Numérique:une fracture peut en cacher une autre !

2 12 2018

Depuis leur création il y a près de 20 ans (1ére manifestation à Marvejols en avril 1999) les Webs du Gévaudan se battent pour résorber la fracture numérique entre les villes et les campagnes. « Apôtres » de la ruralité moderne faite du mariage du numérique et d’une agriculture respectueuse de l’environnement il leur est même arrivé,comme dans leur dernier article (chat échaudé craint même l’eau froide) de faire des « incursions » dans le domaine des pesticides et autres pollutions à l’origine de nouvelles maladies et pour lesquelles il serait peut-être utile de créer dans les facultés de médecine une chaire de « santé environnementale » !

Aujourd’hui recentrons- nous sur le numérique en focalisant sur deux fractures, l’une, sur les infrastructures, en train (péniblement !)  de se résorber, l’autre, sur les usages, en train de se creuser !

1-La fracture sur les infrastructures 

Les infrastructures , ce sont les supports du numérique ( jusqu’ici le cuivre,demain la fibre optique pour les réseaux fixes, les 3G,4G,5Gpour l’accès mobile).  Nous avons tout dit ou presque sur ce sujet dans nos différents articles . En dépit de progrès significatifs il reste encore beaucoup à faire ….et pas que dans les campagnes !( un ami de Balaruc les bains me disait encore hier soir qu’il lui arrivait de passer des week-ends sans internet !) ./ Vigilance donc même si , dans ce domaine clé s’il en est ( le 1er des services est l’accès aux services) , on avance . Cela étant ,même  lorsque ces supports couvriront l’intégralité du territoire sans aucune discrimination (égalité républicaine oblige!), lorsque la fracture numérique au sens où on l’entend habituellement (couverture égalitaire du territoire en réseaux de télécommunications)  sera derrière nous  une autre fracture , plus insidieuse et bien plus ravageuse, apparaîtra (est déjà là!) la fracture sur les USAGES .

2-La fracture sur les usages 

Les usages se développent à une vitesse exponentielle . « On n’a encore rien vu » ! Je reprends à mon compte ce « message » de Xavier Dalloz en ouverture de  la 2ème édition de M@rvejols sur web en 2000.! Avec le développement de l’intelligence artificielle ce « message » de près de 20 ans est de plus en plus d’actualité !

Plus les usages se développeront plus s’agrandira le fossé entre ceux qui auront « appris » le numérique et les illettrés du numérique. Cet illettrisme aggravera  encore la fracture sociale et les inégalités, causes des mots actuels et grandissants de notre monde!

« les exclus du numérique sont à peu près les mêmes que les exclus de la société » écrivions nous en 2010 dans un papier intitulé « internet solidaire« . Ce constat de plus de 8 ans est encore plus vrai aujourd’hui où, contrairement à l’époque, chaque français peut disposer d’un support d’accès au numérique .

a) L’illétrisme numérique des français (illectronisme) 

Selon un sondage récent 1/4 des français serai sent des illettrés du numérique et contrairement à une opinion assez répandue cet illétrisme  ne concerne pas seulement les personnes âgées (les séniors peuvent aussi être des « geeks »! ) . Il atteint toutes les couches de la société, y compris les jeunes souvent qualifiés de « digital natives ». Un excellent article du journal Libération nous alerte sur ce constat potentiellement dramatique pour l’avenir d’une partie de notre jeunesse. Le smarthone, ange gardien de tous les jeunes aujourd’hui (et pas que!) est-il un poison ou un remède ?

Celà étant, pour peu que l’on donne au mot « illétrisme numérique » un sens plus large de « compréhension » du monde numérique et de ses dérives dont la Chine commence à nous sonner quelques exemples nous pouvons dire que même initiés, nous sommes tous numériquement fragiles et que le numérique doit être non seulement un sujet de compréhension technique mais de REFLEXION sur la SOCIETE que nous préparons à nos enfants ! Les opportunités du numérique sont évidentes mais son utilisation démiurgique pourrait être très dangereuse pour l’humanité !

b) L’illétrisme numérique des dirigeants ?

En dépit de progrès évidents nos députés restent relativement « illettrés »! Rien d’étonnant dés lors de voir la France occuper la peu enviable 18 ème place dans l’Europe numérique . En tant que citoyen « lambda » je n’ai cessé de pointer le décalage entre la réalité numérique de notre pays et es grands discours de ses dirigeants depuis plus de 20 ans !

Quand on sait que l’Europe est aujourd’hui une « colonie américaine » on a des soucis à se faire quant à l’adaptation de ses peuples à la concurrence mondiale ! Cela étant, si nous savons faire un état des lieux sans concession et saisir les opportunités du numérique dans deux domaines vitaux,  la santé et l’éducation, tous les espoirs sont permis

Encore faut-il ouvrir les yeux pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays ! La désespérance qu’expriment de de nombreux français avec les « gilets jaunes » a des racines profondes .Laurent Alexandre,auquel nous faisons souvent référence dans ce blog, a , sur ce sujet une analyse qui devrait nous faire REFLECHIR ! « REFLECHIR »? Il y a un an je (nous) souhaitais une « bonne année intelligente ». Je reconduis ces voeux pour 2019. C’est à mon avis la première URGENCE tant pour les problèmes de fin du mois que de fin du monde !

 

Balaruc les bains le 2 décembre 2018

Pierre Ygrié





La fracture numérique va s’aggraver dans les zones rurales sauf si ?

7 04 2016

En 2009 nous écrivions «  La fracture numérique va s’aggraver dans les zones rurales sauf si ». Aujourd’hui, 7 ans plus tard, nous reprenons le même titre avec un avertissement « La (vraie) fracture numérique est devant nous mais on ne la voit pas encore ! »

2009 « La fracture numérique va s’aggraver dans les zones rurales sauf si ? »

Sous ce titre, dans un papier déjà « vieux » de 7 ans (une éternité à l’heure de l’internet!) , nous écrivions, entre autres, « Le problème n’est pas technique mais uniquement politique. Il ne faut pas dépenser l’argent public pour des solutions illusoires. Tout décideur, national et/ou local doit orienter les actions dans l’objectif du FTTH pour tous. Même si cet objectif parait encore lointain pour certains d’entre nous qu’il soit au moins clairement exprimé ! » 

Je rappelle que l’objectif FTTH (Fiber To The Home)s’inscrivait tout naturellement dans un processus de remplacement du réseau cuivre par un réseau optique. Conscient que cette opération prendrait un certain temps nous suggérions comme première étape du FTTH rural (Fiber To The Hameau) .

