la Santé….porte d’entrée du très haut débit en zone rurale !

2 04 2013

Suite à la manifestation annuelle « Télésanté »  organisée par Catel j’ai l’habitude de faire un papier sans prétention .

Dans l’article de 2011 intitulé « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? » j’insistais sur  les espoirs des intervenants et leur conviction inébranlable sur le rôle de la télémédecine dans la « restructuration profonde et rapide de l’offre de soins compte tenu de la modification des besoins de santé (augmentation des maladies chroniques, vieillissement de la population ) » . De l’intervention du représentant de l’Etat j’avais retenu que 2011 serait  l’an 1 de la télémédecine à partir de 3 actions : « un volet télémédecine dans le projet territorial des ARH, l’architecture d’un plan national de télémédecine, des appels à projets pour faire émerger des technologies et des services innovants » . Mais j’avais retenu aussi qu’il faudrait relever de nombreux défis dont deux essentiel à mes yeux

1-Le défi  d’une vision de la future offre de e-santé «  il faudra « faire se causer » entre eux de façon plus régulière les valeureux pionniers qui ont développé ces dernières années de nombreuses expérimentations , il faudra sortir du « saucissonnage » des outils matériels et logiciels pour offrir aux professionnels des outils simples et « communicants »,  il faudra capitaliser les expériences, modéliser et lancer de nouvelles expérimentations sur des technologies matures ( imagerie médicale, prise en compte des AVC….) mais aussi sur d’autres moins matures mais prioritaires (prise en charge des maladies chroniques, …insuffisance cardiaque, diabète etc…) Il faudra vérifier que les prérequis sont lè ( sécurité, dossiers médicaux, infrastructures…).Il faudra que, dans la foulée du positionnement de la télémédecine dans le système de santé par la loi HPST, soit  précisé le cadre règlementaire sur de nombreux plans à commencer par celui de la responsabilité des professionnels et du financement de ces actes d’un nouveau type…Il faudra aussi et peut-être même surtout élaborer les projets avec les personnes directement concernées , les professionnels et les citoyens car « l’erreur est toujours initiale » et si on néglige l’aspect « appropriation par les intéressés » les freins culturels resteront…ce qu’ils sont aujourd’hui !! »

2-Le défi  d’une vision sur le déploiement d’infrastructures de très haut débit. Compte tenu de la liaison étroite entre les usages de la e-santé, dont la plupart restaient (et restent encore aujourd’hui) à inventer et les infrastructures je me demandais quand l’Etat se déciderait  enfin à jouer son rôle d’aménageur du territoire ??  

Dans celui de 2012  « Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé » j’insistais sur  la nécessité de mettre en place des « chaînes collaboratives de santé » et sur l’importance des réseaux en très haut débit comme « fondations » techniques de la future organisation en ligne du système de santé. Je concluais mon papier en insistant sur l’urgence d’une vision globale ! « La télémédecine n’est qu’un outil mais un outil essentiel . Face au « déménagement de territoire » des services publics physiques  elle doit pouvoir rendre de grands services si tant est que l’on se lance enfin, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, dans une politique ambitieuse d’aménagement numérique des territoires ruraux ( 80%de la surface de la France) ! Le développement de la télémédecine est à l’évidence étroitement lié à l’équipent homogène du territoire en très haut débit »

Ma participation le 28 mars à « Télésanté 2013 » a, selon moi, renforcé quatre « nécessités » :

1- la nécessité d’une stratégie nationale  pour la e-santé

2- la nécessité d’une stratégie nationale d’aménagement homogène du territoire en très haut débit

3- la nécessité d’intégrer  la e-santé dans toutes les formations médicales, à commencer par celle du corps infirmier dans les IFSI (Instituts de Formation aux Soins Infirmiers) , l’infirmier(e) étant le premier maillon de la chaine appelé à devenir de plus en plus important dans la perspective du développement du maintien à domicile

4- la nécessité d’une étroite « collaboration terrain » non seulement entre les professionnels de la chaine de santé pour une organisation en ligne du système de soins ( du patient à l’infirmier, le généraliste, le spécialiste, l’hôpital …et les organismes de financement !)  et les collectivités chargées, en zones rurales, de l’aménagement numérique du territoire.

Où en sommes nous de l’avancement vers ces quatre « nécessités » ?

1- Stratégie nationale e-santé ?

Invitée à la journée Télésanté 2013 Marisol Touraine a exposé la stratégie du gouvernement détaillée ICI selon trois axes : 1-’accompagner les professionnels et les établissements de santé (400 millions d’euros alloués sur 5 ans au programme « hôpital numérique » ) : ).2- renforcer la coordination et la coopération des professionnels dans le cadre du parcours de santé ( télémédecine, dossier médical personnel, territoires de soins numériques ) . 3-amélioration les services d’information fournis aux usagers et aux citoyens ( démocratie sanitaire) En concluant son discours la ministre est consciente des difficultés de mise en œuvre ! «le cap ainsi fixé requiert une forte implication de tous les acteurs, professionnels de santé, entreprises et pouvoirs publics…Nous devons dans les prochaines années tenter d’étendre le plus largement possible l’usage des nouvelles technologies à l’ensemble de notre système de santé. Il y a là un gisement que nous sommes résolus à exploiter avec vous ».

2- Stratégie nationale d’aménagement homogène du territoire en très haut débit ?

Dans ce domaine, les choses avancer plus vite. Avec la préparation de » la feuille de route très haut débit un tabou est tombé ( l’extinction du réseau cuivre) mais la ruralité n’est pas sortie de l’auberge  et il n’est toujours pas inutile de rappeler sans cesse quelques évidences  : la saturation des réseaux actuels ,l’égalité d’accès des citoyens en particulier pour les services publics,la nécessité d’avoir les mêmes structures partout pour obtenir une non discrimination dans l’accès à ces services, l’opportunité historique, compte tenu de la spécificité de l’économie de la connaissance ( matière première disponible partout) de créer des emplois sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans les centres urbains etc…

3- la nécessité d’intégrer  la e-santé dans toutes les formations médicales ? Tout reste à faire dans ce domaine et Marisol Touraine aura bien besoin du soutien de tous les citoyens pour que se concrétise ce qui apparait à beaucoup comme une évidence !

4- la nécessité, en zones rurales, d’une étroite  collaboration entre  les professionnels de santé d’un territoire et la ou les collectivités en chage de son aménagement numérique ?

