e-santé, une révolution en marche….avec les citoyens ?

30 03 2014

« e-santé, une révolution en marche sur tous les continents »…Tel était le thème des journées Télésanté 2014 des 27 et 28 mars.  Le choix du titre est révélateur de la place que prend la télésanté dans les colloques et évènements qui lui sont consacrés et dans les expérimentations chaque année plus nombreuses sur tous les continents ! Nous ne sommes en effet qu’au début de cette révolution qui, comme toutes les révolutions, peut apporter le meilleur et le pire. Les citoyens , premiers concernés, doivent donc, sous des formes à inventer, être partie prenante dans cette révolution . Les ruraux sont particulièrement sensibles à ces « exigences » car ils ont la conviction que, au-delà de la télémédecine, la santé peut être, pour les zones rurales, la « porte d’entrée » du très haut débit  dont ils ont impérativement besoin par ailleurs pour être des citoyens numériques à part entière et vivre dans des campagnes « intelligentes » ! Après les colloques « Télésantés » annuels j’écris toujours un papier » sans prétention qui n’a d’autre objectif que de donner à chaud mon « ressenti » nécessairement  subjectif et par définition critiquable et « amendable »  .Je l’avais fait en 2011, en 2012 et 2013Je retente l’expérience en 2014 avec l’espoir de susciter de nombreux commentaires !

1-Etre bien soigné en tout lieu et à tout moment !

Cette demande « évidente » suppose une prise en compte globale et humanisée au plus près de son domicile . C’est loin d’être le cas à la campagne et même souvent en ville ! La télémédecine peut être un outil certes complémentaire mais combien efficace pour atteindre cet objectif.  Les pays pauvres l’ont déjà compris. . Chez nous l’organisation des soins doit être entièrement repensée. Elus , professionnels de santé, du monde des TIC, institutionnels  …et citoyens doivent se mobiliser dans une démarche de type « grenelle de la e-santé » pour pouvoir profiter au maximum de cette opportunité historique pour les zones rurales d’avoir enfin accès à des ressources distantes.  Les ruraux n’auront jamais « physiquement » tous les spécialistes sur leur territoire. Ils en auront même de moins en moins tant est en marche une double « logique » contradictoire : l’hyperspécialisatioin et son corollaire, la concentration d’une part, une demande des patients de prise en charge globale et personnalisée d’autre part. La télémédecine peut aider à résoudre ce paradoxe pour peu que tous les citoyens d’un territoire, à commencer par les élus, s’« imprègnent » progressivement  des apports du numérique !

2- Etre connecté !

Dans un ouvrage collectif  intitulé « Télésanté espoir du monde rural »  j’avais « commis » un papier anticipatif  sous le titre « Témoignage prospective d’un octogénaire en 2020 ». J’y supposais, à  cette date, généralisés les réseaux optiques et « installée » une chaine collaborative de santé permettant une continuité entre les services d’aide à domicile, les soignants (hospitaliers et libéraux) et les organismes de financement. Une telle organisation en ligne du système de santé permettait dés lors d’optimiser les soins et les coûts tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable.

Ces « évidences » de 2020 sont autant de défis pour 2014. Les freins sont énormes, davantage culturels et organisationnels que techniques sans soute mais ils ne sont pas insurmontables pour peu que l’on ait la volonté de connecter les machines et surtout les hommes pour créer des territoires numériques de santé .

3-Les piliers des futurs territoires numériques de santé

Outre les centres hospitaliers existants, nécessaires pour les urgences et les opérations courantes, les piliers de ces territoires seront les maisons de retraite pluridisciplinaires, lesEHPAD(maisons de retraite) …et le domicile !

-Le domicile, premier « lieu » de soins . Les seniors souhaitent rester chez eux le plus longtemps possible. Les établissements de santé ( hôpitaux, Ehpads…) ne pourront pas accueillir tout le monde du fait du vieillissement de la population ( 100 centenaires en 1900, 17000 aujourd’hui et 200000 en 2060 !) mais aussi du développement des maladies chroniques voire de l’apparition de nouvelles pathologies « environnementales » ?

-Les maisons pluridisciplinaires de santé . A cœur du territoire elles devront intégrer des salles de téléconsultation  pour permettre au médecin traitant, pivot du système, de faire appel, en tant que de besoin, à des ressources distantes dans tous les domaines (ophtalmologie, dermatologie, cardiologie, pneumologie,  cancérologie etc…) . Ces maisons de santé « augmentées » constitueront le « nœud de soins » de proximité , des mini « smart hôpitaux » en quelque sorte ! Le projet d’une zone rurale auvergnate, les Combrailles, n’en est pas encore à ce stade mais il mérite d’être suivi…. comme plusieurs autres d’ailleurs.

-Les EHPAD . Ils seront bien évidemment en réseau avec les autres établissements de santé du territoire

-Autres établissements : maisons de rééducation, prisons etc….

4- Un DEFI urgent à relever !

Petit moyen mnémotechnique sans prétention…..

D iffusion …des expérimentations ( encore trop peu nombreuses bien qu’en sensible augmentation et très inégalement réparties) et de l’information !

E conomie . Les expérimentations actuelles, voire les actions « installées », sont dans leur grande majorité pour ne pas dire leur totalité « sous perfusion » de subventions publiques . Il faudra encore beaucoup d’expérimentations, la levée de nombreux freins et une approche globales avant de pérenniser un modèle économique rentable pour toutes les parties ….dont l’Etat !

F ormation .

Certains s’y sont déjà « attelés » !

-pour les étudiants en médecine le concept de « classe inversée » en 3 phases ( 1-apprentissage en ligne 2- QCM 3- ateliers présentiels par niveau suite à résultats du QCM) devrait favoriser, chez les étudiants  l’habitude d’aller chercher des ressources distantes….habitude qui se développe par ailleurs à la vitesse grand V avec les MOOCS !  ….

- formation d’ingénieurs TIC / SANTE et d’étudiants en médecine à Montpellier, action innovante à suivre de près ….

- Mais le chantier reste gigantesque car la construction des (indispensables) territoires numériques de santé ne se fera pas sans la formation des deux « piliers » de leur construction, du moins selon moi, les élus ( d’où la « demande » de référent numérique !) et les médecins généralistes, pivots de tout l’édifice ! La seule formation de ces derniers ne mériterait –elle pas le lancement d’un vaste plan de formation national à la télémédecine …..sous l’égide de L’ EHESP ( Ecole des Hautes Etudes en Sante Publique) ??

I nnovation . Innovations techniques certes mais surtout innovation dans la méthode ! Il faudra mettre autour d’une même table les professionnels de santé, les industriels, les institutionnels  et les principaux intéressés, les citoyens ….mais pour ce faire il faudra davantage qu’une révolution numérique , une REVOLUTION CULTURELLE !

