Dans la « république numérique » seule la loi garantira l’égalité des citoyens

25 06 2015

Nous écrivions il y a un an «   La « grande loi numérique » présentée comme une mesure phare de la feuille de route gouvernementale dédiée au numérique du 28 février 2013, prévue pour fin 2013 puis début 2014 au plus tard, puis repoussée à 2015 et même quasiment enterrée selon certaines rumeurs, vient de refaire surface !. Il est même prévu une concertation avant sa présentation sur le bureau de l’assemblée en 2015  »

La concertation est apparemment terminée depuis la remise au gouvernement du rapport du conseil national du numérique  . Le projet de loi ne devrait donc plus tarder (?).

Si les ruraux ont encore quelque chose à dire c’est le moment !

Je terminais un papier récent « Ambition numérique ! pour qui ? » par un coup de chapeau au travail gigantesque élaboré par les bénévoles du conseil national du numérique mais aussi par un regret : la faiblesse de la part consacrée aux infrastructures « comme si ce problème, essentiel en zones rurales, était « derrière nous », comme s’il avait déjà été réglé, comme si tous les français étaient égaux sur la ligne de départ , comme si tous étaient équipés du réseau du 21 eme siècle, un RESEAU OPTIQUE ! »

Il est certes écrit dans le rapport « Le CNNum souscrit à l’objectif affiché par le Gouvernement (100 % des foyers accédant au très haut débit fixe en 2022 et 50 % en 2017 » mais on a oublié de définir ce qu’est le très haut débit !

Les gouvernements successifs ont toujours entretenu l’ambiguïté sur la définition du très haut débit que le sénateur Hervé Maurey avait pourtant « actée» sans ambiguïté il y a près de 5 ans  « La fibre optique est « la » technologie du très haut débit ..aucune solution alternative à la fibre n’apportera une qualité de service comparable. Il convient de le mentionner explicitement pour éviter toute ambiguïté » (Sénateur Maurey dans son rapport remis au gouvernement en octobre 2010) »

La France numérique de demain est un « immeuble » dont les étages sont les usages . La plupart de ces usages restent à inventer ! Personne aujourd’hui ne peut donc dire ce que seront ces usagesn . Persone ne connait le nombre d’étages  de l’immeuble ! Ses « fondations » doivent donc etre très résistantes, donc en fibre optique ! L’erreur est toujours « initiale », n’oublions pas cette « évidence » !

La stratégie gouvernementale actuelle, en dépit de nombreux aspects positifs, conduit inévitablement à une nouvelle fracture numérique entre les « fibrés » et les « non fibrés ». Pour ne prendre que l’exemple de la Lozère, le plan actuel, qui a déjà le mérite d’exister, prévoit certes de fibrer la majorité de la population mais il ne porte que sur 20 à 25 communes. La Lozère en compte 185. Que fait-on pour les autres ? Certaines ( et pas seulement en Lozère) sont à des années lumières de la république numérique comme le montre un reportage réalisé récemment dans les Cévennes par France 2 http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/video-telephone-internet-la-fracture-ouverte_879227.html

Pour certains ( cf le commentaire d’Obinou dans l’article « l’hyper ruralité dans la loi numérique » ) la loi ne pourra rien.  « Il faut des gens sur le terrain, des gens pour planifier, et un travail de fourmis pour lequel il faut former des équipes & les envoyer sous le cagnard Les politiques/élus locaux/territoriales, qui devraient jouer un rôle moteur & volontariste, se retrouvent contraints de jouer aux comptes d’apothicaire entre le MED, Sat, Radio et FTTH histoire que leur dossier FSN soit accepté . Aujourd’hui, on serait incapable de refaire une électrification de la France, voire même de refaire un réseau routier. Et je pense que ça désespère TOUS les acteurs du domaine, mais que la force de l’habitude est la plus forte. Une loi n’y changera rien »

Alors, que faire ? Jeter le manche après la cognée et laisser se faire les choses au fil de l’eau ? « On l’aura bien un jour la fibre optique ! » entend- t-on ici ou là ! » Ah bon ! Les différents plans prévoient de faire dans les campagnes de l’ « amélioration » du réseau de cuivre dont on dit par ailleurs qu’il doit disparaître! Où est la cohérence ? Bonjour le gaspillage d’argent public !

La vraie question est aujourd’hui d’accélèrera le fibrage des territoires ruraux pour assurer l’égalité des citoyens dans cette « république numérique » dont on nous parle tant !

Sauf à considérer les ruraux comme des « sous citoyens » et demander à nos ministres de ne plus parler de « république numérique »nous devons demander au législateur, à l’occasion du vote de la « grande loi sur le numérique » de prévoir, à minima, des expérimentations de couverture intégrale d’un département en fibre optique.