La santé, service « vital » s’il en est, peut-être la porte d’entrée du très hautr débit en zones rurales. Encore faut-il que toutes les parties en aient conscience : les citoyens, les professionnels de santé et les élus locaux !

Les citoyens le pressentent plus ou moins confusément mais sont encore loin d’imaginer ce que pourraient apporter des réseaux de très haut débit dans ce domaine e »n particulier en « autorisant » une téléprésence naturelle instantanée, symétrique et sécurisée .

Les professionnels de santé d’un même territoire  n’ont encore jamais eu l’occasion, à notre connaissance,  de réfléchir ensemble à une vision d’un territoire médical numérique

Quant aux collectivités territoriales elles s’interrogent !

Quand on sait que les projets d’aménagement numérique comportant un volet santé important seront prioritaires ça incite a promouvoir une vraie synergie entre les deux parties: professionnels de santé et élus locaux. .... Profiter d’un environnement porteur ( Stratégie Santé et Feuille de route Tres haut Debit ) pour faire entrer le très haut débit en zone rurale par le secteur santé tel doit être à mon avis le « combat » actuel de tous les ruraux !

Auxillac le 2 avril 2013

Pierre Ygrié





Energie numérique …et transition énergétique !

14 03 2013

En tant que  promoteurs depuis 13 ans du « fibrage » du territoire les Webs du Gévaudan ne pouvaient pas se désintéresser du débat en cours sur la transition énergétique initié par le gouvernement et qui doit aboutir à une proposition de loi sur le sujet à l’automne 2013. En effet le lien entre réseaux de télécommunications et réseaux d’énergie devrait, à mon point de vue, être au centre du débat si je me réfère à ce que disent sur le sujet des personnalités comme  Joël de Rosnay ou Jérémy Rifkin

1-Le « mariage » énergie numérique/énergie électrique !  

Lors d’une conférence à l’Unesco en mars 2012 intitulée « le mariage du numérique et de l’énergétique : vers un Internet de l’énergie » Joël de Rosnay déclarait « l’avenir de l’énergétique repose sur un mariage avec le numérique. Un partage de l’électricité en P2P devient possible, grâce à des smart grids, réseaux de distribution intelligents capable de s’adapter à l’offre de production d’énergies renouvelables et à la demande des entreprises et des consommateurs. Une voie nouvelle s’ouvre vers la démocratie énergétique et l’écomobilité. » Pour Joël de Rosnay « l’avenir reposera sur la combinaison suivante : Les 3E (1 Economies d’énergie 2.Efficacité des moteurs 3 Energies renouvelables ) + le MIX (12 formes d’énergies renouvelables) + la Smart Grid (réseau de distribution d’électricité « intelligent ») permettant une distribution intelligente de l’électricité, l’adaptation à l’offre,  à la demande et l’autorégulation ».Extraits de la conférence sous ce lien

Jérémy Rifkin ne dit pas autre chose lorsqu’il présente les 5 piliers de ce qu’il appelle la troisième révolution industrielle : « 1-le passage aux énergies renouvelables 2-la transformation du parc immobilier en ensemble de microcentrales énergétiques qui collectent sur site des énergies renouvelables.3-le déploiement de la technique de l’hydrogène et d’autres techniques de stockage des énergies intermittentes.4-la transformation des réseaux électriques actuels en réseaux électriques intelligents ou « Smart Grid ».5-le passage des moyens de transport aux véhicules électriques » et il conclut :  « Au XX1ème siècle, des centaines de millions d’être humains vont produire leur propre énergie verte dans leurs maisons, leurs bureaux et leurs usines et la partager entre eux sur des réseaux intelligents d’électricité distribuée, exactement comme ils créent aujourd’hui leur propre information et la partagent sur internet. »  Sous ce lien  un petit extrait de ses conférences donne le ton de son « message » !

L’énergie numérique, au cœur des réseaux électriques de demain, devra aussi être dans chaque foyer. Chacun devra pouvoir s’abonner  à l’énergie numérique dont il aura besoin et modifier son abonnement en fonction de l’évolution de ses besoins. Ces besoins, essentiellement de « consommation » aujourd’hui, évolueront progressivement, au fur et à mesure de l’équipement des foyers en fibre optique, vers des services vitaux (santé, éducation, économie…) lorsque l’on réalisera que la télé présence permettra d’économiser de nombreux déplacements….d’où l’importance, pour ceux qui sont le plus éloignés des services publics, les ruraux, de disposer au plus tôt d’une prise optique à la maison pour « alimenter » un compteur d’énergie numérique . L’énergie numérique doit être au cœur de la démarche vers l’égalité des territoires. C’est une opportunité historique d’accès non discriminatoire aux services publics électroniques et de mettre de l’intelligence non seulement dans les réseaux mais dans tous les territoires ruraux ( 80% de la surface de la France !)

2013 verra donc, si tout va bien, une loi sur le très haut débit et une loi sur la transition énergétique. Pour le point à date sur la feuille de route Très haut débit cf les liens en commentaires du dernier article des Webs « Ruralité Attention danger » !    Quant aux débats sur la transition énergétique force est de constater que sur la centaine de débats programmés en date aucun n’est prévu en Languedoc Roussillon ! Je me permets donc, en toute utopie, de (re) lancer une vieille idée des Webs du Gévaudan : construire ensemble un projet commun autour des territoires de l’A75 !

2- Un champ de réflexion pour les décideurs des territoires de l’A75 ?

Jusqu’ici , en dépit des nombreuses « attentions » dont l’A75 a fait l’objet tant de la part d’associations (La Méridienne, les Perles Vertes, villages étapes etc…) que des collectivités (syndicats  mixtes départementaux, syndicat mixte numérique transversal…) aucune réflexion générale n’a été menée par les décideurs des territoires concernés pour tenter de bâtir ensemble une vision d’avenir. Pour leur part les Webs du Gévaudan, dans une première note de 2008  complétée par une seconde de 2011 ont bien tenté de lancer le débat sur la nécessité d’une approche globale pour équiper en fibre optique les territoires de l’A75 mais il faut bien reconnaitre que ces tentatives ont fait « pschitt » !