Depuis des années que je participe à Télésanté j’entends parler de l’impérieuse nécessité de COLLABORER !.Les outils numériques actuels et futurs vont faire la télémédecine de demain , une télémédecine qui devra toujours rester complémentaire de la médecine traditionnelle et qui suppose, pour en  cueillir tous les bénéfices et en limiter les risques qu’on la « construise » ENSEMBLE !

Auxillac le 30 mars 2014

Pierre Ygrié





Un « référent numérique » dans chaque conseil municipal ?

26 03 2014

 

Le numérique est le 2e sujet de préoccupation des zones rurales !

http://www.ariase.com/fr/news/elections-2014-couverture-numerique-campagne-article-3212.html

Je lis, entre autres, dans cet article, que «les besoins des Français se situent également dans les services publics numériques qui facilitent le quotidien : e-administration, télé-médecine… L’intégration d’internet et les usages connectésvont devenir indispensables, en matière d’économie, de productivité, et de service au citoyen »

Aux Webs du Gévaudan on alerte les ruraux sur ces sujets depuis près de 15 ans !  Depuis 15 ans nous lançons un  SOS ruralité, toujours d’actualité  (1)  ou plutôt un SES ! S comme santé (2), E comme education , Economie  (4) Energie (3) ou encore Environnement …et S comme Services de proximité ! Sur l’indispensable égalité dans l’accès aux services publics nous avions écrit un papier « Services publics tous égaux »  http://websdugevaudan.wordpress.com/2012/09/10/services-publics-tous-egaux/ .

Nos objectifs sont simples:

1- pour les infrastructures : remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibre optique, sujet tabou jusqu’ici mais qui commence à intéresser ceux qui en ont le plus besoin, les ruraux ! Très haut débit: les Ruraux d’abord !

2-faire participer les citoyens à une large réflexion sur les usages vitaux de demain ( SES) , les vrais usages…bien différents du "coca cola numérique" dont on nous abreuve !

Depuis le début de la campagne nous militons pour que chaque commune ou, à minima, chaque communauté de communes, se dote d’un « référent numérique ». Ci-dessous un extrait de ce que nous écrivions à chaque élu lozérien début février « Comme vous le savez, en zones rurales, les collectivités territoriales sont responsables de l’aménagement numérique. La Lozère est l’un des premiers départements à s’être doté d’un SDAN (schéma départemental d’aménagement numérique ) et le conseil général a fait du très haut débit sa priorité. C’est une excellente chose mais ce sera insuffisant si l’on ne se dote pas de moyens humains supplémentaires pour ANIMER le TERRITOIRE. C’est ce que j’ai essayé, en toute (im) modestie, de dire lors d’émissions récentes sur radio Margeride et  sur radio Eaux Vives. La future Lozère numérique ne se fera pas en effet , à mon point de vue, sans la participation de la population, ce qui suppose, à minima, un « référent numérique » au niveau de chaque communauté de communes et le renforcement des équipes départementales existantes ».

Ce référent numérique devrait, entre autres, se tenir informé des évolutions du plan France très haut débit ( le minimum !), faire le lien avec l’équipe TIC du conseil général de son département et ou de sa région, mettre en place des outils de communication interne ( intra conseil municipal )et externe où il ferait figurer, à minima, les comptes rendus des séances du conseil municipal  et un jour, pourquoi pas, le conseil municipal en live ! organiser des réunions citoyennes pour réfléchir ensemble aux futurs usages vitaux de l’internet (santé, services de proximité…)

A l’occasion de réunions publiques nous avons insisté sur l’importance de ce poste !… « très bonne idée » nous ont-ils tous dit…avant les élections !

Bonne lecture …et @ vos commentaires ! Merci ,-)

Auxillac le 26 mars 2014

Pierre Ygrié

(1)   Très haut débit: routes«verglacées»en montagne ! ; Ruralité : Attention danger ! ; Très haut débit : Attention (feuille de) route glissante ;  La fin d’un tabou …et le retour de la confiance ?; Complainte pour une « optique ficelle » ! ? ; Une ruralité en très haut débit pourquoi faire ? . ; « La ruralité est l’avenir de la France » ! ; Très Haut Débit : Alerte rouge ! etc…

(2)   la Santé….porte d’entrée du très haut débit en zone rurale ! ; Télésanté espoir du monde rural ?; Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé

(3)   Energie numérique …et transition énergétique !

(4)   L’A75 « autoroute du télétravail » ? une idée qui fait son chemin … ; Campagnes intelligentes !





Bonne année « numérique »

9 01 2014

Comme le siège des Webs du Gévaudan est à Auxillac, ( seul village de France à avoir une rue des webs !), c’est depuis mon village que notre association adresse à tous les Lozériens et, au-delà, à tous les ruraux, des vœux « numériques » !

http://www.youtube.com/watch?v=3tvDDxqjiuk

Ces vœux sont toujours les mêmes depuis 14 ans : remplacer le réseau de cuivre, réseau créé pour la voix et sur lequel internet s’est logé comme un coucou, par le véritable réseau internet de demain (aujourd’hui dans certaines villes !) un réseau en fibre optique, seul capable de bien prendre en compte les échanges instantanés, symétriques et sécurisés exigés dans les domaines vitaux que sont la santé, l’éducation et les services publics électroniques de proximité. Tout ou presque reste à faire dans ces domaines ! Demain  grands consommateurs de services électroniques  dans les secteurs vitaux comme la santé  les ruraux peuvent également être producteurs de services dans ces domaines pour peu qu’ils disposent, comme les citadins, d’un « terreau » favorable à l’émergence d’idées nouvelle

A l’aube d’une année électorale nous lançons, depuis notre petit village lozérien, un véritable S E S ruralité ! Santé Education ( mais aussi Economie) Services de proximité. Mais ce S E S n’a des chances d’être entendu que si les  citoyens s’emparent du sujet pour le mettre au cœur des prochaines campagnes électorales. Depuis la loi de 2004, les collectivités locales sont responsables de l’aménagement numérique de leur territoire, mais, le plus souvent, elles n’en ont ni les compétences ni les moyens. Dés 2004, il y a 10 ans, nous interpelions les candidats aux élections régionales en « fustigeant les stratégies de suivisme et en affirmant une volonté forte de mise en place, en Lozère, d’infrastructures numériques en fibre optique » utopie de l’époque qui s’est installée depuis dans les esprits…et même dans la réalité dans certains cas, encore trop rares mais exemplaires et porteurs d’espoir

Bonne année numérique aux ruraux !   

Trop méconnue à Paris, la ruralité peut être une chance pour la France d’où notre S E S !

