la réalité numérique ». Mais, concrètement, que fait-on ? Certaines mesures  doivent être « européennes » (régulation , assiette fiscale commune, protection des données, chaines de financement etc  ) mais nous pouvons faire beaucoup en France  dans tous les domaines.

Que faire ?  Personne à ce stade n’a de solution miracle. Tout au plus pouvons nous noter quelques points qui paraissent acquis à certains , et qui, à mon point de vue, sont loin de l’être !

-La (non) prise de conscience des élus.Quelques exemples en vrac : Nicolas Sarkozy à La Canourgue (chez moi !) en 2012 sur le thème des « fondamentaux de l’école » ne disant pas un mot sur le numérique !. 5 ministres seulement  ( dont 3 femmes) présents à l’audition de Laure de La Raudière et Corinne Erhel  du 2 juillet 2014  ( pas innocent que les deux parlementaires les plus investis sur le numérique soient des femmes ! à croire qu’elles sentent mieux que les hommes les évolutions profondes de la société !), peu de propositions audacieuses, à ma connaissance, faites par nos parlementaires et lorsqu’il y en avait (ex loi Pintat) elle n’allaient jamais au bout de leurs ambitions !  peu ou pas de numérique dans les campagnes électorales etc….   Quand Axel Lemaire dit « Tout doit commencer par une prise de conscience et cette conscience doit commencer au parlement » elle a raison mais force est de constater qu’on est loin de compte !

-La (non) prise de conscience des citoyens. Consommateurs effrénés de « coca cola numérique » nous nous posons rarement la question de savoir comment nous pourrions PARTICIPER à l’indispensable REFLEXION sur les SERVICES électroniques VITAUX ( Santé Education Services de proximité), ce qui ne nous empêche pas, nous, ruraux, de demander une égalité territoriale …comme si ces services n’étaient pas le socle de cette égalité ! . Nous ne sommes pas à un paradoxe près ! A nous ,citoyens, de multiplier les échanges (électroniques et physiques) pour « IMAGINER » les SERVICES que nous souhaitons dans ces domaines clés plutôt que de nous les faire imposer par le haut !

La (non) pertinence des options prises pour la construction des infrastructures

On a cru un temps (beaucoup trop long) que la construction des infrastructures pouvait être laissée au marché ! Ce faisant on a commis ,selon moi, deux erreurs fondamentales : 1- l’aménagement du territoire est une affaire publique et non privée 2- les dépenses des opérateurs privés pour les infrastructures les privent d’investissements sur l’essentiel de ce qui constitue, dans le numérique, la création de richesses : les plate formes logicielles captatrices de la MATIERE PREMIERE de cette ECONOMIE : les milliards d’informations personnelles que nous postons sur des appareils qui n’existaient pas il y a 10 ans !  Est-il encore temps de « relier » toutes les initiatives prises jusqu’ici dans une sorte d’établissement public d’initiative privée pour équiper l’ensemble du territoire en infrastructures publiques ouvertes ?  Les craintes que nous avions émises jusqu’ici se renforcent encore avec les (inévitables) perturbatiobns de la réforme territoriale annoncée. Pour les zones rurales, comme la feuille de route nous parait de plus en plus « glissante » !   il est peut-etre encore temps de (re) poser les ( vieilles) questions qui fâchent  Les infrastructures sont un élément clé des « fondations » de l’écosystème à construire pour favoriser l’INDISPENSABLE INNOVATION , y compris dans les campagnes  

Or  « Il n’y a pas d’innovation possible sans un volume important de dépense publique ». Le plan France très haut débit prend pour partie en compte cette « nécessité » . Reste une double question : 1- ces investissements sont-ils suffisants ? 2- sont ils bien « orientés » ?

Necessité de meilleure prise en compte des usages dans le plan France Très Haut Débit

Des secteurs entiers de l’économie ( publicité, vente à distance, musique, presse, etc..  ) ont été transformés par les géants ( hier des start up) américains. Mais n’ont-ils pas fait le plus facile ? Pour les secteurs vitaux comme la SANTE, les Français, beaucoup plus méfiants sur la protection des données personnelles, ont une vraie carte à jouer. La collecte des données personnelles est le « carburant » de l’économie numérique. La transformation du secteur santé ne se fera pas sans la participation active des citoyens. Parions que ce domaine sera prioritaire pour la future mission usages , l’un des trois piliers de l’agence numérique ( création prévue à l’ automne), les deux autres étant la mission French Touch et la mission très haut débit

LOZERE

Je me contenterai à ce stade de dire que si des choses ont été faites en Lozère ( le département des Webs du Gévaudan) et si nous n’avons rien à envier à des départements similaires notre grande faiblesse est de n’avoir pas su jusqu’ici faire participer la population à une démarche de réflexion sur ce que pourrait apporter le numérique à notre territoire ….un vieux « rêve » des Webs du Gévaudan. La faiblesse de la population est paradoxalement un atout pour lancer une démarche participative. Tout le monde ou presque se connait en Lozère. Je réitère donc ici ma « sempiternelle » demande d’organiser dans tous les cantons des réunions citoyennes sur le numérique en commençant par un thème fédérateur, la santé…un grenelle de la e-santé en quelque sorte…. ! 