La « division » de nos territoires répartis  sur 3 régions et 7 départements ne facilite certes pas une concertation que chacun  ressent comme nécessaire mais que personne ne sait véritablement comment organiser. Pour leur part des acteurs associatifs l’ont compris en menant des actions communes ou des études sur des thèmes précis ( tourisme, zones d’activité etc..) mais, le syndicat mixte numérique A75, seul exemple, à ma connaissance, de collaboration transversale ( à minima) s’est jusqu’ici contenté de faire poser une fibre optique sur l’A75, ce qui n’est déjà pas mal, mais depuis que cette installation a été réalisée, on aurait pu aller beaucoup plus loin si l’ensemble des acteurs s’étaient concertés.

Le pire serait de considérer nos micro territoires comme « fermés » alors qu’ils sont, grâce au lien A75, interdépendants et que de nouveaux défis se présentent aux collectivités territoriales de plus en plus en première ligne pour l’aménagement de leur territoire. Les décideurs de nos territoires ont le plus grand intérêt à aborder ensemble l’énorme sujet de la CONVERGENCE entre les réseaux de télécommunications et tous les secteurs dont celui de l’énergie mais aussi celui du tourisme pour lequel Jean Pierre Jambes vient d’écrire un excellent article que je vous invite à découvrir ICI

Cette vision commune est indispensable ne serai-ce que pour donner un minimum de cohérence aux initiatives spécifiques que les élus  seront amenés à prendre sur leur propre territoire sur des sujets que la plupart, et c’est bien compréhensible, ne maitrisent pas. Pour ce faire il leur faudra transcender des difficultés de tous ordres (administratives -politiques, culturelles.. ) mais la chose ne parait pas infaisable pour peu qu’il y ait un élu pour lancer le mouvement. Nos territoires ont des atouts trop méconnus : autoroute gratuite, nombreux échangeurs, paysages magnifiques, symboles forts tant de la ruralité (Lozère) que de la modernité(viaduc de Millau, Cantal « terre » de télétravail), de la montagne et de la plaine, ressources à proximité ( bois, agriculture, économie numérique grâce à la fibre optique ,soleil !…), emplacement idéal à relative proximité des capitales du Languedoc Roussillon et de l’Auvergne, qualité de vie reconnue par tous etc…..

D’autres territoires commencent à se manifester ICI et LA .

Quel élu d’une localité de l’A75 osera lancer auprès de ses collègues un débat autour du recensement de ces atouts et de leur valorisation au service d’une vision de développement durable des territoires de l’A75 ?? Peut-être la  perspective des élections municipales de 2014 lancera-telle le débat ? Les citoyens des territoires concernés apprécieraient à coup sur que ces sujets soient à minima au cœur de la campagne !!

Auxillac le 14 mars 2013

Pierre Ygrié





Ruralité : Attention danger !

21 02 2013

Pour ceux qui considèrent, avec les Webs du Gévaudan que la ruralité moderne sera  bâtie sur deux piliers, une agriculture à taille humaine respectueuse de l’environnement et l’économie numérique, l’ouverture du salon de l’agriculture d’une part, le séminaire  gouvernemental sur le très haut débit d’autre part sont deux occasions complémentaires pour poser quelques  éléments de réflexion sur l’avenir de la ruralité dont, il n’y a pas si longtemps, Nicolas Sarkozy disait qu’elle était l’avenir de la France !

Pour l’agriculture la PAC est certes « sauvée » puisque le budget global prévu pour la France ne subit qu’un léger recul ( 56,3 milliards d’euros contre 56,9 ) alors que le budget global de l’UE, lui, est en recul pour la première fois ( belle avancée vers une Europe politique !) mais la répartition des  aides ne bénéficie pas fondamentalement à des exploitations à taille humaine et à l’agriculture biologique. Il est temps que nos décideurs prennent en compte non seulement ce que souhaitent les agriculteurs (ils l’ont exprimé récemment à l’occasion des élections aux chambres d’agriculture) mais aussi ce que nous voulons, nous, simples citoyens, concernés au même titre que les agriculteurs par la qualité de notre alimentation et donc par les orientations de la PAC

Comment exprimer nos attentes et Comment le faire savoir ? En écrivant à tous les députés européens dans le cadre de la campagne «  Go M.A.D » (Go Meet A Deputy! / Rencontrez votre député !) d’Agir pour l’environnement si toutefois nous sommes d’accord avec les propositions de cette association détaillées sous ce lien http://gomad.fr/concretement/ .

On trouve facilement les adresses des députés européens sur le site du parlement européen  et, contrairement à ce que l’on pourrait penser, certains répondent ! Je leur ai écrit tout récemment pour leur demander de ne pas voter le budget européen l’état  et j’ai déjà deux réponses : Sylvie Goulard et Alain Lamassoure (Merci de ce message qui nous incite vigoureusement au courage et à l’ambition européenne, cher concitoyen du sud-ouest. C’est bien ainsi qu’il faut poser le débat. ).

On oublie trop souvent que les députés européens, nos représentants naturels en Europe, ont aujourd’hui un vrai pouvoir qu’ils pourront d’autant mieux exercer qu’ils seront soutenus par les citoyens ! «  c’est la première fois en 50 ans, que l’accord définitif sur l’orientation de la PAC doit être obtenu conjointement par le Conseil des Ministres de l’agriculture et les membres du Parlement européen »écrit sur son blog Sylvie Goulard, députée européenne très active auteur par ailleurs, avec Mario Monti du livre « De la démocratie en Europe »

Nous avons besoin de la PAC mais nous devons demander à nos décideurs de la réorienter. N’hesitons pas, simples citoyens, à utiliser les moyens mis à notre disposition !

Quant au numérique je ne ferai pas l’injure aux visiteurs de ce blog de détailler ici  tous les arguments en faveur du remplacement du réseau cuivre par un réseau en fibre optique en commençant par ceux qui en ont le plus besoin, les ruraux ! Je me conterai de rappeler quelques « évidences » : la saturation des réseaux actuels ,l’égalité d’accès des citoyens en particulier pour les services publics,la nécessité d’avoir les mêmes structures partout pour obtenir une non discrimination dans l’accès à ces services, l’opportunité historique, compte tenu de la spécificité de l’économie de la connaissance ( matière première disponible partout) de créer des emplois sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans les centres urbains etc…

La mission très haut débit a fait jusqu’ici du bon travail même si, pour ce qui concerne les zones rurales, les choses sont encore beaucoup trop imprécises, en particulier en matière de financement et de gouvernance. N’empêche, avec l’annonce du remplacement du réseau de cuivre par un réseau en fibre optique un tabou est tombé et le discours du président de la république en Auvergne le 20 février est encourageant. Mais les lobbys, les vrais , pas les ruraux, attaquent…masqués comme d’habitude …Attention danger ! On aura tout vu ! Ce sont les ruraux maintenant que l’on accuse de lobbying ! Comme si la ruralité avait eu jusqu’ici du poids dans les décisions ! un scandale qu’il nous faut dénoncer……et pour couronner le tout, en matière de très haut débit, contrairement aux grandes déclarations , l’Europe suspend ses financements! 