S anté : La télémédecine peut être l’espoir du monde rural  et la santé la porte d’entrée du très haut débit dans les zones rurales

E ducation : L’éducation au numérique grande cause nationale en 2014 ? L’idée, lancée par la CNIL reprise par le sénat et bien d’autres , fait soin petit bonhomme de chemin. Encore faut-il que les ruraux aient, via des infrastructures identiques, au même droit d’entrée à ce nouveau « monde » !

S ervices de proximité : Les services électroniques de proximité, qui jalonnent notre vie de tous les jours, sont d’autant plus importants que, dans les territoires ruraux, les services « physiques » sont de plus en plus éloignés

Pour que les citadins en mal de campagne puissent enfin choisir le territoire où ils souhaitent vivre  pour que mes petits enfants puissent bénéficier de la qualité de vie qui est la mienne aujourd’hui à la campagne après 40 ans de vie parisienne, merci de démultiplier ce « S O S / S E S »  comme commencent à le faire certains de nos amis

Les territoires ruraux, plus que les autres, ont besoin de très haut débit mais, pour ce faire il faut que les ruraux se mobilisent pour « dégager la route » !

Mais les "campagnes intelligentes" que nous appelons de nos vœux ne pourront « éclore » que sur des « terreaux » fertiles tant au niveau français qu’européen

Bonne année numérique à la France !    

Dans notre pays un tabou est enfin tombé ( le remplacement du réseau cuivre par un réseau optique), le plan national très haut débit avance mais l’essentiel reste à faire pour libérer la créativité de nos entrepreneurs potentiels ( plus nombreux qu’on ne le croit ), à commencer par la mise en place d’ un « terreau infrastructures », fondations de toute  INNOVATION !

Les élites devront prendre enfin la mesure des révolutions numériques ( économique, sociale, sociétale et environnementale) …. les citoyens aussi en leur rappelant quelques « évidences » lors des élections par exemple ! parmi ces évidences, l’importance d’avoir les mêmes infrastructures partout  pour permettre un accès équitable à ce nouveau monde numérique dont on ne peut plus dire qu’il est virtuel tant il s’imbrique tous les jours davantage dans notre vie quotidienne. L’immeuble numérique France est un immeuble dont les fondations sont les infrastructures et les étages les usages. Personne ne peut prévoir les usages de demain donc le nombre d’étages de l’immeuble…d’où l’impérieuse nécessité de construire, dés aujourd’hui, des fondations solides !

Bonne année numérique à l’Europe !

L’Union Européenne c’est 7% de la population mondiale, 25% du PIB mais un nain numérique  ! « Aujourd’hui, ce sont essentiellement des acteurs non européens de l’Internet qui détiennent les positions centrales dans le monde numérique. Incontournables, ils captent l’essentiel de la valeur et détiennent la capacité d’influer sur le fonctionnement même d’Internet. L’Europe ne doit pas devenir un simple espace de consommation de services numériques développés ailleurs, via des technologies, des modèles et des normes qu’elle ne maîtriserait pas ; elle doit veiller au renforcement de son autonomie stratégique dans ce domaine. Elle doit garantir qu’Internet fonctionne comme un espace public ouvert à tous et respectueux des droits de chacun, un levier de développement économique, un instrument de liberté et d’émancipation politique ». Toute réflexion sur un « gouvernance numérique » de l’Europe ne pourrait elle pas  participer au déclic nécessaire pour construire enfin  une AUTRE EUROPE, celle qu’avaient imaginée ses pères fondateurs il y a plus  d’un demi siècle ? L’espoir de demain doit être à la hauteur du gâchis d’hier et le numérique peut nous aider à relever cet immense défi: construire enfin une (indispensable) Europe solidaire sur les ruines d’une Europe du tout marché abandonnée à la « sainte concurrence ». En votant aux prochaines élections européennes tous les citoyens ont une occasion unique de  faire entendre leur voix puisque le nouveau président de l’Union sera élu, une première, par les députés européens , c’est-à-dire nos représentants !

………………………………………………………………………………………………………..

Quel que soit le niveau, la démonstration est faite, je crois de la nécessité de travailler ENSEMBLE en accord avec certaines « valeurs » rappelées ici par Michel Autier dans une interview « positive » ….et d’avoir à l’esprit ce proverbe arabe « qui veut faire queque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse »

Les ruraux ne veulent pas faire partie de « la France qui disparaît » ! Qu’on se le dise !

Bonne année enfin aux lecteurs de ce blog que je remercie pour leur fidélité et à qui, par souci d’économie (crise oblige), je ne peux offrir, pour cette nouvelle année, que mon « produit » le plus précieux, la SANTE ….et comme avec la santé je suis sûr qu’ils pourront déplacer des montagnes, je suis rassuré ;-)

Auxillac le 9 janvier 2014

Pierre Ygrié





Très haut débit: routes«verglacées»en montagne !

1 12 2013

En ce (presque) début d’hiver la (feuille de) route, déjà « glissante »  est devenue carrément « verglacée » en zones rurales si j’en juge par ce que deux événements locaux de cette semaine m’ont appris, l’un en Lozère  lors de l’inauguration de la fibre dans uneentreprise qui la demandait depuis …toujours,  l’autre en Aveyron lors d’un colloque, organisépar le conseil général

Ces deux événements très instructifs ont montré tout à la fois le dynamisme de ces deux départements et les freins à ce dynamisme causés par le retard dans l’arrivée de la fibre optique ! Ce retard  a été ressenti tant chez les entreprises que chez les professionnels de deux domaines vitaux, la santé et l’éducation.

1-Produire des services sur nos territoires et ne pas se contenter d’en consommer !

Dans l’économie de la connaissance, on consomme et on fabrique des services. Ce qui nous vient le plus naturellement à l’esprit, c’est l’aspect « consommation ». On consomme  des services ( jeux, musique, vidéos, informations diverses ….) fabriqués à partir de la « matière première » qu’est l’information , carburant de cette nouvelle économie. On se pose rarement la question de savoir qui « fabrique » ces services ? Pour nous, zones rurales qui cherchons à compenser les emplois perdus dans le secteur agricole par de nouveaux emplois, ce devrait pourtant être la question centrale ! Nous le « disons » depuis plus de 10 ans. Déjà en 2001, lors d’une manifestation organisée à Marvejols par les Webs du Gévaudan  sur le thème « La Lozère a-t-elle quelque chose à « dire » sur l’internet »,la presse écrivait « pour ce qui nous concerne, nous lozériens, le choix est simple : nous contenterons nous de consommer des services « pensés » par d’autres ou serons nous capables de créer nos propres services ? Prendrons nous conscience à temps que si nous ne devenons pas rapidement émetteurs d’informations et donc de services nous allons être submergés par les informations des autres ? Ce n’est pas du chauvinisme mal placé mais une question vitale pour la Lozère dans cette nouvelle société de l’information dont nous ne sommes qu’aux prémices ! » Depuis, en 12 ans, la consommation a explosé mais quid de la production dans ces deux départements, Lozère et Aveyron ? Les « entrepreneurs » (au sens large  y compris des fonctionnaires innovants) ne manquent pas et piaffent d’impatience. Certains, comme Bien-manger.com finissent par être « récompensés » mais ils sont l’exception au regard de ceux qui attendent. J’ai découvert lors du colloque aveyronnais qu’il y avait en Aveyron 200 entreprises dans  les secteurs informatique et télécoms  Qui le savait jusqu’ici ?