La Lozère « laboratoire expérimental »?

Nous avons déjà fait cette proposition à maintes reprises dont la dernière fois dans l’article « l’hyper ruralité dans la loi numérique »

Nous la renouvelons une fois de plus mais aujourd’hui il faut faire vite car la fenêtre d’opportunité ( projet de loi numérique, entrée en période électorale.. ) risque de ne pas se représenter de si tot !

Auxillac le 25 juin 2015

Pierre Ygrié





Ambition numérique ! pour qui ?

24 06 2015

« l’Ambition Numerique de la France est très élevée, tout commence » déclarait récemment Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat au numérique à l’occasion de la remise au premier ministre du rapport élaboré par le conseil national du numérique

Ce rapport présenté sommairement ICI comporte 70 propositions

Il m’a paru intéressant de les lister ci-dessous pour inciter les lecteurs de ce blog à lire le rapport complet et à se faire une idée de la suite qui pourrait lui être (ou ne pas être!) donnée dans les territoires chers aux Webs du Gévaudan , les zones rurales

Affirmer le principe de neutralité du net

Préserver et renforcer une partie du spectre pour les usages collectifs

Protéger les libertés fondamentales par une implication renouvelée dans la gouvernance d’Internet 4. Favoriser la maîtrise et l’usage de leurs données par les individus

Créer une action collective en matière de protection des données

Consacrer le principe de loyauté des plateformes

Fournir la bonne information, au bon moment

Assurer la loyauté des algorithmes destinés à la personnalisation, au classement et au référencement

Loyauté entre acteurs économiques : préserver un espace propice à l’innovation

Adapter le design institutionnel Réaffirmer l’État de droit

Contenus illégaux : conforter la place du juge en matière de blocage de sites

Redéfinir les équilibres et le rôle des plateformes dans le retrait des contenus illicites

Cadre légal du renseignement : allier efficacité et respect des libertés publiques et individuelles

Protéger les lanceurs d’alertes

Promouvoir le chiffrement des données, levier de sécurité

Réformer le Fichier national des empreintes digitales et le Fichier national des empreintes génétiques

S’engager contre l’exportation de technologies de surveillance et de censure d’Internet à destination des régimes autoritaires

Donner une nouvelle impulsion à la transformation numérique de l’action publique S’engager vers un Gouvernement plus ouvert

Développer la co-élaboration des politiques publiques

Renforcer la transparence et la traçabilité des processus décisionnels

Développer de nouveaux modes d’évaluation des politiques publiques Développer des services publics numériques adaptés aux usages, dans un cadre de confiance .

Développer la médiation autour des services publics numériques 1

Encadrer l’utilisation et l’échange des données personnelles détenues par l’administration 1

Favoriser la création d’espaces numériques personnels pour visualiser ses démarches et stocker ses documents administratifs Donner une nouvelle ambition à la stratégie d’ouverture des données publiques

Opter pour une ouverture par défaut des données publiques, avec un objectif général de gratuité

Favoriser le développement et la coordination des stratégies d’ouverture des données publiques

Repenser le droit d’accès aux documents administratifs, dans le contexte d’ouverture des données publiques

Encourager au cas par cas le partage de données des acteurs économiques et de la société civile, en veillant au respect des droits fondamentaux et à l’équilibre des intérêts des parties prenantes Diffuser une culture de l’innovation au sein de la fonction publique

Renforcer la littératie numérique des agents publics 1

Développer les pratiques collaboratives et le partage d’expériences

Mieux piloter la commande publique grâce aux données et l’orienter davantage en faveur de l’innovation

Adopter une définition commune de l’innovation en Europe

Une meilleure interaction entre entreprises et monde académique : ouvrir la formation à l’innovation, diversifier le recrutement et développer la recherche collaborative

Adapter le dialogue social et la gouvernance des entreprises aux enjeux numériques

Offrir un cadre propice à l’innovation et aux partenariats entre entreprises 1

Renforcer la stratégie numérique de l’État contributeur de l’innovation

Ajuster les dispositifs fiscaux aux besoins des innovateurs

Élaborer la stratégie industrielle de la France en matière d’innovation ouverte 215 Reconcevoir la structure de financement de l’économie de l’innovation

Elargir les sources de financement de l’économie de l’innovation

Déployer un réseau européen des places de marché des valeurs numériques et d’innovation 2 L’urgence de la compétitivité internationale

Renforcer territorialement et sectoriellement les écosystèmes numériques

Structurer un réseau des écosystèmes numériques européens

Intensifier la stratégie d’attractivité numérique française auprès d’acteurs internationaux