Nous rappelions alors « le droit des ruraux à disposer demain des deux réseaux modernes de télécommunications : le réseau principal en fibre optique et un réseau complémentaire (aérien) pour la mobilité » . « Demain », à l’époque , s’entendait « dans les 10 ans ou, au maximum 15 ans à venir » !

« Les mesures proposées aux zones rurales tant au niveau national qu’au niveau local ne sont pas à la hauteur des enjeux » écrivions nous à l’époque

2016 : La (vraie) fracture numérique est devant nous mais on ne la voit pas encore !

En 2009 j’écrivais : « Autant, par ces temps de crise, le gouvernement parait avoir pris conscience de l’importance des réseaux en fibre optique, autant il n’est pas allé jusqu’au bout du raisonnement pour en faire bénéficier tous les Français » .7 ans après ce constat est toujours vrai ! .

Depuis , certes, avec le plan France très haut débit , des progrès significatifs ont été faits Aujourd’hui, si les grands opérateurs continuent à se concentrer sur les zones « rentables » les collectivités publiques, grâce aux aides de l’Etat , développent des réseaux d’initiative publique dans les zones désertées par les opérateurs….sauf que… 1- ces réseaux ne couvrent pas tous les territoires et, pire, dans aucun département n’existe, pour les années à venir, de schéma directeur d’aménagement numérique prévoyant de mettre de la fibre partout où il y a du cuivre, laissant de ce fait, des pans entiers de territoire où les habitants n’auront plus de réseau fixe lorsque le cuivre aura disparu, ce qui ne saurait tarder lorsqu’on sait lire entre les lignes les derniers communiqués d’Orange 2-les grands opérateurs rechignent à proposer leurs services sur les réseaux d’initiative publique qu’ils n’ont pas construit eux mêmes au risque de mettre en péril ces réseaux … et l’argent des contribuables qu’il a fallu pour les construire !

Par ailleurs on entend beaucoup parler de « mesures fortes » pour résorber les zones blanches . C’est certes indispensable mais, si les « mesures fortes » s’arrêtent là ,on nous fait prendre des vessies pour des lanternes ! Référons nous encore une fois à notre article de 2009 « Si nous appelons fracture numérique l’écart entre le bas débit et l’Adsl et gouffre numérique l’écart entre l’Adsl (ou solution hertzienne ou satellitaire équivalente) et le FTTH, le label haut débit va peut-être réduire la fracture numérique au sens étroit du terme  mais laissera béant un gouffre numérique dont nous ne percevons que les signes avant-coureurs ».

7 ans après notre « papier » de 2009 nous reprenons le même titre qu’à l’époque avec toujours, en dépit d’indiscutables avancées, le même constat « Les mesures proposées aux zones rurales tant au niveau national qu’au niveau local ne sont pas à la hauteur des enjeux »

7 avril 2016 : Il ne nous reste que quelques jours pour agir !

L’annonce du projet de loi numérique nous avait donné quelques espoirs . Ces espoirs ont été vite déçus. Le 25 janvier, veille du vote de la loi par l’assemblée nous écrivions « la couverture numérique parent pauvre de la loi numérique »; Le 27 janvier, lendemain du vote, nous faisions part de nos inquiètudes et de nos espoirs dans le vote du sénat ; Le 25 mars nous parlions de « loi de la dernière chance » !

Si la ministre se dit confiante dans le vote de la loi par le sénat  nous le sommes aussi mais peut-être pas pour les mêmes raisons 😉

L’Etat doit aller jusqu’au bout de la stratégie qu’il a lui même choisie. Il y en avait une autre peut-être plus pertinente mais c’est trop tard ! Il doit « graver » dans la loi une égalité d’accès pour tous par un DROIT à la FIBRE même si, pour diverses raisons, il ne peut pas juridiquement lui donner ce nom ! . Dans notre combat, nous sommes certes soutenus mais, jusqu’ici du moins, çà n’a pas suffi !

Mesdames et Messieurs les sénateurs nous comptons sur vous pour que l’entrée de tous les citoyens dans la « république numérique » se fasse par la « même porte » !!

Auxillac le 7 avril 2016

Pierre Ygrié

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La fracture numérique va s’aggraver dans les zones rurales…sauf si ?

9 12 2009

    Autant, par ces temps de crise, le gouvernement parait avoir pris conscience de l’importance des réseaux en fibre optique, autant il n’est pas allé jusqu’au bout du raisonnement pour en faire bénéficier tous les Français

Dés février 2008 nous mettions l’accent sur l’importance d’un droit à l’information pour tous

 http://www.village-justice.com/articles/droit-information-Pierre-Ygrie,3292.html

Depuis nous ne cessons de « marteler » le droit des ruraux à disposer demain des deux réseaux modernes de télécommunications : le réseau principal en fibre optique et un réseau complémentaire (aérien) pour la mobilité.

Lors des assises du numérique du premier octobre

 http://www.dailymotion.com/video/xap0x8_pierre-ygrie-assises-du-numerique-2_news

 nous posions une question simple

 « Que peuvent apporter à la France des territoires ruraux en très haut débit ? »

 Cette question, différente et complémentaire de la « question traditionnelle » (que peut apporter le très haut débit aux territoires ruraux ?) n’a jamais été abordée dans une vraie démarche de développement durable. C’est pourtant, à notre point de vue, une question centrale qui,jusqu’ici ne fait l’objet que d’ « incantations citoyennes » comme ici au salon Odébit

 http://techtoc.tv/event/342/infrastructures/salon-odebit/point-complet-sur-les-enjeux-du-tres-haut-debit-dans-les-territoires-ruraux-avec-pierre-ygrie

 mais,jusqu’ici du moins, d’aucun débat alors que nous sommes en plein débat parlementaire sur la fracture numérique !

 Et pourtant l’atout « Espace » de la France peut-être considérablement exploité par les solutions de télé présence dans tous les domaines : Télétravail (limitation des déplacements, réduction des espaces de travail, réunions à distance, voyages d’affaires virtuels, travail collaboratif à distance etc…, Education ( classes virtuelles, espaces numériques de travail , suivi individuel de cours à distance etc…,Santé :(assistance aux populations fragilisées générant de plus en plus des activités telles que la téléassistance et l’e-inclusion sociale :télésurveillance médicale, téléconsultation (consultation, diagnostic et suivi du patient à distance, téléexpertise (demande d’un deuxième avis à un médecin expert), téléassistance à domicile(téléalarme pour personnes âgées, les handicapés, les femmes enceintes) , télémédico-social (encadrement du patient maintenu à domicile), dématérialisation des échanges de toutes sortes :factures,documents commerciaux,documents logistiques … mise en relation à distance entre usagers et prestataires de services publics (Anpe,Caf,Assedic… ) par visio guichet

 Pour peu que l’on anticipe l’évolution des usages et des infrastructures nécessaires ( usages et infrastructures sont intimement liés contrairement à ce que l’on peut entendre ici ou là) ,pour peu que l’on prenne conscience

 Les besoins en « bande passante » vont augmenter considérablement dans les années à venir :

 La demande de débit pour l’accès aux services d’Internet ne cesse d’augmenter : 50 kbit/s à la fin des années 1990, 1 à 2 Mbit/s vers 2004, 10 Mbit/s aujourd’hui. Si cette tendance se prolonge, et il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas à court (voir moyen) terme, il faudra offrir 100 Mbit/s vers 2015 pour que chacun puisse profiter dans des conditions satisfaisantes aux services qui s’annoncent.