2-Le dilemme des décideurs ruraux : satisfaire les besoins de court terme ou investir sur l’avenir ?

Les besoins de court terme :

 Si les professionnels, producteurs de services actuellement (entrepreneurs) ou « en devenir »( secteurs santé/éducation entre autres) ,  sont deplus en plus conscients de la nécessité de la fibre optique ce n’est pas encore le cas des particuliers qui, eux, se contentent le plus souvent de consommer des services accessibles en haut débit (Adsl. Satellite, Wimax…). Dans la ruralité profonde la demande des particuliers ne disposant pas de haut débit est donc simple : avoir enfin du haut débit….pour le très haut débit on verra plus tard !!

Investir sur l’avenir ?

Tout le monde en convient aujourd’hui : il faut  remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibreoptique / . Reste à dater l’extinction du cuivre comme on avait daté en son temps l’extinction de la télévision analogique. Mais, contrairement aux agglomérations où la fibre arrivera « toute seule » via les opérateurs, les zones rurales devront, elles, prendre en main leur destin numérique. Sont-elles armées pour cela tant sur le plan financier que sur celui de l’ingenerie humaine qui leur aurait permis de bien faire le tour de la question avant de prendre telle ou telle orientation ? Pour ne prendre que l’exemple de la santé, ont-elles vraiment anticipé les apports de la fibre optique pour la e-santé tant en termes d’attractivité pour les (indispensables) nouveaux médecins qu’en termes de qualité de soins (prolongement du maintien à domicile par exemple) ou, plus prosaïquement, en termes d’économie pour leur collectivité ? Les exemples pourraient être multiplies à l’infini et tous démontreraient que les réseaux, pour supporter l’explosion des usages, devront  être  des réseaux optiques ! Les futurs usages c’est un peu comme des « étages » d’un immeuble ! Imaginons qu’avant de construire l’immeuble l’architecte ne sache pas ( et ne saura jamais !) combien il aura d’étages ?  Cet architecte là ( en l’occurrence la puissance publique) va bien évidemment prévoir pour cet « immeuble numérique sans fin »des fondations solides, c’est-à-dire de la fibre optique partout. Une « prédiction » d’André Marcon lors d’une manifestation des Webs du Gévaudan à Marvejols en 2002, est restée à jamais « gravée » dans ma mémoire « notre principal risque aujourd’hui c’est de sous évaluer nos besoins de demain » .Ce qui s’est passé depuis 10 ans a démontré qu’il n’avait pas tort ! Il y a deux ans, presque jour pour jour(une éternité dans ce monde !)  nous pointions le risque d’explosion des réseaux. Sachons tirer les leçons de ces « avertissements » pour le « présent/avenir » !

Pour le citoyen un risque de confusion  évident !  Lorsqu’une collectivité , dans le cadre du plan national Très Haut Débit, axe ses priorités, ce qui peut se comprendre, sur la montée en débit vers le haut débit, le citoyen a du mal à faire ladifférence entre le haut débit (parfois qualifié, à mon avis à tort de « bon débit ») et le très haut débit. . Le plan de l’Aveyron, entre autres, illustre bien cette « difficulté » 

Ces « histoires » de débit méritent à mon avis à être clarifiées ! Le « bon débit » sera celui dont on disposera le jour où …on ne parlera plus de débit ! le jour où chaque citoyen disposera d’un compteur d « énergie numérique » ( alimenté par une prise optique). A l’instar de l’électricité aujourd’hui il s’abonnera en fonction de ses besoins ….et ces besoins, pour la majorité d’entre eux, seront des besoins d’instantanéité, de symétrie, de sécurité ( essentiel pour la santé entre autres)

3-Deux urgences pour les zones rurales !

1-« réorienter » la feuille de route (responsabilité nationale)

La « matière première » de l’économie de la connaissance , contrairement à toutes les autres économies, est potentiellement disponible partout, ce qui devrait donner des perspectives fabuleuses pour attirer en zones rurales des citadins en mal de campagne comme a su si bien le faire Bienmanger à La Canourgue où l’essentiel de l’équipe(moyenne d’âge de moins de 30 ans !) vient de l’extérieur du département  ! Nos campagnes peuvent devenir« intelligentes » si on leur en donne les moyens . Il y a deux ans  nous écrivions déjà « Les services « transactionnels » ( Santé, éducation, administration….tous services «publics de base) sont importants partout et vitaux en zones rurales…..ce qui laisse un vaste espace de créativité et d’initiatives aux habitants des zones rurales pour peu qu’elles soient équipées des infrastructures et des outils pour les développer. Dans le secteur santé par exemple, les ruraux peuvent inventer, avec la complicité et la participation de la population, particulièrement motivée par ce sujet, les nouveaux services de demain . Le très haut débit peut largement contribuer à une organisation en ligne du système de soins en établissant une continuité entre les services d’aide à domicile , les soignants (hospitaliers et libéraux) et les organismes de financement. » et nous concluions alors (il y a deux ans) « Si la France veut avoir une place productrice et pas seulement consommatrice  elle doit parier dès maintenant sur l’intelligence de tous ses habitants (ruraux et urbains)en leur permettant d’élaborer les outils nécessaires à la libération des talents et à la participation des citoyens. Dans la réindustrialisassion de la France l’industrialisassion numérique devrait être prioritaire ».

 Lors du colloque aveyronnais du 29 novembre 2013 j’ai été impressionné, entre autres, par la dynamique du secteur médical dans le département. Les professionnels aveyronnais ont manifestement compris que latélésanté était l’espoir du monde rural   et que la santé pouvait (devait !) être la « porte d’entrée » dutrès haut débit dans les zones rurales  . L’entreprise RM Ingenerie ( solutions de gestion pour les professionnels de santé) , très fortement demandeuse de fibre optique, est bien placée pour appuyer leurs  initiatives !