Faciliter le développement à l’international des entreprises innovantes

Incarner une diplomatie numérique française 249

Améliorer notre compréhension des activités et des statuts porteurs de valeur économique, sociale et environnementale, y compris hors du cadre marchand classique

Encourager l’économie collaborative tout en la régulant

Rendre visible et accompagner une économie contributive, coopérative, facteur de cohésion et d’innovation sociales Biens communs et numérique

Encourager le développement des communs dans la société

Définir une politique de mise en commun des contenus produits par les collectivités et acteurs publics

Définir positivement et non par exception le domaine public et favoriser son élargissement 53. Faire de la publication ouverte une obligation légale pour la recherche bénéficiant de fonds publics Société numérique inclusive 54. Valoriser et structurer les métiers de la médiation numérique

Développer la médiation numérique dans les services publics locaux

S’appuyer sur le numérique pour faciliter l’accès et le recours aux droits sociaux

Développer (et mettre en débat) des capacités préventives et anticipatrices, dans le respect de la vie privée des assurés

Explorer de nouvelles manières de mettre les solidarités en mouvement et d’en reconnaître les acteurs 297 Santé et numérique

Acter et outiller un droit à l’autodétermination informationnelle en santé

Inciter au cas par cas les acteurs économiques détenteurs de données de santé à les partager tout en tenant compte de leur caractère concurrentiel

Utiliser le levier numérique pour permettre au grand public de comprendre les défis de santé publique et de devenir acteurs de leur résolution

Former les professionnels de santé aux enjeux et aux usages du numérique en santé Éducation et formation

Faire évoluer et clarifier l’exception pédagogique pour une meilleure adéquation avec les usages numériques

Anticiper les révolutions de la certification

Passer d’une logique de l’équipement à une logique de l’environnement Justice et numérique

Renforcer l’accès des justiciables à l’information juridique avec le numérique

Informatiser enfin le fonctionnement quotidien de la justice 69. Encourager les modes alternatifs de résolution des litiges Ethique et numérique

Instruire la place des questions d’éthique dans la société numérique 331 SOLIDARITÉ, EQUITÉ, ÉMANCIPATION : ENJEUX D’UNE SOCIÉTÉ NUMÉRIQUE Ambition numérique Le numérique n’est pas automatiquement la clé d’une transition vers une société meilleure. Il peut être mis au service d’une société plus équitable, plus juste,

Comme vous pouvez le constater, dans ce rapport, par ailleurs très riche, la place des infrastructures est réduite à sa portion congrue comme si ce problème, essentiel en zones rurales, était « derrière nous », comme s’il avait déjà été réglé, comme si tous les français étaient égaux sur la ligne de départ , comme si tous étaient équipés du réseau du 21 eme siècle, un RESEAU OPTIQUE ! Certes le tabou du remplacement du réseau de cuivre par un réseau optique est tombé depuis un certain temps mais la confiance n’est toujours pas là et si l’on veut que la « course numérique » commence il faut mettre tous les français sur la même ligne de départ !

Auxillac le 24 juin 2015

Pierre Ygrié

 

 





L’Europe numérique n’est pas pour demain !

7 05 2015

A l’occasion des élections européennes, dans un papier intitulé « Votons pour une Europe numérique » / j’écrivais, entre autres, « décider de créer un marché unique du numérique, avec, comme première mesure, l’encouragement à l’émergence d’opérateurs européens de taille mondiale ( 100 opérateurs aujourd’hui en Europe contre 4 aux USA) nous permettrait peut-être de nous sevrer progressivement du « coca cola numérique » dont nous nous délectons par ailleurs ! J’avais insisté sur ce point lors des vœux de l’association en début d’année. L’Union Européenne c’est 7% de la population mondiale, 25% du PIB mais un nain numérique  ! « Aujourd’hui, ce sont essentiellement des acteurs non européens de l’Internet qui détiennent les positions centrales dans le monde numérique. Incontournables, ils captent l’essentiel de la valeur et détiennent la capacité d’influer sur le fonctionnement même d’Internet. L’Europe ne doit pas devenir un simple espace de consommation de services numériques développés ailleurs, via des technologies, des modèles et des normes qu’elle ne maîtriserait pas ; elle doit veiller au renforcement de son autonomie stratégique dans ce domaine. Elle doit garantir qu’Internet fonctionne comme un espace public ouvert à tous et respectueux des droits de chacun, un levier de développement économique, un instrument de liberté et d’émancipation politique ».