Alors, amis ruraux et citadins "en mal de campagne" le salon de l’agriculture n’est-il pas l’occasion de sortir les fourches ?

Auxillac le 21 février 2013

 Pierre Ygrié




La fin d’un tabou …et le retour de la confiance ?

12 02 2013

 Depuis notre article du 15 décembre 2012 appelant à un plan « VIF » ( Vision Investissement Formation)  le projet de feuille de route sur le très haut débit a été détaillé le 21 janvier. Il confirme la fin d’un tabou: le réseau de cuivre doit être remplacé par un réseau en fibre optique sur tout le territoire ! En apprenant la nouvelle la « bête », qui milite depuis 13 ans pour cet unique objectif a poussé un immense cri de satisfaction ! … Pour autant elle ne baissera pas la garde :  pour ses « compatriotes » en effet ( les ruraux) les choses sont loin d’être claires ! Méfiants par nature ils ne retrouveront la confiance que si des décisions fortes ,en particulier en matière de financement et de gouvernance accompagnent cette annonce courageuse

1-Une annonce courageuse qui doit maintenant être  précisée et officialisée

Le projet de feuille de route est sans ambiguïté : « la fibre est la seule solution capable de répondre à une augmentation continue des besoins en débit » et « Il n’est pas économiquement pertinent, en particulier dans les zones les moins densément   peuplées, de maintenir durablement deux réseaux de communication ».Le remplacement du  cuivre par la fibre est donc acté, y compris pour les zones rurales. Reste maintenant à l’annoncer officiellement sans attendre les résultats de l’expérimentation de France Télécom à Palaiseau, à dater la fin du basculement comme nous le suggérions dans un article du 27septembre 2012 et à l’inscrire dans la loi ! Sur ce dernier point, capital à mes yeux, aucune précision n’est donnée sur la préparation éventuelle d’un projet de loi ! N’empêche le sujet n’est plus tabou alors que, il y a encore quelques mois, oser envisager une telle éventualité vous faisait passer pour un utopiste et un doux rêveur ! et pourtant le simple bon sens aurait dû nous convaincre de quelques « évidences » martelées depuis des années par les Webs du Gévaudan : la saturation des réseauxactuels ,l’égalité d’accèsdes citoyens en particulier pour les services publics,la nécessité d’avoir les mêmes structures partout pour obtenir une non discrimination dans l’accès à ces services, l’opportunité historique, compte tenu de la spécificité de l’économie de la connaissance ( matière première disponible partout) de créer des emplois sur l’ensembledu territoire et pas seulement dans les centres urbains etc…

Pour toutes ces raisons il fallait changer de cap. Le projet de feuille de route indique la bonne direction mais, jusqu’ici du moins, ne balise pas suffisamment le chemin pour redonner une confiance perdue depuis des années par des annonces intempestives voire de fausses informations telles que le « non retard » de la France en très haut débit !

 2- De nouvelles mesures fortes attendues sur des points vitaux dont le financement et la gouvernance 

2-1 : le financement :

Des pistes intéressantes certes « l’Etat mobilisera deux outils financiers pour les investissements des collectivités locales », le premier étant « l’accès aux prêts des fonds d’épargne dans le cadre de la mise à disposition de l’enveloppe de 20 milliards d’euros dégagée par l’augmentation des plafonds de l’épargne réglementée », c’est-à-dire le Livret A, le second « l’alimentation d’un fonds de subventionnement à partir de 2014 pour pérenniser l’accompagnement mis en place par le Fonds pour la société numérique » mais une totale imprécision quant à l’abondement pérenne d’un fonds de péréquation quelle que soit son appellation ! A croire que ce sujet aussi reste tabou, non pas qu’il soit simple à résoudre mais depuis la création du FANT en 2009, en « sollicitant » l’imagination des hauts fonctionnaires et on mettant les parlementaires devant leurs responsabilités on aurait peut-être pu trouver une solution ? Rien de tout cela . Après le vote par le sénat de la loi Pintat instituant le FANT, que l’on avait « oublié » d’alimenter aux dires du sénateur Pierre Hérisson à Ruralitic 2009, oubli qui n’a pas été « réparé » par les députés. lors des débats sur cette loi, pourtant fondamentale (lesquels ont préféré se focaliser sur un sujet électoralement plus porteur, la TNT,)  de nombreuses propositions venues de toutes parts ( associations, CESE, parlementaires -dont celle du député de la Lozère -..) ont été …enterrées ! De multiples solutions peuvent être prises en compte pour définir l’assiette de cet abondement. La plus simple pourrait être le prélèvement à la source avec un petite pourcentage sur toute facture télécom. Ne pas traiter ce problème d’abondement dès l’origine de la feuille de route serait une indication claire pour tous les élus des zones non AMII que, définitivement, le déploiement des infrastructures THD en France part sur une solution à 2 vitesses : les zones favorisées (zones AMII) et les zones délaissées (une large partie de zones non AMII).Tant que la feuille de route aujourd’hui et la loi demain ne règleront pas définitivement ce problème capital la confiance ne reviendra pas de sitôt dans nos campagnes !

2-2 la gouvernance

La solution retenue faite de mix « privé/public » demandera de la part de l’Etat la plus grande vigilance tant pour reconnaitre juridiquement le rôle des collectivités territoriales comme « opérateurs d’opérateurs »que pour piloter l’ensemble du dispositif. Parmi les points qui méritent, selon moi, la plus grande attention, on peut citer :

-la définition des cibles prioritaires : à mon avis les ruraux, ne serait-ce que pour crédibiliser la démarche de l’égalité des territoires. Le numérique offre en effet une opportunité historique de mettre lescitoyens au même niveau, ce qui est impossible pour l’accès aux services publics « physiques » !