 Les mesures proposées aux zones rurales tant au niveau national qu’au niveau local ne sont pas à la hauteur des enjeux :

 –Au national le plan numérique 2012 doit permettre à cinq millions de foyers, d’ici 2012 d’accéder à Internet vis des réseaux en fibre optique. Ce plan ne concerne que les grandes agglomérations, là où le marché peut s’exercer. La concurrence par les infrastructures est la règle et chaque opérateur déploie son réseau dans les zones très denses.
Mais rien n’est prévu à ce jour pour les zones moins denses. Dans les zones moyennement denses, des appels à projets devraient être lancés. Dans les zones peu denses, les déclarations gouvernementales  privilégient actuellement les solutions par satellites ou par radio. Tout sa passe comme si, implicitement , « à l’insu de leur plein gré » nous décidions pour nos enfants qu’ils n’auraient pas droit au réseau principal de communication de demain !

 -A local nous avons tout dit ou presque dans l’article précédent où nous proposons un plan Orsec pour la Lozère https://websdugevaudan.wordpress.com/2009/12/02/un-plan-%c2%ab-orsec-%c2%bb-pour-la-lozere/#comments

 Si nous appelons « fracture numérique » l’écart entre le bas débit et l’Adsl et « gouffre numérique »l’écart entre l’Adsl (ou solution hertzienne ou satellitaire équivalente) et le FTTH, le label haut débit va peut-être réduire la fracture numérique au sens étroit du terme  mais laissera béant un gouffre numérique dont nous ne percevons que les signes avant-coureurs.

 Si nous avons conscience du « pas en avant »vers un gouffre numérique qui se prépare nous nous mobiliserons tous pour demander

-à nos parlementaires de poser les « questions qui fâchent » et de trouver des solutions pour les zones rurales !

-aux décideurs locaux de ne pas « se laisser endormir » par des propositions qui ne s’inscriraient pas dans une indispensable démarche de « montée en débit ».Si le vrai FTTH, qui propose du 100 mégas (cf Pau,St Lo, Valenciennes etc…) n’est pas pour tout de suite dans toutes nos campagnes que l’on « ouvre au moins la porte » au véritable réseau de communications de demain en adoptant, à minima, une démarche vers du FTTH rural (Fiber To The Hameau), «étape ultime vers le vrai FTTH dont disposeront demain les citadins 

 Le problème n’est pas technique mais uniquement politique. Il ne faut pas dépenser l’argent public pour des solutions illusoires. Tout décideur, national et/ou local doit orienter les actions dans l’objectif du FTTH pour tous. Même si cet objectif parait encore lointain pour certains d’entre nous qu’il soit au moins clairement exprimé ! 

 Nous sommes contre un Internet des villes et un Internet des champs et

pour un Internet très haut débit « Ruri et Orbi » !





Fracture numérique et télévision numérique

12 10 2009

Attention aux amalgames fracture numérique /télévision numérique ou encore télévision numérique/TNT !

  Si l’impossibilité d’accès à la télévision numérique est certes une « facette » de la fracture numérique elle est loin d’en être l’élément essentiel.

Quant à l’amalgame entre télévision numérique et TNT(Télévision Numérique Terrestre) il est d’autant plus facile à faire que ce support (TNT) est gratuit alors que les deux autres sont payants

– Télévision Numérique par Satellite via une parabole (TNS ? pour ne pas « amalgamer » avec TNT ! )

 -Internet, payant et inaccessible

 Pour les ruraux privés de TNT et de haut débit (généralement les mêmes qui subissent cette « double peine ») et même les internautes Adsl disposant de moins de 8 mégas (encore l’exception en Lozère) les mots n’ont pas nécessairement la même signification !

 Avec la disparition programmée des chaînes analogiques la question de la télévision numérique (mais pas nécessairement celle de la TNT ! ) devient d’une actualité brûlante dans certains territoires comme la Lozère

La « médiatique » TNT est dés lors sur le devant de la scène : « Pourquoi avoir équipé à peine la moitié des 3500 émetteurs analogiques pour recevoir la TNT ? Pourquoi la loi n’oblige-t-elle pas les opérateurs et le CSA à couvrir et à financer le passage à la TNT de tous les émetteurs analogiques sur l’ensemble du territoire français ? » Faut-il demander aux collectivités locales de financer la mise à jour des antennes relais de TDF alors qu’elles seront de plus en plus sollicitées pour (co)financer des réseaux de très haut débit ?

 La « bonne question » n’est-elle pas « Comment accélérer la construction d’un réseau national de fibre optique  » ? Dans les territoires ruraux, cela signifie concrètement « comment amener la fibre dans chaque village, du FTTH rural (Fiber To The Hameau) en quelque sorte à défaut de vrai  FTTH tout de suite, pour donner du triple play (Internet + téléphone + télévision) aux habitants ? ». Une telle démarche permettrait de résoudre en grande partie l’accès à la télévision numérique de la plupart des citoyens.

Mais même si l’on va dans ce sens le problème, urgent, de l’« écran noir »ne sera pas résolu. Toutes les formules doivent être recherchées pour donner accès à la télévision à tous les citoyens. Il est probable que même la « réactivation » des relais de TDF ne suffirait pas. ll faudrait dés lors trouver une formule de subventionnements pour un équipement en paraboles. La TNS (Télévision Numérique Satellite) via la parabole est plus performante que la TNT tant sur le plan quantitatif ( chaînes plus nombreuses) que sur le plan qualitatif (performances stables et de meilleur niveau). Cette formule ne présente par ailleurs aucun risque sanitaire, ce qui n’est pas nécessairement le cas des antennes relais de la TNT ?. Cela étant, autant il n’est pas inenvisageable de faire appel aux collectivités locales pour l’équipement en paraboles autant c’est à exclure totalement pour la TNT !