Toute réflexion sur un « gouvernance numérique » de l’Europe ne pourrait elle pas  participer au déclic nécessaire pour construire enfin  une AUTRE EUROPE, celle qu’avaient imaginée ses pères fondateurs il y a plus  d’un demi siècle ? 

Les mesures dévoilées par la Commission européenne mercredi 6 mai 2015 pour mettre en place un marché numérique unique européen seront elles suffisantes pour construire une Europe numérique ?

Ce plan d’action, décliné en 16 objectifs repose sur 3 piliers

1er pilier : améliorer l’accès aux biens et services numériques dans toute l’Europe pour les consommateurs et les entreprises

Jl est ici surtout question de règles pour faciliter l’e-commerce transfrontière. la protection des consommateurs qui achètent en ligne, la dréduction des disparités entre Etats, un seuil de tva commun etc

2ème pilier : créer un environnement propice au développement des réseaux et services numériques innovants et des conditions de concurrence équitables

 Il s’agit ici de réviser la réglementation européenne sur les télécoms. d’incitations à l’investissement dans le haut débit ultra-rapide, d’assurer des conditions de concurrence équitables pour tous les acteurs, d’améliorer la transparence dans tous les domaines,renforcer la sécurité concernant le traitement des données personnelles, proposer des partenariats avec l’industrie sur la cybersécurité etc,,,,

3ème pilier : maximiser le potentiel de croissance de l’économie numérique

libre circulation des données dans l’Union européenne ,interopérabilité dans des domaines cruciaux pour le marché unique numérique, tels que la santé en ligne, la planification des transports et l’énergie., nstauration d’une société numérique, notamment à travers un plan d’action pour l’administration en ligne. Cette initiative baptisée « une fois pour toutes » permettra de réduire les formalités administratives et pourrait permettre d’économiser environ 5 milliards d’euros par an d’ici à 2017, assure la Commission. Parmi les objectifs : passation électronique des marchés publics et interopérabilité des signatures électroniques etc,,,

« Ces 16 objectifs doivent contribuer à mettre en place un marché unique numérique européen qui, selon la Commission, « pourrait représenter une contribution de 415 milliards d’euros par an pour notre économie et créer des centaines de milliers de nouveaux emplois » lorsqu’il sera opérationnel. Le marché unique numérique sera à l’ordre du jour de la réunion du Conseil européen des 25 et 26 juin« .

Le « fossé » entre ces (belles!) intentions et la réalité

Sur le marché unique lui même

La réalité numérique européenne est peu glorieuse : Seulement 7% des PME vendent leurs produits en dehors de leurs frontières,Seulement 15% des consommateurs achètent online des produits à l’étranger,- Seulement 38% des européens ont confiance en achetant un bien online à l’étranger pour 61% pour un bien acheté dans leur propre pays,, seulement 4% des parts de marché numérique mondial sont européennes, 57% sont américaines.

Un marché unique suffit-il pour faire une véritable Europe numérique ?

La réponse est clairement non ! Il aurait fallu pour cela que cet ensemble de mesures soit »chapeauté » par un mot tout simple mais indispensable si l’on ne veut pasque les citoyens eurpéens s’éloignent de plus en plus d(‘une europe qui ne tient pas ses promesses ? Ce mot tout simple c’est SOLIDARITE ! Une courte démonstration valant mieux qu’un long discours j’invite les lecteurs de ce blog à visionner de reportage

http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/complement-d-enquete/video-telephone-internet-la-fracture-ouverte_879227.html Or il paraît que

« Le réseau d’avenir c’est la fibre…Les jours du vieux réseau cuivre sont bel et bien comptés » ! Ah bon !

En France un tabou est certes tombé  mais la confiance n’est toujours pas là .La république numérique n’est pas pour demain  L’Europe numérique non plus ! Pour la construire il nous faudra , à tous les nivaux »de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace «  mais dans le bon sens, celui de la SOLIDARITE ….. Quand on voit la résistance des tabous dans tous les domaines dont celui, oh combien d’actualité, de la dette  et pas seulement celui du numérique il faut beaucoup d’acharnement pour continuer à rêver !!

Auxillac le 7 mai 2015

Pierre Ygrié

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La république numérique n’est pas pour demain !