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Pour Philippe Lemoine « La France connaît un déficit de pensée utopiste sur le numérique»   Pour lui,  « Avec le Web, les individus, citoyens et consommateurs ont pris le pouvoir ». Il ne reste plus qu’à le démontrer …à tous les étages en promouvant les échanges et en « obligeant » nos élus  à faire participer les citoyens à l’installation dans nos territoires (Europe,France, Lozère-pour ce qui me concerne) de cette révolution numérique qui transformera nos existences avec ou sans nous ! De l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace ! Vite !!

Auxillac le 10 juillet 2014

Pierre Ygrié





Votons pour ….une Europe numérique !

17 05 2014

Lors du grand débat européen du 15 mai entre les candidats à la présidence de l’union européenne, une grande première  que les grandes chaines françaises n’ont pas retransmis, ce qui constitue pour moi un vrai « scandale » , tous les candidats ont insisté sur la nécessité d’investir dans des domaines clés tels que l’énergie, le numérique, la santé, l’éducation, la croissance verte…. L’Europe est le continent de la « non croissance » , une « exception mondiale » ( croissance mondiale de   3,7 % en 2014, puis de 3,9 % en 2015 selon le FMI). Le problème du financement de ces investissements d’avenir  est certes un vrai problème pour lesquels tous les candidats ont donné des pistes mais la question de la volonté politique de faire est « première » et peut se manifester dans le cadre actuel des institutions…ce qui ne signifie pas qu’il  ne faudra pas changer les institutions à terme pour définir un nouveau cadre pour une Europe intégrée mais il y a des urgences !  parmi ces urgences la création d’un smic européen , l’harmonisation des fiscalités (mais ce sera plus long !) et les investissements d’avenir pour créer de NOUVEAUX EMPLOIS..

Si l’on considère que 90% des produits et services utilisés aujourd’hui n’existaient pas il y a 20 ans on peut ( on doit !) faire une grand bond en avant dans l’imagination des services de demain dans lesquels le numérique aura une place déterminante. Or que voyons nous aujourd’hui ? Les outils sont américains ou asiatiques et les européens que nous sommes sont devenus des consommateurs importants certes mais des « consommateurs » de produits et services fabriqués par d’autres, des produits que nous ne fabriquons pas nous mèmes avec nos "emplois" !

Pour faire du  « continent de la non croissance » un continent où l’on crée des emplois pour les jeunes il faut impérativement, à mon point de vue, investir dans  des « fondations numériques » condition d’innovation, donc de création d’emplois dans tous les domaines à commencer par les services vitaux (anté ducation nergie ervices de proximité)

.Décider de créer un marché unique du numérique, avec, comme première mesure, l’encouragement à l’émergence d’opérateurs européens de taille mondiale ( 100 opérateurs aujourd’hui en Europe contre 4 aux USA) nous permettrait peut-être de nous sevrer progressivement du « coca cola numérique » dont nous nous délectons par ailleurs ! J’avais insisté sur ce point lors des vœux de l’association en début d’année. L’Union Européenne c’est 7% de la population mondiale, 25% du PIB mais un nain numérique  ! « Aujourd’hui, ce sont essentiellement des acteurs non européens de l’Internet qui détiennent les positions centrales dans le monde numérique. Incontournables, ils captent l’essentiel de la valeur et détiennent la capacité d’influer sur le fonctionnement même d’Internet. L’Europe ne doit pas devenir un simple espace de consommation de services numériques développés ailleurs, via des technologies, des modèles et des normes qu’elle ne maîtriserait pas ; elle doit veiller au renforcement de son autonomie stratégique dans ce domaine. Elle doit garantir qu’Internet fonctionne comme un espace public ouvert à tous et respectueux des droits de chacun, un levier de développement économique, un instrument de liberté et d’émancipation politique ».

Toute réflexion sur un « gouvernance numérique » de l’Europe ne pourrait elle pas  participer au déclic nécessaire pour construire enfin  une AUTRE EUROPE, celle qu’avaient imaginée ses pères fondateurs il y a plus  d’un demi siècle ? L’espoir de demain doit être à la hauteur du gâchis d’hier et le numérique peut nous aider à relever cet immense défi: construire enfin une (indispensable) Europe solidaire  ( le mot "solidarité " a été "martelé" au cours du débat!)sur les ruines d’une Europe du tout marché abandonnée à la « sainte concurrence ».