- le bon dimensionnement des « tuyaux ». Sans être spécialiste je dirais qu’il faut deux accès distincts aux deux grandes catégories de services : 1- les services de « consommation » ( les plus développés jusqu’ici) 2- les services vitaux qui, pour l’essentiel, restent à inventer  dans de nombreux domaines : santé, éducation, services de proximité etc.

-la qualité des réseaux .dans un papier récent « Maison Fibre France cherche architecte…désespérément !  » j’insistais sur ce point essentiel en posant (et en répondant à) la question « les réseaux en fibre optique devront donc être « top qualité . Est-ce le cas pour les réseaux actuels ? A l’évidence non ! et il ne pouvait pas en être autrement puisqu’il n’y a jamais eu de cahier des charges commun aux constructeurs de réseaux (opérateurs et collectivités) ! c’est un peu comme si, pour construire un immeuble, chacun construisait son appartement à sa façon sans avoir une vision globale de l’immeuble »

-la propriété des infrastructures de génie civil

Etc…..

 La feuille de route prévoit certes des dispositifs de gouvernance intéressants ( Comités locaux d’aménagement numérique » (CLAN) rassemblant les collectivités d’une zone, signature de Conventions de programmation et de suivi des déploiements (CPSD)  entres les opérateurs privés, les collectivités et l’Etat) mais elle ne va pas, selon moi, au bout de la logique qui voudrait, comme le propose la FNCCR , que soit créée une AGENCE NATIONALE co-pilotée par l’Etat et les Collectivités Territoriales. Véritable pilote de l’avion du très haut débit cette agence devrait avoir des pouvoirs étendus dans tous les domaines ( élaboration des standards,coordination, contrôle, financements…) et apporter aux collectivités locales l’ingénierie dont elles sont, pour la plupart, dramatiquement dépourvues

Lors du congrès de la FNCCR du 12 décembre Antoine Darodes, directeur de la mission très haut débit, déclarait « il y a aujourd’hui de la fumée dans la fusée, dans les prochains jours il y aura des lueurs …et elle décollera au printemps ». Le printemps sera bientôt là ….un printemps d’une année « lumineuse » ? 

Auxillac le 12  février 2013

Pierre Ygrié





Bonne année « lumineuse » !

2 01 2013

Pour « éclairer » la grisaille ambiante et dans l’espoir que 2013 fera date dans l’aménagement numérique du territoire

Les Webs du Gévaudan  vous souhaitent une année « lumineuse » !

 La fibre optique , élément de solution aux problèmes de demain mais aussi d’aujourd’hui

Demain

« Un homme politique pense à la prochaine élection, un homme d’Etat à la prochaine génération » .Puissent nos dirigeants avoir en mémoire cette pensée d’Alcide de Gasperi, président du conseil italien d’après-guerre, au moment d’établir la feuille de route du très haut débit !

Les nouvelles générations vivront nécessairement dans un monde où l’énergie devra etre produite différemment La question de la transition énergétique , que l’on repousse tous plus ou moins consciemment car l’on pressent qu’elle va remettre en cause nos comportements de consommateurs inconscients  se pose donc dés maintenant à nos gouvernants . Elle est au centre des préoccupations de ceux qui pensent l’avenir comme Jérémy Rifkins , Michel Serres et bien d’autres. Tous militent pour le supplément d’intelligence qu’apporte le numérique…principale raison pour laquelle nous militons ici depuis toujours pour des « campagnes intelligentes »

Ce supplément d’intelligence concerne potentiellement tous les individus, tous les objets ( 20 à 50 milliards d’objets connectés en 2020 !) et , bien entendu, les réseaux d’énergie au sens large. Pour ce qui le concerne Jérémy Rifkin promeut la « troisième révolution industrielle » comme seule solution possible à la crise énergétique et économique. Elle est fondée sur une production d’énergie non plus « centralisée », mais « distribuée », l’énergie circulant dans le réseau de manière « intelligente », un peu comme l’information circule dans l’Internet.  La construction de réseaux intelligentsdoit donc être au centre des préoccupations de nos dirigeants et cette construction est nécessairement basée sur la fibre optique, seul support susceptible de procurer à chaque foyer l’« énergie numérique » dont il aura besoin et à laquelle il s’abonnera en fonction de l’évolution de ses besoins. Le« bon débit », serpent de mer qui semble refaire surface est donc une question à se poser en termes d’usages et non de puissance des tuyaux ! Le bon débit est celui dont j’ai besoin aujourd’hui qui ne sera surement pas le même que celui dont j’aurai besoin demain et après demain. Le « tuyau » devra être dimensionné pour me procurer le débit dont j’aurai besoin en fonction de l’évolution de mes besoins , point final ! Exit donc la puissance du débit à fournir par les tuyaux qui doit donc être par définition potentiellement illimitée donc supportée par de la fibre optique !  Pour Jérémy Rifkin «On a démocratisé l’information, on peut démocratiser l’énergie aujourd’hui avec l’internet ». L’«énergie numérique »est à notre porte. Sachons la « capter » !!

En réponse aux vœux Webs du Gévaudan le sénateur René Trégouet m’écrivait tout récemment «  Quand nos gouvernants comprendront-ils clairement que le FTTH est aussi important pour chaque français qu’ont pu l’être en leur temps l’arrivée de l’électricité et de l’eau au robinet dans toutes les maisons de France » CQFD !.

Aujourd’hui

Laissons la parole à René Trégouet « Alors qu’en 2013, l’emploi va être la préoccupation essentielle de tous nos concitoyens, pourquoi collectivement n’avons-nous pas encore pris conscience que le très haut débit est le plus grand accélérateur de créations d’emplois.
D’autres pays l’ont très bien compris et systématiquement irrigue l’ensemble de leurs territoires de fibre optique qui relie puissamment tous leurs habitants, même les plus isolés, au reste du Monde.
Mois après mois, année après année, nous apprenons que la France dévisse dans de nombreux secteurs de l’activité humaine, non seulement en économie mais aussi dans l’accès au savoir, l’innovation, la recherche.
Et jamais nous n’entendons l’un de nos responsables dire que ce recul est lié au fait que nous avons pris beaucoup trop de retard dans la connexion de chacun au très haut débit…
Mon plus grand vœu pour 2013 est qu’un nombre de plus en plus grand de français prennent conscience que cette connexion, à très haut débit, est pour nous tous, et surtout nos enfants, la meilleure façon de préparer l’avenir.
 » Ce point de vue m’était confirmé par Jacques Attali lui même «Oui ! Vous avez raison. Ces connexions sont des enjeux essentiels »…des  encouragements, parmi d’autres, à poursuivre notre combat !

