Boucle locale et montée en débit !

17 10 2009

L’erreur est toujours “initiale” ! 

Au moment où le France, en avance sur le  haut débit mais en retard sur le très haut débit, a l’intention de se lancer, et c’est heureux car d’autres pays ont déjà commencé, dans la couverture du territoire en fibre optique 3 citations apprises il y a bien longtemps me reviennent à l’esprit . Je les trouve d’une grande actualité

1-« Toute idée innovante chemine en trois étapes : d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle subit une forte opposition et enfin …c’est une évidence pour tout le monde » !

2-“Thing big but start small

3-“l’erreur est. toujours initiale

 Je retiens de ces trois citations l’importance d’avoir une “vision innovante”et de ne pas se tromper dans la « construction » de cette vision. En l’occurrence la vision, du « très haut débit pour tous » qui a toujours été celle des Webs du Gévaudan et de son partenaire AveyronADSL, implique, à la base, l’erreur étant toujours « initiale »,  la construction progressive d’une boucle locale optique pour assurer une nécessaire  montée en débit !

 Nous pensons aujourd’hui ne pas nous  tromper (mais je suis preneur de toutes éventuelles objections) en disant que si nous avons des interrogations et des doutes sur de nombreux points qui restent encore « terra incognita »  nous avons aussi sur d’autres de « quasi » certitudes

 Doutes et incertitudes sur :

 1-les usages ?  Tous ceux qui ont prétendu prévoir les usages de l’Internet ces dernières années se sont lourdement trompés. Jusqu’à ces derniers temps il se disait (et il se dit encore dans certains milieux ! ), que seules les entreprises avaient besoin de très haut débit ! .Or en 2008 les 2/3 du trafic Internet étaient de la vidéo (qui l’aurait imaginé il y a seulement 3 ans ?).A l’avenir « Nous serons surpris par les usages…les usages ont surpris tout le monde jusqu’ici » affirmait le sénateur Bruneau Retailleau le 1er octobre aux assises du  numérique.

 2-l’impact sur la santé des technologies hertziennes ? L’AFSET ,pour qui elles ne présentaient aucun risque il y a encore seulement trois ans, recommande aujourd’hui «un usage modéré des technologies sans fil »en précisant « n’attendons pas que les signaux deviennent ders pathologies pour avancer dans la réduction des expositions »

 3-les performances des technologies satellitaires ? Leurs performances actuelles les placent en dernière position des différents supports d’accès à l’Internet. Même si ces performances s’améliorent sensiblement à l’avenir elles n’atteindront jamais les performances, infinies, de la fibre optique

 4-la « rapidité » de l’évolution des mentalités pour s’approprier les inévitables changements amenés par la révolution Internet ??

 Etc……

 Quasi certitudes et constats quasi évidents  :

 1-La révolution Internet n’en est qu’à ses débuts. « Nous n’avons encore rien vu » disait Xavier Dalloz lors des  manifestation des Webs du Gévaudan en 2001 , phrase de plus en plus d’actualité quand nous aurons pris conscience que nous sommes dans « la situation inédite de l’histoire de l’humanité où l’on voit la première génération avoir davantage accès à l’information que leurs parents »(Luc Chatel, assises du numérique du 1er octobre 2009)

 2-Les jeunes ruraux devront pouvoir bénéficier de cette révolution comme les autres ! S’ils disposent de la « tuyauterie » adaptée(du très haut débit), ils n’auront plus nécessairement à devoir aller s’ « entasser » en ville comme leurs parents. L’économie de la connaissance (encore une évidence !) est la seule économie dont la matière première (l’information) est potentiellement disponible n’importe où ! Certains « citadins en mal de campagne » dont le seul outil de travail est l’ordinateur,  de plus en plus nombreux, pourront ,eux aussi, s’installer à la campagne et vivre enfin une vie choisie et non subie !

 3- Seul un support aux capacités illimitées comme la fibre optique pourra prendre en compte l’inévitable explosion des contenus de la « révolution Internet »  sous le double effet de l’augmentation du nombre d’internautes et du développement exponentiel des informations, de plus en plus lourdes, à transporter (5 fois plus en 2012 qu’en 2008 !)

La fibre optique structurera les deux réseaux Internet de demain, le fixe (FTTH) et le mobile (LTE).  

 4-L’accès à l’information devra devenir progressivement un droit fondamental ( aujourd’hui davantage une « conviction » qu’une certitude !) . Certains pays donnent l’exemple, comme l’Esthonie qui l’a inscrit dans sa constitution ou la Finlande dont la loi prévoit à terme un débit garanti de 100 Mbits/s !

 5-Le lien étroit entre très haut débit et développement durable est de plus en plus évident.

L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables .

 6- la prise de conscience insuffisante de ce que peut apporter à la France une ruralités numérique en très haut débit

Autant l’apport du très haut débit à la France en général et à la ruralité en particulier (santé, éducation…) est aujourd’hui  clair pour tous, autant mériteraient d’être « creusés »,dans une démarche de vrai développement durable, les apports d’une ruralité numérique en très haut débit à la France tant en termes économiques (création d’emplois directs et indirects) que sociaux (on vit mieux et… on  réfléchit mieux à la campagne !) et environnementaux (suppression des mobilités « nuisibles »)

 7-Les usages que feront les ruraux des nouvelles technologiques seront égaux,voire supérieurs, à ceux des citadins. Plus on est physiquement éloigné plus on a besoin de se rapprocher « numériquement » !

 Etc…….

 Quelles conclusions pour les zones rurales ?

 -la « vision » doit être claire : du très haut débit pour tous (thing big !)

 -la démarche doit être réaliste (start small) mais toujours cohérente avec la vision.

Atteindre un jour le très haut débit illimité (donc par fibre optique) suppose la construction d’un réseau en fibre optique permettant une montée progressive en débit.

 Dans un réseau complet, celui qui procure le FTTH (Fiber To The Home) aux abonnés , toute la chaine est en fibre optique : réseaux internationaux ►réseaux nationaux►dorsales régionales►liaisons dorsales/NRA (centraux téléphoniques) ►liaisons NRA / sous répartiteurs (armoires de quartier) ►liaisons sous répartiteurs/abonnés

 La demande récurrente des Webs du Gévaudan de”FTTH rural” (Fiber To The Hameau) s’arrête au sous répartiteur (existant ou à créer) car elle se veut réaliste. Le vrai FTTH n’arrivera pas demain, sauf exception (Mende en profitant des travaux de réseaux de chaleur, localités en bordure de l’ A75 autoroute du télétravail ? ) dans tous les foyers lozériens.

