Les mêmes infrastructures partout pour les mêmes services partout !

23 11 2009

 Dans le grand emprunt le numérique hérite d’une enveloppe conséquente de 4 milliards d’euros (dont 2 milliards pour les infrastructures). Cette nouvelle ne sera véritablement « bonne » que si elle lance une dynamique et si elle est suivie prochainement du vote d’une loi actant un cadre règlementaire pour le développement et le financement du très haut débit sur l’ensemble du territoire français .

Oui à la concurrence…sur les services !

La concurrence, la vraie, pas celle qui, par fusions successives, reconstitue des oligopoles, est celle qui profite au consommateur final .

 Or, qu’attend le consommateur final ? La réponse est claire : un maximum de services, la possibilité de choisir entre les différents opérateurs et des prix attractifs sur tout le territoire. S’agissant d’un droit qui devrait être fondamental, le droit à l’information l’ égalité de traitement tant dans l’accès aux services que dans les prix doit être la règle.

 Pour ce faire il faut un deux conditions:

– une « tuyauterie Internet »de très haut débit identique sur l’ensemble du territoire

– une égalité d’accès des opérateurs de services à cette « tuyauterie » pour qu’ils puissent proposer les mêmes services partout.

 La véritable concurrence que doit encourager le législateur est donc bien une concurrence sur les services aux consommateurs finaux et non une concurrence sur les infrastructures !

Pour la couverture de la France en fibre optique,  l’emprunt ne suffira pas !

 L’environnement n’a jamais été aussi favorable pour le très haut débit mais pour couvrir les zones rurales en fibre optique, seul support garantissant les mêmes services partout, le grand emprunt n’est évidemment pas la panacée ! Au regard des 30 à 40 milliards nécessaires la couverture de la France en fibre optique nécessitera à l’évidence d’autres sources de financement ! Pour ce qui concerne les zones rurales , non « rentables » à court terme pour les opérateurs mais « rentables » à long terme à la France et aux Français, de plus en plus nombreux « en mal de campagne », ces financements ne pourront être prévus que par la loi !

La loi principale « source » de financement !

 Rien de sérieux ne se fera sans un VOTE du PARLEMENT. La généralisation de l’électricité n’a pu se faire que grâce à un vote du parlement instituant un fonds de péréquation financé par une taxe. Or aujourd’hui le mot « taxe » est devenu tabou ! N’empêche, lors du débat parlementaire du 30 novembre nos députés doivent avoir le courage de poser des « questions qui fâchent » du type : la concurrence sur les infrastructures, qui oblige chaque opérateur à investir et donc rogne leur marge, a-t-elle encore un sens ? Les bénéfices de France Télécom dont le principal actionnaire reste l’Etat, ne seraient-ils pas mieux utilisés dans l’investissement sur la fibre que dans des dividendes aux actionnaires ? Pourquoi l’idée de taxe est-elle « tabou » ? Pourquoi n’y a –t-il pas eu jusqu’ici une réflexion de fond sur ce que pourraient apporter les territoire ruraux à la France alors que l’économie de la connaissance est la seule dont la « matière première »(l’information) est potentiellement disponible n’importe où ? Pourquoi ne pas reconnaître un droit égalitaire à l’information pour chaque citoyen ? Pourquoi la place « numérique » de chaque citoyen ne serait-elle pas identique quelle que soit sa place physique sur le territoire ? etc…

La balle est dans le camp du parlement. En lançant les assises des territoires ruraux Michel Mercier a souhaité que remontent des propositions innovantes en particulier en matière de très haut débit..Si nos parlementaires ont le courage de voter la loi dont les territoires ruraux ont besoin alors, les propositions émises lors de ces assises auront quelque chance d’ « aller au bout ».

 La nécessaire mobilisation des citoyens ruraux !

 C’est vraiment le moment pour tous les ruraux, de nous mobiliser et d’encourager nos parlementaires à « monter au créneau » lors du débat sur la fracture numérique. La proposition de loi Pintat a en effet le mérite d’acter le principe d’un fonds national de péréquation mais elle a « oublié » de prévoir son financement….et comme ce FINANCEMENT dépend directement des réponses données aux « questions qui fâchent »il faut que les citoyens insistent auprès de leurs parlementaires pour que ces questions soient enfin posées ! Moyennant quoi on pourra alors dire que la loi, pour financer le « fibrage » du territoire français, pourra acter un COCKTAIL de MESURES dont les principaux ingrédients seraient : une taxe sur les opérateurs, une taxe sur les abonnements, le recours aux fonds européens et nationaux, le grand emprunt etc…FINANCER un FONDS  de  PEREQUATION , voilà le vrai problème d’actualité qu’il faut résoudre à l’occasion du débat parlementaire en cours !

 Pierre Ygrié

22 nov 2009





Au commencement étaient …les infrastructures !

24 09 2009

Du salon Odébit auquel je viens d’assister je ne retiendrai que deux choses :

l’infrastructure crée de la valeur. Cette « évidence » a été martelée par tous les intervenants et démontrée par des gens qui ont fait des actions concrètes comme dans la Manche où il ne reste plus que 170 foyers sur 270000 à moins de 2 mégas !

-cette infrastructure doit être en fibre optique tant pour le très haut débit fixe (FTTH) que pour le très haut débit mobile (LTE). Un « bémol » a été apporté sur ce point, et c’est bien compréhensible, par les vendeurs de solutions alternatives très présents au salon !

Je me conterai donc de vous (re)dire ce que nous avons écrit maintes fois : la nécessité pour la France de disposer d’une infrastructure en fibre optique publique, neutre et ouverte à la concurrence.

La nécessité de structuration du territoire en fibre optique est « affirmée » aujourd’hui, et nous nous en réjouissons, par les plus hautes instances de la nation ! Il reste maintenant à la faire et c’est ici que le rôle des opérateurs et surtout de la puissance publique est essentiel !

 

1-Quelle infrastructure ?

Le réseau de fibre optique public et ouvert à la concurrence sera fait de :

 -la mutualisation des réseaux existants, essentiellement celui de l’opérateur historique, souvent le seul ou presque dans les territoires ruraux. Encore faut-il que la cartographie des réseaux existants soit précise et transparente, ce qui ne parait pas être tout à fait le cas en dépit de l’obligation légale récente.

 -la création de nouveaux réseaux par les collectivités territoriales plus ou moins aidées par un « cocktail » de mesures ( emprunt, taxe sur les abonnements, fonds européens et nationaux comme le FNADT, taxe sur les opérateurs…) selon les possibilités financières de chacun : peu ou pas d’aide pour les zones denses, aide maximale pour les territoires ruraux).