Devant ce S.E.E.S ruralité (Santé Education Economie Services )  le point d’étape de la feuille de route du très haut débit prévu en février 2014 doit être l’occasion de la réorienter pour les zones rurales. Le gouvernement n’a pas retenu la solution d’un opérateur national  Dont acte. Il est encore temps de prévoir, pour la feuille de route, un amendement « obligeant » les opérateurs à aller ensemble, sous une forme à définir , dans des zones hyper ruralesque les opérateurs nationaux ne prévoient de couvrir,( à échéance 2015/ 2020 !) qu’à 25% (cas de l’Aveyron ou moins (Lozère)

2- Prévoir des projets FTTH dans les SDAN (responsabilité locale)

La Lozère et l’Aveyron ont en commun, entre autres, l’autoroute A75. Dès 2008  nous avions tenté de recenser les atouts de cette autoroute physique et numérique , papierréactualisé en 2011 . Le temps est venu pour ces deux départements de conjuguer leurs efforts pour préparer un projet commun qui permettrait, entre autres, de profiter du coup de pouce supplémentaire ( +10/15%) donné aux projets pluri départementaux. Mais il faut faire vite car le nombre de projets présenté par les collectivités territoriales est en forte augmentation et, comme c’est le cas général, les premiers arrivés ont toutes les chances d’être les premiers servis !  

En conclusion, si le mouvement est engagé dans les territoires ruraux on doit se poser la question de savoir si c’est véritablement un mouvement vers les réseau du 21ème siècle ou simplement un mouvement  de « rattrapage » vers le haut débit ? La réponse est vitale pour les zonesrurales ! 

Auxillac le 1er décembre 2013

Pierre Ygrié

 





Très haut débit : Attention (feuille de) route glissante

25 11 2013

Le 20 novembre  au Digiworld Summit de l’Idate à Montpellier Antoine Darodes, directeur de la mission Très haut débit, a fait le point des avancées de la feuille de routetrès haut débit , avancées saluées par le dernier congrès des maires de France .Il a également  rappelé le choix fait par le gouvernement pour fibrer la France , à savoir s’appuyer sur l’existant , c’est-à-dire ce qui a déjà été engagé dans ce domaine tant par les opérateurs que par les collectivités locales dont la compétence en aménagement numérique a été reconnue par la loi de 2004. Ce choix n’est pas neutre . On aurait pu tout aussi bien « oublier » l’existant et repartir à zéro pour construire un réseau national dans le cadre d’une tout autre organisation avec, entre autres, un opérateur national unique, solution soutenue depuis toujours par les Webs du Gévaudan..Ce choix, qui aurait dû, selon nous, être fait dès le départ par les gouvernements  précédents, devenait  sans doute plus difficile au fur et à mesure  de l’avancée de la fibre ? N’empêche, il n’a pas été fait et…il faut faire avec ! ….avec ses avantages et ses inconvénients ! Les avantages paraissent évidents ( ne pas « poubelliser » ce qui a été fait ) , les inconvénients sont plus subtils. Ils n’en sont pas moins réels et méritent un minimum de clarification. Le présent article n’a pour ambition que de poser les premiers « panneaux indicateurs »  des dangers potentiels d’une feuille de route qui a certes le grand mérite d’exister et d’être « pilotée » par une équipe compétente et dynamique mais qui, pour l’instant, reste très « glissante » !

1-DIRECTION : TOUS FIBRES !

La « direction » a été clairement annoncée et nous nous en sommes réjouis en son temps : remplacerle réseau de cuivre par un réseau en fibre optique. Reste à dater l’extinction du cuivre comme on avait daté en son temps l’extinction de la télévision analogique. La non datation de la fin du cuivre « amoindrit », en dépit des grands discours, la motivation des opérateurs ….et c’est bien naturel puisqu’ils font l’essentiel de leur business avec le cuivre ! Dans son discours lors du dernier congrès des maires de France Fleur Pellerin  acte une extinction du cuivre mais « progressive  et  dans un calendrier qui sera précisé après l’expérimentation de Palaiseau soit au 2nd semestre 2014 ». Nous ne reviendrons pas ici sur la nécessité d’une prise optique dans chaque foyer pour alimenter un compteur d’énergie numérique / auquel chaque citoyen pourra s’abonner en fonction de ses besoins …..et ces besoins vont augmenter de façon exponentielle, en particulier, dans les zones rurales, pour les services vitaux, à commencer par la santé , léducation , et l’ensemble des services publics . (x) Le cours en ligne d’Andrew Ng a été suivi en 2012 par 100000 étudiants ! Pour obtenir un public aussi large à l’université Standford il lui aurait fallu enseigner ce cours pendant deux siècles et demi!"

2-ATTENTION  à la CONFUSION !

La confusion « très haut débit/fibre optique » a toujours été entretenue inconsciemment  ou consciemment selon la stratégie du moment : fibre optique pour tous ( le vrai très haut débit) lorsqu’il s’agit de montrer la volonté d’une égalité de traitement pour chaque citoyen ( objectif incontournable !), « ouverture » à des technologies alternatives lorsqu’on réalise qu’on aura du mal à tenir l’objectif annoncé ! C’est ainsi que l’objectif  « très haut débit pour tous en 2022 »  a été « dégradé »  en un objectif en 60% de foyers fibrés en 2020, les autres étant traités par des technologies alternatives dont chacun sait qu’elles sont nettement moins performantes. On peut ainsi continuer à parler de très haut débit pour tous en 2022 ! Que les choses soient claires ! Il est normal de doter des territoires reculés de solutions alternatives en « attendant » la fibre. Encore faut-il que ces solutions ne soient pas qualifiées de « très haut débit », qu’elles ne retardent pas la fibre et qu’elles ne soient en aucun considérées comme des investissements structurants. Le satellite parait être le prototype de ce type de solution provisoire destinée à apporter du haut débit à des territoires encore en bas débit et inaccessibles à la fibre à court terme.

3-ATTENTION au SOUS INVESTISSEMENT !

Stéphane Richard avait déjà évoqué ce risque  au Digiworld 2011. En 2013 le président de SFR est encore plus « tranchant » ! : les marges des opérateurs diminuent : le marché a certes augmenté en volume mais le chiffre d’affaires, lui, est désespérément stable, une première dans le domaine des télécoms.Tous s’accordent pour parler de crise, un paradoxe quand on sait que les volumes augmentent, eux, de 6%, chiffre qui ferait pâlir d’envie  la plupart des secteurs ! .Même si le président de l’Arcep ne semble pas partager ces inquiétudes le problème parait réel. En clôture du colloque Jacques Attali enfonce le clou en pointant la principale cause non seulement du mal français mais européen « en acceptant de donner la priorité à la règle de la concurrence on a fait des européens des consommateurs et non des producteurs …une catastrophe ! » Et d’ajouter «  tant qu’on ne donne pas les moyens d’investissement aux opérateurs on se prépare au suicide ! ». Au rythme actuel des investissements, en dépit des efforts récents tant des opérateurs que des collectivités, l’objectif de 60% de couverture peut être reporte de 2020 à 2030 ! La « route »vers l’objectif final (100 % fibrés !) risque d’être longue, trop longue y compris en comparaison avec des pays auxquels on ne pense pas au prime abord !  Et pourtant Dieu sait s’il y a urgence à fournir à tous les territoires français un « terreau numérique » où pousseront  les idées nouvelles dans tous les domaines et singulièrement, pour les zones rurales, dans le secteur santé 

4-ATTENTION  au maintien de  l’EQUILIBRE !