La  péréquation facteur déterminant pour amener la fibre optique dans les foyers ruraux

Les Webs du Gévaudan militent depuis 12 ans pour une égalité d’accès des ruraux à l’économie de la connaissance que seules des infrastructures de très haut débit peuvent rendre possible

-En 2006, au salon Odébit les Webs du Gévaudan , soucieux d’équité territoriale, suggéraient au ministre de l’époque de créer un système de péréquation pour un aménagement numérique équilibré, demande réitérée à plusieurs reprises comme ICI en février 2008 ; 5 ans plus tard ils s’étaient "installés" dans la rue des Webs de leur village pour adresser leurs vœux- En 2012 ils renouvelaient ces vœux en suggérant de voter…pour la fibre !
Pour 2013, ils demandent au gouvernement de proposer au parlement un projet de loi audacieux qui rende enfin possible l’équité territoriale et au parlement de le voter pour permettre à nos campagnes de participer à la démarche d’innovation de notre pays et de jeter les bases de réseaux intelligents nécessaires à l’indispensable troisième révolution industrielle 

« Ce n’est pas une crise c’est un changement de monde »écrivait tout récemment Michel Serres

Puissions nous, en ce début d’année, prendre conscience de cette « évidence » !

Auxillac le 1er janvier 2013

Pierre Ygrié





Très haut débit : un plan « V.I.F » ?

15 12 2012

Le remplacement du réseau cuivre  par un réseau optique a toujours été une évidence pour quelques initiés. Cette évidence sera-t-elle bientôt partagée par tous ? OUI si les premières indications données par Fleur Pellerin et Antoine Darodes sur la feuille de route THD débouchent sur un plan d’action gouvernemental clarifiant une fois pour toutes la Vision à dix ans et les deux grands moyens pour la traduire en actes, l’Investissementet son financement et la Formation .

Les travaux de la mission très haut débit créée récemment par le gouvernement ont déjà permis de clarifier les choses. Son directeur, Antoine Darodes de Tailly, comparant le défi à relever au voyage sur la lune, ne déclarait-il pas lors du congrès de la FNCCR du 12 décembre « il y a aujourd’hui de la fumée dans la fusée, dans les prochains jours il y aura des lueurs …et elle décollera au printemps » ! En clair concertation dès la semaine prochaine, adoption à l’issue du séminaire gouvernemental fin février…. et projet de loi au printemps !  Selon les premières orientations les collectivités territoriales auront un rôle déterminant à jouer dans la mise en place du très haut débit sur leurs territoires. Elles ont donc le plus grand intérêt à s’y préparer dès maintenant.

Tout laisse à penser que ce plan sera « VIF »bien qu’il reste à date beaucoup de questions en suspens !

V ision !

La fibre optique pour tous dans 10 ans ? Pourquoi ce rêve « impossible » hier, ne se concrétiserait-il pas demain ? « L’orientation du gouvernement doit être non équivoque et le calendrier précis »déclare Antoine Darodes, qui ajoute « si l’on veut le FTTH pour tous il faudra poser la question de l’extinction du réseau cuivre au début de la prochaine décennie ». Un tabou est tombé !  Si le gouvernement acte ce cap , les Webs du Gévaudan auront la réponse à la question qu’ils se posaient sur le sujet encore tout récemment !

Mais si , pour Antoine Darodes, « cette clarté de l’objectif fera gagner du temps et de l’argent » les choses sont loin d’être simples . Se posent en particulier deux problèmes : le fonctionnement des services aujourd’hui portés par le cuivre ( téléphone, internet mais aussi services de santé, éducation etc…) et qui fonctionnent même en cas de coupure d’électricité, ce qui n’est pas le cas avec la fibre, et la valorisation du réseau cuivre pour dédommager France Télécom. La réponse à ces problèmes dépend de la qualité du dialogue avec l’opérateur historique…dont l’Etat, actionnaire important, pourrait, à l’occasion, reprendre l’argumentation de Philippe Leroy, sénateur UMP de la Moselle ! « … Evidemment, le réseau cuivre, ça a de la valeur. Mais ceux qui exploitent les réseaux actuels ne les ont pas payés trop cher, puisqu’on les leur a donnés ! Il faut trouver des solutions juridiques, mais il ne faut pas qu’ils viennent nous raconter qu’ils ont investi beaucoup d’argent dans le fil de cuivre ». La prise de conscience que déclencherait une décision politique forte faciliterait certainement les « négociations » avec l’opérateur historique !

L’importance de l’enjeu a été soulignée par tous les participants au congrès FNCCR . Pour Gérard Fauveau  du réseau Pau Pyrénées qui n’a encore que 12000 abonnés FTTH pour 55000 prises installées « le FTTH ne décollera qu’à la condition que l’Etat arrête une date de fin de vie du réseau cuivre, l’une des principales conditions à l’apparition de nouveaux usages ». Mais quand Fleur Pellerin , consciente du problème , annonce que les modalités et le calendrier d’une extinction progressive du réseau cuivre seront précisés après l’expérience de 18 mois à Palaiseau,  Pascal Sokoloff, directeur de la FNCCR , répond « Trop tard, trop restreint, les expérimentations ne doivent pas être limitées à Palaiseau » ! Et comme Fleur Pellerin elle-même estime que « les zones rurales les plus enclavées devront bénéficier du très haut débit pour profiter à plein de l’existence de services distants »je suggère qu’une expérimentation « rurale » soit faite à La Canourgue, en Lozère, siège des Webs du Gévaudan et d’entreprises innovantes telles que Bienmanger.com,  village symbole du « mariage » du terroir et de l’internet alors qu’il est connu par ailleurs pour sa célèbre foire aux célibataires ! Outre les retombées économiques une telle expérimentation permettrait de tester un indicateur d’égalité des territoires, le juste accès aux services publics électroniques !