 

2-Pourqoui un tel réseau ?

fortement créateur d’emplois. J’ai retenu un chiffre qui, même s’il est à prendre avec des pincettes comme tous les chiffres, est intéressant à « méditer »: un milliard d’euros investis ur la construction d’un réseau autoroutier génère 80% d’emplois directs et 20% d’emplois indirects, pour la construction d’un réseau numérique c’est l’inverse : 20% d’emplois directs, 80% d’emplois indirects. A l’ évidence le numérique crée des emplois pérennes

solidarité territoriale . Je ne reviendrai pas sur notre demande permanente d’offrir à chaque citoyen une « place numérique » indépendante de sa « place physique » et égale pour tous

opportunité territoriale. Là encore nous avons insisté maintes fois sur l’ « atout Espace » de la France et sur le lien étroit entre Très Haut Débit et développement durable. L’accès distant à des ressources de plus en plus « lourdes » encouragé avec raison par le gouvernement et que seul autorise le très haut débit (5 fois plus d’informations dans les réseaux en 2012 qu’en 2015 !) réduira les transports et,partant,les nuisances de tous ordres ( économies d’énergie, pertes de temps,pollutions,stress…) dans tous les domaines . En matière de santé par exemple où « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »les applications sont multiples : télésurveillance médicale,téléconsultation ,télé expertise,téléassistance à domicile, télé médico-social .En matière d’éducation la liste est également longue :classes virtuelles, espaces numériques de travail (ENT),suivi de cours individuels à distance. Avec du très haut débit les transports deviennent « intelligents » grâce à une « circulation d’informations » rapide,fluide et organisée. Quant aux perspectives qu’autoriserait la télé présence dans le monde de l’économie (réunions à distance,voyages d’affaires virtuels,travail collaboratif à distance,télétravail à la campagne …) elles sont innombrables. Plusieurs entreprises, dont Covage, présente au salon, ont d’ores et déjà obtenu des résultats probants dans ce domaine. Mais la plupart de ces applications impliquent des circulations d’informations lourdes (images,son),rapides,fluides et symétriques ,ce que ne permet pas l’Adsl. Pour que ces applications se généralisent sur l’ensemble du territoire le Très Haut Débit par fibre optique dont bénéficieront en 2012 des millions de foyers des zones denses (cf mesures Arcep du 22 juin) sera indispensable. L’apport d’une ruralité « numérique »dans la démarche de développement durable est pour nous évident. La généralisation du très haut débit non seulement favoriserait un aménagement plus équilibré du territoire mais constituerait aussi un support précieux pour nous procurer de la “matière à réfléchir” et développer l’”intelligence collective” nécessaire pour “inventer ” l’avenir ! Nous avons à « inventer » le changement dans tous les domaines ; ce ne sera possible que par la multiplication des échanges et une mise en commun des réflexions . Même si certains pourraient sourire de cette « platitude »on réfléchit mieux à la campagne . Or le travail collaboratif à distance est aujourd’hui possible avec Internet à condition de disposer à la campagne des mêmes outils qu’en ville.

 

3-Le rôle des opérateurs ?

Les opérateurs, et singulièrement l’opérateur historique, font actuellement leur « business » sur le réseau cuivre, amorti depuis longtemps. On peut donc comprendre leur réticence à abandonner la « poule aux œufs d’or » pour construire un réseau estimé à 40 milliards d’euros, d’autant que, si j’ai bien tout compris, pour « faire court », 60% des abonnés seulement seraient apparemment potentiellement concernés par du FTTH (20% des foyers n’ont plus de téléphone fixe et 20% se contenteraient de l’Adsl). En l’état actuel de la réglementation chacun des trois grands ne pourrait donc espérer que 20% de cette cible potentielle. En calcul rapide le retour sur investissement ne serait possible que dans 8 ans ! Ce petit exercice (à vérifier) permet de mieux comprendre les réticences des opérateurs à investir massivement sur la fibre, pourtant unanimement plébiscitée pour permettre à la France, au demeurant très bien placée sur le haut débit de rattraper son retard, tout aussi patent, sur le très haut débit. En posant la question « la concurrence par les infrastructures a-t-elle un sens ? » Stéphane Lelux, président de Tactis, s’interroge sur l’opportunité de laisser construire, y compris dans les zones denses, plusieurs réseaux, au risque d’obérer les marges des opérateurs et de freiner leurs investissements beaucoup plus, selon moi, qu’une taxe pour alimenter un fonds de péréquation !

Le rôle des opérateurs dépend donc directement de la stratégie que devra définir le gouvernement s’il veut aller au bout de sa logique : structurer l’ensemble du territoire en un réseau porteur d’emplois,de croissance et de développement durable pour des décennies. La France, championne du haut débit, est en retard sur le très haut débit. Seules des mesures radicales lui permettront non seulement de rattraper ce retard mais, pourquoi pas ( ?), de prendre de l’avance .

Voilà l’essentiel de ce que j’ai retenu du salon Odébit …mais j’ai aussi retenu que rares étaient les intervenants qui osaient poser la question qui fâche, la « nationalisation »,  ( serait-ce encore un « gros mot » ? ), quelle qu’en soit la forme, des infrastructures de l’opérateur historique ?

 Qu’ai-je retenu encore ? Ah oui ! la fameuse question du choix « par où commencer ? les infrastructures ou les usages ? » Le directeur de Manche numérique, qui sait de quoi il parle, a mis tout le monde d’accord en insistant sur la spirale vertueuse entre infrastructures et usages. Ne disons nous pas depuis toujours aux Webs du Gévaudan, que le premier des services , c’est l’accès aux services ?

Après ce salon Odébit 2009 et avant les assises numériques du 1er octobre nous persistons et nous signons « au commencement étaient les infrastructures » !





Santé, éducation, économie : la « contamination » numérique !

2 06 2020

Avec la pandémie les 3 grands piliers de la société ont été « contaminés » par le numérique :

– l’économie avec le télétravail

– l’éducation avec l’école à distance

– la santé avec les téléconsultations.

Ces 3 secteurs étaient-ils préparés à ces transformations ? Pas vraiment même si des pionniers avaient anticipé depuis près de 20 ans.

Cette invasion du numérique a mis à jour des faiblesses tant au niveau des infrastructures (fortes disparités dans la couverture numérique ) que dans les usages: illétrisme numérique.

Parmi ces 3 secteurs la santé occupe une place particulière :

Elle nous concerne tous, quel que soit notre statut social.

Les données échangées sont très sensibles. Protégée par le secret médical la sécurisation des chaînes collaboratives de santé est primordiale pour créer une indispensable confiance entre tous les acteurs.

Depuis des années les Webs du Gévaudan écrivent des articles sur ce sujet :

Vous en trouverez ci-dessous quelques exemples. De 2012 ( la santé maillon faible…)à 2017 (santé et éducation…) nous insistons sur l’importance de l’appropriation du sujet par les citoyens.

Le très haut débit « maillon faible » de la chaîne collaborative de santé (2012)

Le mot « collaboratif » a été cité des centaines de fois par différents intervenants à la journée Télésanté 2012 organisée par Catel  le 29 mars à laquelle j’ai assisté dans les locaux de l’ISIS à Castres. La nécessité de mettre en place des « chaînes collaboratives » a été reconnue par tous.  Cette « évidence » est particulièrement avérée en zones rurales. Plus les différents intervenants de la « chaîne » sont éloignés ( patient, généraliste, spécialiste, infirmier, hôpital, aide à domicile (x) , etc…) plus la nécessité de les « relier »s’impose. Jusqu’à l’apparition des nouvelles technologies de l’information et de la communication les outils de liaison se limitaient au téléphone, au fax et au courrier.

SUITE DE L’ARTICLE SOUS CE LIEN https://websdugevaudan.wordpress.com/2012/04/02/le-tres-haut-debit-maillon-faible-de-la:

-chaine-collaborative-de-sante/

La Santé….porte d’entrée du très haut débit en zone rurale !

Suite à la manifestation annuelle « Télésanté »  organisée par Catel j’ai l’habitude de faire un papier sans prétention :

Dans l’article de 2011 intitulé « Y-a-t-il un pilote dans l’avion »  j’insistais sur  les espoirs des intervenants et leur conviction inébranlable sur le rôle de la télémédecine dans la « restructuration profonde et rapide de l’offre de soins compte tenu de la modification des besoins de santé (augmentation des maladies chroniques, vieillissement de la population ) » . De l’intervention du représentant de l’Etat j’avais retenu que 2011 serait  l’an 1 de la télémédecine à partir de 3 actions : « un volet télémédecine dans le projet territorial des ARH, l’architecture d’un plan national de télémédecine, des appels à projets pour faire émerger des technologies et des services innovants » . Mais j’avais retenu aussi qu’il faudrait relever de nombreux défis dont deux essentiel à mes yeux :

SUITE DE L’ARTICLE SOUS CE LIEN :

https://websdugevaudan.word

press.com/2013/04/02/la-sante-porte-dentree-du-tres-haut-debit-en-zone-rurale/

Télésanté espoir du monde rural ?