 Cette « vraie »question (réseau national de fibre optique  ) a été officiellement posée au plus haut niveau. En lançant les assises des territoires ruraux  le 7 octobre Michel Mercier répond aux vœux  des Webs du Gévaudan relayés par la presse nationale  et nous nous en réjouissons. Il sollicite le parlement et les collectivités locales (« l’Etat pourra aussi intervenir en maîtrise d’ouvrage si le Parlement et les collectivités le souhaitent ») pour l’aider à appliquer son projet de généralisation du très haut débit sur l’ensemble du territoire. Sur la question de la nécessité de la fibre optique il prend clairement position : « La fibre optique sera nécessaire, à terme, partout car tous les français attendent la même qualité de service, notamment pour la télémédecine, l’enseignement à distance, le télétravail ou la visioconférence »

Il est révélateur, à mon sens, qu’il ne parle pas de télévision numérique, question, qui préoccupe actuellement, à juste titre mais ce n’est pas l’essentiel, les membres de la commission économique de l’assemblée nationale en charge des travaux sur la loi Pintat de lutte contre la fracture numérique.

 Plus vite se développeront les réseaux de très haut débit plus vite sera résolue la question de la généralisation de la télévision numérique, quitte à ce que les collectivités locales aident les citoyens isolés ou les réfractaires à l’Internet à s’équiper d’outils de réception de la télévision par satellite en assumant dans certains cas et provisoirement une certaine dégradation du paysage par les paraboles.  

 Alors que régulièrement les collectivités critiquent l’action (ou la non-action) de l’État sur la question de l’aménagement numérique, l’Etat, en l’occurrence, vient de donner une impulsion forte et inédite. Au parlement à voter maintenant le cadre règlementaire du déploiement et du financement d’un réseau national de fibre optique supprimant les freins actuels ( opacité des réseaux, gaspillages financiers générés par la concurrence sur les infrastructures, utile dans un premier temps mais plus aujourd’hui etc..), alimentant le fonds numérique national et incitant les collectivités territoriales non seulement à établir des schémas directeurs très haut débit mais encore à les réaliser concrètement. La démarche d’« expression de projets territoriaux innovants »(1)(Michel Mercier,assisses du numérique du 1er octobre) à laquelle, j’espère, seront associés les citoyens, n’en sera que plus efficace.

 Le problème de la TNT devrait être rapidement résolu par une décision simple.

Trop débattre la dessus me semble se détourner de l’objectif plus long terme de réduction de la fracture numérique qui, lui, pose des problèmes autrement plus importants pour l’avenir des territoires ruraux !

 Ce n’est qu’en mettant tous les moyens sur la vraie fracture numérique que sera supprimée la « fracture numérique » de la télévision numérique !

 Pierre Ygrié

12 octobre 2009

   (1)Comme, par exemple, pour le sud du massif central un projet « transversal » (donc en droite ligne avec la volonté gouvernementale qui ne souhaite pas l’éparpillement des projets), sur l’idée « l’A75 autoroute du télétravail » , le télétravail étant en Lozère un objet de réflexion déjà « ancien » tant pour les élus  que pour les citoyens

 





Fracture électrique autrefois, fracture numérique aujourd’hui… même combat !

4 09 2009

La proposition de loi sur la fracture numérique votée par les sénateurs est actuellement dans les mains de la commission des affaires économiques de l’assemblée

 Je viens d’écrire la lettre ci-dessous à tous les députés de cette commission

 Nos parlementaires ont en effet le pouvoir de supprimer la fracture numérique comme leurs prédécesseurs ont supprimé la fracture électrique il y a 70 ans ! La « fracture électrique » a été résorbée en son temps par un vote du parlement. Si le parlement n’avait pas voté la création d’un Fonds d’amortissement des Charges d’Electrification le 31 décembre 1936, les ruraux s’éclaireraient encore à la bougie ! Ce fonds, encore en vigueur aujourd’hui (mais qui le sait ?) est alimenté par une taxe 5 fois supérieure pour les abonnés des 5954 communes urbaines que pour ceux des 30611 communes rurales, un superbe exemple de solidarité nationale !

Mesdames et Messieurs les Députés,

 La proposition de loi relative à la lutte contre la fracture numérique  adoptée par le Sénat, a été déposée à l’assemblée le 21 juillet 2009 et renvoyée à la commission des affaires économiques dont vous faites partie

 C’est, à ma connaissance, la première fois que les représentants de la nation vont débattre et légiférer sur ce sujet, majeur pour l’avenir de notre pays et plus particulièrement de son espace rural ; « atout »encore trop méconnu de nos décideurs cet espace devrait se révéler porteur d’une vraie démarche de développement durable.

 En tant que responsable d’une petite association de promotion de l’Internet très haut débit dans les territoires ruraux, je m’en réjouis

 Dans un domaine jusqu’ici un peu « compliqué » où l’on confondait à volonté haut débit et Adsl ou encore haut débit et très haut débit les choses commencent à se clarifier sous l’impulsion de grandes associations (AMF, ADF, ARF, AVICCA…)  et du gouvernement lui-même.

Il y a, semble-t-il, aujourd’hui consensus sur la nécessité de structurer le territoire en fibre optique, seul support pérenne tant pour créer le futur réseau fixe de télécommunications que pour optimiser le réseau mobile.

 Notre association, les Webs du Gévaudan ,représente le département de très loin le moins peuplé de France, ce qui le légitime comme symbole de la ruralité. Elle s’est associée avec une association amie d’un département voisin, l’Aveyron, AveyronADSL , pour lancer une pétition destinée à soutenir les parlementaires ruraux lors du débat parlementaire

 Les 5000 signatures recueillies à date avec très peu de moyens (quelques bénévoles) ne donnent qu’une pale idée de l’attente des citoyens ruraux…pour preuve les 541 signatures recueillies en une matinée sur le marché de La Canourgue, village de 2000 habitants !

 Notre demande, explicitée dans le prospectus joint, remis à chaque contact, met l’accent sur l’importance du rôle des parlementaires pour résoudre par la loi le problème épineux du financement d’infrastructures en fibre optique dans les territoires ruraux.

  La proposition de loi va dans le bon sens puisqu’elle acte le principe d’un fonds de péréquation. Elle ne précise malheureusement pas comment il sera financé. Ce problème a été évoqué mais non résolu lors du dernier colloque Ruralitic au cours duquel les interventions de Nathalie KosciuskoMorizet et de Michel Mercier ont été par ailleurs très appréciées.