Conscients que la sous boucle locale ( de l’armoire de quartier à l’abonné) restera encore en cuivre mais aussi que plus la fibre est près de l’abonné plus les performances sont bonnes cette demande de FTTH rural est pour nous essentielle.

 A la campagne donc, dans un premier temps la fibre ne pourra venir que jusqu’au sous répartiteur…mais pas n’importe quelle fibre et pas n’importe comment !

 -une fibre suffisamment dimensionnée pour apporter aux internautes le minimum de 8 mégas nécessaire au triple play (Internet +téléphone +télévision) actuellement en fort développement

 -le « comment » est un peu plus difficile à résoudre car il suppose que l’on connaisse le cadre réglementaire de développement et de financement des réseaux actuellement en cours de discussion au parlement. Si le parlement prenait des mesures fortes en faveur d’un réseau  national de fibre optique la question pourrait être relativement facile à résoudre . S’il ne va pas jusque là et laisse encore une relative liberté aux opérateurs dans la construction d’infrastructures il parait à priori peu réaliste d’obliger tous les opérateurs à mettre leurs équipements dans tous les sous répartiteurs sauf à en laisser un seul faire cette opération et lui redonner de facto un monopole sur la future boucle optique.  Dans ce cas la solution la plus réaliste parait être d’obliger tous les opérateurs à dégrouper tous les NRA en y installant leurs équipements et à prévoir un déport de signal vers les sous répartiteurs, formule qui permets d’apporter le triple play et de préparer l’avenir.

 En tout état de cause le rôle du parlement et des collectivités locales sera déterminant

 En lançant les assises des territoires ruraux  le 7 octobre Michel Mercier répond aux vœux  des Webs du Gévaudan relayés par la presse nationale  et nous nous en réjouissons. Il sollicite le parlement et les collectivités locales (« l’Etat pourra aussi intervenir en maîtrise d’ouvrage si le Parlement et les collectivités le souhaitent ») pour l’aider à appliquer son projet de généralisation du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Sur la question de la nécessité de la fibre optique il prend clairement position : « La fibre optique sera nécessaire, à terme, partout car tous les français attendent la même qualité de service, notamment pour la télémédecine, l’enseignement à distance, le télétravail ou la visioconférence »

 Pour leur part les collectivités territoriales sont fortement sollicitées pour établir des schémas directeurs de très haut débit. Nous nous félicitons qu’un tel schéma soit prévu pour la Lozère . Encore faut-il que

-ses objectifs soient très clairs : construire une boucle locale en fibre optique pour assurer la nécessaire montée en débit permettant au plus grand nombre de satisfaire ses besoins actuels de haut débit (triple play) tout en préparant l’avenir : le très haut débit pour tous !

-l’on tienne compte, dans la réalisation de ce qui a été fait ailleurs dans ce domaine en bien ou en moins bien 

 Aujourd’hui si le trés haut débit pour tous est (presque !) une évidence pour tout le monde il reste encore beaucoup à apprendre dans la route qui y mène, à commencer par le soin tout particulier à apporter dans l’élaboration du cahiers des charges du schéma directeur de trés haut débit, “fondations” de l’”édifice trés haut débit” d’un terrritoire car…..l’erreur est toujours “initiale” ! 

 Priorité à la construction d’une boucle locale optique correctement dimensionnée ! Qu’on se le dise…en Lozère …et ailleurs !





Fracture numérique et télévision numérique

12 10 2009

Attention aux amalgames fracture numérique /télévision numérique ou encore télévision numérique/TNT !

  Si l’impossibilité d’accès à la télévision numérique est certes une « facette » de la fracture numérique elle est loin d’en être l’élément essentiel.

Quant à l’amalgame entre télévision numérique et TNT(Télévision Numérique Terrestre) il est d’autant plus facile à faire que ce support (TNT) est gratuit alors que les deux autres sont payants

- Télévision Numérique par Satellite via une parabole (TNS ? pour ne pas « amalgamer » avec TNT ! )

 -Internet, payant et inaccessible

 Pour les ruraux privés de TNT et de haut débit (généralement les mêmes qui subissent cette « double peine ») et même les internautes Adsl disposant de moins de 8 mégas (encore l’exception en Lozère) les mots n’ont pas nécessairement la même signification !

 Avec la disparition programmée des chaînes analogiques la question de la télévision numérique (mais pas nécessairement celle de la TNT ! ) devient d’une actualité brûlante dans certains territoires comme la Lozère

La « médiatique » TNT est dés lors sur le devant de la scène : « Pourquoi avoir équipé à peine la moitié des 3500 émetteurs analogiques pour recevoir la TNT ? Pourquoi la loi n’oblige-t-elle pas les opérateurs et le CSA à couvrir et à financer le passage à la TNT de tous les émetteurs analogiques sur l’ensemble du territoire français ? » Faut-il demander aux collectivités locales de financer la mise à jour des antennes relais de TDF alors qu’elles seront de plus en plus sollicitées pour (co)financer des réseaux de très haut débit ?

 La « bonne question » n’est-elle pas « Comment accélérer la construction d’un réseau national de fibre optique  » ? Dans les territoires ruraux, cela signifie concrètement « comment amener la fibre dans chaque village, du FTTH rural (Fiber To The Hameau) en quelque sorte à défaut de vrai  FTTH tout de suite, pour donner du triple play (Internet + téléphone + télévision) aux habitants ? ». Une telle démarche permettrait de résoudre en grande partie l’accès à la télévision numérique de la plupart des citoyens.

Mais même si l’on va dans ce sens le problème, urgent, de l’« écran noir »ne sera pas résolu. Toutes les formules doivent être recherchées pour donner accès à la télévision à tous les citoyens. Il est probable que même la « réactivation » des relais de TDF ne suffirait pas. ll faudrait dés lors trouver une formule de subventionnements pour un équipement en paraboles. La TNS (Télévision Numérique Satellite) via la parabole est plus performante que la TNT tant sur le plan quantitatif ( chaînes plus nombreuses) que sur le plan qualitatif (performances stables et de meilleur niveau). Cette formule ne présente par ailleurs aucun risque sanitaire, ce qui n’est pas nécessairement le cas des antennes relais de la TNT ?. Cela étant, autant il n’est pas inenvisageable de faire appel aux collectivités locales pour l’équipement en paraboles autant c’est à exclure totalement pour la TNT !