« L’urgence est la sécurité sanitaire et notamment l’accès à la consultation. C’est aussi la continuité des soins, l’’accompagnement du patient au domicile ou en EHPAD. Les maisons de santé connectées, l’accès aux spécialistes, la circulation des images, la convergence progressive des professionnels de santé vers un début de dossier du patient et le cadre réglementaire enfin posé constituent les bases de stratégies territoriales qui néanmoins restent à invente L’accès aux soins est une priorité pour les élus ruraux, il doit maintenant devenir un projet ». Cet extrait de la présentation de la table ronde »e-santé–du prochain colloque  Ruralitic  pose un problème vital pour les zones rurales :

SUITE DE L’ARTICLE SOUS CE LIEN :

https://websdugevaudan.wordpress.com/2013/08/27/telesante-esp

oir-du-monde-rural/

e-santé, une révolution en marche….avec :

« e-santé, une révolution en marche sur tous les continents »…Tel était le thème des journées  Télésanté 2014  des 27 et 28 mars.  Le choix du titre est révélateur de la place que prend la télé-santé dans les colloques et évènements qui lui sont consacrés et dans les expérimentations chaque année plus nombreuses sur tous les continents ! Nous ne sommes en effet qu’au début de cette révolution qui, comme toutes les révolutions, peut apporter le meilleur et le pire. Les citoyens , premiers concernés, doivent donc, sous des formes à inventer, être partie prenante dans cette révolution .

SUITE DE L’ARTICLE SOUS CE LIEN :

https://websdugevaudan.wordpress.com/2014/03/30/e-sante-une-revolution-en-marche-avec-les-citoyens/

Un grenelle de la e-santé en Lozère Auxillac le 23 juillet 2017

Agnès Buzyn, la ministre des Solidarités et de la Santé prépare un nouveau plan de lutte contre les déserts médicaux.Les médecins libéraux, consultés sur le sujet,ont déjà fait des propositions dans plusieurs domaines (formation des étudiants, accueil des familles des médecins etc…) ; En ce qui concerne la e-santé, chère aux Webs du Gévaudan, leur principal syndicat, la CSMF « n’est pas hostile au développement de la télémédecine – que le chef de l’Etat prévoit de « déverrouiller massivement »-, mais sous réserve que les médecins bénéficient d’une aide en matière d’équipement et que les actes accomplis en télémédecine soient rémunérés par l’assurance maladie »

SUITE DE L’ARTICLE SOUS CE LIEN :

https://websdugevaudan.wordpress.com/2017/07/23/un-grenelle-de-la-e-sante-en-lozere/

Santé et Education : l’urgence d’un débat (2017)

Le 21 mars, dans l’indifférence générale, a été présenté, sous le nom de FRANCE IA, un rapport dont feraient bien de s’inspirer nos candidats https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/intelligence-artificielle/avec-france-ia-le-gouvernement-expose-son-plan-pour-l-intelligence-artificielle_111473 Il nous fait réfléchir sur notre responsabilité dans  la maîtrise  (ou l’abandon à d’autres?) de l’inévitable  transformation numérique  qui va changer en profondeur notre société, à commencer par ses deux piliers : la Santé et l’Éducation !

Il y a dix ans, le grenelle de l’environnement , en dépit de ses défauts et de la (relative?) faiblesse de ses résultats , avait eu le grand mérite de mettre autour d’une même table des gens qui, au mieux s’ignoraient, au pire s’invectivaient dans des termes peu compatibles avec une vraie démocratie. Faire dialoguer des gens porteurs d’opinions ( parfois de sectarismes idéologiques) apparemment inconciliables constituait en soi un petit exploit !
Dix ans plus tard pourquoi ne pas adopter ce type de démarche dans deux domaines vitaux dont la dégradation est patente et qui, comme tous les autres domaines d’ailleurs, vont être impactés par les nouvelles technologies et plus spécialement par ce qu’il est convenu d’appeler 
l’Intelligence Artificielle (IA). Le lancement du Plan « France IA » ( https://www.franceculture.fr/emissions/le-numerique-et-nous/intelligence-artificielle-la-france-expose-sa-strategie ) doit être, selon moi, une occasion d’interpeller les candidats sur deux petites idées utopiques mais nécessaires : le lancement de deux « grenelles » :  un grenelle de la santé et un grenelle de l’éducation 

SUITE DE l‘ARTICLE SOUS CE LIEN :

https://websdugevaudan.wordpress.com/2017/03/26/sante-et-education-lurgence-dun-debat-public/

Je me pose deux questions sur Le Ségur de la santé qui réunit 300 personnes : collectifs de soignants , représentants des ephads, médecine de ville .

– où sont les citoyens ? La santé est un des rares sujets qui fasse l’unanimité parmi les français . Ils auraient mérité selon moi d’être représentés. Ils seraient particulièrement utiles en tant que premiers concernés, en particulier , dans les discussions sur la place du numérique dans le futur système de santé.

-Est ce un Ségur de l’hôpital ou un Ségur du système de santé ? une réforme de l’ hôpital ne peut passer que par une réforme globale du système de santé.

Est -ce le cas ? Je m’interroge à l’écoute des premières réactions.

https://www.youtube.com/watch?v=j9A27Xytsc0

IL y a les urgences et il y a les réformes structurelles. Le Ségur de la santé ira- t- il jusqu’à changer de paradygme et créer un système de santé du secteur public ?

Balaruc les Bains le 2 juin 2020

Pierre Ygrié





20 ans déjà… et on n’a encore rien vu !

2 12 2019

Les Webs du Gévaudan que j’ai créés en 2000 en revenant chez moi à la retraite ont d’abord été une association de promotion de l’internet très haut débit en Lozère, puis un « outil de lobbying » pour l’ensemble du monde rural .Aujourd’hui , ce n’est plus qu’un blog personnel sur lequel il m’arrive de « déborder » des seuls sujets numériques (cf derniers billets sur l’Europe) et dans lequel j’interviens de moins en moins en raison de graves problèmes de vue . Mais les ressources numériques « orales » sont telles que je ne m’interdis pas de continuer à réfléchir à ce qui est dés maintenant notre « double vie » : notre vie biologique dont l’écosystème (air,eau…) est public et note vie numérique dont l’ écosystème est privé (GAFAM, BATX) . Le papier ci-dessous n’a d’autre objet que de tenter de récapituler par rubrique les quelques billets des Webs du Gévaudan écrits jusqu’ici (avec de nombreuses redondances!) et de jeter des pistes de réflexions pour l’avenir .

LE PASSE

Egalité https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=egalite

Santé https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=sante

Agriculture https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=agriculture

Lozère https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=lozere

Services publics https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=services+publics

Fracture https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=fracture

Intelligence artificielle https://websdugevaudan.wordpress.com/

?s=INTELLIGENCE+ARTIFICIELLE

Europe https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=europe

Infrastructures https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=infrastructures

Usages https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=usages

Ruralité https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=ruralite

Télétravail https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=teletravail

Combat https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=combat

Bonne année https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=bonne+ann%C3%A9e

Ethique https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=ethique

Mon village https://websdugevaudan.wordpress.com/?s=mon+village

L’AVENIR

« On n’a encore rien vu » déclarait Xavier Dalloz en ouvrant la conférence de Webs du Gévaudan en 2000 à Marvejols . 20 ans plus tard nous pouvons reprendre cette formule prémonitoire !