Le "monde numérique" dans lequel nous sommes tous plongés ne pourrait-il pas etre une occasion de prise de conscience pour chaque citoyen de la necessité d’une Europe plus intégrée, plus solidaire, plus "politique" au sans noble du terme, une Europe qui, dans un second temps devra etre "refaite" avec de nouveaux traités mais qui, pour l’instant , doit faire face aux "urgences" en créant des emplois pour ses jeunes ? L’Europe est l’avenir de nos jeunes, ils le savent bien et ils attendent de nous, les adultes, un sursaut citoyen ! En votant aux prochaines élections européennes tous les citoyens ont une occasion unique de  faire entendre leur voix puisque le nouveau président de l’Union sera élu, une première, par les députés européens , c’est-à-dire nos représentants !

Le 25 mai  en "votant" pour…une EUROPE NUMERIQUE nous "votons" pour l’avenir !!

Auxillac le 17 mai 2014

Pierre Ygrié





e-santé, une révolution en marche….avec les citoyens ?

30 03 2014

« e-santé, une révolution en marche sur tous les continents »…Tel était le thème des journées Télésanté 2014 des 27 et 28 mars.  Le choix du titre est révélateur de la place que prend la télésanté dans les colloques et évènements qui lui sont consacrés et dans les expérimentations chaque année plus nombreuses sur tous les continents ! Nous ne sommes en effet qu’au début de cette révolution qui, comme toutes les révolutions, peut apporter le meilleur et le pire. Les citoyens , premiers concernés, doivent donc, sous des formes à inventer, être partie prenante dans cette révolution . Les ruraux sont particulièrement sensibles à ces « exigences » car ils ont la conviction que, au-delà de la télémédecine, la santé peut être, pour les zones rurales, la « porte d’entrée » du très haut débit  dont ils ont impérativement besoin par ailleurs pour être des citoyens numériques à part entière et vivre dans des campagnes « intelligentes » ! Après les colloques « Télésantés » annuels j’écris toujours un papier » sans prétention qui n’a d’autre objectif que de donner à chaud mon « ressenti » nécessairement  subjectif et par définition critiquable et « amendable »  .Je l’avais fait en 2011, en 2012 et 2013Je retente l’expérience en 2014 avec l’espoir de susciter de nombreux commentaires !

1-Etre bien soigné en tout lieu et à tout moment !

Cette demande « évidente » suppose une prise en compte globale et humanisée au plus près de son domicile . C’est loin d’être le cas à la campagne et même souvent en ville ! La télémédecine peut être un outil certes complémentaire mais combien efficace pour atteindre cet objectif.  Les pays pauvres l’ont déjà compris. . Chez nous l’organisation des soins doit être entièrement repensée. Elus , professionnels de santé, du monde des TIC, institutionnels  …et citoyens doivent se mobiliser dans une démarche de type « grenelle de la e-santé » pour pouvoir profiter au maximum de cette opportunité historique pour les zones rurales d’avoir enfin accès à des ressources distantes.  Les ruraux n’auront jamais « physiquement » tous les spécialistes sur leur territoire. Ils en auront même de moins en moins tant est en marche une double « logique » contradictoire : l’hyperspécialisatioin et son corollaire, la concentration d’une part, une demande des patients de prise en charge globale et personnalisée d’autre part. La télémédecine peut aider à résoudre ce paradoxe pour peu que tous les citoyens d’un territoire, à commencer par les élus, s’« imprègnent » progressivement  des apports du numérique !

2- Etre connecté !

Dans un ouvrage collectif  intitulé « Télésanté espoir du monde rural »  j’avais « commis » un papier anticipatif  sous le titre « Témoignage prospective d’un octogénaire en 2020 ». J’y supposais, à  cette date, généralisés les réseaux optiques et « installée » une chaine collaborative de santé permettant une continuité entre les services d’aide à domicile, les soignants (hospitaliers et libéraux) et les organismes de financement. Une telle organisation en ligne du système de santé permettait dés lors d’optimiser les soins et les coûts tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable.

Ces « évidences » de 2020 sont autant de défis pour 2014. Les freins sont énormes, davantage culturels et organisationnels que techniques sans soute mais ils ne sont pas insurmontables pour peu que l’on ait la volonté de connecter les machines et surtout les hommes pour créer des territoires numériques de santé .

3-Les piliers des futurs territoires numériques de santé

Outre les centres hospitaliers existants, nécessaires pour les urgences et les opérations courantes, les piliers de ces territoires seront les maisons de retraite pluridisciplinaires, lesEHPAD(maisons de retraite) …et le domicile !

-Le domicile, premier « lieu » de soins . Les seniors souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible. Les établissements de santé ( hôpitaux, Ehpads…) ne pourront pas accueillir tout le monde du fait du vieillissement de la population ( 100 centenaires en 1900, 17000 aujourd’hui et 200000 en 2060 !) mais aussi du développement des maladies chroniques voire de l’apparition de nouvelles pathologies « environnementales » ?