 Cette « vraie »question (réseau national de fibre optique  ) a été officiellement posée au plus haut niveau. En lançant les assises des territoires ruraux  le 7 octobre Michel Mercier répond aux vœux  des Webs du Gévaudan relayés par la presse nationale  et nous nous en réjouissons. Il sollicite le parlement et les collectivités locales (« l’Etat pourra aussi intervenir en maîtrise d’ouvrage si le Parlement et les collectivités le souhaitent ») pour l’aider à appliquer son projet de généralisation du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Sur la question de la nécessité de la fibre optique il prend clairement position : « La fibre optique sera nécessaire, à terme, partout car tous les français attendent la même qualité de service, notamment pour la télémédecine, l’enseignement à distance, le télétravail ou la visioconférence »

Il est révélateur, à mon sens, qu’il ne parle pas de télévision numérique, question, qui préoccupe actuellement, à juste titre mais ce n’est pas l’essentiel, les membres de la commission économique de l’assemblée nationale en charge des travaux sur la loi Pintat de lutte contre la fracture numérique.

 Plus vite se développeront les réseaux de très haut débit plus vite sera résolue la question de la généralisation de la télévision numérique, quitte à ce que les collectivités locales aident les citoyens isolés ou les réfractaires à l’Internet à s’équiper d’outils de réception de la télévision par satellite en assumant dans certains cas et provisoirement une certaine dégradation du paysage par les paraboles.  

 Alors que régulièrement les collectivités critiquent l’action (ou la non-action) de l’État sur la question de l’aménagement numérique, l’Etat, en l’occurrence, vient de donner une impulsion forte et inédite. Au parlement à voter maintenant le cadre règlementaire du déploiement et du financement d’un réseau national de fibre optique supprimant les freins actuels ( opacité des réseaux, gaspillages financiers générés par la concurrence sur les infrastructures, utile dans un premier temps mais plus aujourd’hui etc..), alimentant le fonds numérique national et incitant les collectivités territoriales non seulement à établir des schémas directeurs très haut débit mais encore à les réaliser concrètement. La démarche d’« expression de projets territoriaux innovants »(1)(Michel Mercier,assisses du numérique du 1er octobre) à laquelle, j’espère, seront associés les citoyens, n’en sera que plus efficace.

 Le problème de la TNT devrait être rapidement résolu par une décision simple.

Trop débattre la dessus me semble se détourner de l’objectif plus long terme de réduction de la fracture numérique qui, lui, pose des problèmes autrement plus importants pour l’avenir des territoires ruraux !

 Ce n’est qu’en mettant tous les moyens sur la vraie fracture numérique que sera supprimée la « fracture numérique » de la télévision numérique !

 Pierre Ygrié

12 octobre 2009

   (1)Comme, par exemple, pour le sud du massif central un projet « transversal » (donc en droite ligne avec la volonté gouvernementale qui ne souhaite pas l’éparpillement des projets), sur l’idée « l’A75 autoroute du télétravail » , le télétravail étant en Lozère un objet de réflexion déjà « ancien » tant pour les élus  que pour les citoyens

 





Assises numériques:l’urgence de la concertation !

2 10 2009

 

« Le Contenu des assises fera partie des travaux du gouvernement » avait déclaré Nathalie Kosciusko Morizet en ouvrant (à distance pour raisons familiales) les assises numériques du 1er Octobre à l’université Paris Dauphine.

Le contenu fut en effet très dense mais la parole ne fut pas à mon sens suffisamment donnée à la salle en dépit des promesses d’interactivité, impossibles à tenir dans la pratique compte tenu du nombre d’intervenants sur le plateau et de la densité du programme.

 Du « contenu » des assises j’ai retenu essentiellement :

  - l’engagement fort de Michel Mercier en faveur de la fibre optique. Extraits : « la fibre optique va remplacer le cuivre… une vraie révolution qui ne fait que commencer…. Exigence d’équité territoriale… la couverture numérique fixe et mobile est vitale… on sait avec certitude qu’on aura besoin de fibre optique… le maillage des territoires en fibre optique est à mes yeux un impératif… j’ai soutenu le principe d’une solidarité nationale… je fais du très haut débit la priorité … etc… » propos en droite ligne avec le « discours » récurrent des Webs du Gévaudan qui militent depuis 10 ans pour amener la fibre au plus près de l’abonné et avoir,à défaut de FTTH dans l’immédiat du FTTH rural (Fiber To The Hameau) ! 

- les témoignages des ministres (ou ancien ministre) : André Santini pour ses nombreuses  réalisations dans tous les domaines (de la crèche aux maisons de retraite) à Issy les Moulineaux et Luc Chatel qui a présenté les axes de son plan « Orsec » sur l’école en soulignant « la situation inédite de l’histoire de l’humanité où l’on voit la première génération avoir davantage accès à l’information que leurs parents »

- les interventions de tous les parlementaires en faveur du très haut débit : Yves Censi, Bruneau Retailleau (dans son rapport il y a « tout » !), Vincent Descoeur, Patrick Martin Lalande, Jean Michel Fourgous, Jean Dionis du Séjour.

- le lancement de concertations régionales (cf lettre aux préfets du 31 juillet 2009) avec les services de l’Etat et les collectivités territoriales avec pour objectif de « faire remonter » d’ici la fin de l’année des « projets territoriaux d’innovation »

- l’intervention de Gabrielle Gauthey « nous sommes à l’aube d’une révolution avec la fibre »… révolution soulignée ensuite par tous les participants

- la nécessaire modestie dans l’approche des usages car,autant pour les grands domaines (santé, éducation… ) on commence à avoir une « petite idée » autant, pour Bruno Retailleau, « on ne soupçonne pas aujourd’hui les usages de demain pour le citoyen ». Quand on sait que 2/3 du trafic en 2008 était de la vidéo on imagine la bande passante nécessaire pour véhiculer les informations de demain nécessairement symétriques.