9 04 2015

Le dernier article de ce blog remontant au 30 décembre 2014 les amis des Webs du Gévaudan,, que je remercie de leur fidélité, doivent me trouver bien silencieux ? Trois raisons à cela : une connexion « moyenne », des réponses gouvernementales « insuffisantes » ! ….et une ambiance morose confortée par des avis d’experts décourageants !
1- une connexion « moyenne » ( au sens « coluchien » du terme !). Comme j’habite alternativement à Auxillac (Lozère) et à Balaruc (Hérault) j’ai voulu , par souci d’économie, remplacer les deux abonnements fixes par un abonnement mobile à partir d’un domino. Pour éviter toute mauvaise surprise ( réduction du débit lorsque quota atteint) j’ai souscrit l’abonnement maxi . Je me doutais bien qu’à Auxillac où on n’a que la 3G j’aurais quelques difficultés mais comme je passe 6 mois de l’année à Balaruc en 4 G, sensible à la « promesse 4G » (téléchargez jusqu’à 10 fois plus vite qu’en 3G et ne patientez plus pour visionner vos vidéos ) j’ai voulu essayer ….et j’ai compris ! J’ai compris que ceux qui prétendent que les ruraux pourraient à l’avenir se contenter de réseaux mobiles pour remplacer la fibre sont des menteurs !
Cette petite « expérience » me conforte dans mon « combat » pour la fibre que je rappelle brièvement . Depuis 15 ans nous « martelons » contre vents et marées quelques « évidences » de différentes façons : lettres aux parlementaires, blogs divers dont celui des Webs du Gévaudan , interviews dés 2006 où nous sommes « sortis » de Lozère, pour y revenir comme ici en 2012 ou là en 2011 après des « escapades » comme ici en 2009 , toujours en 2009  ou encore là en 2008 . Depuis 15 ans, avant bien d’autres qui tentent d’emboîter le pas aujourd’hui ( trop timidement à mon avis) nous affirmons notre volonté de vivre dans une REPUBLIQUE NUMERIQUE c’est-à-dire avec des droits égaux à ceux des citadins !!! Il arrivait même que la « petite voix » des Webs du Gévaudan soit « entendu » par la presse nationale ! Libération en 2008  ; Le Monde en 2009  ; Témoignage chrétien en 2010 :  France info en 2010 . A nous tous de remonter au créneau à l’occasion de la loi sur le numérique !
2- des réponses gouvernementales « insuffisantes »
Certains députés ruraux comme Pierre Morel à l’huissier en Lozère ou Fabrice Verdier dans le Gard ( et bien d’autres…) interpellent régulièrement le gouvernement sur la fracture numérique et les réponses gouvernementales sont toujours les mêmes, c’est-à-dire, à mon point de vue « hors sujet » et s’il arrive qu’elles satisfassent des parlementaires elles ne me satisfont pas du tout ! Nous sommes en plein paradoxe : le gouvernement a acte lui même la fin du réseau de cuivre . Tout ce qui est fait pour l’améliorer ( coûts de maintenance Orange, opérations de montée en débit prévues dans la plupart des SDAN ) ne sont à mes yeux que du gaspillage d’argent « privé « dans le cas d’Orange, public dans celui des RIP au détriment de la nécessaire couverture égalitaire de la France en fibre optique si l’on veut éviter une nouvelle fracture numérique entre les « fibres » et les « non fibres » , fracture ou plutôt « gouffre » invisible pour l’instant mais qui va se révéler progressivement au fur et à mesure de l’avancement , »poussif mais réel de la fibre ! Le plan France Très haut débit est une avancée réelle mais il a pris, selon moi, les choses par le « mauvais bout » . Il fallait commencer à fibres les campagnes pour deux raisons 1-ce sont les ruraux qui, les plus éloignés des services publics physiques ont le plus besoin d’un accès au moins égalitaire aux services publics électroniques de demain . Le « meilleur  » du numérique pourrait leur permettre cet accès .2- c’est à la campagne et non en ville que le réseau cuivre est le plus fragile voire à l’agonie dans certains territoires . Tout ce que l’on fera pour l »améliorer » ne ressort que de raisonnements de court terme au détriment de ce dont les territoires ruraux ont vraiment besoin pour leurs habitants actuels et futurs (citadins en mal de campagne) Aujourd’hui pour peu que l’on soit attentif a ce qui se passe dans certains villages on observe de plus en plus que lorsqu’un technicien (sous traitant) d’orange « répare » une panne chez un client il en « prépare » une chez un client voisin ! C’est dire la « qualité » des installations !! Pour ce qui me concerne et en dépit de ce qu’en pensent les opérateurs auxquels la stabilisation réglementaire actuelle convient très bien , j’estime que sans une réorientation par la loi l’apartheid territorial sera le mot qui convient pour qualifier nos beaux pays ! Il est urgent de « faire comprendre » aux instances parisiennes que la France doit marcher sur deux « jambes » : des métropoles compétitives ET des campagnes intelligentes !!
3-Une ambiance morose confortée par des avis d’experts décourageants
Peut-on être optimiste quand on lit cette interview de Joël Mau par Jean Pierre Jambes  et ce commentaire d’un autre « expert », Marc Duchesne « Nous savions tous ici – et avions déjà dit un peu partout – que le Plan France THD présente des failles, dont la plus importante est l’absence de couverture des zones Rurales. Quand 80% de la population nationale vit sur 20% seulement du territoire, il est facile d’ignorer les 20% des Français éparpillés sur les 80% « restant ». Récemment, en public, le président du syndicat mixte d’une des plus grandes régions françaises avait dit, clairement, à propos du programme de déploiement du THD sur sa région : « Pour les Ruraux, on verra après 2025, vcet autre papier de Jean Pierre Jambes oire 2030. Autant dire : jamais. »
Peut-on être optimiste quand on lit les deux derniers papiers de Jean Pierre Jambes, l’un intitulé » quand existera t-il une politique nationale de développement numérique des territoires »  , l’autre « Les investissements numériques seront-ils concernés par les mesures destinées à accélérer l’investissement industriel ? »
Je recommande vivement la lecture de ces articles et en fonction de vos commentaires je verrai si je suis suffisamment motivé pour écrire un nouveau papier sur ce blog ?
Voili Voilou ! En attendant de pouvoir crier « Vive la république » je vais prendre un peu de repos dans ma seconde « patrie » ;-)
Balaruc les bains le 9 avril 2015
Pierre Ygrié





