L’erreur est toujours “initiale” !
Au moment où le France, en avance sur le haut débit mais en retard sur le très haut débit, a l’intention de se lancer, et c’est heureux car d’autres pays ont déjà commencé, dans la couverture du territoire en fibre optique 3 citations apprises il y a bien longtemps me reviennent à l’esprit . Je les trouve d’une grande actualité
1-« Toute idée innovante chemine en trois étapes : d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle subit une forte opposition et enfin …c’est une évidence pour tout le monde » !
2-“Thing big but start small”
3-“l’erreur est. toujours initiale”
Je retiens de ces trois citations l’importance d’avoir une “vision innovante”et de ne pas se tromper dans la « construction » de cette vision. En l’occurrence la vision, du « très haut débit pour tous » qui a toujours été celle des Webs du Gévaudan et de son partenaire AveyronADSL, implique, à la base, l’erreur étant toujours « initiale », la construction progressive d’une boucle locale optique pour assurer une nécessaire montée en débit !
Nous pensons aujourd’hui ne pas nous tromper (mais je suis preneur de toutes éventuelles objections) en disant que si nous avons des interrogations et des doutes sur de nombreux points qui restent encore « terra incognita » nous avons aussi sur d’autres de « quasi » certitudes
Doutes et incertitudes sur :
1-les usages ? Tous ceux qui ont prétendu prévoir les usages de l’Internet ces dernières années se sont lourdement trompés. Jusqu’à ces derniers temps il se disait (et il se dit encore dans certains milieux ! ), que seules les entreprises avaient besoin de très haut débit ! .Or en 2008 les 2/3 du trafic Internet étaient de la vidéo (qui l’aurait imaginé il y a seulement 3 ans ?).A l’avenir « Nous serons surpris par les usages…les usages ont surpris tout le monde jusqu’ici » affirmait le sénateur Bruneau Retailleau le 1er octobre aux assises du numérique.
2-l’impact sur la santé des technologies hertziennes ? L’AFSET ,pour qui elles ne présentaient aucun risque il y a encore seulement trois ans, recommande aujourd’hui «un usage modéré des technologies sans fil »en précisant « n’attendons pas que les signaux deviennent ders pathologies pour avancer dans la réduction des expositions »
3-les performances des technologies satellitaires ? Leurs performances actuelles les placent en dernière position des différents supports d’accès à l’Internet. Même si ces performances s’améliorent sensiblement à l’avenir elles n’atteindront jamais les performances, infinies, de la fibre optique
4-la « rapidité » de l’évolution des mentalités pour s’approprier les inévitables changements amenés par la révolution Internet ??
Etc……
Quasi certitudes et constats quasi évidents :
1-La révolution Internet n’en est qu’à ses débuts. « Nous n’avons encore rien vu » disait Xavier Dalloz lors des manifestation des Webs du Gévaudan en 2001 , phrase de plus en plus d’actualité quand nous aurons pris conscience que nous sommes dans « la situation inédite de l’histoire de l’humanité où l’on voit la première génération avoir davantage accès à l’information que leurs parents »(Luc Chatel, assises du numérique du 1er octobre 2009)
2-Les jeunes ruraux devront pouvoir bénéficier de cette révolution comme les autres ! S’ils disposent de la « tuyauterie » adaptée(du très haut débit), ils n’auront plus nécessairement à devoir aller s’ « entasser » en ville comme leurs parents. L’économie de la connaissance (encore une évidence !) est la seule économie dont la matière première (l’information) est potentiellement disponible n’importe où ! Certains « citadins en mal de campagne » dont le seul outil de travail est l’ordinateur, de plus en plus nombreux, pourront ,eux aussi, s’installer à la campagne et vivre enfin une vie choisie et non subie !
3- Seul un support aux capacités illimitées comme la fibre optique pourra prendre en compte l’inévitable explosion des contenus de la « révolution Internet » sous le double effet de l’augmentation du nombre d’internautes et du développement exponentiel des informations, de plus en plus lourdes, à transporter (5 fois plus en 2012 qu’en 2008 !)
La fibre optique structurera les deux réseaux Internet de demain, le fixe (FTTH) et le mobile (LTE).
4-L’accès à l’information devra devenir progressivement un droit fondamental ( aujourd’hui davantage une « conviction » qu’une certitude !) . Certains pays donnent l’exemple, comme l’Esthonie qui l’a inscrit dans sa constitution ou la Finlande dont la loi prévoit à terme un débit garanti de 100 Mbits/s !
5-Le lien étroit entre très haut débit et développement durable est de plus en plus évident.
L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables .
6- la prise de conscience insuffisante de ce que peut apporter à la France une ruralités numérique en très haut débit
Autant l’apport du très haut débit à la France en général et à la ruralité en particulier (santé, éducation…) est aujourd’hui clair pour tous, autant mériteraient d’être « creusés »,dans une démarche de vrai développement durable, les apports d’une ruralité numérique en très haut débit à la France tant en termes économiques (création d’emplois directs et indirects) que sociaux (on vit mieux et… on réfléchit mieux à la campagne !) et environnementaux (suppression des mobilités « nuisibles »)
7-Les usages que feront les ruraux des nouvelles technologiques seront égaux,voire supérieurs, à ceux des citadins. Plus on est physiquement éloigné plus on a besoin de se rapprocher « numériquement » !
Etc…….
Quelles conclusions pour les zones rurales ?
-la « vision » doit être claire : du très haut débit pour tous (thing big !)
-la démarche doit être réaliste (start small) mais toujours cohérente avec la vision.
Atteindre un jour le très haut débit illimité (donc par fibre optique) suppose la construction d’un réseau en fibre optique permettant une montée progressive en débit.
Dans un réseau complet, celui qui procure le FTTH (Fiber To The Home) aux abonnés , toute la chaine est en fibre optique : réseaux internationaux ►réseaux nationaux►dorsales régionales►liaisons dorsales/NRA (centraux téléphoniques) ►liaisons NRA / sous répartiteurs (armoires de quartier) ►liaisons sous répartiteurs/abonnés
La demande récurrente des Webs du Gévaudan de”FTTH rural” (Fiber To The Hameau) s’arrête au sous répartiteur (existant ou à créer) car elle se veut réaliste. Le vrai FTTH n’arrivera pas demain, sauf exception (Mende en profitant des travaux de réseaux de chaleur, localités en bordure de l’ A75 autoroute du télétravail ? ) dans tous les foyers lozériens.
Conscients que la sous boucle locale ( de l’armoire de quartier à l’abonné) restera encore en cuivre mais aussi que plus la fibre est près de l’abonné plus les performances sont bonnes cette demande de FTTH rural est pour nous essentielle.
A la campagne donc, dans un premier temps la fibre ne pourra venir que jusqu’au sous répartiteur…mais pas n’importe quelle fibre et pas n’importe comment !
-une fibre suffisamment dimensionnée pour apporter aux internautes le minimum de 8 mégas nécessaire au triple play (Internet +téléphone +télévision) actuellement en fort développement
-le « comment » est un peu plus difficile à résoudre car il suppose que l’on connaisse le cadre réglementaire de développement et de financement des réseaux actuellement en cours de discussion au parlement. Si le parlement prenait des mesures fortes en faveur d’un réseau national de fibre optique la question pourrait être relativement facile à résoudre . S’il ne va pas jusque là et laisse encore une relative liberté aux opérateurs dans la construction d’infrastructures il parait à priori peu réaliste d’obliger tous les opérateurs à mettre leurs équipements dans tous les sous répartiteurs sauf à en laisser un seul faire cette opération et lui redonner de facto un monopole sur la future boucle optique. Dans ce cas la solution la plus réaliste parait être d’obliger tous les opérateurs à dégrouper tous les NRA en y installant leurs équipements et à prévoir un déport de signal vers les sous répartiteurs, formule qui permets d’apporter le triple play et de préparer l’avenir.
En tout état de cause le rôle du parlement et des collectivités locales sera déterminant
En lançant les assises des territoires ruraux le 7 octobre Michel Mercier répond aux vœux des Webs du Gévaudan relayés par la presse nationale et nous nous en réjouissons. Il sollicite le parlement et les collectivités locales (« l’Etat pourra aussi intervenir en maîtrise d’ouvrage si le Parlement et les collectivités le souhaitent ») pour l’aider à appliquer son projet de généralisation du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Sur la question de la nécessité de la fibre optique il prend clairement position : « La fibre optique sera nécessaire, à terme, partout car tous les français attendent la même qualité de service, notamment pour la télémédecine, l’enseignement à distance, le télétravail ou la visioconférence »
Pour leur part les collectivités territoriales sont fortement sollicitées pour établir des schémas directeurs de très haut débit. Nous nous félicitons qu’un tel schéma soit prévu pour la Lozère . Encore faut-il que
-ses objectifs soient très clairs : construire une boucle locale en fibre optique pour assurer la nécessaire montée en débit permettant au plus grand nombre de satisfaire ses besoins actuels de haut débit (triple play) tout en préparant l’avenir : le très haut débit pour tous !
-l’on tienne compte, dans la réalisation de ce qui a été fait ailleurs dans ce domaine en bien ou en moins bien
Aujourd’hui si le trés haut débit pour tous est (presque !) une évidence pour tout le monde il reste encore beaucoup à apprendre dans la route qui y mène, à commencer par le soin tout particulier à apporter dans l’élaboration du cahiers des charges du schéma directeur de trés haut débit, “fondations” de l’”édifice trés haut débit” d’un terrritoire car…..l’erreur est toujours “initiale” !
Priorité à la construction d’une boucle locale optique correctement dimensionnée ! Qu’on se le dise…en Lozère …et ailleurs !


Ils ont dit...