L’équilibre entre les deux grands constructeurs des réseaux ( les opérateurs et les collectivités territoriales) est la pièce maîtresse du choix gouvernemental. Mais, jusqu’ici du moins, l’équilibre est instable tant les opérateurs nationaux « ‘hésitent » ( le mot est faible !)  à proposer leurs services sur les RIP ( réseaux d’initiative publique) Les choses seront clarifiées, du moins sur le papier par un conventionnement systématique État, collectivités et opérateur d’ici la fin de l’année 2013 dans tous les territoires où des projets de collectivités sont en train d’avancer, ce qui est le cas un peu partout en France depuis l’annonce de la feuille de route: Alerte donc aux collectivités qui n’ont pas encore présenté de projets ….et aux services de l’Etat chargés de les traiter !

5-ATTENTION : Risque de « BALKANISATION » des RESEAUX !

Un réseau construit par un opérateur unique aurait eu le (grand) mérite d’être homogène sur l’ensemble  du territoire, homogénéité indispensable pour assurer un « service sans couture »  ( expression « martelée » par les principaux intervenants du Digiwolrd) à chaque citoyen. Lorsque plusieurs opérateurs interviennent, comme c’est le cas, les risques d’hétérogénéité sont évidents. Dans l’article « Maison Fibre France cherche architecte…désespérément !  » nous insistions sur ce point essentiel en posant (et en répondant à) la question « les réseaux en fibre optique devront donc être « top qualité . Est-ce le cas pour les réseaux actuels ? A l’évidence non ! et il ne pouvait pas en être autrement puisqu’il n’y a jamais eu de cahier des charges commun aux constructeurs de réseaux (opérateurs et collectivités) ! c’est un peu comme si, pour construire un immeuble,chacun construisait son appartement à sa façon sans avoir une vision globale de l’immeuble ». Antoine Darodes, bien conscient de cet inconvénient majeur, insiste « lourdement », avec raison sur l’importance d’avoir un écosystème stable , objectif que l’on n’atteindra que par de la SOLIDARITE  de la MUTUALISATION et de l’HARMONISATION ! Vaste programme tant à l’échelon local que national !

Nous pourrions encore « baliser » la route du très haut débit avec d’autres « panneaux ». Nous nous contenterons d’en poser un autre, un dernier…..pour les zones rurales

ZONES RURALES :  ATTENTION  DANGER !

Quand on lit, parmi les réactions à la présentation du plan très haut débit au congrès des maires « Un élu a bien souhaité que les aides prises en compte pour les zones de montagnes "soient plus significatives", mais sans relais dans l’assistance.»on prend conscience du chemin à parcourir pour que les membres de l’association des maires de France acquièrent une « culture » rurale !

Ce « SOS » concerne le niveau national mais aussi les collectivités locales. Sans parler des moyens financiers la plupart n’ont pas les moyens humains pour préparer des projets, faire participer les citoyens ( participation indispensable pour que l’ensemble d’un territoire s’approprie les projets) et « comprendre » les enjeux. Le groupe de travail TIC de l’AM, présidé par Pascale Luciani Boyer, « amie » des Webs du Gévaudan, a fait des propositions pour promouvoir la culture numérique dans lescollectivités :

. C’est la culture numérique qui, à l’avenir, fera la différence entre les territoires. Les prochaines élections constituent  une vraie opportunité pour montrer aux futurs maires comment le numérique peut les aider. Pour les élections municipales un jeune lozérien propose même un panel de services numériques auxcandidats ! Mais il y a maire… et maire !  Il  est difficile de demander aux 185 maires de Lozère de s’approprier le numérique comme son « collègue » d’une grande ville. Dans le cas d’une hyper ruralité  comme la Lozère (77000 habitants) la compétence ne peut être qu’au niveau du département. C’est à ce niveau qu’il faut « corser » le service TIC ( 4 personnes au CG de la Lozère…contre 180 pour les services d’aménagement « physique »!…. comparaison incongrue certes mais révélatrice ). Ce n’est qu’en se dotant de moyens humains adaptés et d’’une ingénierie de haut niveau que les territoires ruraux  parviendront à relever le défi de faire de nos pays des « campagnes intelligentes » !  

Les défis sont énormes. Pour bien les relever il nous faut changer de paradigme ! La connaissance a toujours été l’apanage des forts. Avec le numérique les choses changent radicalement. L’adage « qui possède l’information possède le pouvoir » est toujours vrai …à ceci près que l’information est maintenant partout. Associer les citoyens est aujourd’hui un impératif ! La réussite passe par le dialogue et le partage d’informations. Pour leur part la ministre de l’économie numérique et le directeur de la mission très haut débit, omni présents à l’écoute des opérateurs et des collectivités donnent l’exemple. 

Dans nos campagnes c’est maintenant aux décideurs locaux de prendre le relais pour lancer ensemble, avec leurs populations,un S. E. S  Ruralité ! (x)

(x)  S anté  ducation (mais aussi E conomie, Emploi, E nvironnement ) ervices de proximité 

Auxillac le 25 novembre 2013

Pierre Ygrié 





Numérique : la Lozère « bouge » ! Continuons !

4 10 2013

Qui aurait cru que le département le moins peuplé de France ait décidé de miser  prioritairement sur le numérique tant au niveau du conseil général que des entreprises, de l’éducation  …et d’une association que les lecteurs de ce blog connaissent bien et qui avait formalisé en 2007 sa « vision » de ce beau département ?  

La Lozère bouge !

Depuis 2004 le conseil général, avec le budget le plus faible de France (moins de 150 millions d’euros !)  a fait du numérique sa priorité et  fait ….tout ce qu’il a pu !

Le site du département brosse un tableau général  des actions entreprises ;

-au niveau des infrastructures : Dans la foulée la construction d’une autoroute numérique (A75) la  Lozère est l’un des tout premiers départements à avoir  adopté un schéma départemental d’aménagement numérique ( SDAN)  et le seul département de tout le sud de la France à avoir un village où chaque foyer dispose d’une prise optique, exception qui confirme néanmoins  la règle , le fibrage étant limité aux zones d’activité (dont trois sont labellisées très haut débit )  et aux chefs lieux de canton ( programme en cours sur 7 ans), ce qui n’est déjà pas si mal v/s d’autres départements !

au niveau des usages .  