Web du Gévaudan 2014 en révision

30 12 2014

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Un métro New-Yorkais contient 1.200 personnes. Ce blog a été visité 7 700 fois en 2014. S’il était un métro New-Yorkais, il faudrait faire 6 voyages pour les déplacer tous.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.





Bonne année numérique !

18 12 2014
En 2011 , 2012, 2013 et 2014:  notre association vous avait présenté ses vœux en images !  Cette année, restrictions obligent, je me contenterai de rappeler deux « évidences » !1-La révolution numérique est une opportunité historique pour permettre à La France de demain de « marcher sur deux  jambes » ! 1- des métropoles compétitives…et solidaires 2- des campagnes « intelligentes »(1) 2-Sans décision politique courageuse et sans prise de conscience des enjeux par les citoyens les ruraux resteront les oubliés du très haut débit

Les ruraux « oubliés » du très haut débit ?Je l’écrivais déjà il y a 5 ans  ! Depuis le plan France très haut débit a certes permis de lancer de façon significative le fibrage du territoire Un tabou est tombé,  Mais plus la couverture de territoire en fibre optique avance (enfin !) plus se créera une nouvelle fracture territoriale entre les « fibrés » et les « non fibrés » .Le dernier papier du blog des Webs du Gévaudan ne fait que confirmer tous les articles écrits jusqu’ici .Qui plus est les nombreux commentaires du dernier article du blog de JeanPierre Jambes, sont très instructifs pour ceux qui souhaitent comprendre tout à la fois la « simplicité » de la problématique ( les ruraux seront à terme des sous citoyens si nous laissons les choses en l’état ) et son extrême complexité « entretenue » plus ou moins consciemment depuis des années !
Dans le cadre actuel la couverture numérique des territoires ruraux ( et même certains péri urbains) sera en peau de léopard , aggravant de ce fait la fracture numérique territoriale ! Il ne peut pas en être autrement ! Dans le cas de mon département par exemple, lorsque la Lozère va lancer son RIP (Réseau d’Initiative Publique) (hors Mende qui doit être couvert par Orange) peut-on imaginer une seconde que les opérateurs vont se précipiter pour capter 25 000 abonnés du territoire ? Cette « fracture numérique » peut même exister à l’intérieur des zones fibrées selon que l’opérateur aura installé chez l’habitant une seule fibre ou deux fibres ( une fibre pour le TriplePlay des opérateurs Grand-Public, une fibre pour « les autres services », dont le Service Public). J’avais déjà pointé ces risques d’hétérogénéité des réseaux

Nos vœux pour 2015 : Mobilisation générale des élus…et des citoyens !