-nécessaire intervention de la puissance publique tant au niveau gouvernemental que parlementaire (cf débat au parlement le 13 octobre)

 J’y ajoute quelques commentaires personnels qui auraient fait l’objet de questions si j’avais eu l’occasion de les poser sur deux points récurrents tout au long de la journée : la mutualisation et le financement :

 La mutualisation :

 -des opérateurs : cf le « papier » écrit après le salon Odébit des 22 et 23 septembre « Au commencement étaient les infrastructures » dans lequel je posais la question de la pertinence de la concurrence sur les infrastructures et sur l’opportunité (la nécessité selon moi) d’un réseau unique neutre , indépendant et ouvert à la concurrence, même dans les zones denses, pour éviter des gaspillages et libérer les investissements des opérateurs

 -des collectivités : dans quel périmètre peut se concrétiser l’aide de l’Etat aux collectivités pour les inciter à travailler ensemble ? la communauté de communes ? le département ? La région ? des projets interrégionaux comme l’A75 autoroute du télétravail qui supposerait de mettre autour d’une même table des élus de 3 régions différentes ?

 -de la réflexion : Je suggère que soient invitées à la démarche régionale d’ « expression de projets territoriaux d’innovation » les associations citoyennes de promotion de l’Internet. Je pense que cette « invitation » aurait un double avantage : recueillir les idées des citoyens de base, le plus souvent plus informés que beaucoup d’élus locaux dans ce domaine qui reste nouveau voire « terra incognita » pour certains, et stimuler ces mêmes élus locaux à participer à ces réunions de concertation.

 Le financement :

 La question du financement ne doit à mon avis être posée qu’après avoir répondu à trois questions :

 - que peut apporter le très haut débit à la France ?  la réponse est claire, et nous nous en réjouissons, pour les gouvernants de ce pays et les participants aux différents colloques sur le sujet auquel est d’ailleurs de plus en plus associé, et c’est heureux, le développement durable. Reste aux médias à démultiplier l’information !

 -que peut apporter le très haut débit à la ruralité ? là aussi la réponse est claire, les apports du très haut débit dans les domaines clés (santé, éducation, travail collaboratif à distance… ) étant encore plus cruciaux,voire vitaux, à la campagne qu’à la ville

 -que pourrait apporter une ruralité numérique à très haut débit à la France et aux Français ? Cette question restera « pendante » tant qu’une vraie réflexion n’aura pas été engagée sur ce sujet avec les « habitants du pays ». Je salue certes la présence aux assises de parlementaires ruraux voisins de la Lozère (Yves Censi, Vincent Descoeur) mais il nous faut aller,à mon avis, beaucoup plus loin dans la réflexion. Comment intégrer dans la démarche en cours une réflexion concertée avec des citoyens sur les « apports » de la ruralité en termes économiques (création d’emplois directs et indirects, la matière première de l’économie de la connaissance étant potentiellement disponible n’importe où) , sociaux (on vit mieux et… on  réfléchit mieux à la campagne !) , environnementaux (suppression des mobilités « nuisibles »).La France a un atout considérable : son Espace ! cette évidence mérite à tout le moins, selon moi,  une réflexion spécifique

 Ces n’est qu’après avoir correctement répondu à ces trois questions que l’on pourra se poser la question du financement car, selon moi, quand on est convaincu de la nécessité de faire une chose on trouve toujours l’argent pour le faire !

 Ces quelques lignes ne prétendent pas rendre compte de la journée des assises numériques du 1er octobre. Tout en saluant cette importante initiative (bravo aux organisateurs !) je tenais simplement à faire part « à chaud » de mes impressions et dire que les citoyens aussi ont leur mot à dire mais ils n’en ont pas souvent l’occasion ! La démarche de concertation en cours est une excellente “fenètre d’opportunité” pour leur donner la parole !

 @suivre…

 Pierre Ygrié  2 octobre 2009





Au commencement étaient …les infrastructures !

24 09 2009

Du salon Odébit auquel je viens d’assister je ne retiendrai que deux choses :

-l’infrastructure crée de la valeur. Cette « évidence » a été martelée par tous les intervenants et démontrée par des gens qui ont fait des actions concrètes comme dans la Manche où il ne reste plus que 170 foyers sur 270000 à moins de 2 mégas !

-cette infrastructure doit être en fibre optique tant pour le très haut débit fixe (FTTH) que pour le très haut débit mobile (LTE). Un « bémol » a été apporté sur ce point, et c’est bien compréhensible, par les vendeurs de solutions alternatives très présents au salon !

Je me conterai donc de vous (re)dire ce que nous avons écrit maintes fois : la nécessité pour la France de disposer d’une infrastructure en fibre optique publique, neutre et ouverte à la concurrence.

La nécessité de structuration du territoire en fibre optique est « affirmée » aujourd’hui, et nous nous en réjouissons, par les plus hautes instances de la nation ! Il reste maintenant à la faire et c’est ici que le rôle des opérateurs et surtout de la puissance publique est essentiel !

 

1-Quelle infrastructure ?

Le réseau de fibre optique public et ouvert à la concurrence sera fait de :

 -la mutualisation des réseaux existants, essentiellement celui de l’opérateur historique, souvent le seul ou presque dans les territoires ruraux. Encore faut-il que la cartographie des réseaux existants soit précise et transparente, ce qui ne parait pas être tout à fait le cas en dépit de l’obligation légale récente.

 -la création de nouveaux réseaux par les collectivités territoriales plus ou moins aidées par un « cocktail » de mesures ( emprunt, taxe sur les abonnements, fonds européens et nationaux comme le FNADT, taxe sur les opérateurs…) selon les possibilités financières de chacun : peu ou pas d’aide pour les zones denses, aide maximale pour les territoires ruraux).

 

2-Pourqoui un tel réseau ?