-Les maisons pluridisciplinaires de santé . A cœur du territoire elles devront intégrer des salles de téléconsultation  pour permettre au médecin traitant, pivot du système, de faire appel, en tant que de besoin, à des ressources distantes dans tous les domaines (ophtalmologie, dermatologie, cardiologie, pneumologie,  cancérologie etc…) . Ces maisons de santé « augmentées » constitueront le « nœud de soins » de proximité , des mini « smart hôpitaux » en quelque sorte ! Le projet d’une zone rurale auvergnate, les Combrailles, n’en est pas encore à ce stade mais il mérite d’être suivi…. comme plusieurs autres d’ailleurs.

-Les EHPAD . Ils seront bien évidemment en réseau avec les autres établissements de santé du territoire

-Autres établissements : maisons de rééducation, prisons etc….

4- Un DEFI urgent à relever !

Petit moyen mnémotechnique sans prétention…..

D iffusion …des expérimentations ( encore trop peu nombreuses bien qu’en sensible augmentation et très inégalement réparties) et de l’information !

E conomie . Les expérimentations actuelles, voire les actions « installées », sont dans leur grande majorité pour ne pas dire leur totalité « sous perfusion » de subventions publiques . Il faudra encore beaucoup d’expérimentations, la levée de nombreux freins et une approche globales avant de pérenniser un modèle économique rentable pour toutes les parties ….dont l’Etat !

F ormation .

Certains s’y sont déjà « attelés » !

-pour les étudiants en médecine le concept de « classe inversée » en 3 phases ( 1-apprentissage en ligne 2- QCM 3- ateliers présentiels par niveau suite à résultats du QCM) devrait favoriser, chez les étudiants  l’habitude d’aller chercher des ressources distantes….habitude qui se développe par ailleurs à la vitesse grand V avec les MOOCS !  ….

- formation d’ingénieurs TIC / SANTE et d’étudiants en médecine à Montpellier, action innovante à suivre de près ….

- Mais le chantier reste gigantesque car la construction des (indispensables) territoires numériques de santé ne se fera pas sans la formation des deux « piliers » de leur construction, du moins selon moi, les élus ( d’où la « demande » de référent numérique !) et les médecins généralistes, pivots de tout l’édifice ! La seule formation de ces derniers ne mériterait –elle pas le lancement d’un vaste plan de formation national à la télémédecine …..sous l’égide de L’ EHESP ( Ecole des Hautes Etudes en Sante Publique) ??

I nnovation . Innovations techniques certes mais surtout innovation dans la méthode ! Il faudra mettre autour d’une même table les professionnels de santé, les industriels, les institutionnels  et les principaux intéressés, les citoyens ….mais pour ce faire il faudra davantage qu’une révolution numérique , une REVOLUTION CULTURELLE !

Depuis des années que je participe à Télésanté j’entends parler de l’impérieuse nécessité de COLLABORER !.Les outils numériques actuels et futurs vont faire la télémédecine de demain , une télémédecine qui devra toujours rester complémentaire de la médecine traditionnelle et qui suppose, pour en  cueillir tous les bénéfices et en limiter les risques qu’on la « construise » ENSEMBLE !

Auxillac le 30 mars 2014

Pierre Ygrié





Un « référent numérique » dans chaque conseil municipal ?

26 03 2014

 

Le numérique est le 2e sujet de préoccupation des zones rurales !

http://www.ariase.com/fr/news/elections-2014-couverture-numerique-campagne-article-3212.html

Je lis, entre autres, dans cet article, que «les besoins des Français se situent également dans les services publics numériques qui facilitent le quotidien : e-administration, télé-médecine… L’intégration d’internet et les usages connectésvont devenir indispensables, en matière d’économie, de productivité, et de service au citoyen »

Aux Webs du Gévaudan on alerte les ruraux sur ces sujets depuis près de 15 ans !  Depuis 15 ans nous lançons un  SOS ruralité, toujours d’actualité  (1)  ou plutôt un SES ! S comme santé (2), E comme education , Economie  (4) Energie (3) ou encore Environnement …et S comme Services de proximité ! Sur l’indispensable égalité dans l’accès aux services publics nous avions écrit un papier « Services publics tous égaux »  http://websdugevaudan.wordpress.com/2012/09/10/services-publics-tous-egaux/ .

Nos objectifs sont simples:

1- pour les infrastructures : remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibre optique, sujet tabou jusqu’ici mais qui commence à intéresser ceux qui en ont le plus besoin, les ruraux ! Très haut débit: les Ruraux d’abord !

2-faire participer les citoyens à une large réflexion sur les usages vitaux de demain ( SES) , les vrais usages…bien différents du "coca cola numérique" dont on nous abreuve !