Télétravail : une volonté forte ! . Les outils sont en place , 5 nouveaux télécentres en 2013 ouverts après l’appel à projets de 2012

Télémédecine : Le Pôle d’Excellence Rurale (PER) Télémédecine comprend deux volets: un réseau de visio-conférences dans les établissements de santé publics et privés et  la mise en place d’un système de communication informatisé entre les médecins généralistes urgentistes et le Samu 48 pour améliorer la prise en charge des urgences. La culture «  numérique/santé »  n’est pas nouvelle en Lozère. Le docteur Denis Roche , aujourd’hui décédé, l’avait « enracinée » dans notre département il y a plus de 10 ans !

Les entreprises sont particulièrement « chouchoutées » !

 « La Lozère  chouchoute  ses entreprises » ? Ce titre du dernier communiqué d’Altitude Infrastructures est assez révélateur de l’état d’esprit des décideurs du département

Une start up avait donné le ton dès le début des années 2000. Aujourd’hui Bien manger.com emploie  près de 40 salariés et vient de faire la une de l’émission de France 5 « le monde en face »

Depuis Lozère Développement anime le Pôle Lozérien d’Economie Numérique | Mende – POLeN en proposant  un accompagnement individuel des entreprises dans la mise en œuvre de leurs projets liés aux technologies numériques et en hébergeant les entreprises innovantes ( 250 m² d’ateliers et de bureaux ……et les services ! ) . Les activités de Lozère Développement se sont sensiblement accrues ces deux dernières années et  « la start up est dans le près », , dont c’est la deuxième édition,  est promise à un avenir prometteur si l’on en juge par  les toute premières réactions . Comme pour la  télémédecine et le  télétravail , pour les entreprises, la « culture » numérique a été « enracinée » dans le département depuis près de 15 ans avec, dés cette époque, le projet de création d’une pépinière d’entreprises lancé par Jean Jacques Delmas, maire de Mende, aujourd’hui disparu. POLeN a maintenant une place centrale dans la vie économique de toute la Lozère  

L’éducation n’est pas en reste !  

L’IUP  s’est lancé avec Christian Garcia, aujourd’hui décédé,  dans l’aventure multimédia en 2003. D’abord par la création d’un Diplôme d’Université en multimédia. Puis ce diplôme a été conforté en Licence Professionnelle Multimédia, ce qui lui a valu d’être reconnu comme un diplôme national. Sur cette base, bon nombre d’étudiants ont été formés dont beaucoup ont évolué localement, en Lozère, dans le secteur du web. En 2009, le projet de formation a été réactualisé et soumis au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche sous le titre de "Licence Professionnelle communications numériques et e-activités". La formation prépare à la conception, gestion et administration de plateformes numériques que ce soit pour des finalités de e-commerce, e-learning et e-tourisme. Chaque année, cette formation accueille une quinzaine d’étudiants venus de toute la France. En 2011, cette formation a bénéficié d’un classement national (SMBG) et apparait dans les 5 meilleures formations supérieures dans le domaine Web et Multimédia

La Lozère bouge, c’est indiscutable ! Comme le prouve Lozère développement « On peut aussi innover et réussir en milieu rural Depuis des années les Webs du Gévaudan estiment, pour leur part, qu’on innovera d’autant plus que les campagnes deviendront toujours plus « intelligentes » !  

 Pourquoi et comment accélérer le fibrage du département et le développement de nouveaux usages ?

Je ne pense pas qu’il soit utile, pour les lecteurs de  ce blog , de  rappeler la nécessité du fibrage généralisé du département, sauf à accepter une nouvelle fracture numérique entre les « fibrés » et les « non fibrés »  et à devenir des sous citoyens alors que nous avons, avec le numérique, une opportunité historique d’avoir un accès égalitaire à tous les services publics électroniques  qui, pour l’essentiel, restent à créer ! L’article du blog  « Très haut débit : le mouvement (n’)est (pas)engagé dans les territoires ruraux » renvoie aux principaux liens d’articles précédents qui développent cette « nécessité » !  

Nous nous contenterons de rappeler ici 3 niveaux d’action :

1-Le niveau national :sous des formes diverses : intervention dans des colloques, des blogs, lettres aux parlementaires   , ministres , candidats aux élections  etc…pour répéter indéfiniment les mêmes évidences : dans la stratégie de marché actuelle, même aménagée , les zones rurales seront les dernières à être fibrées (si elles le sont un jour ?) alors que ce sont elles qui , avec le développement attendu d’usages « vitaux » et gourmands en bande passante (Santé, Education, Services de proximité), auront le plus besoin de réseaux de télécommunications puissants !! Tous les ruraux, citoyens et élus, doivent demander une intervention forte de l’Etat, qui doit devenir l’architecte des territoires hors marché tels que la Lozère !

2- Le niveau régional :  En février 2010, dans une lettre ouverte aux candidates et aux candidats aux élections régionales du Languedoc Roussillon nous insistions sur l’importance toute particulière pour la Lozère de bénéficier de la solidarité régionale en notant, entre autres, « la chance, pour la région, de disposer d’un « poumon vert » qui peut avoir comme ambition légitime de devenir un territoire symbole de la ruralité moderne faite du « mariage » du terroir et de l’Internet et, ce faisant, contribuer à valoriser l’image de tout le Languedoc Roussillon ! ». La région, qui a fortement contribué à la couverture du département en haut débit, doit aujourd’hui l’aider à élaborer des projets de très haut débit plus ambitieux que ceux qui, faute de moyens, ont été présentés jusqu’ici.

L’annonce, ce jour, de l’octroi  à la région d’1 milliard d’euros par l’Europe est une occasion unique de rappeler aux décideurs régionaux que la Lozère, exemple emblématique du  nécessaire engagement régional, doit bénéficier en toute priorité de ces aides européennes !

 3- le niveau départemental : Comme indiqué ci-dessus la Lozère fait tout ce qu’elle peut en fonction de ses moyens. Aujourd’hui elle doit « vouloir plus », formaliser cette volonté sous forme de projets plus ambitieux que les projets actuels et, dans un second temps, rechercher inlassablement les moyens. Un proverbe arabe dit « qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut pas faire trouve une excuse ». La vraie question est, à mon avis, de formaliser ensemble, avec la population, ce que nous voulons exactement ? Pour ce faire, rien ne remplacera des réunions citoyennes décentralisées organisées autour d’un thème fédérateur comme la santé.

En Lozère ,dont les 2/3 des habitants vont se faire soigner ailleurs , les TIC autorisent l’accès à des ressources distantes que nous n’aurons jamais chez nous . Persuadé que la télésanté peut etre l’espoir du monde rural je suis convaincu que la santé est la porte d’entrée du très haut débit dans mon département . Je crois savoir que les projets très haut débit axés sur la santé seront prioritaires !  Peut-être est-ce l’occasion pour la Lozère, dans ce domaine vital, de tenter, comme elle l’avait fait naguère avec le SDAN, de (re) prendre une longueur d’avance ?