Tout doit être fait pour accélérer la construction d’un réseau optique permettant à chaque foyer de s’abonner à l’ « énergie numérique » comme il s’abonne aujourd’hui à l’énergie électrique . La base FTTH installée est aujourd’hui trop faible pour que les créateurs de nouveaux services, potentiellement nombreux dans notre pays, soient prêts à se lancer dans l’aventure.La construction des « fondations » de la future France numérique n’en est qu’aux balbutiements ! La France numérique de demain ressemble à un immeuble dont le nombre d’étages et d’appartements (usages) est inconnu et …infini ! Les fondations d’un tel immeuble doivent donc être très solides ! et sa construction est urgente pour la croissance et pour l’emploi ! Outre les nombreux emplois de services induits n’oublions pas en effet que, pour la seule construction du réseau, 80% des couts sont de la main d’œuvre non délocalisable !

 I nvestissement !

Pour Philippe Leroy, dont le département, la Moselle, est l’un des pionniers en matière de RIP « Quand on voit le nombre d’emplois créés, la richesse créé, les usages révélés, la nouvelle chance que ça constitue pour les zones rurales, ce n’est rien du tout l’investissement dans la fibre. Il faut se battre pour dire que c’est formidable et que ce n’est pas cher."Ces constats étant avérés comment se fait-il dès lors que les choses avancent aussi lentement ?

Un état des lieux préoccupant :

Chez les opérateurs privés :  Alors que l’atteinte en 10 ans de l’objectif fixé supposerait un investissement annuel de 2 à 3 milliards d’euros l’investissement actuel ne dépasse pas 500 millions d’euros selon Stéphane Lelux , président de Tactis. Les opérateurs s’étaient pourtant engagés à investir près de 15 milliards répartis en 7 milliards sur les zones AMI (Appel à Manifestation d’Intentions – zones denses-) et 7 à 8 milliards ailleurs où ils étaient prêts, semble-t-il, à prendre à leur compte 400 à 500 euros par prise soit, sur la base de 17 millions de prises,  7 à 8 milliards , le reste étant à la charge des collectivités territoriales. La non contractualisation de ces engagements est la principale raison explicative de ces « écarts » mais ce n’est pas la seule !: il faut y ajouter un manque de visibilité , donc de confiance dans des investissements fibre (v/s rentabilité avérée de la  « vache à lait » cuivre !), fragmentation du marché (trop d’opérateurs ?), perte de marges….

Chez les opérateurs publics (collectivités locales): manque de moyens, hétérogénéité des situations territoriales, tant sur le plan des moyens que du niveau  d’implication : certains territoires « échappent » encore aux SDAN et même pour ceux qui en ont bénéficié on peut dans certains cas se poser la question de leur pertinence , l’objectif de ces SDAN n’ayant jamais été jusqu’ici, du moins pour les territoires ruraux, le FTTH pour tous !

Le financement et la sécurisation des (nécessaires) investissements publics et privés, clés de voute de la réussite du plan

-Annonce d’un objectif clair et daté indiquant pour la 1ere fois et sans ambiguïté le cap : l’extinction du cuivre et le FTTH pour tous en 10 ans

-Collaboration public/privé matérialisée par la contractualisation : il s’agirait de contrats tripartites entre l’Etat, les collectivités territoriales et les opérateurs pour garantir les investissements et le calendrier. Pour Antoine Darodes « Un contrat dans lequel un seul s’engage est un mauvais contrat. ». Ces contrats matérialiseraient des partenariats plus exigeants avec des engagements clairs aussi bien pour les opérateurs que pour les collectivités territoriales et  porteraient sur tout le territoire, zones AMI comprises. L’Etat aurait un rôle  de -stratège d’arbitre et de tiers de confiance dans le cadre de conventions de déploiement entre opérateurs privés et collectivités territoriales…. chef d’orchestre, guide, partenaire et arbitre ? un équilibre pas facile à trouver ! d’où l’idée de créer un "observatoire national" en charge du contrôle du déploiement.

-Péréquation : Le principe est acté par Fleur Pellerin ( « Il faut une péréquation pour réduire la fracture numérique ») L’outil existe (FANT) depuis 2009 mais c’est une coquille vide . Cela étant de nombreux problèmes restent en suspens, à commencer par la fixation du périmètre de la péréquation : le département ? la région ? la nation ? Je suis personnellement favorable à la proposition de la FNCCR qui milite pour que le FANT soit géré par une agence nationale « Il faut un dispositif pérenne qui donne une visibilité aux investisseurs publics et privés très rapidement » estime son directeur Pascal Sokoloff. Et même si cette proposition n’était pas retenue, ce que je ne souhaite pas,  et que la solution « département », qui parait tenir la corde actuellement, devienne la « règle », l’exception à cette règle pourrait être la Lozère, département atypique tant sur le plan de la population (76000 habitants) que de son appartenance administrative (région Languedoc Roussillon)

Reste le nœud du problème, le financement . Sous réserve de communiquer très largement ( cause nationale ?) la clarification de l’objectif et des modalités de déploiement permettrait de démontrer les énormes avantages pour tous les Français de construire les réseau de télécommunications du 21 ème siècle et d’attirer les investisseurs, à commencer par les épargnants ( le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé depuis 1983 !). Dés lors l’appel à l’emprunt tant par les opérateurs que par les collectivités territoriales serait largement facilité !

F ormation

Le mot « Formation » recouvre ici deux choses différentes

La communication: L’appropriation du plan par tous les citoyens est un élément essentiel de sa réussite . Elle devra être faite tant au niveau national qu’au niveau local par les services de l’Etat sous des formes diverses et complémentaires : presse, réunions décentralisées etc…Pour l’invention de nouveaux usages la généralisation de réunions décentralisées participatives où les gens seraient invités à "apporter leurs idées" est un outil à privilégier ! La construction des nouveaux mondes numériques ne peut pas se faire sans les « habitants » de ces nouveaux mondes que nous sommes tous !

La formation proprement dite :

Vaste chantier qui englobe tant la formation des équipes des opérateurs privés et publics que celle des services décentralisés de l’Etat . L’ingénierie numérique doit irriguer tous les partenaires sur l’ensemble du territoire

En conclusion, depuis le 25 aout, date à laquelle j’avais écrit un papier « Très haut débit Alerte rouge »les choses ont indiscutablement avancé dans le bon sens. Il me reste néanmoins quelques inquiétudes inquiétudes …et une suggestion

Inquiétudes sur : -la qualité et l’hétérogénéité des réseaux déjà construits, la qualité et la nécessaire homogénéité des réseaux à construire ; le bon dimensionnement du fibrage de chaque foyer ; la pertinence, pour construire un réseau public activé, de la concurrence par les infrastructures lorsqu’on sait  qu’elle augmente sensiblement les couts de déploiement ;  la stratégie européenne et sur l’opportunité pour la France de la faire évoluer à l’occasion de son nouveau plan Très haut débit ? …et bien d’autres qu’il serait trop long de détailler !