Depuis le début de la campagne nous militons pour que chaque commune ou, à minima, chaque communauté de communes, se dote d’un « référent numérique ». Ci-dessous un extrait de ce que nous écrivions à chaque élu lozérien début février « Comme vous le savez, en zones rurales, les collectivités territoriales sont responsables de l’aménagement numérique. La Lozère est l’un des premiers départements à s’être doté d’un SDAN (schéma départemental d’aménagement numérique ) et le conseil général a fait du très haut débit sa priorité. C’est une excellente chose mais ce sera insuffisant si l’on ne se dote pas de moyens humains supplémentaires pour ANIMER le TERRITOIRE. C’est ce que j’ai essayé, en toute (im) modestie, de dire lors d’émissions récentes sur radio Margeride et  sur radio Eaux Vives. La future Lozère numérique ne se fera pas en effet , à mon point de vue, sans la participation de la population, ce qui suppose, à minima, un « référent numérique » au niveau de chaque communauté de communes et le renforcement des équipes départementales existantes ».

Ce référent numérique devrait, entre autres, se tenir informé des évolutions du plan France très haut débit ( le minimum !), faire le lien avec l’équipe TIC du conseil général de son département et ou de sa région, mettre en place des outils de communication interne ( intra conseil municipal )et externe où il ferait figurer, à minima, les comptes rendus des séances du conseil municipal  et un jour, pourquoi pas, le conseil municipal en live ! organiser des réunions citoyennes pour réfléchir ensemble aux futurs usages vitaux de l’internet (santé, services de proximité…)

A l’occasion de réunions publiques nous avons insisté sur l’importance de ce poste !… « très bonne idée » nous ont-ils tous dit…avant les élections !

Bonne lecture …et @ vos commentaires ! Merci ,-)

Auxillac le 26 mars 2014

Pierre Ygrié

(1)   Très haut débit: routes«verglacées»en montagne ! ; Ruralité : Attention danger ! ; Très haut débit : Attention (feuille de) route glissante ;  La fin d’un tabou …et le retour de la confiance ?; Complainte pour une « optique ficelle » ! ? ; Une ruralité en très haut débit pourquoi faire ? . ; « La ruralité est l’avenir de la France » ! ; Très Haut Débit : Alerte rouge ! etc…

(2)   la Santé….porte d’entrée du très haut débit en zone rurale ! ; Télésanté espoir du monde rural ?; Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé

(3)   Energie numérique …et transition énergétique !

(4)   L’A75 « autoroute du télétravail » ? une idée qui fait son chemin … ; Campagnes intelligentes !





Bonne année « numérique »

9 01 2014

Comme le siège des Webs du Gévaudan est à Auxillac, ( seul village de France à avoir une rue des webs !), c’est depuis mon village que notre association adresse à tous les Lozériens et, au-delà, à tous les ruraux, des vœux « numériques » !

http://www.youtube.com/watch?v=3tvDDxqjiuk

Ces vœux sont toujours les mêmes depuis 14 ans : remplacer le réseau de cuivre, réseau créé pour la voix et sur lequel internet s’est logé comme un coucou, par le véritable réseau internet de demain (aujourd’hui dans certaines villes !) un réseau en fibre optique, seul capable de bien prendre en compte les échanges instantanés, symétriques et sécurisés exigés dans les domaines vitaux que sont la santé, l’éducation et les services publics électroniques de proximité. Tout ou presque reste à faire dans ces domaines ! Demain  grands consommateurs de services électroniques  dans les secteurs vitaux comme la santé  les ruraux peuvent également être producteurs de services dans ces domaines pour peu qu’ils disposent, comme les citadins, d’un « terreau » favorable à l’émergence d’idées nouvelle

A l’aube d’une année électorale nous lançons, depuis notre petit village lozérien, un véritable S E S ruralité ! Santé Education ( mais aussi Economie) Services de proximité. Mais ce S E S n’a des chances d’être entendu que si les  citoyens s’emparent du sujet pour le mettre au cœur des prochaines campagnes électorales. Depuis la loi de 2004, les collectivités locales sont responsables de l’aménagement numérique de leur territoire, mais, le plus souvent, elles n’en ont ni les compétences ni les moyens. Dés 2004, il y a 10 ans, nous interpelions les candidats aux élections régionales en « fustigeant les stratégies de suivisme et en affirmant une volonté forte de mise en place, en Lozère, d’infrastructures numériques en fibre optique » utopie de l’époque qui s’est installée depuis dans les esprits…et même dans la réalité dans certains cas, encore trop rares mais exemplaires et porteurs d’espoir

Bonne année numérique aux ruraux !   

Trop méconnue à Paris, la ruralité peut être une chance pour la France d’où notre S E S !

S anté : La télémédecine peut être l’espoir du monde rural  et la santé la porte d’entrée du très haut débit dans les zones rurales

E ducation : L’éducation au numérique grande cause nationale en 2014 ? L’idée, lancée par la CNIL reprise par le sénat et bien d’autres , fait soin petit bonhomme de chemin. Encore faut-il que les ruraux aient, via des infrastructures identiques, au même droit d’entrée à ce nouveau « monde » !

