Aveyron Lozère : les raisons de notre mobilisation !

24 08 2009

La pétition « Très haut débit pour tous » lancée le 9 juillet par les Webs du Gévaudan et AveyronADSL vient de franchir le cap des 4000 signatures(dont 1200 sur Internet). Rappelons Ici notre « demande » et ce qui la justifie

 Nous demandons :

 1 – La création d’infrastructures publiques, neutres et ouvertes à la concurrence :

 –  les infrastructures fixes : tel un « coucou », Internet s’est « logé » jusqu’ici dans un réseau qui n’avait pas été fait pour lui mais pour la voix, le réseau téléphonique en fil de cuivre. Or, ce réseau s’il est encore entretenu là où il est « porteur de business » (Adsl), est de plus en plus laissé à l’abandon ailleurs. Il commence à être remplacé en ville par un réseau en fibre optique jusqu’à l’abonné (FTTH ou Fiber To The Home), le vrai réseau Internet de demain qui autorisera un transport rapide et illimité d’informations.

 – les infrastructures mobiles : également indispensables, elles seront d’autant plus performantes que l’ensemble du territoire sera irrigué en fibre optique. La fibre optique sera le support de base du futur réseau LTE (norme dix fois plus rapide que la norme UMTS et vraisemblablement moins « gourmande » en antennes dans les zones peu denses)

  2 – Le financement de ces infrastructures par la loi et l’emprunt

 –   La loi : la « fracture électrique » a été résorbée en son temps par un vote du parlement. Si le parlement n’avait pas voté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification le 31 décembre 1936, les ruraux s’éclaireraient encore à la bougie ! Ce fonds, encore en vigueur aujourd’hui (mais qui le sait ?) est alimenté par une taxe 5 fois supérieure pour les abonnés des 5954 communes urbaines que pour ceux des 30611 communes rurales, un superbe exemple de solidarité nationale ! Pour la fracture numérique le projet de loi prévoit, et nous en réjouissons, des dispositifs de péréquation  régionale mais ces propositions restent timides. Il faut aller beaucoup plus loin avec des dispositifs de péréquation nationale. Les Webs du Gévaudan ne cessent d’affirmer cette « évidence » depuis bientôt 10 ans !

    L’emprunt : il doit porter prioritairement sur des « dépenses d’avenir », en l’occurrence  sur des investissements structurants inscrits dans une démarche de  développement  durable. Le « fibrage » du territoire constitue l’un de ces    investissements.

  3 – La réalisation de projets de FTTH rural sur des territoires proches de dorsales numériques, donc facilement « fibrables ».

 Outre la dorsale de l’agglomération de Rodez et le réseau de France Télécom (et peut-être d’autres ?) une dorsale publique, le long de l’A75, traverse nos deux départements; porte d’entrée physique et numérique des départements du sud du massif central, elle peut devenir une « porte de réflexion » fédérant toutes les énergies des départements voisins pour élaborer un projet commun pour peu que le syndicat mixte numérique A75 prévoie d’intégrer les communautés de communes ! Ce projet,à défaut de donner immédiatement  de la fibre à la maison à tous les lozériens et aveyronnais (FTTH ou Fiber To The Home), pourrait se donner cet au moins comme objectif d’amener la fibre à chaque village et hameau, du FTTH rural en quelque sorte (Fiber To The Hameau ! )

 Nous justifions notre demande par :

 1 – la non prise en compte de besoins actuels de communication dont encore le téléphone portable pour certains (une faiblesse rédhibitoire) et le fameux « triple play » (internet +téléphone +télévision) pour la plupart !

 2 – le développement exponentiel des contenus.

Demain tout sera sur Internet…. y compris les « produits » culturels : plus de K7, de CD, de DVD… les informations véhiculées par le réseau Internet seront 5 fois supérieures en 2012 qu’en 2008 ! 