De nombreuses vidéos sont autant de « matière à réfléchir » pour nous aider à y voir clair.

J’en ai retenu trois :

– vers une dictature numérique https://www.youtube.com/watch?v=BTE56jX5ixE&t=141s

– camisole numérique https://www.youtube.com/watch?v=V4yf3HOEHPk&t=2709s

regards croisés sur 2 façons divergentes de voir l’avenir https://www.youtube.com/watch?v=3HJ4wKTRi4k . Le seul point d’accord des protagonistes porte sur l’EDUCATION  arme absolue contre le fléau de tous les temps : l’IGNORANCE . Dès le 12 ième siécle Avéroès philosophe arabe déclarait : «  L’ ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine, la haine conduit à la violence : voilà l »équation ».

La première pose l’immense question de ce que nous ferons de l’exploitation de milliards milliards de DONNEES désormais à notre disposition grâce au numérique .

A l’instar du pétrole, source de confort inédit dans l’humanité mais aussi destructeur de l’environnement les données pétrole du 21ème siècle peuvent permettre des avancées fabuleuses dans de nombreux domaines à commencer par celui de la santé mais aussi participer monstrueusement à sa déshumanisation .Telle la langue d’Esope le numérique, à l’avenir, peut s’avérer être la meilleure et la pire des choses , y compris la destruction de l’environnement https://www.youtube.com/watch?v=cN__PwhX2WY

La seconde insiste sur l’URGENCE pour la France et l’Europe de « faire le numérique » au lieu de le subir .

La troisième peuvent être une bonne base de réflexion .

Le numérique fait désormais partie de notre « triple vie » (biologique, numérique,spirituelle) IL EST INCONTOURNABLE : la seule question, selon moi, est de savoir si , nous citoyens, sauront le maîtriser ou s’il sera le futur instrument de domination des transnationales voire des Etats , ce qui ne serait pas mieux s’il s’agissait d’Etats non démocratiques .

La MOBILISATION des CITOYENS pour COMPRENDRE le NUMERIQUE est urgente si ne voulons pas donner raison à Galilée lorsqu’il écrivait il y a plus de 400 ans :

« vous découvrirez peut-être avec le temps tout ce qu’on peut découvrir mais votre progrès ne sera qu’une progression qui vous éloignera de l’humanité. L’abîme entre elle et vous pourrait alors devenir si grand qu’à tout cri de joie devant quelque nouvelle découverte pourrait répondre un cri d’horreur universel »

Informons nous encore et encore et cultivons le « techno discernement »  qui jusqu’ici n’a pas été notre qualité première..

Bonne année 2020 !

Auxillac le 2 décembre 2019 .

Pierre Ygrié





Numérique:une fracture peut en cacher une autre !

2 12 2018

Depuis leur création il y a près de 20 ans (1ére manifestation à Marvejols en avril 1999) les Webs du Gévaudan se battent pour résorber la fracture numérique entre les villes et les campagnes. « Apôtres » de la ruralité moderne faite du mariage du numérique et d’une agriculture respectueuse de l’environnement il leur est même arrivé,comme dans leur dernier article (chat échaudé craint même l’eau froide) de faire des « incursions » dans le domaine des pesticides et autres pollutions à l’origine de nouvelles maladies et pour lesquelles il serait peut-être utile de créer dans les facultés de médecine une chaire de « santé environnementale » !

Aujourd’hui recentrons- nous sur le numérique en focalisant sur deux fractures, l’une, sur les infrastructures, en train (péniblement !)  de se résorber, l’autre, sur les usages, en train de se creuser !

1-La fracture sur les infrastructures 

Les infrastructures , ce sont les supports du numérique ( jusqu’ici le cuivre,demain la fibre optique pour les réseaux fixes, les 3G,4G,5Gpour l’accès mobile).  Nous avons tout dit ou presque sur ce sujet dans nos différents articles . En dépit de progrès significatifs il reste encore beaucoup à faire ….et pas que dans les campagnes !( un ami de Balaruc les bains me disait encore hier soir qu’il lui arrivait de passer des week-ends sans internet !) ./ Vigilance donc même si , dans ce domaine clé s’il en est ( le 1er des services est l’accès aux services) , on avance . Cela étant ,même  lorsque ces supports couvriront l’intégralité du territoire sans aucune discrimination (égalité républicaine oblige!), lorsque la fracture numérique au sens où on l’entend habituellement (couverture égalitaire du territoire en réseaux de télécommunications)  sera derrière nous  une autre fracture , plus insidieuse et bien plus ravageuse, apparaîtra (est déjà là!) la fracture sur les USAGES .

2-La fracture sur les usages 

Les usages se développent à une vitesse exponentielle . « On n’a encore rien vu » ! Je reprends à mon compte ce « message » de Xavier Dalloz en ouverture de  la 2ème édition de M@rvejols sur web en 2000.! Avec le développement de l’intelligence artificielle ce « message » de près de 20 ans est de plus en plus d’actualité !

Plus les usages se développeront plus s’agrandira le fossé entre ceux qui auront « appris » le numérique et les illettrés du numérique. Cet illettrisme aggravera  encore la fracture sociale et les inégalités, causes des mots actuels et grandissants de notre monde!

« les exclus du numérique sont à peu près les mêmes que les exclus de la société » écrivions nous en 2010 dans un papier intitulé « internet solidaire« . Ce constat de plus de 8 ans est encore plus vrai aujourd’hui où, contrairement à l’époque, chaque français peut disposer d’un support d’accès au numérique .

a) L’illétrisme numérique des français (illectronisme) 

Selon un sondage récent 1/4 des français serai sent des illettrés du numérique et contrairement à une opinion assez répandue cet illétrisme  ne concerne pas seulement les personnes âgées (les séniors peuvent aussi être des « geeks »! ) . Il atteint toutes les couches de la société, y compris les jeunes souvent qualifiés de « digital natives ». Un excellent article du journal Libération nous alerte sur ce constat potentiellement dramatique pour l’avenir d’une partie de notre jeunesse. Le smarthone, ange gardien de tous les jeunes aujourd’hui (et pas que!) est-il un poison ou un remède ?

Celà étant, pour peu que l’on donne au mot « illétrisme numérique » un sens plus large de « compréhension » du monde numérique et de ses dérives dont la Chine commence à nous sonner quelques exemples nous pouvons dire que même initiés, nous sommes tous numériquement fragiles et que le numérique doit être non seulement un sujet de compréhension technique mais de REFLEXION sur la SOCIETE que nous préparons à nos enfants ! Les opportunités du numérique sont évidentes mais son utilisation démiurgique pourrait être très dangereuse pour l’humanité !

b) L’illétrisme numérique des dirigeants ?

En dépit de progrès évidents nos députés restent relativement « illettrés »! Rien d’étonnant dés lors de voir la France occuper la peu enviable 18 ème place dans l’Europe numérique . En tant que citoyen « lambda » je n’ai cessé de pointer le décalage entre la réalité numérique de notre pays et es grands discours de ses dirigeants depuis plus de 20 ans !