S ervices de proximité : Les services électroniques de proximité, qui jalonnent notre vie de tous les jours, sont d’autant plus importants que, dans les territoires ruraux, les services « physiques » sont de plus en plus éloignés

Pour que les citadins en mal de campagne puissent enfin choisir le territoire où ils souhaitent vivre  pour que mes petits enfants puissent bénéficier de la qualité de vie qui est la mienne aujourd’hui à la campagne après 40 ans de vie parisienne, merci de démultiplier ce « S O S / S E S »  comme commencent à le faire certains de nos amis

Les territoires ruraux, plus que les autres, ont besoin de très haut débit mais, pour ce faire il faut que les ruraux se mobilisent pour « dégager la route » !

Mais les "campagnes intelligentes" que nous appelons de nos vœux ne pourront « éclore » que sur des « terreaux » fertiles tant au niveau français qu’européen

Bonne année numérique à la France !    

Dans notre pays un tabou est enfin tombé ( le remplacement du réseau cuivre par un réseau optique), le plan national très haut débit avance mais l’essentiel reste à faire pour libérer la créativité de nos entrepreneurs potentiels ( plus nombreux qu’on ne le croit ), à commencer par la mise en place d’ un « terreau infrastructures », fondations de toute  INNOVATION !

Les élites devront prendre enfin la mesure des révolutions numériques ( économique, sociale, sociétale et environnementale) …. les citoyens aussi en leur rappelant quelques « évidences » lors des élections par exemple ! parmi ces évidences, l’importance d’avoir les mêmes infrastructures partout  pour permettre un accès équitable à ce nouveau monde numérique dont on ne peut plus dire qu’il est virtuel tant il s’imbrique tous les jours davantage dans notre vie quotidienne. L’immeuble numérique France est un immeuble dont les fondations sont les infrastructures et les étages les usages. Personne ne peut prévoir les usages de demain donc le nombre d’étages de l’immeuble…d’où l’impérieuse nécessité de construire, dés aujourd’hui, des fondations solides !

Bonne année numérique à l’Europe !

L’Union Européenne c’est 7% de la population mondiale, 25% du PIB mais un nain numérique  ! « Aujourd’hui, ce sont essentiellement des acteurs non européens de l’Internet qui détiennent les positions centrales dans le monde numérique. Incontournables, ils captent l’essentiel de la valeur et détiennent la capacité d’influer sur le fonctionnement même d’Internet. L’Europe ne doit pas devenir un simple espace de consommation de services numériques développés ailleurs, via des technologies, des modèles et des normes qu’elle ne maîtriserait pas ; elle doit veiller au renforcement de son autonomie stratégique dans ce domaine. Elle doit garantir qu’Internet fonctionne comme un espace public ouvert à tous et respectueux des droits de chacun, un levier de développement économique, un instrument de liberté et d’émancipation politique ». Toute réflexion sur un « gouvernance numérique » de l’Europe ne pourrait elle pas  participer au déclic nécessaire pour construire enfin  une AUTRE EUROPE, celle qu’avaient imaginée ses pères fondateurs il y a plus  d’un demi siècle ? L’espoir de demain doit être à la hauteur du gâchis d’hier et le numérique peut nous aider à relever cet immense défi: construire enfin une (indispensable) Europe solidaire sur les ruines d’une Europe du tout marché abandonnée à la « sainte concurrence ». En votant aux prochaines élections européennes tous les citoyens ont une occasion unique de  faire entendre leur voix puisque le nouveau président de l’Union sera élu, une première, par les députés européens , c’est-à-dire nos représentants !

………………………………………………………………………………………………………..

Quel que soit le niveau, la démonstration est faite, je crois de la nécessité de travailler ENSEMBLE en accord avec certaines « valeurs » rappelées ici par Michel Autier dans une interview « positive » ….et d’avoir à l’esprit ce proverbe arabe « qui veut faire queque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse »

Les ruraux ne veulent pas faire partie de « la France qui disparaît » ! Qu’on se le dise !

Bonne année enfin aux lecteurs de ce blog que je remercie pour leur fidélité et à qui, par souci d’économie (crise oblige), je ne peux offrir, pour cette nouvelle année, que mon « produit » le plus précieux, la SANTE ….et comme avec la santé je suis sûr qu’ils pourront déplacer des montagnes, je suis rassuré ;-)

Auxillac le 9 janvier 2014

Pierre Ygrié





Très haut débit: routes«verglacées»en montagne !

1 12 2013

En ce (presque) début d’hiver la (feuille de) route, déjà « glissante »  est devenue carrément « verglacée » en zones rurales si j’en juge par ce que deux événements locaux de cette semaine m’ont appris, l’un en Lozère  lors de l’inauguration de la fibre dans uneentreprise qui la demandait depuis …toujours,  l’autre en Aveyron lors d’un colloque, organisépar le conseil général

Ces deux événements très instructifs ont montré tout à la fois le dynamisme de ces deux départements et les freins à ce dynamisme causés par le retard dans l’arrivée de la fibre optique ! Ce retard  a été ressenti tant chez les entreprises que chez les professionnels de deux domaines vitaux, la santé et l’éducation.