 3 – l’opportunité de faire de nos territoires des « espaces d’innovation » et de « vrai » développement durable

Nous avons tous à modifier nos comportements individuels et collectifs. La multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions peut contribuer largement à cette « révolution culturelle » !  Les ruraux (on réfléchit mieux à la campagne…) peuvent contribuer largement à cette nécessaire mobilisation du pays tout entier pour « inventer l’avenir ». L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » que seul autorise le très haut débit réduira les transports et, par conséquent des nuisances de tous ordres (économies d’énergie, pertes de temps, pollutions, stress…) et dans tous les domaines. Les perspectives qu’autorise la « télé présence » sont innombrables dans tous les domaines : l’économie (réunions à distance, voyages d’affaires virtuels, travail collaboratif à distance, télétravail à la campagne),  la santé (il vaut mieux faire voyager les informations que les malades).  Dans ce domaine les applications sont multiples : télésurveillance médicale, téléconsultation, télé expertise, téléassistance à domicile, télé médico-social. En matière d’éducation la liste est également longue : classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT), suivi de cours individuels à distance.

 –   La plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son), rapides, fluides et symétriques, ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable.

4 – Le respect d’un principe démocratique : le droit à l’information pour tous … qui s’est déjà traduit, pour les citadins des immeubles neufs par un « droit à la fibre ». Nous aussi, les ruraux, nous voulons du très haut débit !

Signez et faites signer la pétition !

– par Internet : http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php

           – pétition papier téléchargeable sur le site

http://aveyronadsl.free.fr/petition_2009/phpPETITION/index.php

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9 responses

1 09 2009
Michou

Il n’y a pas besoin de fibre pour naviguer sur le web ni pour faire de la VoIP. En revanche, il s’agit d’assurer l’accès au triple-play (VoD/TV, etc.). Donc je pense que réclamer de la fibre qui est une « techniologie » n’est pas une bonne idée, surtout vu le prix.

Le très haut débit rural ne peut passer pour l’instant que par le dégroupage des sous-répartiteurs. Cela a été intégré dans la loi LME en 2008 : http://tinyurl.com/n72hax

Le problème, c’est que cela n’avance pas vite: http://tinyurl.com/kt54cb

Le cœur du problème, outre l’argent, c’est la volonté politique d’avancer rapidement. Si les élus via leurs associations (AMF, ARF) se mobilisaient pour réclamer la séparation/scission de France Télécom (infrastructures) et d’Orange (activité fournisseur de services), alors on aurait peut être la chance de créer les conditions favorables à l’essor du très haut débit.

Car c’est bien le principal problème : pourquoi recréer des réseaux alors qu’on a tout sous la main ? Le seul soucis, c’est qu’on a tout donné à un fournisseur sans reprendre l’essentiel.

Regardez l’exemple du ferroviaire (SNCF / RFF), de l’électricité (EDF / RTE), etc.

Pourquoi ne pas faire comment au royaume-uni qui a osé séparer BT en crééant une filiale dédiée au réseau, BT open reach ?

C’est grâce à cela que la-bas, il y a du haut débit à peu près partout et surtout, des tonnes d’opérateurs locaux! CQFD.

1 09 2009
websdugevaudan

Aujourd’hui pas besoin de fibre en effet
Mais le pb est-il là ? Le vrai pb à mon avis c’est que, avec le développement programmé (c’est nouveau mais ça va vernir plus vite qu’on ne croit ) du réseau fibre chez les citoyens « rentables » le réseau cuivre disparaîtra un jour ou l’autre. Il n’y a qu’à voir comment il est entretenu dans nos campagnes ! Devrons nous accepter lorsque ce moment arrivera de ne plus avoir de réseau fixe de communications dans nos campagnes ? Le pb du coût était aussi valable pour la fracture électrique hier que pour la fracture numérique aujourd’hui .Les parlementaires ont su résoudre la première fracture en 1936 .Sauront-ils résoudre la seconde en 2009 ?
Là, nous sommes d’accord, le coeur du pb c’est la volonté politique !

24 09 2009
Runel

Bonjour

Vous m’informez régulièrement des démarches actives que vous entreprenez pour généraliser le haut débit internet en Lozère. Je n’ai pas signé la pétition Aveyron-Lozère et ce n’est pas une négligence de ma part.
Je fais partie des TBD (très bas débit) puisque connecté par un modem 56 k et qui plus est en bout de ligne dans les Cévennes, de sorte que même 56 k ou même 30 k seraient pour moi un vrai luxe. Ma connexion effective tourne à quelques ko/s autant que j’ai pu la mesurer.
Alors pourquoi ne pas vous épauler dans votre action ?