1- pour mieux comprendre la problématique et le paradoxe dans lequel on s’enferme
Satisfaire les besoins de court terme ou investir sur l’avenir ?? dilemme permanent des décideurs :  Dans un papier de 2013 j’écrivais  » Si les professionnels, producteurs de services actuellement (entrepreneurs) ou « en devenir »( secteurs santé/éducation entre autres) , sont de plus en plus conscients de la nécessité de la fibre optique ce n’est pas encore le cas des particuliers qui, eux, se contentent le plus souvent de consommer des services accessibles en haut débit (Adsl. Satellite, Wimax…). Dans la ruralité profonde la demande des particuliers ne disposant pas de haut débit est donc simple : avoir enfin du haut débit….pour le très haut débit on verra plus tard !! »Que vont faire les élus, Donner satisfaction à la grande masse, celle qui demande du haut débit et pour laquelle le très haut débit attendra ! CQFD ! et vogue la galère ! .En France le COURT TERMISME est présent à tous les étages ……et le contribuable paye sans coup férir ….je dirais même avec sa bénédiction ! Mais heureusement la « grande masse » évolue et les ruraux prennent peu à peu conscience que sans le remplacement du réseau cuivre vieillissant dont nous affirmons depuis des années qu’il allait exploser par un réseau optique ils seront demain des sous citoyens!
2-pour ne pas louper le coche
le « coche » de la « grande » loi numérique . Pourquoi ne pas proposer, par exemple, d’« obliger » l’opérateur qui a préempté une ou plusieurs villes d’un département (zones AMI) à couvrir, conjointement avec la collectivité territoriale , l’ensemble du département dans le cadre de procédures de subventionnement spécifiques à inventer ! A l’heure où l’on ne parle que d’INNOVATION que n’invente-t-on pas des solutions « innovantes » pour aménager équitablement le territoire ? La concertation en cours n’aborde que très indirectement la problématique des infrastructures ….en droite ligne avec les discours « parisiens » d’après lesquels le problème des infrastructures serait derrière nous et qu’il faudrait dorénavant se concentrer sur les usages !. Bien d’accord pour dire que la réflexion sur les usages, et en particulier les usages vitaux comme la santé est quasi inexistante. Nous sommes les premiers à déplorer cette carence et c’est bien pour tenter d’animer les territoires que nous avons proposé un « référent numérique » dans chaque commune ou conseil communautaire .De là à dire que le problème des infrastructures est derrière nous ? Dans les zones rurales le problème des infrastructures est (de plus en plus) devant nous !
Même dans le cadre de la réglementation actuelle ( modifiée à la marge) des avancées peuvent être faites, telles que permettre l’implantation de Points de Mutualisation dans chaque village ou hameau…du FTTH rural en quelque sorte (Fiber To The Hameau) dont nous parlions déjà en 2010
– le « coche » de l’Europe. Des projets trop « petits » comme celui de la Lozère et d’autres départements ruraux pourront ils bénéficier, dans le cadre de la réglementation actuelle, des centaines de milliards en cours de discussion pour les infrastructures (Télécom , transition énergétique, transport)???
Avec l’impulsion, indiscutable, donnée récemment au numérique tant par la France que par l’Europe l’année 2015 pourrait se présenter, théoriquement, sous des auspices favorables …..mais, paradoxalement, pour les zones rurales le risque se précise …
Ne « fabriquons » pas aujourd’hui des « territoires du futur » et des « territoires du passé » !
Bonne année numérique !
Auxillac le 18 décembre 2014

Pierre Ygrié

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(1) pour permettre à aux ruraux actuels et aux citadins «en mal de campagne » de choisir le coin de France où ils souhaitent vivre. Qui plus est ,d’expérience ( 40 ans de vie parisienne) je puis assurer qu’on réfléchit mieux à la campagne ! Nous martelons ces « évidences » depuis des années. La France a un ATOUT considérable…son ESPACE . Lorsqu’on a des outils pour travailler ( Bien manger,com http://www.bienmanger.com/, qui emploie 50 personnes dans mon village lozérien,est la première entreprise du département à avoir la fibre optique ) on sait inventer et créer des emplois dans la campagne profonde ! Mais, au-delà de l’économie, les citoyens, quelle que soit leur place « physique » doivent avoir la même « place numérique » pour avoir un égal accès aux services publics électroniques dont le développement sera exponentiel….





Numérique rural : Renverser la table !

14 12 2014

« Le temps passe, les projets de loi numérique se font attendre et la transition numérique reste encore et toujours aux lisières des zones les moins denses. Plus grave peut-être pour tous ceux qui transitent par-delà les distances après lesquelles le cuivre s’avère incapable de transporter quelques flux internet que ce soit, aucune vraie solution ne se dessine ». Jean Pierre Jambes pose d’emblée le problème des infrastructures numériques à la campagne dans le dernier article de son blog « Très haut débit rural, quelles solutions ? Qu’en pensez-vous ? ». Pour ma part, dans un article récent de Midi Libre, je pointais le risque de « gouffre numérique » entre les internautes « fibrés » et les internautes « non fibrés » . Encore un petit pas dans la direction prise et nous y sommes !
« Comment expliquer l’inertie nationale en matière de très haut débit rural ?» poursuit Jean Pierre. Je m’associe à la question mais je n’ai pas la réponse …..si ce n’est quelques pistes maintes fois répétées….
Nos décideurs ne croient pas au principal ATOUT de la France…son ESPACE