Suggestion : Clarifier la présentation de la feuille de route en séparant  deux sujets certes liés mais indépendants et justiciables de traitements différents :1 -un plan de rattrapage haut débit pour procurer à chaque français , victime de la fracture numérique un débit correct en prenant soin que les investissements réalisés pour ce plan ne pénalisent pas le développement du plan très haut débit- 2-un plan national très haut débit pour anticiper le "gouffre numérique" (FO/Adsl)et installer un "service public de très haut débit".

La préparation de la feuille de route gouvernementale est bien engagée. N’hésitons pas, tant qu’il en est encore temps, à faire connaitre notre point de vue !

Auxillac le 15 décembre 2012

Pierre Ygrié





« Maison Fibre France » cherche architecte….désespérément ! !

13 10 2012

1-l’urgence de décider la construction d’un réseau fibre

-un réseau vital : Avec l’évolution exponentielle des contenus la question n’est plus de savoir s’il faut remplacer rapidement le réseau cuivre par un réseau optique mais quand et comment ? Ces deux questions restent « pendantes » tant que nous ne connaîtrons pas précisément la feuille de route gouvernementale dont l’annonce est prévue pour février 2013. Certaines orientations sont encourageantes ( pilotage par le gouvernement de la couverture intégrale de la France en très haut débit ) d’autres nous laissent perplexes ( vrai très haut débit ou faux très haut débit ?) !!

-un réseau dont la construction ne dépend que de décisions politiques fortes !

Les raisons « pour ne pas faire »sont nombreuses : du « réseau de cuivre suffisant » au « mur d’investissement fibre » on trouve toute la gamme des « c’est irréaliste, on n’en a pas besoin, avec la crise on ne peut pas se le permettre,  etc…). Les vrais experts ont tôt fait de balayer ces mots qui tuent et prouvent, point par point, que c’est possible y compris financièrement (le taux d’épargne n’a jamais été aussi élevé en France depuis 20 ans !). l’exemple du téléphone n’est pas inintéressant : inventé en 1880 il équipait seulement 10%des foyers en 1960. Un ministre des télécoms de l’époque ne disait-il d’ailleurs pas « le téléphone est un luxe dont les Français peuvent se passer » ? Un peu plus tard, dans la seconde moitié des années 1970, grâce à des décisions politiques fortes on est passé de 6 millions de prises à plus de 20 millions en 6 ans !!

Les ruraux, qui saluent par ailleurs les efforts du gouvernement, sont très inquiets lorsqu’ils croient percevoir, entre les lignes, même si ce n’est pas dit aussi « brutalement » que « la fibre serait un luxe dont les ruraux pourraient se passer »  !!

Il est temps d’appeler un chat un chat et les réseaux en très haut débit des réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné pour les réseaux fixes (FTTH) et jusqu’aux pylônes pour les réseaux mobiles…et de prendre les décisions qui s’imposent pour construire des réseaux de qualité supports de la société du 21ème siècle !

2-Attention à la qualité !

-les réseaux en fibre optique seront le passage obligé de tous les services fixes et mobiles, privés et publics, existants et surtout futurs. Pour les services publics par exemple ils constituent une opportunité historique d’égalité de traitement entre tous les citoyens, ce qui n’a jamais été le cas (et ne le sera jamais) pour les services « physiques » . Cette égalité de traitement dans l’accès aux services publics sera d’autant plus sensible qu’il s’agira de services vitaux ( santé, éducation, économie..) et pas seulement de services de confort ( télévision 3 D etc…)

- les réseaux en fibre optique devront donc être « top qualité ».Est-ce le cas pour les réseaux actuels ? A l’évidence non ! et il ne pouvait pas en être autrement puisqu’il n’y a jamais eu de cahier des charges commun aux constructeurs de réseaux (opérateurs et collectivités) ! c’est un peu comme si, pour construire un immeuble, chacun construisait son appartement à sa façon sans avoir une vision globale de l’immeuble! L’Arcep elle même en est tout à fait consciente lorsqu’elle écrit « il apparaît indispensable que l’ensemble des acteurs impliqués partagent certains référentiels techniques communs afin notamment de garantir une parfaite interopérabilité des différents réseaux ». Du simple bon sens direz vous mais le bon sens est-il le fil conducteur de l’aménagement numérique du territoire ? Sans jouer les oiseaux de mauvaise augure on ne peut pas exclure l’éventualité de reprise de déploiements de réseaux actuels pour les mettre en conformité avec un cahier des charges…à inventer !  L’expérimentation de Palaiseau apportera–t-elle de nouveaux éléments sur ce sujet essentiel ?

3-l’urgence de mettre un pilote dans l’avion du très haut débit….et un architecte dans la maison !

Y-a-t-il un pilote dans l’avion du très haut débit ? Nous posions déjà cette question dans un « papier » du 1er avril 2011 en y associant d’ailleurs l’un des principaux usages de très haut débit, la télé santé. Il est plus que temps de la reposer et d’y apporter les réponses qui conviennent : un pilotage par la puissance publique ( nationale et locale ) et un déploiement concomitant villes/campagnes sur la base de référentiels techniques communs .

Il est plus que temps de prendre dans ce domaine clé des initiatives pérennes d’aménagement du territoire au sens que lui donnait Eugène Claudius Petit en 1950 « L’aménagement du territoire c’est la recherche, dans le cadre géographique de la France, d’une meilleure répartition des hommes en fonction des ressources naturelles et de l’activité économique » Aménager le territoire en fonction de ses ressources naturelles? Que voilà une bonne définition ! Or l’information, matière première de l’économie de la connaissance, est la seule ressource naturelle présente partout …à condition qu’il n’y ait pas de discontinuité dans sa chaîne de transport, laquelle doit pouvoir irriguer l’ensemble du territoire à l’instar de la circulation sanguine dans le corps humain c’est-à-dire de façon homogène et sans goulot d’étranglement !

Auxillac le 13 octobre 2012

Pierre Ygrié








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