Il existe bien sûr des gens pour qui le haut débit est professionnellement une nécessité. C’est le cas d’entreprises, d’associations, de collectivités locales qui ont par nature de grands volumes à transférer, par exemple pour entretenir un site web performant. Pour ceux-là, il existe des solutions aujourd’hui éprouvées de connexion privée via satellite.

Pour les autres, la majorité dont je fais partie, le haut débit serait sans doute appréciable mais n’est rien de plus qu’un élément de confort.

Vivre en Lozère, qui plus est dans des secteurs à l’écart des grands axes, des « autoroutes de l’information » est un choix. Nous y trouvons des avantages, en matière de qualité de vie, si nous comparons notre mode d’existence au stress des métropoles. Il y a aussi un revers de la médaille : nous n’avons pas le TGV ni les aéroports ni toute sorte de magasins spécialisés à deux pas, et nous ne les aurons jamais.

Il ne me paraît pas très responsable d’aller s’installer au bout du monde et ensuite d’exiger de la société qu’elle nous apporte toutes les dessertes possibles et imaginables. Contrairement à une idée très répandue chez les Français, l’individu n’a pas tous les droits et la collectivité tous les devoirs. Si je veux bénéficier du très haut débit, il ne tient qu’à moi de déménager dans une ville et alors je serai en droit d’avoir des exigences en matière de services publics.

A supposer même que la société puisse entreprendre des travaux lourds pour desservir le moindre hameau lozérien, n’y a-t-il pas à l’heure actuelle des problèmes autrement plus graves à régler que d’assurer le surf fluide sur le web à toutes les bergeries et burons reconvertis en résidentiel ?

Certes beaucoup de néo-ruraux cultivés ne manquent ni de relations, ni d’arguments, ni de temps pour s’investir dans cette cause. Personnellement, et spécialement dans les circonstances actuelles, elle me paraît un brin « décalée » dans un pays détruit par la logique ultralibérale. La fermeture des postes, des écoles, des gares, des hôpitaux ruraux « non rentables » n’est-elle pas une « fracture » bien plus grave que notre vitesse d’accès à internet ?

Je ne dis pas que le sujet est sans importance et j’entends vos arguments, basés sur l’égalité dans l’aménagement du territoire, mais de là à en faire LA priorité, il y a un grand pas…

Je vous souhaite néanmoins de réussir dans votre projet, mais vous comprendrez après ce raisonnement qu’il ne vous faudra pas compter sur ma participation.

Avec mes salutations profondément rurales.

Alain Runel

4 10 2009
Honnorat

Pas si décalée que ça M Runel ! Les ruraux devraient-ils être des sous-citoyens exclus des services publics ? Pourquoi n’auraient-ils pas le droit au mêmes services que les citadins et je ne pense pas qu’au simple « surf » sur le net, je pense à la santé (ne nous ferme-t-on pas des lits d’hôpitaux), l’éducation (ne nous ferme-t-on pas des classes), aux services postaux (ne nous ferme-t-on pas des bureaux de poste)…
Les exemples sont nombreux où il nous faudra des moyens dont le haut débit pour compenser de que cette société ultra-libérale a déjà détruit. « Sinon, nos agriculteurs n’auront plus qu’à espérer que la récolte de fourrage soit bonne » ces propos m’ont été exprimés par un entrepreneur (lozèrien et pas néo-rural) qui envisage de délocaliser son entreprise à Montpellier pour survivre. Or je suis sûr que comme moi vous tenez à ce que les emplois restent ici !

28 10 2009
Runel

Bonjour
Depuis le mois de septembre, je n’étais pas revenu et n’avais donc pas vu la réponse de M. Honnorat. La question « Les ruraux devraient-ils être des sous-citoyens exclus des services publics ? » contient certes la réponse mais laisse aussi un non-dit involontaire mais ô combien révélateur !