En tout état de cause , après 40 ans de vie parisienne et 13 ans de (re) vie en Lozère je souhaite pouvoir continuer à  vivre au pays et à vieillir au pays sereinement !!   

Auxillac le 4 octobre 2013

Pierre Ygrié





Très haut débit : le mouvement (n’)est (pas)engagé dans les territoires ruraux

17 09 2013

http://www.lagazettedescommunes.com/194705/tres-haut-debit-le-mouvement-est-engage-dans-les-territoires-ruraux/

« Très haut débit : le mouvement est engagé dans les territoires ruraux » ?  J’emprunte ce titre à l’article écrit par Sophie Maréchal dans la gazette des communes en y ajoutant toutefois un grand point d’interrogation tant les difficultés sont nombreuses et viennent de partout : de l’amont ( risques liés à l’autorisation du VDSL2 dont le directeur de la mission très haut débit lui même reconnaît que "ce n’est pas de l’aménagement de territoire", absence de loi indispensable pour, entre autres,  créer un financement pérenne etc..) et de l’aval ( formation aux métiers de constructeurs de réseaux optiques, homogénéité des réseaux, implication de toutes les collectivités locales etc…)

L’Etat est de retour ! C’est une bonne chose. Du seul point de vue des Webs du Gévaudan nous pouvons dire que nous avons, pour partie, été entendus mais pour partie seulement !

Les Webs du Gévaudan , dont le « combat » date aujourd’hui de 13 ans ( cf note de 2009Le « combat » des Webs du Gévaudan ! ) ont toujours regretté l’absence de l’Etat (Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? 2011 ; « Maison Fibre France » cherche architecte….désespérément ! ! 2012 ) demandé une large concertation (Assises numériques:l’urgence de la concertation ! 2009, Très haut débit : l’urgence d’un Vrai Débat ! 2011) et un plan VIF ! (Très haut débit : un plan « V.I.F » ? 2012), lancé des alertes (PNTHD : Changer de cap !2011 ; Numérique : l’urgence d’initiatives pérennes !2012; Le changement…de réseau, c’est en 2022 ? 2025 ? 20.. ? 2012 ; Très Haut Débit : Alerte rouge ! 2012 ) Début 2013  ils se sont félicités de l’annonce de l’extinction du réseau cuivre (La fin d’un tabou …et le retour de la confiance ? 2013 )

Mais les territoires ruraux doivent rester vigilants ! On constate certes un retour de la puissance publique (nationale et locale) mais ce retour reste timide au vu des « demandes » des Webs du Gévaudan dont ci-dessous quelques articles caractéristiques du nouveau blog (2007) ….avec un « semblant » de classement qui ne correspond pas à grand-chose mais cela peut, peut-être, donner une idée ? et aider à prendre conscience du chemin qu’il reste à faire !!

 Usages:

Les mêmes infrastructures partout pour les mêmes services partout ! 2009

Services publics: tous égaux ! 2012

Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé 2012

la Santé….porte d’entrée du très haut débit en zone rurale ! 2013

Télésanté espoir du monde rural ? 2013

Energie numérique …et transition énergétique ! 2013

 Aménagement du territoire :

Boucle locale et montée en débit ! 2009

Au commencement étaient …les infrastructures ! 2009

Les mêmes infrastructures partout pour les mêmes services partout ! 2009

Vers un « bouclier numérique » rural ? 2010

Très haut débit : un Réseau Unique pour libérer la (vraie) concurrence ? 2010

Les réseaux vont-ils exploser ? 2011

Réseau unique : Dissipons les malentendus ! 2011

« Maison Fibre France » cherche architecte….désespérément ! ! 2012

Ruralité moderne ?

Pétition Très haut débit pour tous ! 2009

Aveyron Lozère : les raisons de notre mobilisation ! 2009

Une ruralité en très haut débit pourquoi faire ? 2010

Campagnes intelligentes ! 2011

Très haut débit: les Ruraux d’abord ! 2011

Vivre au pays ! 2011

« La ruralité est l’avenir de la France » ! 2011

FTTH Rural : Mobilisation générale ! 2011

Vers un « bouclier numérique » rural ? 2012

Agriculture et Très Haut Débit : les deux « mamelles » de la Ruralité du 21 ème siècle ! 2012

Ruralité : Attention danger ! 2013

 Lozère

Notre projet pour la Lozère 2007

L’A75 « autoroute du télétravail » ? 2008

Inscrire les investissements dans une démarche de montée en débit vers le trés haut débit en Lozère ! 2009

Un plan « Orsec » pour la Lozère ? 2009

Les oubliés du très haut débit… en 2015 ! 2009

Lozère: Un désert numérique malgré des promesses d’ « oasis » ! 2010

Les oubliés du très haut débit ! 2010

Du FTTH (Fiber To The Home) palois au FTTH (Fiber To The Hameau) lozérien ! 2010

Un village de Lozère pilote en FTTH ! 2010

Auxillac…mon village ! 2010

Pourquoi la Lozère a-t-elle besoin de très haut débit ? 2010

L’A75 « autoroute du télétravail » ? une idée qui fait son chemin …2011

  « Interpellation » des politiques !

Fracture numérique:Alertons nos parlementaires ! 2009

Très Haut Débit : la parole est aux parlementaires ! 2010

Fonds d’amortissement très haut débit…Lettre ouverte …..2010

Lettre ouverte aux candidates et aux candidats aux élections régionales du Languedoc 2010

De Hong Kong ….à la Lozère ! 2012

Le changement (numérique) c’est maintenant…pour une France (numérique) forte ! 2012

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle 2012

Plus que quelques jours pour mettre le très haut débit à la campagne dans la campagne présidentielle ! 2012

Législatives 2012: A la recherche des candidats du numérique ? 2012

 L’article de Sophie Maréchal dans la gazette des communes (http://www.lagazettedescommunes.com/194705/tres-haut-debit-le-mouvement-est-engage-dans-les-territoires-ruraux/) a été écrit à la suite de Ruralitic 2013. Nous y étions aussi mais pour notre part nous nous sommes contentés d’une « complainte » ;-)

 http://websdugevaudan.wordpress.com/2013/09/13/complainte-pour-une-optique-ficelle/

L’année n’est pas terminée….. Nous renouvelons donc à tous nos ( méritants!) lecteurs nos vœux 2013 (http://www.youtube.com/watch?v=LFXU0STACXM ) en droite ligne avec ceux de 2012 (http://www.youtube.com/watch?v=c56Z3bdJYkM  )….Pour 2014 nous attendons la suite du « mouvement engagé dans les territoires ruraux » !

Auxillac le 17 septembre 2013

Pierre Ygrié








Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.