1-Produire des services sur nos territoires et ne pas se contenter d’en consommer !

Dans l’économie de la connaissance, on consomme et on fabrique des services. Ce qui nous vient le plus naturellement à l’esprit, c’est l’aspect « consommation ». On consomme  des services ( jeux, musique, vidéos, informations diverses ….) fabriqués à partir de la « matière première » qu’est l’information , carburant de cette nouvelle économie. On se pose rarement la question de savoir qui « fabrique » ces services ? Pour nous, zones rurales qui cherchons à compenser les emplois perdus dans le secteur agricole par de nouveaux emplois, ce devrait pourtant être la question centrale ! Nous le « disons » depuis plus de 10 ans. Déjà en 2001, lors d’une manifestation organisée à Marvejols par les Webs du Gévaudan  sur le thème « La Lozère a-t-elle quelque chose à « dire » sur l’internet »,la presse écrivait « pour ce qui nous concerne, nous lozériens, le choix est simple : nous contenterons nous de consommer des services « pensés » par d’autres ou serons nous capables de créer nos propres services ? Prendrons nous conscience à temps que si nous ne devenons pas rapidement émetteurs d’informations et donc de services nous allons être submergés par les informations des autres ? Ce n’est pas du chauvinisme mal placé mais une question vitale pour la Lozère dans cette nouvelle société de l’information dont nous ne sommes qu’aux prémices ! » Depuis, en 12 ans, la consommation a explosé mais quid de la production dans ces deux départements, Lozère et Aveyron ? Les « entrepreneurs » (au sens large  y compris des fonctionnaires innovants) ne manquent pas et piaffent d’impatience. Certains, comme Bien-manger.com finissent par être « récompensés » mais ils sont l’exception au regard de ceux qui attendent. J’ai découvert lors du colloque aveyronnais qu’il y avait en Aveyron 200 entreprises dans  les secteurs informatique et télécoms  Qui le savait jusqu’ici ?

2-Le dilemme des décideurs ruraux : satisfaire les besoins de court terme ou investir sur l’avenir ?

Les besoins de court terme :

 Si les professionnels, producteurs de services actuellement (entrepreneurs) ou « en devenir »( secteurs santé/éducation entre autres) ,  sont deplus en plus conscients de la nécessité de la fibre optique ce n’est pas encore le cas des particuliers qui, eux, se contentent le plus souvent de consommer des services accessibles en haut débit (Adsl. Satellite, Wimax…). Dans la ruralité profonde la demande des particuliers ne disposant pas de haut débit est donc simple : avoir enfin du haut débit….pour le très haut débit on verra plus tard !!

Investir sur l’avenir ?

Tout le monde en convient aujourd’hui : il faut  remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibreoptique / . Reste à dater l’extinction du cuivre comme on avait daté en son temps l’extinction de la télévision analogique. Mais, contrairement aux agglomérations où la fibre arrivera « toute seule » via les opérateurs, les zones rurales devront, elles, prendre en main leur destin numérique. Sont-elles armées pour cela tant sur le plan financier que sur celui de l’ingenerie humaine qui leur aurait permis de bien faire le tour de la question avant de prendre telle ou telle orientation ? Pour ne prendre que l’exemple de la santé, ont-elles vraiment anticipé les apports de la fibre optique pour la e-santé tant en termes d’attractivité pour les (indispensables) nouveaux médecins qu’en termes de qualité de soins (prolongement du maintien à domicile par exemple) ou, plus prosaïquement, en termes d’économie pour leur collectivité ? Les exemples pourraient être multiplies à l’infini et tous démontreraient que les réseaux, pour supporter l’explosion des usages, devront  être  des réseaux optiques ! Les futurs usages c’est un peu comme des « étages » d’un immeuble ! Imaginons qu’avant de construire l’immeuble l’architecte ne sache pas ( et ne saura jamais !) combien il aura d’étages ?  Cet architecte là ( en l’occurrence la puissance publique) va bien évidemment prévoir pour cet « immeuble numérique sans fin »des fondations solides, c’est-à-dire de la fibre optique partout. Une « prédiction » d’André Marcon lors d’une manifestation des Webs du Gévaudan à Marvejols en 2002, est restée à jamais « gravée » dans ma mémoire « notre principal risque aujourd’hui c’est de sous évaluer nos besoins de demain » .Ce qui s’est passé depuis 10 ans a démontré qu’il n’avait pas tort ! Il y a deux ans, presque jour pour jour(une éternité dans ce monde !)  nous pointions le risque d’explosion des réseaux. Sachons tirer les leçons de ces « avertissements » pour le « présent/avenir » !