-fortement créateur d’emplois. J’ai retenu un chiffre qui, même s’il est à prendre avec des pincettes comme tous les chiffres, est intéressant à “méditer”: un milliard d’euros investis ur la construction d’un réseau autoroutier génère 80% d’emplois directs et 20% d’emplois indirects, pour la construction d’un réseau numérique c’est l’inverse : 20% d’emplois directs, 80% d’emplois indirects. A l’ évidence le numérique crée des emplois pérennes

-solidarité territoriale . Je ne reviendrai pas sur notre demande permanente d’offrir à chaque citoyen une « place numérique » indépendante de sa « place physique » et égale pour tous

-opportunité territoriale. Là encore nous avons insisté maintes fois sur l’ « atout Espace » de la France et sur le lien étroit entre Très Haut Débit et développement durable. L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » encouragé avec raison par le gouvernement et que seul autorise le très haut débit (5 fois plus d’informations dans les réseaux en 2012 qu’en 2015 !) réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables. Plusieurs entreprises, dont Covage, présente au salon, ont d’ores et déjà obtenu des résultats probants dans ce domaine. Mais la plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son),rapides,fluides et symétriques ,ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable. L’apport d’une ruralité « numérique »dans la démarche de développement durable est pour nous évident. La généralisation du très haut débit non seulement favoriserait un aménagement plus équilibré du territoire mais constituerait aussi un support précieux pour nous procurer de la “matière à réfléchir” et développer l’”intelligence collective” nécessaire pour “inventer ” l’avenir ! Nous avons à « inventer » le changement dans tous les domaines ; ce ne sera possible que par la multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions . Même si certains pourraient sourire de cette « platitude »on réfléchit mieux à la campagne . Or le travail collaboratif à distance est aujourd’hui possible avec Internet à condition de disposer à la campagne des mêmes outils qu’en ville.

 

3-Le rôle des opérateurs ?

Les opérateurs, et singulièrement l’opérateur historique, font actuellement leur « business » sur le réseau cuivre, amorti depuis longtemps. On peut donc comprendre leur réticence à abandonner la « poule aux œufs d’or » pour construire un réseau estimé à 40 milliards d’euros, d’autant que, si j’ai bien tout compris, pour « faire court », 60% des abonnés seulement seraient apparemment potentiellement concernés par du FTTH (20% des foyers n’ont plus de téléphone fixe et 20% se contenteraient de l’Adsl). En l’état actuel de la réglementation chacun des trois grands ne pourrait donc espérer que 20% de cette cible potentielle. En calcul rapide le retour sur investissement ne serait possible que dans 8 ans ! Ce petit exercice (à vérifier) permet de mieux comprendre les réticences des opérateurs à investir massivement sur la fibre, pourtant unanimement plébiscitée pour permettre à la France, au demeurant très bien placée sur le haut débit de rattraper son retard, tout aussi patent, sur le très haut débit. En posant la question « la concurrence par les infrastructures a-t-elle un sens ? » Stéphane Lelux, président de Tactis, s’interroge sur l’opportunité de laisser construire, y compris dans les zones denses, plusieurs réseaux, au risque d’obérer les marges des opérateurs et de freiner leurs investissements beaucoup plus, selon moi, qu’une taxe pour alimenter un fonds de péréquation !

Le rôle des opérateurs dépend donc directement de la stratégie que devra définir le gouvernement s’il veut aller au bout de sa logique : structurer l’ensemble du territoire en un réseau porteur d’emplois,de croissance et de développement durable pour des décennies. La France, championne du haut débit, est en retard sur le très haut débit. Seules des mesures radicales lui permettront non seulement de rattraper ce retard mais, pourquoi pas ( ?), de prendre de l’avance .

Voilà l’essentiel de ce que j’ai retenu du salon Odébit …mais j’ai aussi retenu que rares étaient les intervenants qui osaient poser la question qui fâche, la « nationalisation »,  ( serait-ce encore un « gros mot » ? ), quelle qu’en soit la forme, des infrastructures de l’opérateur historique ?

 Qu’ai-je retenu encore ? Ah oui ! la fameuse question du choix « par où commencer ? les infrastructures ou les usages ? » Le directeur de Manche numérique, qui sait de quoi il parle, a mis tout le monde d’accord en insistant sur la spirale vertueuse entre infrastructures et usages. Ne disons nous pas depuis toujours aux Webs du Gévaudan, que le premier des services , c’est l’accès aux services ?

Après ce salon Odébit 2009 et avant les assises numériques du 1er octobre nous persistons et nous signons « au commencement étaient les infrastructures » !





Grenelle du Très Haut Débit ?

20 09 2009

« Grenelle du Très Haut Débit : Etat des lieux un an après » Tel est le thème de la conférence d’ouverture du salon Odébit 2009 un an après le le Grenelle du Très Haut Débit le 23 septembre 2008 .

Je vous raconterai au retour du salon mais avant je voudrais vous faire part de quelques réflexions :

-si le Très haut débit a aujourd’hui, et c’est heureux, le vent en poupe (cf les dernières déclarations au séminaire numérique ou encore l’ultimatum du président de la république aux opérateurs) nous le devons à ceux qui se battent depuis des années pour la fibre optique au premier rang desquels nous devons citer Jean Michel Billaut

-c’est Jean Michel Billaut qui, à ma connaissance, a eu le premier l’idée d’un grenelle du très haut débit qu’il a animé en 2008 après l’avoir « vendu » à Sandrine Lagardère, organisatrice du salon Odébit

 -Jean Michel Billaut a eu de gros problèmes de santé et ne pourra pas être des notres cette année. Il a néanmoins repris son « combat » du fond de sa chambre. Comme c’est grâce à lui que je m’intéresse aujourd’hui à ces sujets, importants pour l’avenir des territoires ruraux, je tenais simplement ici à lui tirer un grand coup de chapeau et à vous suggérer de poster à l’occasion un commentaire sur son blog.

 La bataille de la ruralité à laquelle nous tentons d’apporter notre contribution et que nous avons déjà engagée au salon Odébit de 2006 et de 2008 est loin d’être gagnée . Nous aurons encore besoin de soutiens, à commencer par celui de Jean Michel Billaut pour espérer la gagner…un jour !





Quand la presse nationale s’intéresse aux Webs du Gévaudan !

18 09 2009

Cécile Ducourtieux, journaliste spécialiste des nouvelles technologies du journal le Monde, qui avait entendu parler de la pétition « Très haut débit pour tous » lancée le 9 juillet par les Webs du Gévaudan et AveyronAdsl (6500signataires au 15 septembre), était en Lozère le lundi 14 septembre pour faire un reportage sur la fracture numérique.

La visite débuta par un bref passage à Auxillac, siège des Webs du Gévaudan et symbole même de la fracture numérique. Le village est en effet quasiment « entouré » de deux dorsales de fibre optique, l’une privée (France Télécom) , l’autre publique (A75) alors que ses habitants sont toujours dans la « galère » du (très) bas débit !