La fermeture des bureaux de poste, des écoles, en un mot de tous les services publics ne sera qu’accélérée si l’on augmente le débit sans reconnaître la nécessité de la présence physique des services. De quel droit réclamerons-nous des écoles, des postes, des structures de santé lorsqu’il n’y aura plus besoin de poste pour écrire, d’enseignant face aux élèves, de médecin (sauf cas d’urgence) puisque les 9/10 de ces activités pourront se traiter à distance, sans présence humaine.
Quant aux urgences, veillez à n’en avoir besoin que lorsque vous serez en ville, ou ayez une bonne assurance pour payer l’hélicoptère, car dans la Sarkozie de demain, il ne faudra pas compter sur la « Sécu ».

Je relève que le seul exemple que vous prenez est celui d’un entrepreneur, et cela conforte mon point de vue que seules les entreprises ont vraiment besoin de ce très haut débit. Mais on peut aller un peu plus loin…

La société que nous promet M. Ygrié pour 2030 dans un article qui se croit optimiste de « Lou Païs » est tout simplement effrayante, un « cauchemar climatisé » pour reprendre une expression bien connue. L’individu bardé de tous les outils de communication mais qui ne rencontre plus personne puisqu’il travaille à domicile (télétravail), fait des virements sur ses comptes, transmet des infos à son médecin sur sa santé, n’écrit plus que par courriels, etc.
Dans ce monde autiste, il ne sera même plus besoin de parler puisquen, calé dans votre fauteuil, ankylosé dans votre « home » dont vous n’aurez plus besoin de sortir, vous n’aurez plus que des « @mis ».

Mais ce n’est pas tout : mesure-t-on le danger qu’il y a à être ainsi dépendant d’internet ? (jusqu’à y stocker ses données, c’est un comble !)
Il suffira de vous déconnecter, soit par mesure administrative, soit parce que vous ne plaisez pas à votre FAI, soit parce que le réseau est piraté, ou toute autre raison (qui sait de quoi demain sera fait ?) et vous n’existerez tout simplement plus. Rappelez-vous que l’avenir n’a jamais été la simple projection du présent.

Si c’est de ce futur que vous rêvez, je plains les jeunes qui eux devront le subir toute leur vie.

Quant aux emplois qui restent ici, permettez-moi de vous dire que c’est simplement risible. Le travail n’existera justement plus que dans les grands centres urbains si ce n’est les livreurs qui viendront de temps à autre dans nos campagnes faire une tournée pour porter aux derniers habitants, essentiellement retraités, les articles qu’ils auront commandés, tout commerce de proximité ayant évidemment croulé face à la concurrence du net.

Votre bonne foi ne fait pas de doute, comme il ne fait pas de doute que vous êtes trop sensibles à un discours techniciste ambiant qui fait d’internet et des nouvelles technologies la solution à tous les problèmes. Les scientistes et positivistes du XIXème siècle ne se sont-ils pas assez « plantés » pour nous inspirer aujourd’hui un peu d’esprit critique ?

AR

28 10 2009
Honnorat

Les craintes que vous soulignez concernant les services publics, je les ai clairement exprimées, non pas comme un risque mais comme une dure réalité. Donc l’Internet peut compenser.
Mais on peut voir les choses autrement :
– quel intérêt pour un habitant éloigné de Mende de venir faire la queue au guichet d’une administration pour une question qui peut se régler par courriel ?
– certains travaux réalisables depuis chez soi ne représentent-ils pas une économie de carburant, de risque routier, de temps perdu ?
– les médecins ont un accès direct au « Vidal » depuis le domicile de leur patient…
Enfin pour ne pas « alourdir » le propos, je m’en tiendrai là, Internet nous a permis de nous mettre en relation et d’échanger nos points de vue, donc d’aiguiser notre esprit critique !
Je pense qu’il ne faut pas dramatiser, mais vous avez raison, restons vigilants, car les usagers c’est nous, et nos usages feront partie intégrante de nos sociétés de demain.

3 11 2009
La Lozère

Je sais pas si j’arrive trop tard à ce sujet mais je tiens à signaler que de nombreuses personnes ne sont toujours pas reliées à Internet en Lozère. Il faut parfois des mois et de nombreux courriers pour obtenir la prise en considération de la demande de raccordement au près des services publics…

17 09 2013
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