Quand on sait que l’Europe est aujourd’hui une « colonie américaine » on a des soucis à se faire quant à l’adaptation de ses peuples à la concurrence mondiale ! Cela étant, si nous savons faire un état des lieux sans concession et saisir les opportunités du numérique dans deux domaines vitaux,  la santé et l’éducation, tous les espoirs sont permis

Encore faut-il ouvrir les yeux pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays ! La désespérance qu’expriment de de nombreux français avec les « gilets jaunes » a des racines profondes .Laurent Alexandre,auquel nous faisons souvent référence dans ce blog, a , sur ce sujet une analyse qui devrait nous faire REFLECHIR ! « REFLECHIR »? Il y a un an je (nous) souhaitais une « bonne année intelligente ». Je reconduis ces voeux pour 2019. C’est à mon avis la première URGENCE tant pour les problèmes de fin du mois que de fin du monde !

 

Balaruc les bains le 2 décembre 2018

Pierre Ygrié





Lozère numérique : Destination lune!

8 12 2017

L’annonce par la présidente du conseil départemental de la Lozère du fibrage de tous les foyers lozériens a soulevé en Lozère ICI et LA une vague médiatique ( presque) sans précédent depuis le temps (2001,2002,2003) où les Webs du Gévaudan publiaient toutes les semaines des témoignages écrits et sonores sur l’utilisation de l’internet dans notre départemental 

Alors que, dans notre dernier article , « la lune…et ledoigt »  nous émettions de sérieux doutes sur la capacité de fibrer la France en 2025, depuis cette annonce les lozériens savent maintenant que leurs décideurs locaux visent …la lune ( la fibre pour tous) en 2022 !

Moi qui me bats depuis toujours à Paris et en Lozère pour remplacer le réseau de cuivre dont je pressentais depuis longtemps qu’il allaitexploser, je ne peux que saluer cette décision audacieuse et hautement symbolique pour les territoires ruraux, la Lozère étant, comme chacun sait, avec ses 76000 habitants, le département,de très loin le moins peuplé de France ( l’avant dernier, la Creuse, compte près de 12100 habitants) le symbole de la ruralité. Cette « audace » donne une fois de plus raison à Schopenhauer : « toute idée innovante chemine en 3 étapes 1-elle est ridiculisée 2 elle subit une forte opposition 3 c’est une évidence pour tout le monde ! »

La rampe de lancement étant prête, il reste maintenant aux Lozériens à se mobiliser pour « accompagner le voyage » , c’est à dire vérifier que les objectifs seront bien tenus et que cette « fibre familiale»amènera aux particuliers des servicesvitaux , aux entreprises les outils pour se développer (voire pour survivre!) et aux « citadins en mal de campagne » des arguments pour pouvoir enfin …vivre au pays !

Deux maîtres mots pour cette mobilisation : l’information et l’innovation

INFORMER !

-information « descendante » : information régulière via la presse départementale, voire locale (correspondants locaux de la Lozère nouvelle et de Midi Libre) de l’état d’avancement des travaux

-information ascendante : au temps des reportages hebdomadaires des Webs du Gévaudan les iozériens avaient (déjà!) des choses à dire sur internet . Le recueil de leur témoignage aujourd’hui et leur publication régulière dans la presse comme il y a 15 ans constituerait une vraie richesse et une véritable « matière à réfléchir » pour innover ! Je n’ai plus la possibilité de me lancer dans cette nouvelle aventure . Je le regrette car elle serait très utile …mais je ne désespère pas car nous trouverons bien quequ’un en Lozère pour prendre le relais !

INNOVER !

En 2011, dans le papier « Campagnes intelligentes » j’appelais à une « mobilisation générale pour l’innovation »mais je demandais surtout à l’époque un« outil » pour innover : la fibre optique

En 2018 nous savons que nous aurons cet outil .A nous maintenant de commencer à réfléchir à ce que l’on en attend ? à quoi il va servir ? « Notre principal risque aujourd’hui, c’est de sous évaluer nos besoins de demain » affirmait André Marcon à M@rvejols sur web 2001. Avec cette évidence en tète, plus que jamais d’actualité, retroussons nous les manches pour IMAGINER les USAGES que nous voulons faire d’internet dans les ZONES RURALES ? Ces usages, centrés sur les services vitaux (SES Ruralité –Santéb Education Services de proximité– ) seront à coup sur assez éloignés du « coca cola numérique dont nous sommes abreuvés. INVENTONS nous mêmes les USAGES de demain avant qu’on ne nous les impose !

Lancer une (indispensable) démarche de REFLEXION CITOYENNE n’est pas facile ! En 2001, lors de l’installation de la fibre à Aumont Aubrac je l’appelais de mes vœux («  « J’en attends que ce soit un outil de réflexion pour l’ensemble du département dans tous les secteurs »».mais l’idée a fait pschitt ! Pourtant ce type de démarche doit être plus facile en Lozère qu’ailleurs ; la PROXIMITÉ (entre citoyens, élus, administrations, méfias) que nous autorise due à la faiblesse de notre population est un atout que nous n’exploitons pas suffisamment . Tout le monde peut participer à une démarche de réflexion sur les usages….à commencer par les écoles que l’on pourrait mobiliser sur des projets….eux mêmes à inventer !

J’ai toujours pensé qu’on réfléchissait mieux à la campagne…Lozériens, élus et citoyens réunis, à nos méninges !

Le département a osé l »impossible » pour les infrastructures. Je ne doute pas, que, pour prolonger cette dynamique, il OSERA lancer une DEMARCHE CITOYENNE sur un aspect du numérique encore plus important, les USAGES 

INFRASTRUCTURES et USAGES =MEME COMBAT !

Destination lune : Embarquement immédiat !

Auxillac le 8 décembre 2017

Pierre Ygrié 





L’ours, la bête….le médecin…et le citoyen !

19 10 2017

Quelle télémédecine au pays de l’ours (Pyrénées), de la bête (Gévaudan) et plus globalement dans les déserts médicaux ?.

Pour renforcer l’accès aux soins dans ces territoires le gouvernement a fixé 4 priorités1-Renforcer l’offre de soins dans les 2-La révolution numérique en santé pour abolir les distances3-Une meilleure organisation des professions de santé4-Une confiance dans les acteurs des territoires pour construire des projets et innover

L’innovation reste un des axes prioritaires du gouvernement en matière de santé, c’est pourquoi il prévoit d’inscrire la télémédecine dans le droit commun dès 2018. 

Reste à préciser quelle télémédecine et quel type de réseaux de télécommunication pour transporter en temps réel et de façon sécurisée des informations confidentielles ?

Télémédecine et fibre optique sont de facto, étroitement liés. Le titre « humoristico provocateur » de cet article m’a été inspiré par l’actualité récente : annonces gouvernementales mais aussi annonce par Orange du fibrage, (sans argent public!)du département des hautes pyrénées (présenté par les médias comme une première nationale!) et fibrage ( payant!) d’une partie de la Lozère

Ces informations sont étroitement liées et doivent,selon moi, mobiliser les citoyens-les hauts pyrénéens pour s’assurer qu’Orange tiendra bien ses engagements-les lozériens qui, contrairement aux hauts pyrénéens, devront mettre la main à la poche pour être fibrés !Grâce à un partenariat avec leLot et l’Aveyron ( une initiative exemplaire) le fibrage concernera une grande partie de la population mais pour aller jusqu’ « au bout du bout »les lozériens ne devront pas baisser la garde pour s’assurer que les engagements du gouvernement (100%fibre en 2025) seront tenus ! Les 3 « obligations »la télémédecine (Simultanéité, Sécurité, symétrie) ne peuvent être garanties que par un réseau performant, un réseau optique !-le médecin : Les médecins et tous les professionnels de santé seront en 1ere ligne pour mettre en œuvre les mesures gouvernementales de lutte contre les déserts médicaux dont deux essentielles : le doublement des maisons de santé et le développement de la télémédecine . Sur ce dernier point, essentiel à mes yeux, il faudra, entre autres,pour le 1er ministre, lever les deux blocages de la médecine à distance : la fiabilité aléatoire de la connexion internet selon les territoires, et l’absence de tarification codifiée pour ce type de consultation -les citoyens :Premiers concernés, ils devront être associés à la démarche impulsée par le gouvernement

1991 : I had a dream !