Mais le « clou » de la visite de Cécile Ducourtieux était un déjeuner débat offert gracieusement par le lycée hôtelier de St Chély d’Apcher et auquel les Webs du Gévaudan avaient invité une douzaine de membres et sympathisants de l’association représentatifs des différents domaines d’activité : deux directeurs d’établissements scolaires, deux chefs d’entreprise, un éducateur, des particuliers, un opérateur télécoms et deux élus représentant l’un un petit village lozérien (St Sauveur de Peyre) , l’autre, la ville de Millau, « porte drapeau » de l’A75, autoroute numérique qui pourrait peut-être devenir un jour l’ « autoroute du télétravail » !

Accueillis par Vincent Mouton, directeur du lycée du sacré cœur les participants se mirent immédiatement à table pour déguster les plats succulents préparés par les étudiants de BTS 2ème année… et au travail pour répondre aux nombreuses questions de la journaliste… et conclure avec une belle unanimité :« Nous aussi les ruraux nous voulons du très haut débit ! » Très informés par la presse récente les participants savaient manifestement de quoi ils parlaient. Ils savaient, entre autres, que la France en avance (pas la Lozère !) sur l’Internet haut débit (par ADSL), était en train de prendre du retard sur l’étape suivante, celle du très haut débit par fibre optique. Ils savaient que le président de la république lui même était décidé à s’impliquer sur ce dossier… et ils ne voulaient pas que nos territoires passent à coté des opportunités offertes par cette nouvelle impulsion gouvernementale.

Il est loin le temps où les Webs du Gévaudan, défenseurs du « fibrage » du territoire au plus près de l’abonné, du FTTH rural en quelque sorte (Fiber To The Hameau !), dernière étape avant la fibre à la maison ( FTTH ou Fiber To The Home), passaient pour de joyeux utopistes !.

 Si le fibrage des territoires ruraux reste encore une utopie dans le cadre actuel où le marché fait la loi il ne l’est plus si nos parlementaires votent des dispositifs spécifiques de péréquation et de mutualisation des réseaux pour les zones rurales et si, la loi votée, les élus locaux savent saisir toutes les opportunités d’intervention de la puissance publique qu’elle leur offrira.

Le déjeuner se termina par un souhait des participants : que les élus lozériens et aveyronnais et, dans un second temps, d’autres départements voisins prennent le relais de cette collaboration informelle de citoyens(déjà traduite par une pétition commune) pour bâtir des projets transversaux autour d’une idée forte pour amener sur nos territoires ce dont ils auront besoin demain (et pour certains, tels que les deux entreprises présentes BFP électronique et BM Services, dés aujourd’hui) : du très haut débit !

Ce déjeuner restera comme un grand moment de convivialité et de travail intense. Tous les participants l’ont compris et ont tenu à remercier chaleureusement Vincent Mouton pour son accueil et Cécile Ducourtieux pour son professionnalisme, sa gentillesse et sa disponibilité…et sa promesse de nous « offrir » une page complète de son prestigieux journal !





Fracture électrique autrefois, fracture numérique aujourd’hui… même combat !

4 09 2009

La proposition de loi sur la fracture numérique votée par les sénateurs est actuellement dans les mains de la commission des affaires économiques de l’assemblée

 Je viens d’écrire la lettre ci-dessous à tous les députés de cette commission

 Nos parlementaires ont en effet le pouvoir de supprimer la fracture numérique comme leurs prédécesseurs ont supprimé la fracture électrique il y a 70 ans ! La « fracture électrique » a été résorbée en son temps par un vote du parlement. Si le parlement n’avait pas voté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification le 31 décembre 1936, les ruraux s’éclaireraient encore à la bougie ! Ce fonds, encore en vigueur aujourd’hui (mais qui le sait ?) est alimenté par une taxe 5 fois supérieure pour les abonnés des 5954 communes urbaines que pour ceux des 30611 communes rurales, un superbe exemple de solidarité nationale !

Mesdames et Messieurs les Députés,

 La proposition de loi relative à la lutte contre la fracture numérique  adoptée par le Sénat, a été déposée à l’assemblée le 21 juillet 2009 et renvoyée à la commission des affaires économiques dont vous faites partie

 C’est, à ma connaissance, la première fois que les représentants de la nation vont débattre et légiférer sur ce sujet, majeur pour l’avenir de notre pays et plus particulièrement de son espace rural ; “atout”encore trop méconnu de nos décideurs cet espace devrait se révéler porteur d’une vraie démarche de développement durable.

 En tant que responsable d’une petite association de promotion de l’Internet très haut débit dans les territoires ruraux, je m’en réjouis

 Dans un domaine jusqu’ici un peu « compliqué » où l’on confondait à volonté haut débit et Adsl ou encore haut débit et très haut débit les choses commencent à se clarifier sous l’impulsion de grandes associations (AMF, ADF, ARF, AVICCA…)  et du gouvernement lui-même.

Il y a, semble-t-il, aujourd’hui consensus sur la nécessité de structurer le territoire en fibre optique, seul support pérenne tant pour créer le futur réseau fixe de télécommunications que pour optimiser le réseau mobile.

 Notre association, les Webs du Gévaudan ,représente le département de très loin le moins peuplé de France, ce qui le légitime comme symbole de la ruralité. Elle s’est associée avec une association amie d’un département voisin, l’Aveyron, AveyronADSL , pour lancer une pétition destinée à soutenir les parlementaires ruraux lors du débat parlementaire

 Les 5000 signatures recueillies à date avec très peu de moyens (quelques bénévoles) ne donnent qu’une pale idée de l’attente des citoyens ruraux…pour preuve les 541 signatures recueillies en une matinée sur le marché de La Canourgue, village de 2000 habitants !

 Notre demande, explicitée dans le prospectus joint, remis à chaque contact, met l’accent sur l’importance du rôle des parlementaires pour résoudre par la loi le problème épineux du financement d’infrastructures en fibre optique dans les territoires ruraux.

  La proposition de loi va dans le bon sens puisqu’elle acte le principe d’un fonds de péréquation. Elle ne précise malheureusement pas comment il sera financé. Ce problème a été évoqué mais non résolu lors du dernier colloque Ruralitic au cours duquel les interventions de Nathalie Kosciusko-Morizet et de Michel Mercier ont été par ailleurs très appréciées.