 En décidant, par la loi, de mesures de financement d’un dispositif de péréquation nationale les parlementaires feraient un « vote d’avenir » pour les générations futures. Les réseaux de collecte et de raccordement d’abonnés Très Haut Débit sont des réseaux structurants mis en oeuvre pour des périodes de l’ordre de 50 ans. Leur pérennité et leur homogénéité sont des points fondamentaux. Les seules règles de la concurrence sont totalement incompatibles avec la mise en oeuvre de tels réseaux dés que l’on sort des grandes villes.

 Persuadé que, à l’instar de vos prédécesseurs qui ont su trouver la solution en 1936 pour résoudre la fracture électrique, vous trouverez en 2009 la formule pour résoudre la fracture numérique, je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Députés, en tous les encouragements des citoyens ruraux.

   Pierre Ygrié  Webs du Gévaudan

   





Fracture numérique:Alertons nos parlementaires !

8 07 2009

La fracture numérique ne peut se résoudre que par la loi ! Le role de nos parlementaires est donc essentiel .Pour ce qui les concerne les Webs du Gévaudan ont adressé le courriel ci-dessous à tous les sénateurs !

 Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

  Le 20 juillet prochain vous allez débattre de la proposition de loi de votre collègue Xavier Pintat sur la fracture numérique http://www.senat.fr/leg/ppl08-394.html

En tant que responsable d’une association qui se bat depuis près de 10 ans pour une égalité de traitement dans l’accès à l’information via les réseaux Internet de demain fixe(FTTH) et mobile je m’en réjouis

 Je ne développerai pas ici l’historique des activités de l’association récapitulées succinctement à l’adresse https://websdugevaudan.wordpress.com/2009/06/01/le-%c2%ab-combat-%c2%bb-des-webs-du-gevaudan/#respond  ni les différents arguments justifiant cette égalité de traitement résumés dans l’argumentaire joint (Très Haut Débit pour tous)

 Je me contenterai de signaler deux points essentiels aux yeux des membres de notre association  :

 -le lien étroit entre Très Haut Débit et développement durable

 L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » encouragé avec raison par le gouvernement et que seul autorise le très haut débit (5 fois plus d’informations dans les réseaux en 2012 qu’en 2015 !) réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables .Mais la plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son),rapides,fluides et symétriques ,ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable.

 -l’apport potentiel d’une ruralité « numérique »dans la démarche de développement durable

La généralisation du très haut débit non seulement favoriserait  un aménagement plus équilibré du territoire mais constituerait aussi  un support précieux pour nous procurer de la “matière à réfléchir” et développer l’”intelligence collective” nécessaire pour “inventer ” l’avenir ! Nous avons à « inventer » le changement dans tous les domaines ; ce ne sera possible que par la multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions . Même si certains pourraient sourire de cette « platitude »on réfléchit mieux à la campagne . Or le travail collaboratif  à distance est aujourd’hui possible avec Internet à condition de disposer à la campagne des mêmes outils qu’en ville .

Cette généralisation est possible si les choses sont claires dans l’esprit de tous,élus et citoyens

 –un constat avéré : autant sur la première « France »(la France des opérateurs ! ) on peut admettre qu’il y ait une double concurrence (sur les structures et sur les services),autant sur la seconde « France »la concurrence sur les structures n’est pas possible pour des raisons évidentes de (non) rentabilité .C’est par exemple le cas de la Lozère qui n’intéresse aucun opérateur .La seule solution est donc la création d’une infrastructure en fibre optique publique,donc neutre et ouverte à la concurrence des opérateurs de services

 –une conclusion évidente : la nécessité de trouver des dispositifs spécifiques de mutualisation et de péréquation pour construire les boucles locales de fibre optique pour amener du très haut débit fixe et mobile en zones rurales

Nous avons en France un atout considérable,l’ESPACE ! Dans une politique de développement et d’aménagement durables du territoire cet espace est potentiellement disponible pour qu’on le dote de moyens pour développer l’économie de la connaissance dont la “matière première”,l’information, peut être disponible partout !

Quand cet espace est préservé comme c’est le cas en Lozère département symbole de la ruralité s’il en est ( 77000 habitants,fort pourcentage d’agriculteurs…)pourquoi ne pas imaginer d’y tester des dispositifs spécifiques de péréquation et de mutualisation permettant d’amener du très haut débit rural à la campagne ?Une telle expérimentation, si elle était concentrée dans un premier temps sur les territoires irrigués par l’autoroute A75 ,aujourd’hui numérique ( http://byc.ch/Affiche2.pdf ) permettrait de fédérer ses voisins aveyronnais et cantaliens (https://websdugevaudan.wordpress.com/2009/02/08/l%e2%80%99a75-%c2%ab-autoroute-du-teletravail-%c2%bb/#comments  ) .et,ce faisant, constituerait un excellent cas d’école pour développer,au-delà des difficultés de tous ordres (administratives,juridiques,psychologiques,culturelles…) l’intelligence collective des ruraux du sud du massif central ! 

Vous connaissez mieux que personne les problèmes des collectivités rurales .Sachez que ,même si le sujet est encore flou dans l’esprit de certains, avec l’arrivée prochaine du FTTH en ville la question de l’équipement de l’ensemble du territoire en fibre optique va se poser très rapidement pour tous les ruraux !

Les membres de notre petite association lozérienne et,au-delà, je pense,tous les ruraux de ce pays,font confiance aux « sages de la république » pour être les précurseurs de cette ruralité moderne (« mariage » du terroir et de l’Internet) à laquelle nous aspirons tous

Recevez, Mesdames les Sénatrices ,Messieurs les Sénateurs,l’expression de notre soutien et de nos encouragements

 Pierre Ygrié  Webs du Gévaudan





Fracture numérique :une proposition de loi enfin !

5 07 2009

 Rares sont les élus qui osent monter au créneau pour défendre le très haut débit en zones rurales . Le sénateur de la Gironde,Xavier Pintat ,fait partie de ces « happy few ».Il vient de déposer une proposition de loi sur le sujet http://www.senat.fr/leg/ppl08-394.html ;elle sera discutée le 20 juillet! C’est dire si,pour les ruraux, c’est le moment de se montrer en écrivant à nos sénateurs !

 Avec le numérique, nous vivons une révolution qui s’apparente à l’arrivée de l’électricité et du téléphone. Le problème c’est que contrairement aux deux premières où l’on a créé des réseaux spécifiques ,le réseau électrique et le réseau téléphonique (fil de cuivre) on n’a pas créé le réseau Internet …. un réseau en fibre optique jusqu’à l’abonné .On nous a fait croire que le réseau en cuivre suffirait. Aujourd’hui l’on prend conscience de ses limites et le gouvernement vient de lancer un programme d’équipement en fibre optique ….des zones denses ! Il faut s’en réjouir tout en demandant à ce que les ruraux,qui ont peut-être encore plus besoin que d’autres des apports de l’Internet, ne soient pas les victimes de cette nouvelle concurrence sur la création de réseaux en fibre optique .Cette concurrence n’existera pas en Lozère car notre département n’intéresse aucun opérateur !