La France de demain doit marcher sur deux jambes !
1- des métropoles compétitives
2- des campagnes « intelligentes » pour permettre à aux ruraux actuels et aux citadins en mal de campagne de choisir le coin de Fance où ils souhaitent vivre… .Qui plus est ,d’expérience je puis assurer qu’on réfléchit mieux à la campagne ! Nous martelons ces « évidences » depuis des années. Lorsqu’on a des outils pour travailler ( Bien manger,com est la première entreprise de Lozere à avoir la fibre optique ) on sait inventer et créer des emplois même dans la campagne profonde ! »
En 2007 , dans un papier « lozérien »  j’écrivais « L’homme de demain recherchera de plus en plus un équilibre entre deux modes de « connexion » 1-une « connexion » naturelle et « transparente » (sans contraintes techniques) à la société de l’information ,source d’épanouissement personnel et de « business » professionnelé 2-une « connexion » permanente à la nature dont il fait partie (on l’a un peu oublié en occident !), qu’il doit donc impérativement protéger et qui lui apportera le bien être qu’il trouve de moins en moins dans les agglomérations. ». Qu’est ce qui a changé depuis ? Depuis 15 ans que je suis à la retraite en Lozère je peux dire une seule chose : je ne pourrais pas me payer aujourd’hui un appartement, même plus petit, que celui que j’avais à Paris et que j’ai vendu en partant à la retraite ! Je laisse à chacun tirer les conclusions qu’il voudra….

Nos décideurs n’ont pas pris la mesure de la révolution numérique

Dans leurs déclarations ils renchérissent tous sur l’importance du sujet ! Le numérique, qui abolit les distances est effectivement potentiellement porteur d’égalité dans tous les domaines, à commencer par l’accès aux services publics dont la santé  à condition, comme nous l’écrivions déjà en 2009, de disposer des mêmes infrastructures partout pour avoir les mêmes services partout !  . Une telle mesure ne suffirait bien évidemment pas mais elle serait une étape importante vers l’Internet solidaire que certains élus ( toute règle a ses exceptions !) appelaient déjà de leurs vœux en 2010
Équiper la France des mêmes infrastructures impliquait que l’État joue son rôle d’aménageur numérique du territoire . Combien de fois avons-nous écrit qu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion et que la maison fibre France cherchait un architecte désespérément
Le plan France très haut débit marque certes une avancée importante mais il n’est pas allé au bout. Dans le papier « Attention (feuille de) rote glissante  » j’avais pointé en son temps les risques des choix faits par le gouvernement et sur la confusion qu’ils entretenaient dans l’esprit des citoyens
Le « bon débit », écrivions nous à l’époque, sera « celui dont on disposera le jour où …on ne parlera plus de débit ! le jour où chaque citoyen disposera d’un compteur d « énergie numérique » ( alimenté par une prise optique). A l’instar de l’électricité aujourd’hui il s’abonnera en fonction de ses besoins ….et ces besoins, pour la majorité d’entre eux, seront des besoins d’instantanéité, de symétrie, de sécurité ( essentiel pour la santé entre autres) »

Alors on fait quoi ? On demande à nos parlementaires de « renverser la table » à l’occasion du vote de la « grande » loi sur le numérique ?

A la lecture du dernier rapport de l’Arcep on réalise l’hétérogénéité tant des couvertures territoriales que des supports retenus ( fibre optique, cuivre, satellite, radio…). La multiplication des SDTAN (schémas directeurs territoriaux d’aménagement numérique ) ne remplacera jamais un bon SDNAN (schéma directeurs national d’aménagement numérique)
La concertation en cours n’aborde que très indirectement la problématique des infrastructures ….en droite ligne avec les discours « parisiens » d’après lesquels le problème des infrastructures serait derrière nous et qu’il faudrait dorénavant se concentrer sur les usages !. Bien d’accord pour dire que la réflexion sur les usages, et en particulier les usages vitaux comme la santé est quasi inexistante. Nous sommes les premiers à déplorer cette carence et c’est bien pour tenter d’animer les territoires que nous avons proposé un « référent numérique » dans chaque commune  ou conseil communautaire  .De là à dire que le problème des infrastructures est derrière nous ? Dans les zones rurales le problème des infrastructures est (de plus en plus) devant nous !

La parole est aux parlementaires écrivions nous en 2010
Pour tous ceux qui croient (encore ) à la démocratie cette « évidence »est d’une brulante actualité !
Auxillac le 14 décembre 2014

Pierre Ygrié








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