Pour le citoyen un risque de confusion  évident !  Lorsqu’une collectivité , dans le cadre du plan national Très Haut Débit, axe ses priorités, ce qui peut se comprendre, sur la montée en débit vers le haut débit, le citoyen a du mal à faire ladifférence entre le haut débit (parfois qualifié, à mon avis à tort de « bon débit ») et le très haut débit. . Le plan de l’Aveyron, entre autres, illustre bien cette « difficulté » 

Ces « histoires » de débit méritent à mon avis à être clarifiées ! Le « bon débit » sera celui dont on disposera le jour où …on ne parlera plus de débit ! le jour où chaque citoyen disposera d’un compteur d « énergie numérique » ( alimenté par une prise optique). A l’instar de l’électricité aujourd’hui il s’abonnera en fonction de ses besoins ….et ces besoins, pour la majorité d’entre eux, seront des besoins d’instantanéité, de symétrie, de sécurité ( essentiel pour la santé entre autres)

3-Deux urgences pour les zones rurales !

1-« réorienter » la feuille de route (responsabilité nationale)

La « matière première » de l’économie de la connaissance , contrairement à toutes les autres économies, est potentiellement disponible partout, ce qui devrait donner des perspectives fabuleuses pour attirer en zones rurales des citadins en mal de campagne comme a su si bien le faire Bienmanger à La Canourgue où l’essentiel de l’équipe(moyenne d’âge de moins de 30 ans !) vient de l’extérieur du département  ! Nos campagnes peuvent devenir« intelligentes » si on leur en donne les moyens . Il y a deux ans  nous écrivions déjà « Les services « transactionnels » ( Santé, éducation, administration….tous services «publics de base) sont importants partout et vitaux en zones rurales…..ce qui laisse un vaste espace de créativité et d’initiatives aux habitants des zones rurales pour peu qu’elles soient équipées des infrastructures et des outils pour les développer. Dans le secteur santé par exemple, les ruraux peuvent inventer, avec la complicité et la participation de la population, particulièrement motivée par ce sujet, les nouveaux services de demain . Le très haut débit peut largement contribuer à une organisation en ligne du système de soins en établissant une continuité entre les services d’aide à domicile , les soignants (hospitaliers et libéraux) et les organismes de financement. » et nous concluions alors (il y a deux ans) « Si la France veut avoir une place productrice et pas seulement consommatrice  elle doit parier dès maintenant sur l’intelligence de tous ses habitants (ruraux et urbains)en leur permettant d’élaborer les outils nécessaires à la libération des talents et à la participation des citoyens. Dans la réindustrialisassion de la France l’industrialisassion numérique devrait être prioritaire ».

 Lors du colloque aveyronnais du 29 novembre 2013 j’ai été impressionné, entre autres, par la dynamique du secteur médical dans le département. Les professionnels aveyronnais ont manifestement compris que latélésanté était l’espoir du monde rural   et que la santé pouvait (devait !) être la « porte d’entrée » dutrès haut débit dans les zones rurales  . L’entreprise RM Ingenerie ( solutions de gestion pour les professionnels de santé) , très fortement demandeuse de fibre optique, est bien placée pour appuyer leurs  initiatives !

Devant ce S.E.E.S ruralité (Santé Education Economie Services )  le point d’étape de la feuille de route du très haut débit prévu en février 2014 doit être l’occasion de la réorienter pour les zones rurales. Le gouvernement n’a pas retenu la solution d’un opérateur national  Dont acte. Il est encore temps de prévoir, pour la feuille de route, un amendement « obligeant » les opérateurs à aller ensemble, sous une forme à définir , dans des zones hyper ruralesque les opérateurs nationaux ne prévoient de couvrir,( à échéance 2015/ 2020 !) qu’à 25% (cas de l’Aveyron ou moins (Lozère)

2- Prévoir des projets FTTH dans les SDAN (responsabilité locale)

La Lozère et l’Aveyron ont en commun, entre autres, l’autoroute A75. Dès 2008  nous avions tenté de recenser les atouts de cette autoroute physique et numérique , papierréactualisé en 2011 . Le temps est venu pour ces deux départements de conjuguer leurs efforts pour préparer un projet commun qui permettrait, entre autres, de profiter du coup de pouce supplémentaire ( +10/15%) donné aux projets pluri départementaux. Mais il faut faire vite car le nombre de projets présenté par les collectivités territoriales est en forte augmentation et, comme c’est le cas général, les premiers arrivés ont toutes les chances d’être les premiers servis !  

En conclusion, si le mouvement est engagé dans les territoires ruraux on doit se poser la question de savoir si c’est véritablement un mouvement vers les réseau du 21ème siècle ou simplement un mouvement  de « rattrapage » vers le haut débit ? La réponse est vitale pour les zonesrurales ! 

Auxillac le 1er décembre 2013

Pierre Ygrié

 








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