Il y a urgence à se mobiliser pour demander :

-aux élus locaux d’élaborer des schémas directeurs de très haut débit sur leur territoire

-aux élus nationaux d’organiser un débat parlementaire sur le sujet via des propositions de loi et des amendements. Dans son appel de Fournels le député de la Lozère Pierre Morel à l’Huissier s’est engagé à proposer un large débat et à défendre un « Facé des télécoms » .La proposition de loi de Xavier Pintat va dans ce sens .Soutenons le et,au besoin,si nous avons des idées,proposons des amendements !

-à tous les lozériens, élus et citoyens,de soutenir les élus nationaux qui posent les vrais problèmes d’aménagement numérique des territoires ruraux

Le numérique est porteur de croissance et créateur d’emplois .Pour le seul Languedoc Roussillon ,outre ses effets indirects dans des domaines cruciaux (santé,éducation,tourisme etc…) le secteur TIC a créé 17000 emplois directs dans 3000 entreprises dont 15 seulement en Lozère !

L’A75 est désormais équipée de fibre optique. Mais cette fibre ne sert à rien tant qu’elle n’irrigue pas le territoire .Nous avons une chance historique de faire des territoires de l’A75 (voisins aveyronnais et cantaliens compris)des portes d’entrée physique (déjà fait) et numérique (tout reste à faire) de nos départements .Encore faut-il la saisir ! Les difficultés de tous ordres ne manqueront pas ! Mais la perspective est belle : faire de l’A75 l’autoroute du télétravail !

Mais au-delà de nos problèmes locaux la généralisation du très haut débit sur l’ensemble du territoire non seulement favoriserait  un aménagement plus équilibré du territoire mais constituerait aussi  un support précieux pour nous procurer de la « matière à réfléchir » et développer l’ »intelligence collective » nécessaire pour « inventer  » l’avenir ! Nous avons à « inventer » le changement dans tous les domaines ; ce ne sera possible que par la multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions . Même si certains pourraient sourire de cette « platitude »on réfléchit mieux à la campagne . Or le travail collaboratif  à distance est aujourd’hui possible avec Internet à condition de disposer à la campagne des mêmes outils qu’en ville

 Cette généralisation est possible si les choses sont claires dans l’esprit de tous,élus et citoyens

 –un constat avéré : autant sur la première « France »(la France des opérateurs ! ) on peut admettre qu’il y ait une double concurrence (sur les structures et sur les services),autant sur la seconde « France »la concurrence sur les structures n’est pas possible pour des raisons évidentes de (non) rentabilité .C’est par exemple le cas de la Lozère qui n’intéresse aucun opérateur .La seule solution est donc la création d’une infrastructure en fibre optique publique,donc neutre et ouverte à la concurrence des opérateurs de services

 –une conclusion évidente : la nécessité de trouver des dispositifs spécifiques de mutualisation et de péréquation pour construire les boucles locales de fibre optique pour amener du trés haut débit fixe et mobile en zones rurales

 Internautes ruraux c’est le moment de monter au créneau en écrivant à nos parlementaires. Avec Internet quoi  de plus facile aujourd’hui ?





20 ans déjà… et on n’a encore rien vu !

2 12 2019

Les Webs du Gévaudan que j’ai créés en 2000 en revenant chez moi à la retraite ont d’abord été une association de promotion de l’internet très haut débit en Lozère, puis un « outil de lobbying » pour l’ensemble du monde rural .Aujourd’hui , ce n’est plus qu’un blog personnel sur lequel il m’arrive de « déborder » des seuls sujets numériques (cf derniers billets sur l’Europe) et dans lequel j’interviens de moins en moins en raison de graves problèmes de vue . Mais les ressources numériques « orales » sont telles que je ne m’interdis pas de continuer à réfléchir à ce qui est dés maintenant notre « double vie » : notre vie biologique dont l’écosystème (air,eau…) est public et note vie numérique dont l’ écosystème est privé (GAFAM, BATX) . Le papier ci-dessous n’a d’autre objet que de tenter de récapituler par rubrique les quelques billets des Webs du Gévaudan écrits jusqu’ici (avec de nombreuses redondances!) et de jeter des pistes de réflexions pour l’avenir .

LE PASSE

Egalité https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=egalite

Santé https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=sante

Agriculture https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=agriculture

Lozère https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=lozere

Services publics https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=services+publics

Fracture https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=fracture

Intelligence artificielle https://websdugevaudan.wordpress.com/

?s=INTELLIGENCE+ARTIFICIELLE

Europe https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=europe

Infrastructures https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=infrastructures

Usages https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=usages

Ruralité https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=ruralite

Télétravail https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=teletravail

Combat https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=combat

Bonne année https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=bonne+ann%C3%A9e

Ethique https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=ethique

Mon village https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=mon+village

L’AVENIR

« On n’a encore rien vu » déclarait Xavier Dalloz en ouvrant la conférence de Webs du Gévaudan en 2000 à Marvejols . 20 ans plus tard nous pouvons reprendre cette formule prémonitoire !

De nombreuses vidéos sont autant de « matière à réfléchir » pour nous aider à y voir clair.

J’en ai retenu trois :

– vers une dictature numérique https://www.youtube.com/watch?v=BTE56jX5ixE&t=141s

– camisole numérique https://www.youtube.com/watch?v=V4yf3HOEHPk&t=2709s

regards croisés sur 2 façons divergentes de voir l’avenir https://www.youtube.com/watch?v=3HJ4wKTRi4k . Le seul point d’accord des protagonistes porte sur l’EDUCATION  arme absolue contre le fléau de tous les temps : l’IGNORANCE . Dès le 12 ième siécle Avéroès philosophe arabe déclarait : «  L’ ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence : voilà l »équation ».

La première pose l’immense question de ce que nous ferons de l’exploitation de milliards milliards de DONNEES désormais à notre disposition grâce au numérique .

A l’instar du pétrole, source de confort inédit dans l’humanité mais aussi destructeur de l’environnement les données pétrole du 21ème siècle peuvent permettre des avancées fabuleuses dans de nombreux domaines à commencer par celui de la santé mais aussi participer monstrueusement à sa déshumanisation .Telle la langue d’Esope le numérique, à l’avenir, peut s’avérer être la meilleure et la pire des choses , y compris la destruction de l’environnement https://www.youtube.com/watch?v=cN__PwhX2WY

La seconde insiste sur l’URGENCE pour la France et l’Europe de « faire le numérique » au lieu de le subir .