Depuis plus de 25 ans je rêve de pouvoir un jour être soigné, dans mes vieux jours, directement en télé présence depuis chez mou dans mon petit village lozérien.

En 1991 en effet j’ai découvert , lors d’une expérimentation de vidéoconférence chez France Télécom, les apports de la fibre optique dans le transport d’informations …..un vrai choc émotionnel Cet« incroyable effet de présence obtenu par la fluidité parfaite de l’image et surtout l’échange des regards, comme dans une rencontre réelle » m’a profondément marqué.J’ai alors fait un rêve: pouvoir avoir un jour, depuis chez moi,des échanges quasi physiques dans de nombreux domaines et singulièrement celui, vital, de la santé.

En 2001 le professeur Jacques Marescaux, lors d’ une opération chirurgicale réalisée à distance entre un chirurgien situé à New York et une patiente à Strasbourg (première mondiale) déclarait  « il vaut mieux faire voyager les informations que les malades »

En 2012/2013,pour préparer une modeste participation au livre « Télésanté espoir du monde rural », j’avais écrit un papier « anticipatif » intitulé

«  Témoignage « prospectif» d’un octogénaire en 2020 !

Extraits : Aujourd’hui(3 janvier 2020!),pour mon 80eme anniversaire, l’ensemble des villages lozériens n’est pas encore totalement fibré mais tout devrait être terminé dans deux ans, en 2022 conformément à l’objectif fixé par le gouvernement en 2012 ! Cette simple annonce avait créé un tel choc psychologique chez tous les acteurs que les Français avaient alors pris conscience de l’explosion des usages du numérique (doublement tous les ans en 2012) et de la nécessite de disposer de fondations solides et pérennes, c’est à dire en fibre optique….Le seul argument économique aurait pu justifier le fibrage généralisé du territoire . L’argument décisif qui avait enlevé la décision fut celui des services publics comme élément clé d’égalité des territoires. Le ministère de l’égalité des territoires, créé en 2012, avait compris que le numérique offrait une opportunité historiques de rendre les Français égaux dans l’accès aux services publics et, parmi ces services, la santé ,secteur phare « phare »de ces nouveaux services publics  en télé-présence !…….La téléprésence a transformé la télémédecine. Je me réjouis donc aujourd’hui de voir l’aboutissement d’une longue démarche de transformation radicale du système de soins. Cela n’a pas été facile ! Les obstacles organisationnels, culturels, juridiques, éthiques ont été longs à lever  Aujourd’hui on peut considérer comme « installées » sur une grande partie du territoire  des chaînes collaboratives permettant une continuité entre les services d’aide à domicile, les soignants (hospitaliers et libéraux) et les organismes de financement. Une telle organisation en ligne du système de santé a permis d’optimiser les soins et les coûts tout en s’inscrivant dans une démarche de développement durable. Que de chemin parcouru depuis dix ans, où, à l’époque, de valeureux pionniers « investissaient » plusieurs domaines ; mais il n’y avait pas alors de pilote dans l’avion de la télésanté pour fédérer les acteurs et valoriser ces expérimentations.  Au début de la décennie elles étaient déjà plusieurs centaines dans de nombreux domaines …..Toutes ces liaisons sécurisées n’ont bien évidemment été possibles que grâce à l’ « énergie numérique » que m’apporte ma prise optique . En 2020, à Auxillac, mon petit village lozérien, je me sens en sécurité.

2017 : Le rêve brisé !

On est loin de compte !

Le monde de l’internet est loin de ce qu’avaient espéré les citoyens Ainsi que l’écrivait récemment Jean Pierre Jambes « la « chance historique pour le rural » a laissé la place à une hyper concentration des marchés et des talents , hyper localisation des activités , vers des colonies numériques , les milliers de start ups espérées dans nos territoires sont devenues des oligopoles, une dizaine d’entreprises mondiales, le réseau des reseaux ouverts neutres et interoperables a été étouffé par un des réseaux fermés. Avec toujours plus de debits pour les champions et plus de problèmes pour les autres la neutralité est en danger »

-Quant à la France je ne reviendrai pas ici sur les dégâts causés par l’absence de stratégie numérique (cf article « coup de gueule, coup de chapeau »). Depuis 8 ans les choses ont empiré . Dans le domaine des infrastructures un journal titrait récemment « La France grande championne d’Europe de la médiocrité de la couverture internet fixe ». 44,8% des français sont couverts en très haut débit contre 70,9% pour la moyenne européenne ! Quant aux usages la quasi totalité de la valeur ajoutée produite par les grandes plateformes (passage quasi obligé pour tout internaute),part à l’étranger ! Quand on apprend que les USA refusent de taxer les GAFA sur leur chiffre d’affaires on réalise la nécessite de porter cette revendication au niveau européen et de jeter d’urgence les bases d’une Europe numérique !

2017 (bis) : l’Espoir ? 

Pessimisme de la raison, optimisme de la volonté ! Plusieurs signes positifs -foisonnement d’expérimentations faites par de valeureux pionniers du monde médical depuis près de 20 ans !-perception plutôt positive de la télémédecine chez les français-volonté gouvernementale

Aux actes citoyens !

Les citoyens des pays de l’ours et de la bête …. et de tous les territoires ruraux devront être doublement vigilants

1-vigilance à ce que les promesses s’équipent de tous les foyers en fibre optique soient tenues !

S’il est prévu de développer la télémédecine dans les EPHAD et les maisons de santé , il ne faut pas oublier, comme nous le disions dans le papier« e-santé une révolution en marche avec les citoyens », que le PREMIER LIEU DE SOIN est le DOMICILE !

2-vigilance à ce que les citoyens soient étroitement associés à une large réflexion sur les opportunités de la e-santé !

Selon une enquête de 2015 de 20 minutes sur la perception de la politique par nos compatriotes 74% des Français pensent que les idées doivent venir des citoyens plutôt que des élus.S’agissant de la santé, domaine qui nous concerne tous, ce constat doit nous interpeller .Comment faire participer les citoyens à une large réflexion sur la place de la e-santé dans la façon dont nous serons soignés demain ?

-Cette réflexion doit être globale .Ne jamais oublier que

on ne pourra jamais remplacer une présence physique de soignants par la télémédecine, mais simplement la compléter,

-la fracture numérique :les cartes de la fracture sanitaire et de la fracture numérique se confondent

-la fracture générationnelle .Pour le maintien à domicile pouvoir contacter de façon très simple en téléprésence un professionnel de santé sera essentiel

-les handicaps des personnels de santé : manque de moyens, manque de formation, freins de toutes sortes (administratifs, culturels….)

-Cette réflexion , pour être efficace, doit être, dans un premier temps, expérimentée sur un territoire limité mais symbolique

Pourquoi ne pas organiser ce type de réflexion … au pays de la bête ?

Pourquoi ne pas organiser un grenelle de la e-santé en Lozère ?

https://websdugevaudan.wordpress.com/2017/07/23/un-grenelle-de-la-e-sante-en-lozere/

@suivre ??

Auxillac le 19 octobre 2017

Pierre Ygrié





Coup de gueule et coup de chapeau !

