Suite à la manifestation annuelle « Télésanté » organisée par Catel j’ai l’habitude de faire un papier sans prétention .
Dans l’article de 2011 intitulé « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? » j’insistais sur les espoirs des intervenants et leur conviction inébranlable sur le rôle de la télémédecine dans la « restructuration profonde et rapide de l’offre de soins compte tenu de la modification des besoins de santé (augmentation des maladies chroniques, vieillissement de la population ) » . De l’intervention du représentant de l’Etat j’avais retenu que 2011 serait l’an 1 de la télémédecine à partir de 3 actions : « un volet télémédecine dans le projet territorial des ARH, l’architecture d’un plan national de télémédecine, des appels à projets pour faire émerger des technologies et des services innovants » . Mais j’avais retenu aussi qu’il faudrait relever de nombreux défis dont deux essentiel à mes yeux
1-Le défi d’une vision de la future offre de e-santé « il faudra « faire se causer » entre eux de façon plus régulière les valeureux pionniers qui ont développé ces dernières années de nombreuses expérimentations , il faudra sortir du « saucissonnage » des outils matériels et logiciels pour offrir aux professionnels des outils simples et « communicants », il faudra capitaliser les expériences, modéliser et lancer de nouvelles expérimentations sur des technologies matures ( imagerie médicale, prise en compte des AVC….) mais aussi sur d’autres moins matures mais prioritaires (prise en charge des maladies chroniques, …insuffisance cardiaque, diabète etc…) Il faudra vérifier que les prérequis sont lè ( sécurité, dossiers médicaux, infrastructures…).Il faudra que, dans la foulée du positionnement de la télémédecine dans le système de santé par la loi HPST, soit précisé le cadre règlementaire sur de nombreux plans à commencer par celui de la responsabilité des professionnels et du financement de ces actes d’un nouveau type…Il faudra aussi et peut-être même surtout élaborer les projets avec les personnes directement concernées , les professionnels et les citoyens car « l’erreur est toujours initiale » et si on néglige l’aspect « appropriation par les intéressés » les freins culturels resteront…ce qu’ils sont aujourd’hui !! »
2-Le défi d’une vision sur le déploiement d’infrastructures de très haut débit. Compte tenu de la liaison étroite entre les usages de la e-santé, dont la plupart restaient (et restent encore aujourd’hui) à inventer et les infrastructures je me demandais quand l’Etat se déciderait enfin à jouer son rôle d’aménageur du territoire ??
Dans celui de 2012 « Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé » j’insistais sur la nécessité de mettre en place des « chaînes collaboratives de santé » et sur l’importance des réseaux en très haut débit comme « fondations » techniques de la future organisation en ligne du système de santé. Je concluais mon papier en insistant sur l’urgence d’une vision globale ! « La télémédecine n’est qu’un outil mais un outil essentiel . Face au « déménagement de territoire » des services publics physiques elle doit pouvoir rendre de grands services si tant est que l’on se lance enfin, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, dans une politique ambitieuse d’aménagement numérique des territoires ruraux ( 80%de la surface de la France) ! Le développement de la télémédecine est à l’évidence étroitement lié à l’équipent homogène du territoire en très haut débit »
Ma participation le 28 mars à « Télésanté 2013 » a, selon moi, renforcé quatre « nécessités » :
1- la nécessité d’une stratégie nationale pour la e-santé
2- la nécessité d’une stratégie nationale d’aménagement homogène du territoire en très haut débit
3- la nécessité d’intégrer la e-santé dans toutes les formations médicales, à commencer par celle du corps infirmier dans les IFSI (Instituts de Formation aux Soins Infirmiers) , l’infirmier(e) étant le premier maillon de la chaine appelé à devenir de plus en plus important dans la perspective du développement du maintien à domicile
4- la nécessité d’une étroite « collaboration terrain » non seulement entre les professionnels de la chaine de santé pour une organisation en ligne du système de soins ( du patient à l’infirmier, le généraliste, le spécialiste, l’hôpital …et les organismes de financement !) et les collectivités chargées, en zones rurales, de l’aménagement numérique du territoire.
Où en sommes nous de l’avancement vers ces quatre « nécessités » ?
1- Stratégie nationale e-santé ?
Invitée à la journée Télésanté 2013 Marisol Touraine a exposé la stratégie du gouvernement détaillée ICI selon trois axes : 1-’accompagner les professionnels et les établissements de santé (400 millions d’euros alloués sur 5 ans au programme « hôpital numérique » ) : ).2- renforcer la coordination et la coopération des professionnels dans le cadre du parcours de santé ( télémédecine, dossier médical personnel, territoires de soins numériques ) . 3-amélioration les services d’information fournis aux usagers et aux citoyens ( démocratie sanitaire) En concluant son discours la ministre est consciente des difficultés de mise en œuvre ! «le cap ainsi fixé requiert une forte implication de tous les acteurs, professionnels de santé, entreprises et pouvoirs publics…Nous devons dans les prochaines années tenter d’étendre le plus largement possible l’usage des nouvelles technologies à l’ensemble de notre système de santé. Il y a là un gisement que nous sommes résolus à exploiter avec vous ».
2- Stratégie nationale d’aménagement homogène du territoire en très haut débit ?
Dans ce domaine, les choses avancer plus vite. Avec la préparation de » la feuille de route très haut débit un tabou est tombé ( l’extinction du réseau cuivre) mais la ruralité n’est pas sortie de l’auberge et il n’est toujours pas inutile de rappeler sans cesse quelques évidences : la saturation des réseaux actuels ,l’égalité d’accès des citoyens en particulier pour les services publics,la nécessité d’avoir les mêmes structures partout pour obtenir une non discrimination dans l’accès à ces services, l’opportunité historique, compte tenu de la spécificité de l’économie de la connaissance ( matière première disponible partout) de créer des emplois sur l’ensemble du territoire et pas seulement dans les centres urbains etc…
3- la nécessité d’intégrer la e-santé dans toutes les formations médicales ? Tout reste à faire dans ce domaine et Marisol Touraine aura bien besoin du soutien de tous les citoyens pour que se concrétise ce qui apparait à beaucoup comme une évidence !
4- la nécessité, en zones rurales, d’une étroite collaboration entre les professionnels de santé d’un territoire et la ou les collectivités en chage de son aménagement numérique ?
La santé, service « vital » s’il en est, peut-être la porte d’entrée du très hautr débit en zones rurales. Encore faut-il que toutes les parties en aient conscience : les citoyens, les professionnels de santé et les élus locaux !
Les citoyens le pressentent plus ou moins confusément mais sont encore loin d’imaginer ce que pourraient apporter des réseaux de très haut débit dans ce domaine e »n particulier en « autorisant » une téléprésence naturelle instantanée, symétrique et sécurisée .
Les professionnels de santé d’un même territoire n’ont encore jamais eu l’occasion, à notre connaissance, de réfléchir ensemble à une vision d’un territoire médical numérique
Quant aux collectivités territoriales elles s’interrogent !
Quand on sait que les projets d’aménagement numérique comportant un volet santé important seront prioritaires ça incite a promouvoir une vraie synergie entre les deux parties: professionnels de santé et élus locaux. .... Profiter d’un environnement porteur ( Stratégie Santé et Feuille de route Tres haut Debit ) pour faire entrer le très haut débit en zone rurale par le secteur santé tel doit être à mon avis le « combat » actuel de tous les ruraux !
Auxillac le 2 avril 2013
Pierre Ygrié


Ils ont dit…