 En décidant, par la loi, de mesures de financement d’un dispositif de péréquation nationale les parlementaires feraient un « vote d’avenir » pour les générations futures. Les réseaux de collecte et de raccordement d’abonnés Très Haut Débit sont des réseaux structurants mis en oeuvre pour des périodes de l’ordre de 50 ans. Leur pérennité et leur homogénéité sont des points fondamentaux. Les seules règles de la concurrence sont totalement incompatibles avec la mise en oeuvre de tels réseaux dés que l’on sort des grandes villes.

 Persuadé que, à l’instar de vos prédécesseurs qui ont su trouver la solution en 1936 pour résoudre la fracture électrique, vous trouverez en 2009 la formule pour résoudre la fracture numérique, je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Députés, en tous les encouragements des citoyens ruraux.

   Pierre Ygrié  Webs du Gévaudan

   





Aveyron Lozère : les raisons de notre mobilisation !

24 08 2009

La pétition « Très haut débit pour tous » lancée le 9 juillet par les Webs du Gévaudan et AveyronADSL vient de franchir le cap des 4000 signatures(dont 1200 sur Internet). Rappelons Ici notre « demande » et ce qui la justifie

 Nous demandons :

 1 – La création d’infrastructures publiques, neutres et ouvertes à la concurrence :

 -  les infrastructures fixes : tel un « coucou », Internet s’est « logé » jusqu’ici dans un réseau qui n’avait pas été fait pour lui mais pour la voix, le réseau téléphonique en fil de cuivre. Or, ce réseau s’il est encore entretenu là où il est « porteur de business » (Adsl), est de plus en plus laissé à l’abandon ailleurs. Il commence à être remplacé en ville par un réseau en fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH ou Fiber To The Home), le vrai réseau Internet de demain qui autorisera un transport rapide et illimité d’informations.

 les infrastructures mobiles : également indispensables, elles seront d’autant plus performantes que l’ensemble du territoire sera irrigué en fibre optique. La fibre optique sera le support de base du futur réseau LTE (norme dix fois plus rapide que la norme UMTS et vraisemblablement moins « gourmande » en antennes dans les zones peu denses)

  2 – Le financement de ces infrastructures par la loi et l’emprunt

 -   La loi : la « fracture électrique » a été résorbée en son temps par un vote du parlement. Si le parlement n’avait pas voté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification le 31 décembre 1936, les ruraux s’éclaireraient encore à la bougie ! Ce fonds, encore en vigueur aujourd’hui (mais qui le sait ?) est alimenté par une taxe 5 fois supérieure pour les abonnés des 5954 communes urbaines que pour ceux des 30611 communes rurales, un superbe exemple de solidarité nationale ! Pour la fracture numérique le projet de loi prévoit, et nous en réjouissons, des dispositifs de péréquation  régionale mais ces propositions restent timides. Il faut aller beaucoup plus loin avec des dispositifs de péréquation nationale. Les Webs du Gévaudan ne cessent d’affirmer cette « évidence » depuis bientôt 10 ans !

    L’emprunt : il doit porter prioritairement sur des « dépenses d’avenir », en l’occurrence  sur des investissements structurants inscrits dans une démarche de  développement  durable. Le « fibrage » du territoire constitue l’un de ces    investissements.

  3 – La réalisation de projets de FTTH rural sur des territoires proches de dorsales numériques, donc facilement « fibrables ».

 Outre la dorsale de l’agglomération de Rodez et le réseau de France Télécom (et peut-être d’autres ?) une dorsale publique, le long de l’A75, traverse nos deux départements; porte d’entrée physique et numérique des départements du sud du massif central, elle peut devenir une « porte de réflexion » fédérant toutes les énergies des départements voisins pour élaborer un projet commun pour peu que le syndicat mixte numérique A75 prévoie d’intégrer les communautés de communes ! Ce projet,à défaut de donner immédiatement  de la fibre à la maison à tous les lozériens et aveyronnais (FTTH ou Fiber To The Home), pourrait se donner cet au moins comme objectif d’amener la fibre à chaque village et hameau, du FTTH rural en quelque sorte (Fiber To The Hameau ! )

 Nous justifions notre demande par :

 1 – la non prise en compte de besoins actuels de communication dont encore le téléphone portable pour certains (une faiblesse rédhibitoire) et le fameux « triple play » (internet +téléphone +télévision) pour la plupart !

 2 – le développement exponentiel des contenus.

Demain tout sera sur Internet…. y compris les « produits » culturels : plus de K7, de CD, de DVD… les informations véhiculées par le réseau Internet seront 5 fois supérieures en 2012 qu’en 2008 ! 

 3 – l’opportunité de faire de nos territoires des « espaces d’innovation » et de « vrai » développement durable

Nous avons tous à modifier nos comportements individuels et collectifs. La multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions peut contribuer largement à cette « révolution culturelle » !  Les ruraux (on réfléchit mieux à la campagne…) peuvent contribuer largement à cette nécessaire mobilisation du pays tout entier pour « inventer l’avenir ». L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » que seul autorise le très haut débit réduira les transports et, par conséquent des nuisances de tous ordres (économies d’énergie, pertes de temps, pollutions, stress…) et dans tous les domaines. Les perspectives qu’autorise la « télé présence » sont innombrables dans tous les domaines : l’économie (réunions à distance, voyages d’affaires virtuels, travail collaboratif à distance, télétravail à la campagne),  la santé (il vaut mieux faire voyager les informations que les malades).  Dans ce domaine les applications sont multiples : télésurveillance médicale, téléconsultation, télé expertise, téléassistance à domicile, télé médico-social. En matière d’éducation la liste est également longue : classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT), suivi de cours individuels à distance.

 -   La plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son), rapides, fluides et symétriques, ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable.

4 – Le respect d’un principe démocratique : le droit à l’information pour tous … qui s’est déjà traduit, pour les citadins des immeubles neufs par un « droit à la fibre ». Nous aussi, les ruraux, nous voulons du très haut débit !

Signez et faites signer la pétition !

- par Internet : http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php

           – pétition papier téléchargeable sur le site

http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php





Très haut débit pour tous :Yes we can !

15 08 2009

La fracture numérique ne pourra se résoudre que par une loi !