29 09 2017

L’actualité récente (rapport flash des députés Eric Bothorel et Laure de la Raudière, marchandage Etat/opérateurs, effets d’annonce du gouvernement) réveille, au fin fond du Gévaudan et de la France profonde ,les laissés pour compte du haut débit (promis par le président Chirac pour2007!) et du très haut débit (promis pour 2025 par le président Sarkozy et pour 2022 par le président Hollande!). Le constat est impitoyable : 20 ans après avoir entendu à un colloque à Villepinte des intervenants comme Shimon Peres,Bill Gates et quelques autres, évangéliser les participants aux NTIC, le constat est impitoyable « 7,5 millions de Français ne disposent pas d’une connexion de qualité minimale à l’Internet fixe. Pire : 500 000 n’ont aucun accès à Internet, »(Ufc/Que choisir)

Coup de gueule ! https://www.youtube.com/watch?v=DDyQWDhKWg4

 L’absence évidente de stratégie numérique ,il y a 20 ans, a des conséquences catastrophiques tant sur le plan des usages que sur celui des infrastructures

-usages : les européens, et pas seulement les français, sont devenus des consommateurs de « coca cola numérique » ! Les maîtres du monde numérique sont américains et asiatiques. Les « poumons » de notre vie numérique sont les algorithmes des multinationales américaines aujourd’hui, chinoises demain. Ces multinationales dominent non seulement le monde « ancien » des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) mais aussi le monde nouveau des NBIC ( Nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives ).Alors que les NTIC changent le monde « extérieur »,les NBIC, elles, ont le pouvoir de changer le monde à l’intérieur de nous même, c’est à dire notre corps, notre esprit, notre cerveau ! Allons nous laisser à des algorithmes américains et chinois ce pouvoir de contrôler nos corps et nos esprits et d’améliorer nos capacités physique et cognitives ? Cette « industrie du siècle à venir » va poser des problèmes économiques et éthiques dont il est urgent de s’emparer !

-infrastructures : « La fibre est une priorité politique » déclarait récemment Laure de la Raudière, l’une des rares élues qui ait anticipé depuis bien longtemps le tsunami numérique ! Le 25 mars 2010 elle déclarait, en ouverture d’un colloque à l’assemblée nationale«  « nous ne sommes qu’au début de cette révolution à la fois technologique, industrielle et sociale qui changera en profondeur nos façons de nous former, de nous soigner…».Elle insistait à l’époque sur les niveaux d’inégalités sur lesquels il fallait travailler pour être fidèles aux principes d’équité territoriale et d’équité sociale !
La fibre priorité politique ? Que ne l’a-t-on décidé il y a 20 ans ? Q’u
on ne nous dise pas qu’on ne pouvait pas prévoir ! Quand on avait eu la chance, comme moi, d’écouter le « message » de Villepinte de 1997, quand on avait participé, dans les années 90, à des débats avec des pionniers de l’internet comme Jean Michel Billaut, le sénateur René Trégouet et bien d’autres , on savait que le réseau de cuivre ne résisterait pas à l’explosion des usages et qu’il faudrait le remplacer par un réseau optique. On aurait pu (du) alors mettre en place une vraie politique d’aménagement du territoire basée sur un objectif clair ( égalité de traitement de chaque citoyen dans l’accès aux services numériques à venir) et des moyens adaptés ( un réseau national optique où pourrait se développer une vraie concurrence , la concurrence sur les services) et des décisions de bon sens (pas de travaux de voirie sans fourreaux , formation de poseurs de fibre etc… )
Une politique d’aménagement numérique du territoire aurait pu s’appuyer sur deux atouts de notre pays : premier fabricant de fibre optique européen ….et important espace rural . Le numérique était une chance historique pour participer, dans une logique de développement durable, à un certain rééquilibrage de la population pour perrmettre à des citadins en mal de campagne (de plus en plus nombreux) de choisir le coin de territoire où ils souhaitent vivre…et travailler …dans des campagnes « intelligentes » , c’est à dire des campagnes que l’on aurait fibrées en priorité compte tenu de la vétusté de leur réseau de cuivre, contrairement aux grandes agglomérations . C’est le contraire qui a été fait . Il n’est donc pas question aujourd’hui de faire payer aux ruraux des erreurs de stratégie que les belles paroles ne suffiront pas à cacher !

Coup de chapeau!

Usages : Coup de chapeau au président Macron pour son engagement numérique tant français ( plateformisation de l’Etat, intelligence artificielle, télémédecine, tpe/pme …) qu’européen (seul niveau pertinent pour concurrencer les géants américains et asiatiques)

Infrastructures : Coup de chapeau aux députés Eric Bothorel et Laure de la Raudière qui ,dans leur rapport flash Très haut débit publié le 27 septembre, demandent que l’ensemble des logements soient connectés en fibre d’ici 2025…. de quoi suivre la « Gigabit Society » voulue par la Commission européenne….. « Dans ce rapport, Mme Laure de La Raudière et M. Éric Bothorel mettent en avant le risque que des solutions technologiques transitoires ne finissent par devenir une réalité pérenne pour une partie des citoyens, pour lesquels l’arrivée de la fibre optique deviendrait illusoire. Cette situation ne serait pas acceptable dès lors que les besoins en très haut débit – à qualité de service identique – sont les mêmes quels que soient les territoires. Il faut désormais que l’État garantisse que la fibre optique sera bien accessible à 100 % des Français à l’horizon de 2025 »Pour les co-auteurs du rapport « La France a été capable d’amener l’eau potable et l’électricité partout. En 2017, si nous ne sommes pas capables de raccorder tout le pays en fibre en huit ans, je veux bien des explications. Nous ne partons pas d’une feuille blanche » Aucun des nombreux acteurs publics et privés auditionnés depuis juillet n’avait d’argument concret contre cet objectif. Des 20 propositions du rapport, toutes pertinentes, je me permets de focaliser sur la 1 ( tous les français fibrés en 2025) la 7 (transparence des déploiements de réseaux) et la 20 ( nécessite d’une contrepartie réglementaire aux nouveaux engagements)
Certains s’étonneront peut-être qu’il faille attendre 2025 pour être enfin égaux dans l’accès à une société numérique dont on nous dit par ailleurs, à juste titre, qu’elle va tout transformer ? Nous ne reviendrons pas sur les absurdités qui ont conduit à un tel retard et nous contenterons d’appuyer les propositions du rapport des deux députés tout en y ajoutant un codicille : inscrire un droit à la fibre dans la loi et acter l’extinction du réseau cuivre en 2025 .

Pour la nième fois je me permets de répéter que l’avenir de la France repose sur deux piliers : des agglomérations compétitives ET des campagnes intelligentes. On a parfois posé la question de savoir ce que le très haut débit pourrait rapporter à la ruralité mais on n’a jamais « retourné »cette question  : que pourraient apporter à la France et aux Français des territoires ruraux en très haut débit ? Il est plus que temps de poser cette question simple…..et d’y répondre ! Les ruraux ne supporteront plus d’entendre que l’objectif fibre pour tous en 2025 est inatteignable. Qu’on se le dise !

Auxillac le 29 septembre 2017

Pierre Ygrié

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Rapport flash sur le très haut débit : http://www2.assemblee-nationale.fr/documents/notice/15/rap-info/i0213/(index)/rapports-information





SFR veut fibrer toute la France! Absurdité ou opportunité ?