La troisième peuvent être une bonne base de réflexion .

Le numérique fait désormais partie de notre « triple vie » (biologique, numérique,spirituelle) IL EST INCONTOURNABLE : la seule question, selon moi, est de savoir si , nous citoyens, sauront le maîtriser ou s’il sera le futur instrument de domination des transnationales voire des Etats , ce qui ne serait pas mieux s’il s’agissait d’Etats non démocratiques .

La MOBILISATION des CITOYENS pour COMPRENDRE le NUMERIQUE est urgente si ne voulons pas donner raison à Galilée lorsqu’il écrivait il y a plus de 400 ans :

« vous découvrirez peut-être avec le temps tout ce qu’on peut découvrir mais votre progrès ne sera qu’une progression qui vous éloignera de l’humanité. L’abîme entre elle et vous pourrait alors devenir si grand qu’à tout cri de joie devant quelque nouvelle découverte pourrait répondre un cri d’horreur universel »

Informons nous encore et encore et cultivons le « techno discernement »  qui jusqu’ici n’a pas été notre qualité première..

Bonne année 2020 !

Auxillac le 2 décembre 2019 .

Pierre Ygrié





Le Numérique dans le Grand Débat 

21 02 2019

Outil de libération ou d’asservissement le numérique est ce qu ‘en font les hommes. Le grand -débat peut être une occasion de réfléchir à cette immense question ! Si les citoyens s’en emparent il peut aider à rechercher des solutions aux 3 grands défis de l’humanité (Climat Représentation Inégalités) .Encore faut-il que nous en ayons une BONNE COMPREHENSION ! C’est à mon sens d’autant plus urgent que nous sommes complètement perdus ! Comment ne le serait-on pas ? l’humanité produit en deux ou trois heures autant d’informations qu’elle en a produit depuis sa naissance . Dans cette masse inédite d’informations vérités et mensonges cohabitent sans que, même les personnes les plus averties,aient toujours les moyens de faire le tri . La saison des mensonges est ouverte ! Nous sommes désemparés et ce n’est pas le capitalisme numérique qui nous aidera à y voir clair ! .

Après la privatisation du monde « physique » la privatisation du monde numérique est en cours . Le monde de l’internet n’est pas gouverné par les États, encore moins par l’ONU mais par les géants privés que sont les GAFAM aux USA et les BATX en Chine . La conséquence inéluctable, logique privée oblige, est que tout devient marchand , à commencer par notre vie privée, nos passions, nos émotions ….L’anonymat libère la parole, parfois positive mais le plus souvent haineuse car c’est cette dernière qui fait vendre ! Il est urgent que nous prenions conscience d’une évidence :: nous sommes tous, plus ou moins consciemment , manipulés par un système qui « pousse » davantage nos émotions que notre réflexion  « les hommes préfèrent mourir que réfléchir »Idisait Henry Ford . Le grand débat nous offre la possibilité de réfléchir aux deux facettes de l’internet, plus grand réservoir de connaissances de l’humanité et plus grande poubelle de l’histoire

Le grand débat doit donc être l’occasion de lancer des idées sur le sujet. En voici quelques unes….

1- Formation des jeunes à la « citoyenneté numérique »

Dans l’article « une fracture peut en cacher une autre je qualifiait les jeunes, de façon un peu provocatrice, «d »’ illettrés numériques » ! .Les jeunes, en effet, « digital natives » vivent avec le numérique mais comprennent-ils, comme de nombreux adultes d’ailleurs, écosystème NUMERIQUE ? Ont-ils conscience que , contrairement à l’écosystème biologiques (l’air, l’eau???) cet ECOSYSTEME est PRIVE et obéit aux règles marchandes dont le but final (le profit) est très éloigné des promesses « humanitaires » des pionniers de l’internet :

Une semaine, voire davantage de formation à la citoyenneté numérique dans le cadre du service universel , me paraît dés lors hautement souhaitable pour aider nos jeunes à COMPRENDRE le NUMERIQUE !

2- Services publics à domicile !

En 2012, à une époque où l’administration électronique n’en était qu’à ses balbutiements,dans un article « Services publics tous égaux »je pontais l’opportunité historique d’accès de tous les citoyens aux services publics électroniques de l’avenir .Aujourd’hui ces services sont, sinon stabilisés, du moins « en construction » ; Se pose maintenant, pour les « handicapés numériques »le problème de l’accès. Pour les personnes âgées et handicapées , qui bénéficient aujourd’hui d’une aide ménagère à domicile je propose la création d’un nouveau métier:Assistant Numérique à Domicile .

3-Un référent numérique dans chaque commune .

Une vieille idée des Webs du Gévaudan développée à l ‘époque (2014) dans deux articles : Un référent numérique dans chaque conseil municipal et Soleil numérique sur l’étang de Thau J’y écrivais, entre autres « Ce référent numérique devrait, entre autres, se tenir informé des évolutions du plan France très haut débit ( le minimum !), faire le lien avec l’équipe TIC du conseil général de son département et ou de sa région, mettre en place des outils de communication interne ( intra conseil municipal )et externe où il ferait figurer, à minima, les comptes rendus des séances du conseil municipal  et un jour, pourquoi pas, le conseil municipal en live ! organiser des réunions citoyennes pour réfléchir ensemble aux futurs usages vitaux de l’internet (santé, services de proximité

4-Participation des citoyens à la « construction » de la loi

Généraliser,en amont de la finalisation de tout projet de loi et/ou proposition de loi une consultation des citoyens via une une plate-forme numérique comme cela a été fait (une seule fois jusqu’ici) pour la loi numérique .Les webs du Gévaudan s’étaient alors abondamment « manifestés » !!

Cette idée doit venir compléter un indispensable rééquilibrage des rôles du gouvernement et du parlement dans l’initiative de la création de la loi. Aujourd’hui, à ma connaissance, près de 90%des lois sont à l’initiative du gouvernement (projets de loi) au détriment des parlementaires, « représentants » des citoyens (propositions de loi) .Pas étonnant dés lors qu’il y ait une crise de la représentation !

5-Le numérique outil de base du « vote majoritaire ».

Les modes de scrutin actuels ont des effets pervers bien connus ; élus non représentatifs de la majorité des citoyens (système actuel), pays ingouvernable (proportionnelle).Pourquoi ne pas expérimenter le jugement majoritaire ?