La « fracture électrique »a été résorbée en son temps par un vote du parlement. Si le parlement n’avait pas voté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification le 31 décembre 1936 les ruraux s’éclaireraient encore à la bougie ! Ce fonds,encore en vigueur aujourd’hui (mais qui le sait ?) est alimenté par une taxe 5 fois supérieure pour les abonnés des 5954 communes urbaines que pour ceux des 30611 communes rurales, un superbe exemple de solidarité nationale !

Il en est de même pour le réseau des télécommunications. Si nous voulons qu’un jour le réseau actuel de cuivre, vieillissant et de plus en plus mal entretenu dans certaines localités, soit remplacé par un réseau moderne en fibre optique c’est le moment pour les habitants des territoires « non rentables » de se mobiliser!

2200 personnes ont déjà signé la pétition « très haut débit pour tous »lancée par les Webs du Gévaudan et AveyronADSL .Si nous n’y prenons garde nous n’aurons plus dans quelques années de lignes fixes de télécommunications . Même les parlementaires lozériens ont conscience du danger ; ils ont tous trois signé la pétition ! Un débat parlementaire doit avoir lieu sur la fracture numérique en septembre . IL Y A URGENCE à SE MOBILISER !

Rejoignez nous en cliquant sans modération sur http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php …

et en demandant à tout votre carnet d’adresses de faire de même !

Seule une chaîne de solidarité pour recueillir un maximum de signatures peut déclencher chez nos dirigeants un « réflexe » de solidarité nationale ! Même si certains estiment que ce n’est pas dans l’air du temps nous pouvons,par nos signatures leur montrer qu’ils se trompent !

Le président Obama a, parait-il gagné campagne électorale sur Internet

Pourquoi les élus et citoyens des zones rurales et ceux qui les soutiennent ne gagneraient-ils pas celle du très haut débit rural par le même outil ?





Pétition Très haut débit pour tous !

9 07 2009

 

Signez les deux pétitions « Très Haut Débit pour tous !

 -la pétition “Lozéro Aveyronnaise” 

à l’adresse :

http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php

 -la pétition nationale à l’adresse http://www.treshautdebit.org/ 

 

 Pourquoi des pétitions « Très haut débit pour tous » ?

 -parce qu’il s’agit d’un principe démocratique .Le droit d’accès à l’information via le principal réseau d’informations doit être le même pour tous !

-parce que L’Etat ne peut pas,simultanément,insister,avec raison,sur l’importance du numérique comme principal vecteur de croissance,parler d’aménagement du territoire et de développement durable et refuser à la ruralité l’outil de base du numérique de demain,la fibre optique !

-parce que la fibre n’arrivera pas « naturellement » dans nos maisons .La solidarité nationale doit jouer .Le parlement doit donc voter des dispositifs spécifiques de péréquation et mutualisation des réseaux en faveur du très haut débit en zones rurales

-parce que la demande est forte dans toutes les zones rurales :cf les 442 signatures recueillies par une seule personne en deux journées récemment à Limoges http://websdugevaudan.wordpress.com/2009/06/28/plebiscite-pour-le-haut-debit-aujourd%e2%80%99hui-et-le-tres-haut-debit-demain-dans-les-campagnes/#respond

 Pourquoi une nouvelle pétition alors qu’il en existe déjà une http://www.treshautdebit.org/  ?

 -parce que la pétition existante  (http://www.treshautdebit.org/ ) est une pétition nationale

-parce que cette pétition ,malgré son ancienneté (janvier 2006 )  n’a recueilli que 16343 signatures à la date du 9 juillet 2009 ,ce qui est peu à l’échelle nationale

 Pourquoi signer les deux pétitions ?

 - parce que nos territoires du sud du massif central ((Lozère,Aveyron…) ,traversés aujourd’hui dans le sens nord sud par l’Autoroute A75 et peut-être demain ( ?? ) par un axe Lyon Toulouse (RN 88 à 2×2voies) ont des intérêts communs

-parce que ces territoires ont besoin d’acquérir une « visibilité numérique » qu’ils n’ont pas aujourd’hui

- parce que la signature simultanée de ces deux pétitions permettra aux lozériens et aux aveyronnais de « se montrer »non seulement localement mais nationalement .Pour sa part la Lozère a déjà 343 signatures sur la pétition nationale,ce qui lui donne une « part de marché »de signatures bien supérieur à celle de sa population ! En signant aussi la pétition nationale l’Aveyron et la Lozère se « détacheront »comme étant relativement les départements les plus demandeurs .Il ne restera plus qu’à médiatiser le tout !

A qui est destinée la pétition Lozéro Aveyronnaise ?

1-de façon générale :

-aux parlementaires

-à toutes les collectivités locales :région,département,communautés de communes

2-plus précisément aux élus locaux des départements porteurs de cette pétition via deux associations ,les Webs du Gévaudan pour la Lozère (http://websdugevaudan.wordpress.com/), Aveyron Adsl (http://aveyronadsl.free.fr/ ) pour l’Aveyron et

 3-encore plus concrètement aux élus des communautés de communes voisines de l’A75 pour faire de cette superbe autoroute du sud du massif central une « autoroute du télétravail (http://websdugevaudan.wordpress.com/2009/02/08/l%e2%80%99a75-%c2%ab-autoroute-du-teletravail-%c2%bb/#more-31  ) ! Aujourd’hui porte d’entrée physique  des départements qu’elle traverse elle peut être demain leur porte d’entrée numérique pour peu que les élus des différents départements unissent leurs forces et battissent ensemble un projet territorial de très haut débit

 Le combat pour le très haut débit en Lozère doit être aujourd’hui celui de l’ensemble du monde rural . Les Webs du Gévaudan n’ont de cesse de le répéter tant dans leurs blogs,l’ancien (http://www.lozere-online.com/websdugevaudan/ ) et le nouveau (http://websdugevaudan.wordpress.com/ )

En partenariat avec Aveyron Adsl (http://aveyronadsl.free.fr/)nous pouvons faire bouger les choses et montrer que les citoyens de nos deux départements peuvent non seulement  parler d’une même voix mais être demain les porte drapeaux du monde rural tout entier !

 Alors n’hésitons pas !

C’est ICI : http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php !

Et …..ICI : http://www.treshautdebit.org/  !