22 08 2017

1-Un combat de près de 20 ans !
Lors de notre première manifestation en avril 199 (M@rvejols sur web) nous avions lancé l’idée de remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibre optique. Dés l’année suivante, année de création des Webs du Gévaudan, nous en fait l’objectif principal de notre association. Au cours des année qui ont suivi nous n’avons cessé de dire qu’il s’agissait là d’une opportunité historique de mettre à égalité les territoires ruraux et urbains. Cette égalité « numérique » aurait en partie compensé les inégalités « physiques »et permis un développement innovant de ces territoires

2-Des politiques inadaptées voire absurdes
Cet objectif « républicain » aurait mérité une véritable politique d’aménagement du territoire. Ce n’a pas été le cas et, 20 ans plus tard, des mesures concrètes de simple bon sens (pas de travaux de voierie sans fourreaux etc.. ) ne sont toujours pas généralisées ! Quand on sait que 80% du coût de la fibre sont des travaux de voirie on réalèse le gaspillage et l’hypocrisie des discours (fibre trop chère pour les ruraux!). Nous n’avons cessé de dénoncer les politiques, à mon avis absurdes, de concurrence par les infrastructures, entrave à la vraie concurrence, la concurrence sur les services !!
L’aménagement numérique du territoire n’existe pas en France.Ce constat est malheureusement confirmé par un papier récent de Jean Pierre Jambes dans son blog Numéricus https://numericuss.com/2017/06/27/lamenagement-numerique-des-territoires-nexiste-toujours-pas-en-france/

3-Le défi de SFR !
SFR a lancé, il y a quelques semaines un pavé dans la marre en s’engageant à fibrer toute la France, zones rurales comprises et sans argent public , à l’horizon 2025. Stéphane Richard était alors immédiatement monté au créneau pour dénoncer cette « provocation » ! Depuis cette annonce qui a bousculé le paysage tant chez les opérateurs que chez les politiques, Michel Paulin, directeur général de SFR, confirme
https://www.degroupnews.com/sfr/sfr-fibrer-france-michel-paulin-interview

« Notre ambition aujourd’hui est d’apporter la fibre optique à l’ensemble des français, en couvrant 80% du territoire avant fin 2022 et 100% avant fin 2025.
Notre constat d’aujourd’hui est celui d’une ambition forte des pouvoirs publics mais d’un modèle désuet pour répondre à cette volonté politique. Ce modèle actuel a été dévoyé, ne permettra pas de fibrer la France et fait appel aux subventions publiques de façon excessive.
Notre objectif est de fibrer intégralement la France sur fonds propres. Sans argent public ! Ce projet répond à la volonté du Président de la République. Et il est totalement conforme à l’esprit et à l’intention de ce qu’a indiqué le Premier ministre encore très récemment
 »

4-Absurdité ou opportunité ? .
Absurdité de la concurrence par les infrastructures qui conduit chaque opérateur à installer son propre réseau fibre alors qu’un seul réseau suffirait pour permettre à chaque opérateur de services de proposer ses services pour une vraie concurrence au profit de tous les internautes urbains et ruraux.

Opportunité d’expérimenter une couverture intégrale en FTTH d’un territoire limité et symbolique ,la Lozère, département, de très loin le moins peuplé de France . J’avais fait cette suggestion à Jacques Mézard, ministre de la cohésion territoriale lors de sa venue à Mende le 31 juillet dernier et il m’avait répondu de….demander à SFR !! Un tel projet de couverture du département symbole de l’hyper-ruralité (par SFR ou un consortium d’opérateurs privés et public?) crédibiliserait la volonté gouvernementale de faire des territoires ruraux des territoires numériques comme les autres et, peut-être plus que les autres car capables d’attirer des citadins en mal de campagne recherchant une vraie qualité de vie. En 2011 j’avais écrit un papier « Vivre au pays » qui, je pense, n’a rien perdu de son actualité !
https://websdugevaudan.wordpress.com/2011/09/03/vivre-au-pays/

Auxillac le 22 aout 2017

Pierre Ygrié





SFR veut fibrer toute la France! Absurdité ou opportunité ?

22 08 2017

1-Un combat de près de 20 ans !
Lors de notre première manifestation en avril 199 (M@rvejols sur web) nous avions lancé l’idée de remplacer le réseau de cuivre par un réseau en fibre optique. Dés l’année suivante, année de création des Webs du Gévaudan, nous en avons fait l’objectif principal de notre association. Au cours des année qui ont suivi nous n’avons cessé de dire qu’il s’agissait là d’une opportunité historique de mettre à égalité « numérique » les territoires ruraux et urbains. Cette égalité « numérique » aurait en partie compensé les inégalités « physiques »

2-Des politiques inadaptées voire absurdes
Cet objectif « républicain » aurait mérité une véritable politique d’aménagement du territoire. Ce n’a pas été le cas et, 20 ans plus tard, des mesures concrètes de simple bon sens (pas de travaux de voirie sans fourreaux etc.. ) ne sont toujours pas généralisées ! Quand on sait que 80% du coût de la fibre sont des travaux de voirie on réalèse le gaspillage et l’hypocrisie des discours (fibre trop chère pour les ruraux!). Nous n’avons cessé de dénoncer les politiques, à mon avis absides, de concurrence par les infrastructures, entrave à la vraie concurrence, la concurrence sur les services !!
 L’aménagement numérique du territoire n’existe pas en France.Ce constat est malheureusement confirmé par un papier récent de Jean Pierre Jambes dans son blog Numéricus
L’aménagement numérique des territoires n’existe toujours pas en France

3-Le défi de SFR !
SFR a lancé, il y a quelqlues semaines un pavé dans la marre en s’engageant à fibrer toute la France, zones rurales comprises et sans argent public , à l’horizon 2025. Stéphane Richard était alors immédiatement monté au créneau pour dénoncer cette « provocation » ! Depuis cette annonce qui a bousculé le paysage tant chez les opérateurs que chez les politiques, Michel Paulin, directeur général de SFR, confirme
https://www.degroupnews.com/sfr/sfr-fibrer-france-michel-paulin-interview

« Notre ambition aujourd’hui est d’apporter la fibre optique à l’ensemble des français, en couvrant 80% du territoire avant fin 2022 et 100% avant fin 2025.
Notre constat d’aujourd’hui est celui d’une ambition forte des pouvoirs publics mais d’un modèle désuet pour répondre à cette volonté politique. Ce modèle actuel a été dévoyé, ne permettra pas de fibrer la France et fait appel aux subventions publiques de façon excessive.
Notre objectif est de fibrer intégralement la France sur fonds propres. Sans argent public ! Ce projet répond à la volonté du Président de la République. Et il est totalement conforme à l’esprit et à l’intention de ce qu’a indiqué le Premier ministre encore très récemment
 »

4-Absurdité ou opportunité ? .
Absurdité de la concurrence par les infrastructures qui conduit chaque opérateur à installer son réseau fibre alors qu’un seul réseau suffirait pour permettre à chaque opérateur de services de proposer ses services pour une vraie concurrence au profit de tous les internautes urbains et ruraux.

Opportunité d’expérimenter une couverture intégrale en FTTH d’un territoire limité et symbolique,la Lozère, département, de très loin le moins peuplé de France . J’avais fait cette suggestion à Jacques Mézard, ministre de la cohésion territoriale lors de sa venue à Mende le 31 juillet dernier et il m’avait répondu de….demander à SFR !! Un tel projet de couverture du département symbole de l’hyper-ruralité (par SFR ou un consortion d’opérateurs privés et public?) crédibiliserait la volonté gouvernementale de faire des territoires ruraux des territoires numériques comme les autres et, peut-être plus que les autres car capables d’attirer des citadins en mal de campagne recherchant une vraie qualité de vie. En 2011 j’avais écrit un papier « Vivre au pays » qui, je pense, n’a rien perdu de son actualité !
https://websdugevaudan.wordpress.com/2011/09/03/vivre-au-pays/

Auxillac le 22 aout 2017

Pierre Ygrié