. : Le Jugement Majoritaire est une nouvelle théorie du choix social applicable à toute prise de décision collective, établie par les mathématiciens du CNRS Michel Balinski et Rida Laraki en 2002. …..un système apprécié par les jeunes ! Les difficultés logistiques pour concrétiser un tel système seront résolues par le numérique !

6-Création d’outils d’échanges entre les citoyens et leurs élus locaux et nationaux.

Elus nationaux

L’outil que pour ma part, j’utilise depuis plus de 15 ans est le mail.A chaque législature je compile les adresses de tous les parlementaires nationaux (plus de 900) « piqués » sur les sites de l’assemblée nationale et du sénat et européens (plus de 70) .Cette base de données me permet, tout au long de la législature, d’envoyer des messages , d’un simple clic, à tous les députés, sénateurs et députés européens ; On peut y trouver des exemples de courriels dans des commentaires de l’article ».Nous sommes tous agriculteurs » 

Mais ce mode d’interpellation des élus a ses limites (peu de réponses) . S’il faut, à mon avis, le maintenir, il faut les compléter par de nouveaux outils : obligation, pour chaque parlementaire, lors du vote d’une loi, d’expliquer son vote sur son site, création d’un réseau social (groupe d’un réseau existant pour commencer) dans chaque circonscription , réseau ouvert (et limité) aux électeurs de la circonscription qui devraient bien entendu s’identifier (pas d’anonymat) pour participer aux échanges ! Etc…. etc ….

Elus locaux .

Création de plate -formes citoyennes communales ;Suggérer à chaque commune volontaire d’ouvrir une plate-forme citoyenne où pourraient s’inscrire, en s’identifiant, tous les résidents de la commune Chaque citoyen inscrit posterait des remarques, signalerait des dysfonctionnements et surtout des PROPOSITIONS sur lesquelles les autres membres de ce groupe de « citoyens en éveil » donneraient leur avis C’est une vieille idée que j’avais pour Auxillac, que je n’étais pas capable techniquement de concrétiser;Pour commencer on pourrait, à minima, ouvrir une boite à idées numérique dans chaque mairie : chacun peut « apporter » ses idées pour améliorer la vie dans sa commune à condition de s’identifier (pas d’anonymat) .Toutes les idées sont « visibles » et font l’objet d’échanges à l’occasion de réunions publiques périodiques..Site web municipal.Téléphone vert (jaune?):enregistreur ouvert à chaque citoyen désirant signaler une anomalie ou un dysfonctionnement. Comme pour la boite à idées obligation de s’identifier ;Etc..

7-Expérimenter un grenelle de la -e-santé sur un territoire rural ;..

Une vieille idée des Webs du Gévaudan que je vous laisse découvrir sous ce lien : 

8-Création d’un réseau social européen authentique !

Les réseaux sociaux actuels, tous américains ou chinois ( pour les plus connus du moins) , s’ils permettent une expression sans limites ont à mon avis un double inconvénient /:la logique de leurs algorithmes privilégie les contenus émotionnels à partir d’informations dont certaines sont « vraies » mais d’autres, de plus en plus nombreuses, fausses?-l’anonymat autorise l’expression de toutes les haines et de ce fait favorise laviolence

Comment créer avec des fonds européens un réseau où l’on ne pourrait intervenir qu’en s’identifiant avec son vrai nom et non sous un pseudo ?

9-Créer une plate-forme de « TIERS de CONFIANCE »

corps d’experts indépendants dans tous les domaines , auprès duquel tout un chacun pourrait vérifier la véracité de telle ou telle information

10-Création d’un fond européen de recherche et développement sur le numérique pour tenter de faire émerger les géants européens du numérique de demain.Vaste programme.

L’Europe ne peut pas rester indéfiniment une colonie numérique.;Seul un numérique européen peut , avec une vision ‘encore!) humaniste et non axée sur le seul profit, aider à REORIENTER la MONDIALISATION dans un sens de développement d’échanges NUMERIQUES AUTHENTIQUES et de REDUCTION des ECHANGES PHYSIQUES néfastes pour l’environnement J’arrête là ce papier sans prétention qui n’a d’autre but que de nous

A court d’imagination j’alerter ce papier qui n’a d’autre but que de nous alerter sur ce qui nous attend  « négligeons » le numérique en COMPREHENSION et en INVESTISSEMENTS !

Balaruc les bains le 21 février 2019

Pierre Ygrié





Bonne annéé 2019 !

14 12 2018

En relisant le message que j’avais adressé il y a un an pour les vœux 2018 , je réalise qu’il n’a rien perdu de son actualité .Je me permets donc d’en faire un copier coller ci-dessous

J’ajoute simplement que la concertation que j’appelais de mes vœux est d’autant plus nécessaire qu’elle est difficile en raison de l’actualité et de l’importance prise par les réseaux sociaux , réseaux dont il est urgent de comprendre la logique intellectuelle et qui ont une vraie responsabilité sur l’évoltion de nos sociétés

Le numérique , comme la langue d’Esope, peut être la meilleure ou la pire des choses selon l’usage qu’on en fait .On peut très bien savoir utiliser l’outll pour consommer du « coca cola numérique » tout en étant un « illettré » dans le sens de la compréhension de cette révolution dont on n’a encore rien vu .La fracture numérique a encore de beaux jours devant elle ! 

J’espère que d’autres que les Webs du Gévaudan, qui vont fêter leur vingtième (et peut-être dernière) année, prendront le relais pour vous faire vivre les nouvelles fractures qui nous attendent et l’importance ,pour les nouvelles générations, de se former non seulement à l’utilisation du numérique mais à sa bonne « COMPREHENSION ». Investir sur la formation au numérique pour éviter ses pièges et en saisir toutes les opportunités ET sur la RECHERCHE que ce formidable outil autorise désormais est une urgence absolue si nous ne voulons pas que la France devienne le « Zimbabwe » du 21eme siècle !  

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Voeux 2018 : « Les Webs du Gévaudan (x) vous adressent leurs meilleurs vœux pour 2018 ! Que l’année nouvelle soit pour nous tous, élus et citoyens, une année de RÉFLEXION ET DE CONCERTATION​ sur la transformation numérique tant à l’échelon local qu’à l’échelon ​global​ 1-en global le développement exponentiel de l’intelligence artificielles mérite que les citoyens s’emparent de ce sujet à mon avis trop peu connu jusqu’ici 2 -au niveau local,profiter de la dynamique impulsée par le l’annonce du fibrage du  pour lancer une une large CONCERTATION sur les usages »

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Bonnes fêtes et bonne année 2019

Balaruc les bains le 14 décembre 2018

Pierre Ygrié